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Conseil national des 28 février et 1er mars - Rapport de Michèle Guzman

le 02 March 2009

La crise de la presse ne date pas d'hier. Mais aujourd'hui la situation est inédite et grave.

C'est une bataille de près de cinq ans, qui a été menée, pour obtenir la tenue des Etats Généraux de la Presse écrite. Ceux-ci se sont tenus durant près de trois mois et ont été conclus par Nicolas Sarkozy fin janvier.

Patrick Le Hyaric, y a exprimé alors des arguments « pour qu'ils soient de véritables états généraux pour le pluralisme de la presse. Leur préparation et leur tenue peuvent être l'occasion d'un intéressant débat public », avait-t-il ajouté. Pour lui, « les états généraux devraient procéder à un état des lieux précis de la situation de la presse et des médias, des moyens d'exercer nos métiers dans un monde totalement bouleversé et, à partir de là, définir un certain nombre d'orientations et de propositions concrètes ».

Ainsi, « pour permettre aux entreprises de presse de reconstituer leurs fonds propres, de proposer la constitution d'un fonds spécial dédié au pluralisme, sous l'égide de la Caisse des dépôts et consignations ». Ce fonds pourrait être alimenté par des dons d'opérateurs publics ou privés, « ainsi que par un léger prélèvement sur les recettes publicitaires de grands groupes qui concentrent les parts essentielles de celles-ci. Ces aides financières seraient défiscalisées ». Il a réitéré sa demande que les dons des lectrices et des lecteurs de journaux qui participent ainsi à la vitalité de la démocratie soient défiscalisés. Il a aussi souhaité une hausse du fonds de modernisation et de l'aide aux quotidiens à faibles ressources publicitaires. S'agissant de la distribution, « le portage mutualisé multi titres des journaux le matin est sans doute l'une des principales solutions d'avenir pour que nos journaux soient utiles à ceux qui s'y abonnent. Dès ce projet de loi de finances, il suggère d'augmenter considérablement les moyens du fonds d'aide au portage ». Il a aussi réaffirmé son attachement à « la défense et à la modernisation des systèmes coopératifs ». « Il est un enjeu décisif, a-t-il par ailleurs plaidé, qui devrait faire l'objet d'une grande campagne publique : celui de la revalorisation de la lecture. » Il propose d'« installer des bouquets de titres de presse dans les lycées et les universités et de mettre en place des aides spécifiques pour des abonnements destinés aux jeunes… ». Il a aussi émis le voeu d'une action commune « pour obtenir des fonds européens favorisant le pluralisme de la presse ».

Un certains nombre de ces propositions ont été retenues, les tarifs postaux ne seraient pas augmentés cette année, la défiscalisation des dons est décidé, les moyens nouveaux vont être dédiés au portage des journaux, le système de distribution est maintenu contre les libéraux de la profession, des aides nouvelles sont décidées pour aider à la lecture par les jeunes.

Fort de ces propositions un certain nombre de décisions de ces Etats Généraux peuvent avoir des conséquences positives sur l'économie et le développement de nos journaux à terme. Mais la nécessité d'insister pour que des mesures d'urgence indispensables soient prises pour les besoins de trésorerie immédiate des entreprises de presse reste toujours d'actualité.

Le contexte général de la presse est en effet marqué par une aggravation considérable des difficultés du secteur.

Celles-ci peuvent encore être amplifiées avec l'aggravation de la crise générale qui provoque un recul des recettes publicitaires, mais aussi une diminution des achats journaliers ou des abonnements compte tenu de la baisse du pouvoir d'achat des lectrices et des lecteurs potentiels.

Toutes ces raisons nous ont conduit à multiplier les démarches pour que soit repris l'un des points que nous avions proposés et obtenus dans les Etats Généraux de la Presse, celui d'une aide exceptionnelle d'urgence de l'Etat aux journaux en difficulté.

Nous le faisons au nom du pluralisme, au nom de la vie démocratique dans une période où, confrontés à la crise, nos concitoyens sont et seront toujours plus en recherche de plus d'informations, plus d'analyses, de points de repère, plus de débats.

