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Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

Pierre Laurent
 
 
 

Vœux de Pierre Laurent "Tout faire pour que 2013 soit une année d'espoir et d'avancées"

Vœux de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF pour 2013. Seul le prononcé fait foi

 

"Mesdames et messieurs,
chers amis, chers camarades,

Je suis extrêmement heureux de vous accueillir pour cette nouvelle année dans ce lieu toujours magnifique, ce siège du Parti communiste français, cette œuvre de l'architecte Oscar Niemeyer, disparu le 5 décembre dernier. Après lui avoir rendu hommage ici même immédiatement après sa disparition, nous avons décidé d'organiser le week-end dernier deux journées portes ouvertes.

Quel ne fut pas notre bonheur d'accueillir pendant ces deux journées près de 7000 visiteurs... Jeunes, familles avec leurs enfants, militants... tous venus, parfois de loin, découvrir ce lieu unique avec gourmandise. En prélude aux vœux de ce soir, cet hommage populaire a marqué l'entrée dans cette année 2013 de ce que nous lui assignons : donner le meilleur à notre peuple. Cette maison restera plus que jamais, comme le souhaitait Oscar Niemeyer lors de sa conception, une maison du peuple, une maison ouverte à tous les engagements, à toutes les créations de notre époque.

Le succès des initiatives du mois Aragon qui se sont tenues en décembre nous encouragent aussi dans cette voie. Sachez donc que nous allons multiplier en 2013 les occasions de se retrouver dans ce bâtiment, et je suis certain que ce sera pour vous comme pour nous une joie chaque fois renouvelée.

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J'aurais aimé poursuivre mon propos avec la même légèreté. Cela me sera malheureusement difficile. Car à cet instant, je pense à trois femmes hors du commun qui ont été froidement et lâchement assassinées, il y a 4 jours, à Paris.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, les corps sans vie de Sakine Cansiz, de Fidan Dogan et de Leyla Soylemez ont été retrouvés dans les locaux du Centre d'information du Kurdistan. Le peuple kurde paye une fois de trop un tribut inacceptable à la lutte pour sa reconnaissance et pour la liberté.

Leyla Soylemez avait 24 ans et animait l'organisation de jeunesse du Parti des travailleurs du Kurdistan. Fidan Dogan, connue de tous sous son nom de résistante Rojbin, avait 32 ans. Elle était la représentante en France du Congrès national du Kurdistan et dirigeait le Centre d'information du Kurdistan à Paris où nos trois amies ont été tuées.

Et Sakine Cansiz, réfugiée politique dans notre pays depuis 2007, avait 55 ans. Elle était cofondatrice du PKK. Sakine avait connu la prison, la torture, l'exil mais elle ne s'est jamais abandonnée à la haine, au désespoir ou à la déraison. Sakine inspirait à toutes et à tous admiration et respect. Elle était aussi le symbole de la résistance des femmes.

Ces trois femmes de grand courage et de grande intelligence, étaient nos camarades, elles étaient nos amies. Elles étaient des démocrates et des militantes d'une cause juste, l'inscription dans la Constitution turque de la reconnaissance des droits politiques et culturels du peuple kurde.

Nous savons que ce triple assassinat s'est déroulé au moment de la reprise de pourparlers entre le gouvernement turc et le PKK. Une telle tragédie aurait dû permettre de mettre en lumière la situation dramatique du peuple kurde et les violations de droits de l'homme dont il est quotidiennement la cible en Turquie. Mais quand ce n'est pas le black-out, force est de constater que les stéréotypes mensongers perdurent.

En Turquie, alors que le BDP (Parti pour la paix et la démocratie) remporte le suffrage universel partout où il présente des candidats, ses représentants élus, kurdes, subissent la répression des autorités : battus, emprisonnés, humiliés. On compte près de 9 000 prisonniers politiques (militants politiques, syndicaux, associatifs), près de 200 élus, des journalistes, des avocats, des étudiants ou de simples citoyens, parmi lesquels des enfants ! Les violences sur les populations se sont multipliées au cours des années. Parler kurde est un délit. Voilà la réalité qu'on ne nous montre pas.

La manifestation de samedi à Paris a pourtant rassemblé des dizaines de milliers de femmes et d'hommes, une foule immense de jeunes, venus de toute l'Europe, rendre hommage à leurs trois dirigeantes et réclamer justice. Les communistes français ont répondu présents. Cet assassinat doit donner le signal d'une solidarité renforcée avec le peuple kurde et de la mobilisation générale pour que triomphent justice et paix. C'est à cet objectif que nous voulons consacrer l'année qui débute.

Le Parti communiste français redoublera d'efforts pour alerter notre peuple sur le sort des Kurdes et pour aider à créer les conditions d'un mouvement de solidarité internationale avec le peuple kurde. Le Kurdistan est une réalité géographique façonnée par les siècles, écartelée depuis la fin de la Première guerre mondiale entre quatre États. Les Kurdes sont un peuple de culture millénaire qui est confronté à la négation de ses droits fondamentaux et à la violence politique.

