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Emploi & compétitivité, argumentaire en 12 fiches

Lors de son discours le 31 août à Chalons-en-Champagne, le président de la République déclarait : « Nous sommes devant une crise d’une gravité exceptionnelle ». Le constat de la gravité de la crise n’est pas nouveau et il ne surprendra personne. Par contre, il pose la question du pourquoi de la crise et des réponses à apporter.Va-t-on en l’occurrence mieux reconnaître la profondeur d’une crise structurelle du capitalisme et amender un projet présidentiel aujourd’hui en difficulté pour répon- dre aux aspirations populaires ?

Pour contribuer à ce travail, les propositions existent, à l’image de celles du PCF et du Front de gauche, mais aussi syndicales, de la CGT ou de la FSU, de la CES et de bien d’autres.

À̀ défaut de s’engager dans cette voie, le nouveau discours prési- dentiel présage de nouvelles désillusions. Loin « d’accélérer le rythme » du changement, il prépare l’opinion à abandonner l’idée d’une « rigueur juste » de deux années, suivie d’une distribution de ses fruits, pour une rigueur de longue haleine, ponctuée de quelques contre réformes. Une attitude fortement motivée par la baisse des perspectives de croissance et l’entêtement à mener une politique de réduction accélérée du déficit budgétaire à 3 % du PIB, qui nous enfonce aujourd’hui dans la stagnation écono- mique, demain dans la récession.

Si la droite a perdu les élections et est – temporairement –sur- tout préoccupée par la question de son leadership, le Medef, lui, a pris la tête du combat pour montrer que le capital n’a pas perdu la bataille idéologique sur l’interprétation de la crise. Il a accentué sa pression pour sanctuariser deux dogmes : la crise est celle des « dettes publiques » et du « coût du travail trop élevé ». Exit la responsabilité du capital et du coût de sa course effrénée à la rentabilité financière.

En écho, François Chérèque de la CFDT et Jean-Marc Ayrault pour le gouvernement se proposent « d’accélérer le rythme » vers une contre-réforme : un transfert des cotisations sociales vers la CSG, pour « baisser le coût du travail ». Une proposition qui ne gêne pas le patronat, à l’image de Madame Parisot déclarant, dans le Monde daté du 29 août, être à la fois opposée à fiscaliser le capital au niveau du travail et favorable au transfert des cotisa- tions sociales vers la CSG.

Dans cet affrontement idéologique, la question de la compétitivité et du coût du travail est déterminante. Faire porter la responsabilité de la crise à la dette publique et au coût du travail, c’est l’arme pri- vilégiée utilisée par les actionnaires pour préserver, voire accroître, leur dividendes, sans pour autant sortir de la crise.

Avec cet argumentaire, nous voulons décrypter des enjeux de ce débat, démystifier l’exemple allemand, pointer le poids du coût du capital et avancer des propositions alternatives.