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Un Centre national de la Musique ?

Samedi 28 janvier à Cannes, devant un parterre de professionnels réunis à Cannes à l’occasion du MIDEM, Frédéric Mitterrand a annoncé la création du Centre national de la Musique. Malgré l’opposition raisonnée des syndicats du spectacle et de nombreuses organisations représentatives de la musique vivante, le ministre de la culture a décidé de passer en force. Sans délai, une association de préfiguration dotée de 15 millions d’euros réservés sur le budget du ministère de la culture, sera « créée dans les prochaines semaines ».

 Le projet du CNM est le fruit de la volonté des industries du divertissement et de la dérive sarkozyenne qui vise à transformer l’actuel ministère en ministère des « industries culturelles ». Le ministre, ses services et les représentants de la filière discographique l’ont présenté comme destiné à « soutenir la création et la diversité musicale, sur le modèle du Centre national de création cinématographique (CNC) ».

 Bâti sur le modèle des « agences » anglo-saxonnes, le Centre national de la Musique participe ainsi à la tendance générale au démantèlement des services publics, en l’occurrence le Ministère de la culture, qui se dégage ainsi à bon compte de sa mission de soutien aux arts vivants au profit exclusif d’une « filière » dont le but explicite est de redresser ses profits dont la baisse constatée ces dernières années est imputée à l’Internet et au téléchargement.

 La musique, contrairement au cinéma, est avant tout un art du spectacle vivant, et il ne saurait y avoir d’ « industries musicales » sans que des millions de personnes, jeunes et moins jeunes, pratiquent un instrument de musique, sans que des centaines de milliers s’exercent à la musique d’ensemble et que des dizaines de milliers d’entre eux aient choisi d’en faire leur métier, dans tous les champs de la création et de la pratique musicale.

 C’est oublier que la diversité musicale est le fruit de la plus grande liberté de créer, de fréquenter et de s’approprier  les pratiques et les œuvres, et des moyens mis à disposition des acteurs du champ musical comme des citoyens. En dépit du poids de l’ « industrie » musicale et notamment du marché de la musique enregistrée, aux mains de quelques « majors » dont les profits ont été quelque peu écornés par les nouveaux modes de pratique musicale, la musique ne saurait être réduite à une « filière » industrielle. Que le secteur de la musique enregistrée soit l’objet de l’attention du Ministère de la Culture ne fait pas de doute. Que le Ministère de la Culture délègue cette responsabilité aux industries culturelles est inacceptable !

 Malgré le « protocole » signé par  le ministre et une partie des « professionnels de la profession », la création du CNM devra être soumise au vote du Parlement dans le cadre de la loi de finances 2013. Une nouvelle majorité parlementaire devra défaire ce que l’actuel gouvernement a bâti dans la hâte du compte à rebours électoral, et devra mettre en place, en y mettant les moyens, une authentique politique de soutien de l’État au service de toutes les musiques, de tous les musiciens, de tous les citoyens.

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