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L'humain d'abord - L'intégrale à lire ou à télécharger

Le programme du Front de gauche et de son candidat commun Jean-Luc Mélenchon - L'humain d'abord

On leur fait un dessin

On va leur faire un dessin, la web-série

 
 
 

Pour que la gauche réussisse

Rejetée du sommet de l’État par les Français, la droite peine à trouver des arguments dans l’espoir de rebondir aux élections législatives des 10 et 17 juin prochain. Voilà l’UMP qui vante aujourd’hui les bienfaits de la « cohabitation ». Le parti de l’ex-président n’y croit pas une seconde, mais, faute de pouvoir présenter un projet attractif après le cinglant congédiement de Nicolas Sarkozy, le voilà réduit à demander aux élec­teurs de lui accorder un pouvoir de nuisance. En d’autres termes, les Français sont invités par Jean-François Copé à rendre inapplicable la politique de changement pour laquelle ils se sont prononcés en élisant François Hollande à la présidence de la République. Il est peu probable que la droite convainque largement avec un tel raisonnement ; en effet, qui sérieusement comprendrait que le corps électoral se déjuge en un mois d’intervalle et renonce à transformer l’essai ?

Cette ligne de bataille laisse pour le moins circonspecte une partie du camp du président sorti où les forces centrifuges le disputent aux quêtes erratiques d’une recomposition de la droite. Le centre ne sait plus où se recentrer après l’échec de François Bayrou et aussi celui du Nouveau Centre entraîné dans la défaite de Nicolas Sarkozy. Les barrières idéo­logiques et morales ont été levées au cours du quinquennat puis de la campagne de l’élection présidentielle entre droite et extrême droite, extrê­misant le discours de l’UMP et donnant un brevet de respectabilité usurpé au Front national. Les raisons qui ont conduit une majorité de Français à refermer le livre du sarkozysme tiennent moins au style, au comportement, à la manière de gouverner de l’ancien chef de l’État qu’à la politique elle-même que celui-ci a impulsée. C’est le livre des records du chômage, des cadeaux pour les nantis, des injustices sociales. Les motivations qui ont guidé les citoyens dans un scrutin présidentiel à forte participation électorale n’ont pas varié – emploi, pouvoir d’achat, santé, école, etc. – pour la campagne des législatives.

En toute logique avec leur choix de mai, les électeurs doivent se donner une majorité parlementaire de gauche. Mais pour qu’elle réussisse à tenir bon face aux contre-offensives qui ne manqueront pas de la part de la droite et de la caste des privilèges, la majorité qui sortira des urnes le 17 juin ne sera forte que de sa diversité. La victoire de François Hollande était inenvisageable sans l’apport des quatre millions de Français que le Front de gauche a rassemblés sur son programme « l’Humain d’abord » et que nul autre que lui n’eût été capable de mobiliser. Ce serait, rue de Solferino, une dangereuse illusion que de miser sur un déséquilibre ou une domination sans partage d’un seul parti. Si cette idée effleure des dirigeants socialistes, comme semble l’indiquer l’échec d’un accord PS-Front de gauche dans des circonscriptions à fort risque droite-extrême droite, puissent-ils, en l’écartant, préférer la réussite de toute la gauche à une simple victoire socialiste à la Pyrrhus.

 

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