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Clarifier, clarifier, clarifier encore pour unifier, riposter et construire

Clarifier. Nous voyons chaque jour un peu mieux de quel néolibéralisme E. Macron est le nom. Un néolibéralisme autoritaire et bonapartiste, niant l’aspect délibératif de la démocratie, réduite à la domination d’une majorité institutionnelle. Au service d’un combat de classe en faveur du grand capital, il est porté par une couche sociale (la « techno-finance »). Il nous appartient de faire la clarté sur l’opération de brouillage qui prétend que nous aurions là des salariés juste un peu plus cadres que les autres. Les révélations de l’Humanité sur la plus-value de 50 % en stock options Danone touchée par la ministre Pénicaud, alors qu’elle était DRH de Danone, montrent bien ce qu’il en est : une somme dérisoire pour le grand capital, mais qui désigne un-e grand-e commis du capital. Un revenu du capital – pas du travail – qui dépend directement de la capacité de sa titulaire à supprimer des emplois, pour empocher au passage sa plus-value directement corrélée à un plan de suppressions d’emplois.

Clarifier « l’agenda » pour l’emploi et le Code du travail. La vie nous montre qu’il doit reposer sur trois piliers principaux. Le premier : des pouvoirs sur ces milliards actuellement à disposition du grand patronat – richesses créées par les salariés, milliards avancés par les banques sur la base des dépôts des salariés ou de la création monétaire publique de la BCE, aides publiques innombrables – des pouvoirs à la fois pour les salariés et pour la vraie société civile (citoyens et ONG à travers les élus) en faveur de l’emploi, d’un autre investissement et contre l’évasion fiscale. Le second : la formation en grand, le développement des capacités de toutes et tous, leur emploi de qualité, leurs salaires, les qualifications. Le troisième : la fin de l’austérité, pour stimuler la demande et pour développer les services publics. Trois chiffres de l’Insee viennent de confirmer cela : le taux de marge des entreprises non financières n’a jamais été aussi élevé depuis 2008 ; les entreprises désignent l’indisponibilité d’une main-d’œuvre compétente et l’incertitude de la situation économique comme premiers « freins à l’embauche » (pour 27 % et 28 % d’entre elles) ; la consommation des ménages et des administrations reste atone.

Riposter. C’est dire le besoin d’alternative hardie et l’actualité du projet de sécurité d’emploi et de formation (SEF), avec le premier pas radical que représenterait l’adoption de la loi déposée par A. Chassaigne durant la campagne présidentielle ! Elle fait ici l’objet d’une table ronde stimulante.

Clarifier l’analyse. Ce n’est pas seulement la vie et les opinions des entreprises qui nous ont amenés à formuler cette fameuse SEF, ce sont les luttes et l’analyse marxiste, avec ses développements par Paul Boccara sur le CME, la crise, les critères de gestion des entreprises, la révolution informationnelle, le crédit jusqu’aux questions d’une civilisation commune à toute l’humanité. La théorie néoclassique s’est aussi développée pour conforter le marché et  le capitalisme comme indépassables pour le « bien commun », comme l’énonce le prix Nobel d’économie Jean Tirole. Nous y reviendrons.

Clarifier aussi les périls économiques derrière l’éclaircie conjoncturelle et les paris macroniens, les périls politiques derrière les nationalismes et les souffrances dues à la mondialisation capitaliste.

Clarifier pour ne pas couper de façon mortifère « projet » et « propositions » précises,  économie et politique, aspirations à l’épanouissement de soi, à construire sa vie, à une relation écologique avec la nature, d’avec les luttes sociales pour l’emploi, pour un autre travail, une autre production et contre la finance ; à ne pas couper dominations et exploitation.

Clarifier pour unifier. Pour ne pas poursuivre le mouvement de balancier entre ouvriérisme et éclectisme suiviste des couches supérieures. Nous voulons unifier tout le monde du travail et de la création ainsi que tous les dominés, pour une émancipation réussie. L’opposition entre riches et pauvres est une représentation mouvante et trompeuse, comme la notion de « classes » populaires. L’exploitation se définit par le salariat capitaliste, précaire par définition, dont les capitalistes tirent la plus-value à leur profit par le monopole qu’ils possèdent sur l’argent, les moyens de production et leur utilisation conjointe. Attention à la démagogie provocatrice de Macron sur ceux qui « ne sont rien » pour les couper des autres : nous appuyons tous ceux qui aspirent à être quelque chose et ne les renvoyons pas vers les sirènes du capital. « Être élitaire pour tous » disait A. Vitez. Cela exige un PCF qui renoue, sur des bases nouvelles, avec les ouvriers, les employés, mais aussi les cadres, les techniciens, et encore le monde enseignant, celui de la culture, celui de la recherche, celui des services publics à la personne. Quel défi d’organisation, de culture pratique et théorique !

Unifier et riposter contre l’austérité et les dogmes libéraux en France, de l’Êtat aux collectivités locales mais aussi en Europe et dans le monde. La contre-révolution fiscale et des prélèvements sociaux engagée par Macron est un sérieux défi ainsi que ses projets pour l’UE. Raison de plus pour reprendre de façon renouvelée une campagne politique et de luttes sur le coût du capital. La CGT se pose elle aussi cette question, comme le montre sa déclaration sur l’avenir de la filière automobile. Outil efficace pour cette bataille, le nouveau livre de Denis Durand.

Construire. Cette bataille dépend de façon décisive d’une ré-orientation politique réussie du PCF qui doit sortir de la domination de ses contenus par la stratégie électorale avec une direction nationale audacieuse, créative et déterminée. Pour cela il faut une parole libre et informée : que les bouches s’ouvrent tranquillement. Cette bataille dépend tout autant de notre capacité à engager des chantiers d’expérimentation pratique. Un défi pour l’équipe d’Économie & Politique aussi ! 

 

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