+

Accueil > L'action
 
 
 
 

Le sommet de l'hypocrisie

 

Nicolas Sarkozy n'a annoncé aucune mesure concrète pour l'emploi lors du sommet social du 18 janvier qui aura été, en vérité, une opération de communication et un coup de bluff. Pour les salarié-e-s, les privé-e-s d'emploi, les retraités, ce sera encore plus de cette politique d'austérité qui mène le pays dans le mur avec toujours plus de chômage, plus de coupes dans la protection sociale, plus d'atteintes aux services publics. Cette posture électorale ne trompe personne.

Sarkoy oublie son bilan...

On peut le comprendre, son quinquennat a été calamiteux. Le taux de chômage n'a jamais été aussi élevé : il approche les 10 %. Oubliée la déclaration de 2007 où il se fixait le « plein emploi » comme objectif. On est bien loin des 5 % qu'il annonçait et son « obligation de résultat ». Ce n'est pas l'hypocrisie qui l’étouffe !

Encore des cadeaux pour les patrons

Seuls le grand patronat, le Medef et Laurence Parisot se disent satisfaits. C'est un signe qui ne trompe pas. En effet, de nouveaux allègements de charges sociales et une baisse des cotisations patronales à la branche famille de la sécurité sociale sont prévus.

Pour eux, le coût du travail serait trop élevé et expliquerait à lui seul le chômage et le soit-disant manque de compétitivité des entreprises françaises. Bien que citant l'Allemagne comme le modèle à suivre, ils oublient de dire que le « coût » du travail est inférieur de notre côté du Rhin. Ils oublient de dire que les réformes menées en Allemagne ont créé précarité et travailleurs pauvres. Ils omettent de préciser que l'espérance de vie des catégories les plus pauvres y a baissé. Et ce serait le modèle à suivre ?

Encore des coups pour les salarié-e-s

La compétitivité-emploi n'est, ni plus, ni moins que le moyen de faire payer la crise aux salarié-e-s. Les entreprises voudraient pouvoir moduler le temps de travail sans contrepartie sociale, pour faire pression sur les salarié-e-s. C'est, par ailleurs un dispositif bien plus intéressant que le chômage partiel pour le patronat et l’État qui ne mettraient plus la main au porte monnaie. Surtout, cela ne comporte aucune garantie en matière de sauvegarde de l'emploi. Les salarié-e-s de l'usine Continental à Clairevoix, fermée en 2010, en ont fait l'amère expérience. Qu'on ne s'y trompe pas, il s'agit d'une fausse réponse au chômage et d'une arme de régression sociale.

Encore des fausses solutions

Sarkozy claironne qu'il a des propositions innovantes et fortes pour la formation des chômeurs. Ici encore, il voudrait nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Premièrement, les moyens annoncés sont plus qu'insuffisants. Deuxièmement, il oublie de dire qu'il a pillé le fonds paritaire de sécurisation professionnelle qui devait former 500 000 salarié-e-s peu qualifié-e-s et 200 000 chômeurs chaque année. Le gouvernement y a pioché 300 millions d'euros en 2011 ! L'objectif est en réalité de forcer les demandeurs d'emploi à accepter tous les postes qu'on leur proposerait. Enfin, la formation n'est pas la recette miracle pour endiguer le chômage lorsque le pays compte près de 5 millions de chômeurs.

Et ce n'est pas tout, le projet de « TVA anti-sociale » est toujours d'actualité. Ce serait, une fois de plus, un cadeau fait aux entreprises et un coup dur porté au pouvoir d'achat.

 

Décidément, il y a urgence à mettre en œuvre d'autres politiques face à la crise. Urgence aussi à stopper la spirale infernale dans laquelle nous entraînent les plans d'austérité qui, l'un après l'autre, enfoncent encore plus le France dans la récession et mettent en coupe réglée les acquis sociaux et les services publics.

La droite voit dans cette crise profonde une occasion rêvée de mettre en œuvre les politiques les plus rétrogrades et nocives. Elle voudrait supprimer ce qu'il demeure des souverainetés populaires afin de diviser les salarié-e-s légitimement inquiets de la monté de la précarité et du chômage.

Les solutions pour sortir de la crise font débat à gauche. Pour sa part, le Front de gauche pense que ce n'est pas une simple réorientation des politiques actuelles, en rajoutant quelques crédits sur certaines mesures, en en ôtant sur d'autres qui pourra nous sortir de cette crise. Il s'agit ici d'un véritable enjeu de classe.

Ces politiques nous mènent droit dans le mur et Sarkozy veut accélérer.

Ensemble, pour le stopper, prenez le pouvoir !

Le Parti communiste français, ses partenaires du Front de gauche et leur candidat commun à l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, ont des propositions :

  • Rétablissement des 35 heures

  • Droit à la retraite à 60 ans à taux plein

  • Smic à 1 700 € brut pour 35 heures

  • Sécurité sociale professionnelle prenant en charge les périodes de non emploi, de formation

  • Interdiction des licenciements boursiers

  • Reconnaissance de la qualification du travail

  • Instauration d'un service public de la formation professionnelle du travail