Accueil > Font de gauche
 

L'humain d'abord - L'intégrale à lire ou à télécharger

Le programme du Front de gauche et de son candidat commun Jean-Luc Mélenchon - L'humain d'abord

On leur fait un dessin

On va leur faire un dessin, la web-série

 
 
 

Un problème grec ou un problème de l'Europe ?

Faut-il jeter les Grecs par-dessus bord ou préfère-t-on qu’ils sautent eux-mêmes?

Le Monde semble opter pour la seconde solution en titrant son éditorial « L’euro ou la drachme, aux Grecs de choisir ». En somme, tout dépendrait d’eux, comme l’assène la suite : « Il n’est pas admissible qu’un petit pays, par son refus des règles du jeu, puisse continuer à mettre en dan­ger l’ensemble du continent. » Voilà ce qui court dans les rédactions et les dîners en ville, voire dans une partie de l’opi­nion.

On pourrait déjà remarquer, au passage, que si la question se pose ainsi, qu’un tout petit pays puisse mette en péril un conti­nent, c’est peut-être que ce n’est pas du seul ressort du petit pays et que le conti­nent a des pieds d’argile. En d’autres ter­mes, ce à quoi il faut répondre, c’est peut-être à ceci, clairement. Un, le problème de la Grèce est-il un problème grec ou un problème de l’Europe ? Deux, ce qui se passe en Grèce aujourd’hui est-il à pren­dre comme un danger ou comme une chance ? Là encore la cause semble enten­due. Les élections grecques n’auraient fait que renforcer des partis, citons le Monde, là encore, « qui rejettent, sinon l’Europe, en tout cas les règles du jeu de l’Union monétaire ».

Traitée d’un revers de plume, la différence pourtant n’est pas mince. Et c’est tout de même un peu fort de café que d’amalga­mer ainsi en trois mots l’Europe des peu­ples, des nations, des valeurs démocrati­ques quand elles sont partagées et « les règles du jeu de l’Union monétaire ». On ne saurait mieux dire au fond que, pour les partisans de l’Europe des marchés, de l’Europe comme elle est aujourd’hui, injuste, brutale, autoritaire, le seul conti­nent qui vaille est celui de la finance.

La visite en France et la conférence de presse d’Alexis TSipras aux côtés de Jean-Luc Mélenchon et de Pierre Laurent, pré­sident du Parti de la gauche européenne dont Tsipras est le vice-président, ce qui semble avoir échappé à nombre de com­mentateurs, a certes trouvé une place (relative) dans les médias. Mais c’est, d’une manière générale, au prix de ces cli­chés que l’on nous rabâche depuis des mois sur les populismes et les votes pro­testataires. Il faut bien sûr, pour cela, occulter les analyses et les propositions de cette gauche qui grandit en Europe, avec les forces sociales, avec les syndicats.

Mais la question grecque est bien une question pour toute l’Europe, non seule­ment parce que sa défaillance serait un séisme économique, mais parce qu’elle révèle la crise profonde de l’Europe des marchés. Ce sont la finance et la recherche effrénée de la croissance financière qui ont entraîné les Grecs, et pas seulement eux, dans la spirale des déficits puis d’une austérité qui tue le malade. Dans ces con­ditions, la relance de la croissance est entrée de nouveau dans le débat, portée par la France, mais pas seulement. C’est tant mieux et c’est le signe que les temps changent, y compris sous la pression des événements et des opinions. Le rôle de la BCE n’est plus un tabou. Mais les recettes d’hier ont plongé l’Europe dans la crise. Elles s’appellent flexibilité, privatisations, dumping social, baisse du coût du travail, réduction du champ des services publics. Une relance de la croissance dans cette direction serait un contresens. C’est le contraire qu’il faut faire.

 

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.