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Le programme du Front de gauche et de son candidat commun Jean-Luc Mélenchon - L'humain d'abord

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Une brèche s'entrouve

Le 6 mai dernier, à 20 heures, une majorité de Français ont lâché un ouf ! de soulagement.  Ni les diversions ni les compromissions n’ont changé la donne au second tour. La « vague » que sentait Nicolas Sarkozy n’était pas de celle qu’on apprivoise en surfant sur les haines mais d’une force à balayer les pouvoirs en place. Le résultat de cette élection présidentielle est d’abord la sanction d’une politique ultralibérale, antisociale et autori­taire, d’une complicité proclamée entre l’oligarchie et l’Élysée. Le prési­dent des riches a entrepris de mettre le pays à leur service, en jugeant que la crise créait un état de choc propice à briser les résistances, exalter les craintes et remettre au goût du jour les idéologies les plus réactionnai­res. Pour cela, il avait recruté quelques idéologues dans la mouvance d’extrême droite et donné le sens de sa campagne dans un entretien au Figaro Magazine à la mi-février. À reprendre en boucle les thématiques du FN, il leur a donné un crédit qui a au contraire renforcé le vote Le Pen au premier tour et qui n’a pas rassemblé suffisamment au second. Le président sorti laisse à droite un paysage inquiétant où une partie de ses troupes a parié sur un concubinage, voire un mariage avec l’extrême droite.

La victoire de François Hollande est un non net et sans bavure à cinq ans de sarkozysme. Elle est aussi l’indice d’une puissante aspiration au chan­gement, à un autre partage des richesses, à l’égalité qui déborde bien au-delà des rangs des électeurs du Front de gauche. Les uns et les autres ont désormais la possibilité d’agir efficacement pour échapper à l’austé­rité que le tandem Sarkozy-Merkel entendait imposer à l’Europe et pour pousser le nouveau gouvernement à adopter les mesures de justice que réclament les urgences sociales. Un nouveau rapport de forces se dégage du suffrage universel et du score large recueilli par le candidat de gauche qui affaiblit les maîtres des marchés financiers. Une brèche s’en­trouvre dans le mur de l’argent.

Si la formidable campagne du Front de gauche trouve des prolongements dans l’élection de nombreux députés lors des législatives de juin, il sera possible de résister aux offensives de la droite et fortifier un mouvement populaire qui devra se faire entendre puissamment. Ainsi ferons-nous peser la balance en faveur d’une politique franchement à gauche. Les Français ne seront pas isolés en Europe. Les élections grecques ont vu la gauche combative faire un véritable bond en avant, devenant la deuxième force du pays. D’autres élections suivront… Pour les électeurs de gauche, le 6 mai a représenté une fête populaire, une joie de voir le pays repousser les discours xénophobes et les sorties aux relents pétai­nistes qui avaient marqué la campagne de Nicolas Sarkozy, particulière­ment dans l’entre-deux-tours. Mais elle était aussi le théâtre où s’expri­mait une espérance qui ne doit pas être déçue ou fourvoyée.

L’histoire doit perdre « les semelles de plomb » dont les milieux diri­geants l’avaient affublée ces dernières années. « Pas de faiblesse, pas d’équivoque, pas de paresse intellectuelle », enjoignait Jean Jaurès. C’est un défi qu’il est impératif de relever.

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