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Le constat, aussi terrible soit-il, ne doit pas conduire à la paralysie de l'action avec la prophétie du chaos.

le 23 September 2005

Yves Dimicoli, membre du Conseil national du PCF, responsable de la commission « Economie-social-Finance ».

Forum du 23 et 24 septembre 2005.

Le constat, aussi terrible soit-il, ne doit pas conduire à la paralysie de l'action avec la prophétie du chaos, mais à le prévenir en appelant à la mobilisation la plus large pour un changement de logique. Encore faut-il éclairer sur le fond de cette logique prédominante. Je veux à ce propos souligner deux enjeux importants.

1. Dans les processus en cours, il y a des ambivalences.

Certes, le monde encoure de graves périls et on voit l'ampleur des gâchis humains, environnementaux, matériels et financiers engendrés par une utilisation des progrès technologiques telle qu'ils se retournent en risques de barbarie contre l'humanité. Mais il y a aussi de formidables promesses avec l'émergence de nouveaux domaines, l'apparition de potentiels de productivité nouvelle colossaux qui, utilisés autrement, permettraient de frayer les voies d'une autre civilisation. Gardons-nous de toute vision unilatérale qui pourrait nous faire sombrer dans un pessimisme historique noir. Il y a une lutte dans les ambivalences de la situation. Et cela exige d'intervenir pour conjurer les périls, faire reculer les facteurs de risque, promouvoir une maîtrise sociale nouvelle, du local au mondial, sur les potentiels de progrès.

2. Tous ces processus ambivalents sont dominés par la logique de rentabilité financière et le marché financier.

Ce totalitarisme de la finance exprime et accompagne l'impératif de rendre le maximum d'argent aux actionnaires. Cela renvoie à l'irresponsabilité sociale, territoriale, environnementale, nationale, européenne et mondiale des grandes entreprises qui cherchent à répondre, pour la rentabilité financière, aux formidables défis de la révolution informationnelle. Cela engendre un extraordinaire gâchis de ressources financières, le rejet dans le chômage et le sous-emploi de centaines de millions d'êtres humains, une insécurité sociale et environnementale grandissante. En 2003, les grandes entreprises du CAC-40 ont réalisé 35 milliards d'euro de profits. En 2004 cela a atteint 60 milliards d'euro. Pour le seul premier semestre 2005 on comptabilise déjà 40 milliards de profits et 22 milliards d'euro reversés en dividendes. Au-delà des seuls profits, il faut voir la totalité des ressources mises chaque année à la disposition des entreprises non financières incluant aussi les fonds publics distribués et les emprunts réalisés auprès des banques et sur les marchés. Depuis le début des années 2000, cela représente en moyenne, selon les comptes de la Nation, l'équivalent de deux fois le budget total de l'Etat. Et plus de la moitié de cette manne sert à payer des dividendes aux actionnaires, des intérêts aux créanciers et à faire des placements financiers.

Il y a donc une logique qui pousse à une utilisation de toutes les ressources matérielles, financières, naturelles et humaines par les grandes entreprises pour augmenter encore et toujours plus la rentabilité financière des capitaux, contre les besoins de sécurisation et de développement de toutes les populations et au détriment de la qualité de leur niche écologique, la Terre.

C'est cette logique qui s'oppose aux besoins de révolution énergétique, de révolution écologique et conduit à traiter de la pire des façons les défis de la révolution démographique. C'est d'elle qu'il faut chercher à s'émanciper en visant une ambition historique de dépassement progressif du capitalisme. Cela pose la nécessité d'une réorientation des politiques d'Etat et de leurs unions. C'est particulièrement vrai s'agissant de l'Union européenne et du rôle qu'y joue la Banque centrale européenne. Mais cela pose, inséparablement, la nécessité d'une tout autre gestion des entreprises.

L'enjeu est bien de les soumettre progressivement, par la conquête de pouvoirs nouveaux d'intervention des salariés, des citoyens et des élus, comme par l'avancée de critères d'efficacité sociale, alternatifs à ceux de la rentabilité financière, à de nouveaux buts sociaux de sécurisation et de promotion des salariés, des populations et de leur environnement.

La brochure : Forum pour un développement durable et solidaire

 

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