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Front de gauche 2012

Front de gauche 2012
 
 
 

Pitbulls sarkozistes aux abois - Toujours plus d'invectives et de moins en moins de programme

 

La peur d’essuyer une défaite à l’élection présidentielle n’autorise pas le camp sarkozyste à se plonger dans l’indignité.

 

Face à une droite outrancière sur-médiatisée...

Les propos tenus par Bernard Accoyer sont en effet indignes d’un président de l’Assemblée nationale, la principale enceinte 
où s’exerce la souveraineté populaire. 
En déclarant, à l’occasion de la cérémonie 
des vœux au Palais-Bourbon, qu’un changement politique à gauche aurait des conséquences comparables à celles d’une guerre, ce hiérarque de l’UMP, certes, sombre dans le ridicule le plus consternant, mais il avilit aussi sa fonction. Nul n’attend du président de la Chambre 
des députés une diabolisation du simple exercice de la démocratie qui autorise le peuple à changer sereinement de majorité politique et de président quand il est mécontent de leur bilan et en désac­cord avec leurs projets.

Cet épisode, qui s’inscrit déjà dans une liste de déclarations outrancières et copieusement médiatisées, n’aura sans doute guère plus de retombées chez les Français que l’opération « sale mec » qui avait pourtant fourni aux chaînes télé­visuelles d’information en continu une journée entière de micros tendus à quel­ques pitbulls de la pensée politique. Cependant, il donne un éclairage supplé­mentaire sur le ton que ce pouvoir en déli­catesse avec l’opinion veut donner à cette campagne : invectives au lieu de débats, coups d’esbroufe plutôt qu’un pro­gramme, manipulations en guise d’infor­mations. La gauche commettrait une grave erreur 
si elle entrait dans cette logique, si elle se laissait entraîner dans le piège qui lui est tendu, si elle croyait utile d’en dire le moins possible, de jouer des impréci­sions sur ses projets. La moindre faille est exploitée par la droite, ainsi que François Hollande vient d’en faire l’expérience avec la polémique sur le quotient familial. On notera au passage le numéro de fausse indignation de Nicolas Sarkozy en per­sonne et on sourira à la lecture de l’édito­rial d’Yves Thréard dans le Figaro, qui s’inquiète d’une remise en cause d’une politique familiale, héritage de la Libéra­tion. De la part d’un journal qui 
a soutenu toutes les mesures de démolition de la politique sociale née du programme du CNR par le pouvoir sarkozyste, ce coup de chapeau à l’œuvre de la Résistance vaut d’être souligné.

 

... Définir ensemble 
les lignes forces d’une rupture démocratique avec le système Sarkozy. Une tâche historique d’intérêt général

La réelle novation, à cent jours du premier tour de l’élection présidentielle, nous vient du Front 
de gauche et de la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Des centaines d’as­semblées citoyennes se sont constituées dans des villes, des quartiers, des villages, comme autant de lieux de débats, d’éla­boration collective, de maîtrise d’une campagne électorale par les citoyens eux-mêmes. Un mouvement se déploie qui n’est pas sans rappeler l’effervescence créative des années 2004 et 2005 quand des millions de Français imposèrent un vrai débat sur 
les enjeux européens contre le consensus de la pensée unique, alors dominante dans le monde politique et médiatique.

Mutatis mutandis, le peuple de gauche 
se trouve confronté au même défi : définir ensemble 
les lignes forces d’une rupture démocratique avec le système Sarkozy. Une tâche historique d’intérêt général

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