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Abaissement du débat politique

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Revue marxiste d'économie du PCF

Front uni contre la vie chère

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Des incendiaires qui crient au feu ?

On ne pense pas au fond d’affaires, DSK, Tron ou Ferry, qui relèvent de la justice, mais à ceux qui contribuent activement à abaisser le débat politique à longueur d’antenne et font mine ensuite de s’en étonner pour mieux poursuivre dans cette voie. Chaîne télé d’information en continu ou service public, c’est à qui tendra le plus vite micro et caméra aux idées lepénistes.

C’est sur un créneau en clair d’une émis­sion qui tient de l’épicerie « branchée-cool-salon-café du commerce » que l’on ne relève même pas les propos d’un chro­niqueur du Figaro qui trouve dans la boue déversée ces jours-ci matière à se pousser du col. Il est bien loin le repentir républi­cain (forcé ?) 
de l’entre-deux-tours de la présidentielle de 2002. 
On mesure là le temps écoulé depuis, comme son accéléra­tion sous l’actuel hôte de l’Élysée.

À chaque minute de pouvoir aux ordres de la finance ont correspondu autant de coups durs pour la vie des jeunes, retraités, tra­vailleurs – salariés comme chômeurs –, malades ou handicapés, d’enlisement de la société dans une crise sans précédent et d’abaissement du pays. Le conformisme d’idées plates présentées comme autant de débats de « fond » – et qui nous le font toucher, en effet… – atteint un sommet dans l’art de dissuader le plus grand nom­bre possible de victimes de ces choix poli­tiques, économiques et antisociaux de pouvoir dire leur mot dans une arène repu­blicaine ainsi transformée en jeux du cir­que.

Et pendant ce temps ? Le chef de l’État a engagé la France dans une troisième « guerre sans nom », en Libye, dont l’enli­sement prévisible est proportionnel au « dérangement » provoqué par le prin­temps des peuples arabes. À l’Assemblée, cette droite emplie de morgue de classe repousse tous les amendements visant à défendre les droits des victimes de Servier et de son Mediator. Et à Aix-la-Chapelle, Jean-Claude Trichet, président de la Ban­que centrale européenne, réclame un « ministère des Finances européen » et « que les autorités européennes aient un droit de veto sur certaines décisions de politique économique nationale. Cette attribution pourrait concerner en particu­lier certaines dépenses budgétaires majeu­res et des choix essentiels à la compétiti­vité du pays ».

Cette BCE qui, avec les dirigeants de l’Union européenne et du FMI, a sauvé les banques responsables de la crise, étrangle les peuples grec, irlandais et portugais. Désormais, elle entend pousser jusqu’au bout la logique du pacte euro plus. Relayé en France par Nicolas Sarkozy, ce « pacte des rapaces » entend imposer une austérité et une casse des services publics et sociaux quasi définitives, museler la sou­veraineté populaire et nationale pour ser­vir toujours plus leurs « amis les riches ».

S’il est un coup de balai à asséner, c’est bien sûr cette droite ultralibérale et réac­tionnaire, prête à tout pour conserver le pouvoir. Des millions de Françaises et de Français, toutes générations confondues, qui sont descendus massivement dans la rue à l’automne dernier, et bien d’autres qui n’ont pu le faire, attendent autre chose, espèrent un autre avenir pour eux et leurs enfants ou petits-enfants. Après le PS samedi dernier, les communistes et les Verts entrent à leur tour dans le vif de la prochaine présidentielle.

Du débat à mener sur la place publique entre les programmes respectifs et de la capacité militante à y travailler avec les intéressés eux-mêmes dépendra l’espé­rance du changement nécessaire dans un an. Et sa concrétisation.

 

 

Gérard Streiff.

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