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Une loi olympique à minima (Nicolas Bonnet-Oulaldj)

C’est une loi à minima qui vient d’être adoptée par l’Assemblée nationale. Le texte fait la part belle au CIO et à ses partenaires commerciaux, et oublie toutes celles ceux qui font vivre le sport au quotidien.

Ce texte n’est finalement qu’une loi de dérogations à la législation française permettant entre autre aux partenaires commerciaux du CIO de pouvoir s’afficher avec la plus grande liberté possible.

On cherche encore les références aux valeurs de l’olympisme : la Paix, la fraternité entre les peuples et comment les faire partager.

Après la baisse du budget national des sports l’année même où Paris est désignée ville hôte, et la suppression des contrats aidés particulièrement présents dans les clubs, c’est une nouvelle occasion manquée de construire l’héritage et amorcer l’effort de rattrapage pour nos territoires.

L’héritage ne peut pas être le vernis du dossier mais sa substance même. L’héritage ne se décrète pas, il se bâtit. Les sept ans qui viennent sont les plus importants.

Le gouvernement aurait pu suivre l’exemple parisien.

Le groupe communiste a déposé et fait adopter deux amendements budgétaires garantissant pour l’un la stabilité du budget alloué au sport de proximité à Paris et, pour l’autre, le lancement pour 3,6 millions d’autorisations de programme dès 2018 pour rénover, restructurer ou encore créer de nouveaux équipements sportifs, singulièrement dans les quartiers populaires.

Ces autorisations de programmes permettront à terme des investissements de plusieurs centaines de millions d’euros.

Nous avons également porté et fait adopter un vœu limitant l’affichage aux seules marques propriété du CIO sur les bâtiments publics de Paris.

Par ailleurs, nous n’avons pas de réponse claire sur les lignes de transports 16 et 17, structurantes pour la Seine-Saint-Denis, alors que le gouvernement s’entête avec le CDG Express qui ne bénéficiera pas aux populations locales.

Enfin, nous ne relevons aucune disposition faisant référence à la charte sociale signée le 23 mars dernier et réunissant les 5 principales organisations syndicales. Il faut être vigilant aux recours massifs aux « volontaires-bénévoles », ou encore sur les politiques de formations professionnelles.  Rien non plus sur la démocratie dans le sport et sur l’association au projet olympique des clubs et des populations.

Cette loi ne suffira pas à faire des Jeux une fête populaire. Suite à la grande consultation lancée en septembre pour construire ensemble une nouvelle page de l’olympisme et du sport français, nous proposons de travailler avec toutes celles et ceux qui sont disponibles à une vraie loi olympique, une loi de programmation sur le sport, sa place à l’école et dans notre société.

 

Nicolas Bonnet-Oulaldj, responsable de la commission Sport au PCF

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