Certains secteurs économiques bénéficient aujourd'hui d'aides publiques importantes. Ce dont la presse a besoin immédiatement est sans commune mesure avec les sommes engagées dans ces d'autres secteurs. Il n'y a donc aucune raison pour que la presse n'en bénéficie pas.

L'humanité tente de solidariser d'autres journaux autour de cette idée et a informé une multitude de personnalités politiques, syndicales, associatives, du monde de la création et de la culture. Ces efforts ont débouché sur un appel de 140 personnalités, publié dans le journal. Cette campagne maintenant prend un caractère plus large, si elle est suffisamment soutenue, le gouvernement pourrait entendre cette demande.

Si le problème concerne l'ensemble de la presse et représente un enjeu démocratique global, une question particulière nous est posée autour de l'existence de l'Humanité. C'est ce qu'ont réaffirmé les membres de la commission nationale de diffusion réunie hier, ici même.

Dans un contexte général particulièrement difficile pour la presse écrite et pour l'Humanité en particulier - qui a dû faire appel cet été à ses lecteurs pour l'aider à surmonter des difficultés de trésorerie. Élargir la lecture de l'Humanité et de l'Humanité Dimanche est un enjeu politique de première importance. C'est le seul quotidien national militant porteur des combats sociaux et citoyens, un journal porteur des issus progressistes à la crise, un journal porteur d'idées de paix, de sécurité et acteur de la non intégration de la France dans le commandement militaire de l'OTAN. C'est sur tous les sujets que l'Humanité porte un point de vue inédit.

La diffusion repose sur trois piliers : la vente en Kiosque – les abonnements qui devraient reposer de plus en plus sur le militantisme (afin d'en réduire les coût, mais aussi parce que chaque nouveau lecteur est aussi un vecteur d'idées là où il se trouve.

La commission fait le constat de la nécessité d'une réappropriation militante de l'utilisation de nos journaux. Il convient d'apprécier le fait, qu'aujourd'hui dans la majorité des pays capitaliste, les forces progressistes ne disposent malheureusement pas de tels journaux.. On en prend la mesure quand ont en parle avec d'autres et progressistes. C'est un outil inestimable qui va au-delà de la force communiste qu'il faut valoriser. S'il y a deux ou trois choses prioritaires que nous devions retenir dans l'actualité et dans notre réorganisation c'est celle de la diffusion de notre presse.

Nos journaux vont devenir dans les prochains mois, les journaux du Front de gauche pour changer d'Europe. Cette démarche va leur ouvrir un espace de conquête élargi. Mesurons-nous suffisamment l'espace réel que nous avons.

Nous constatons que dans la période depuis novembre les chiffres de diffusion chez les marchands de journaux pour l'Humanité ont augmenté (4% en novembre – 3% en décembre et 1% en janvier 2009 par rapport à 2008) alors que la moyenne de diffusion d'autres journaux à diminuer de 10%,l'audience de l'Humanité qui a augmenté de 38%.

Il y a un nouvel espace, il se passe une rupture. Nous ne pouvons pas prendre du retard sur le mouvement des idées.

Suite aux difficultés importantes rencontrées par le journal l'été dernier, le parti a décidé de se saisir de la question et de tout mettre en œuvre pour gagner la bataille de l'Humanité et de l'Humanité Dimanche, car c'est avant tout une bataille contre la droite, contre le capitalisme. Au delà de la souscription à laquelle les communistes ont répondu de façon exceptionnelle, la meilleure façon d'aider le journal est d'en augmenter la diffusion et de consolider son économie par les abonnements. C'est ce qu'on réaffirmé, les membres de la commission nationale de la diffusion de la presse.

La combativité exprimée lors de notre congrès, dans la capacité à faire lever le débat sur la société qui pourrait être la nôtre, et de ce fait participer à la constitution d'un rassemblement populaire, aux mobilisations les plus larges possibles pour pouvoir changer enfin la vie. Cette combativité, c'est celle du tous ensemble des militantes et militants communistes ont décidé de déployer le plus efficacement possible. Nous voyons bien, que dans ce combat avec ses valeurs de transformation sociale, d'émancipation humaine et démocratique, notre journal à un rôle essentiel à jouer.

