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Plan climat : des objectifs louables mais le flou reste sur les moyens engagés

Nicolas Hulot, le ministre de la transition écologique et solidaire, a choisi la veille de la réunion du G20 pour présenter son plan climat pour la France. Les objectifs présentés sont pour certains très importants (France décarbonée en 2050, fin des véhicules diesel et essence en 2040, éradication de la précarité énergétique dans les 10 ans, fort développement de l'économie circulaire et du trafic ferré des passagers et des marchandises…). Nous partageons ces ambitions.

 

Par contre, le flou reste de mise sur les moyens engagés. Les propriétaires à revenus modestes de logements passoires ont besoin de bien plus qu'un diagnostic. Nous attendons les précisions sur les aides concrètes qui leur seront versées pour la rénovation thermique de leur logement au travers des quatre milliards sur les cinquante prévus au plan d'investissement…

 

On peut craindre que le ministre soit, sur ce sujet comme sur d'autres, contraint au grand écart, quand on apprend, dans le même temps, que tous les ministres doivent immédiatement proposer des économies financières pour que la France respecte les fameux 3 % de critères de convergence de Maastricht. Or pour atteindre ces objectifs, la population française, les citoyen-ne-s et le pays ont besoin du développement des services publics de l'énergie, des transports, de l'habitat et de la recherche. En aucun cas l'austérité budgétaire à nouveau convoquée ne peut être conciliable avec la transition écologique.

 

L'ambition de rendre irréversible l'Accord de Paris, avec ses faiblesses, est également déterminant dans un contexte international où les États-Unis – l'un des principaux pollueurs de la planète - ont décidé, par la voix de Trump, de retirer leur signature. La lutte contre le réchauffement climatique a besoin de l’engagement de toutes les nations et demande d'agir de façon solidaire à l'égard des pays les moins favorisés. La promesse des 100 milliards des riches pays industrialisés, par an, à partir de 2020, doit être tenue.

 

Combien de temps le G20 consacrera-t-il, dans sa réunion, à ces impératives nécessités pour l'avenir de l’humanité et de la planète ? La France adoptera-t-elle la même attitude conciliante qu'elle a exprimée avec la Commission européenne à propos de la définition des perturbateurs endocriniens afin de ne pas bloquer la marche en avant libérale de l'Europe ?

 

Pour réduire les inégalités et les injustices en France, en Europe et dans le monde, les peuples n'ont pas besoin d'une société libérale où chacun poursuit son intérêt privé pour servir hypothétiquement l'intérêt collectif mais d'une société de réel progrès humain, une société des communs, une société de partage. Car pendant ce temps là, une minorité de grandes fortunes continue de grassement s'enrichir (les profits au CAC 40 sont passés de 55 à 77 milliards de 2015 à 2016), l'évasion fiscale (80 milliards par an) se perpétue et les paradis fiscaux continuent de bien se porter. C'est de ces côtés là qu'il serait judicieux de se tourner pour réunir les moyens utiles au développement humain durable et solidaire.

 

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