L'Humanité et l'Humanité Dimanche sont le plus proche du monde du travail et de la création, le plus naturellement anticapitaliste, porteur d'une critique radicale du système et d'une nouvelle société. Il devrait bénéficier plus de la nouvelle situation.

On tente aujourd'hui de réduire au silence cette liberté d'expression, prise en charge par les militants et militantes, comme dernièrement avec l'assignation en justice de notre camarade Loumis, CDH à Paris qui ne doit rien au hasard, ni au zèle de quelques fonctionnaires. Comme jamais, le capitalisme est sur la sellette. La rapidité du mouvement autour de Loumis, (qui a été relaxé le 18 en présence d'un large rassemblement ce jour là également) montre bien l'attachement militant au journal. Tout comme les unes de l'Humanité brandis dans les manifestations (celles pour Gaza ou la Guadeloupe). Voilà des signes qui montrent, combien l'Humanité et l'Humanité dimanche sont au cœur de l'enjeu politique, démocratique, de l'enjeu des transformations révolutionnaires de la société.

La réappropriation collective de la diffusion de l'Humanité. Le premier enjeu pour augmenter la diffusion est de reconstruire le réseau des animateurs de l'humanité dans le parti et d'en redéfinir les modes d'actions. Une vraie campagne, une bataille politique en rapport avec tout ce qui bouge.

Il y a bien sûr le réseau des CDH pour la diffusion du journal, militants pour lesquels il faut souligner l'importance qu'ils jouent dans la popularisation des idées. Il est impératif d'en impulser la progression. Afin de permettre une gestion plus collective de la diffusion, de créer un nouvel outil « les points de vente de l'humanité « (PVH) pour les organisations du parti. Des points de vente gérés dans la proximité des sections, rapprochent le journal des lieux de vie (entreprises, quartiers, marchés, universités, dans la perspective des élections européennes…). En ce moment nous remettons la carte 2009 aux adhérents. Prendre le temps de les rencontrer un à un et poser la question de l'abonnement de parrainage militant à l'Humanité Dimanche. C'est prendre en compte, la nécessité exprimée d'être plus efficace dans la bataille des idées. Nous apprécions ce que l'Humanité apporte à chacun de ses lecteurs et lectrices au travers du traitement, de l'analyse de l'information. C'est un acte responsable que de permettre à un plus grand nombre d'adhérents de pouvoir devenir un lecteur de l'humanité et de l'Humanité dimanche qui nous le savons sont attachés à leur journal.

Avec la remise des cartes, les rencontres publiques préparatoires aux européennes, donnons une impulsion sans pareil, doit être donnée pour la réussite de la campagne de parrainage à l'HD lancée lors du congrès. Sans avoir réellement mis les petits plats dans les grands, c'est 2500 abonnements qui sont parvenus à l'Humanité. Ce qui en dit long sur les potentialités qui restent vraiment à notre portée pour atteindre les 10 000 lecteurs prévu, si les communistes s'en mêlent – cela élargirait considérablement notre audience dans la société, pour des futurs d'humanité.

Voyons aussi comment les listes d'appel élaborées, pour les européennes, deviennent des bases de données pour travailler à des nouveaux abonnés à l'Humanité et l'Humanité Dimanche, mais aussi contribue à des contacts plus durable.

Gagner des animateurs pour la diffusion de la presse, pour gagner des lecteurs. Mais c'est aux directions, donc à nous, de faire l'effort d'organisation.

« L'existence de l'Humanité a toujours été un combat. Sans ses lecteurs et lectrices, sans ses amis, sans les communistes, elle n'existerait plus depuis longtemps » rappelle régulièrement Patrick Le Hyaric.

Voilà, chers camarades,

En souhaitant que nos réflexions soient bénéfiques, pour que l'Humanité puisse prendre toute la place qu'elle mérite…