Le président de l'Assemblée territoriale corse, mon ami et camarade Dominique Bucchini, a fait voter le 9 novembre dernier une motion de solidarité avec les Kurdes appelant la Turquie à arrêter immédiatement ses opérations militaires et politiques contre les Kurdes. C'est cela qu'il faut faire partout, dans toutes les assemblées élues. Je veux aussi souligner le rôle des députés européens du groupe GUE-NGL parmi lesquels celui de Marie-Christine Vergiat, et au Sénat celui de mon collègue et camarade Michel Billout. Je salue leur engagement, celui des militants du réseau PCF-Kurdistan, et des élus de l'ANECR, avec leur président Dominique Adenot, maire de Champigny, qui ont engagé une campagne de sensibilisation dans leurs villes qui se développe partout en France.

Le temps est venu de l'initiative française pour mettre fin aux accords de coopération de lutte sécuritaire et anti-terroriste policiers que le gouvernement et chef de l'État précédents avaient conclu avec le gouvernement turc de monsieur Erdogan qui ont permis d'emprisonner plusieurs militants kurdes en France.

Nous briserons le mur du silence.

Mercredi s'ouvrira à Bursa en Turquie le procès d'une de nos jeunes compatriotes Sevil Sevimli, qui a également la nationalité turque, et que le tribunal menace de 32 ans de prison pour avoir participé à une manifestation le 1er mai. Je réitère devant vous mon appel au ministre des Affaires étrangères d'agir pour sa relaxe et son retour en France. Le PCF est actuellement représenté par une délégation venue soutenir Sevil et veiller à ce que ses droits à la défense soient respectés.

Je m'adresse à vous journalistes, ne laissez plus Sevil dans l'ombre, et ne laissez plus les Kurdes seuls. Leyla, Sakine et Rojbin ne doivent pas tomber dans l'oubli.

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Mesdames, Messieurs,

Le président François Hollande a donc décidé de l'engagement militaire français au Mali. La France est en guerre. C'est une situation grave.

Cette intervention militaire pose de très lourdes questions. Le premier ministre reçoit ce soir les présidents des groupes parlementaires, parmi lesquels André Chassaigne et Eliane Assassi, puisque le déclenchement de l'opération s'est fait sans mandat, ni débat du Parlement –ce que nous regrettons vivement.

Je voudrais cependant dire ici quelques mots sur les réflexions et les choix politiques qui sont les nôtres.

Le Parti communiste français a toujours pris parti contre toutes les formes d'intégrismes, et par-dessus tout, contre l'action ultra-réactionnaire des forces de l'islamisme politique radical, en particulier les groupes djihadistes dont une partie est liée à des réseaux criminels.

AQMI, le principal groupe armé malien est d'ailleurs aujourd'hui le prolongement direct –avec les mêmes chefs– des groupes terroristes algériens des années 1990, le GSPC et le GIA, c'est-à-dire les organisations islamistes algériennes les plus violentes, favorables à l'installation d'une république islamique par la lutte armée.

Il était logique pour notre parti qu'une aide réelle soit apportée aux autorités maliennes de transition. Nous comprenons le soulagement qui s'exprime au Mali avec le recul des djihadistes et donc, le recul des dangers qu'ils faisaient peser sur la dignité humaine, sur la liberté, et sur l'avenir du Mali lui-même.

Mais si l'intervention militaire engagée peut stopper une offensive djihadiste, elle ne règlera pas le problème sur le fond ni dans la durée. Je le répète, fallait-il laisser faire les groupes djihadistes ? La réponse est : non. Mais cela n'enlève rien aux très vives préoccupations qui sont les nôtres.

Il n'y a jamais de guerre neutre, sans conséquences humaines ni sociales. Il y a déjà des victimes. Permettez-moi aussi de souligner la menace vitale, maintenant accentuée, qui pèse sur les otages puisque les bombardements français visent ceux qui les détiennent. Nul ne peut dire aujourd'hui quelle sera la suite des événements. Nous n'en sommes qu'au début.

Personne ne peut dire ni quand ni comment la phase nouvelle qui vient de s'ouvrir s'achèvera pour le Mali, pour les pays de la région ni pour le monde. Le chef de l'État a précisé vendredi que l'intervention militaire française ferait rapidement place aux forces maliennes et de la CEDEAO. Le ministre de la Défense parle aujourd'hui d'une durée de plusieurs semaines.

Mais je veux surtout souligner qu'une telle intervention militaire est l'aveu d'un échec politique et d'une impasse. Elle porte aussi souvent le risque d'une politique de domination pour des intérêts de puissance. Et puis chacun comprend bien –les guerres en Irak, en Afghanistan en particulier, l'ont bien montré– qu'il n'y a pas de solution militaire durable aux problèmes du monde actuel.

L'enjeu essentiel est donc de répondre à la question : « Comment construire de la sécurité et une paix durable pour le Mali et sa région ? »

L'exigence est celle d'une réponse politique pour la reconstruction de l'État malien, pour que ce pays trouve les conditions d'un vrai développement humain dans toutes ses dimensions. La France doit y contribuer dans le respect des demandes de l'État malien et des forces vives du pays. Cette réponse doit être le fruit d'un mandat des Nations unies et de l'Union africaine, dans le respect de la Charte de l'ONU et avec des troupes africaines.

C'est cela qu'il aurait fallu préparer depuis longtemps dans un cadre multilatéral afin que cette intervention soit le fruit d'une responsabilité collective dans une légitimité internationale.

Nous ne sommes, en fait, qu'au début d'une crise devenue maintenant une guerre ouverte. Notre parti restera extrêmement vigilant et actif pour que ce soit d'abord la solidarité, l'amitié et l'intérêt du peuple malien et ceux de toute la région qui priment et qui soient au cœur des décisions à prendre. Cet objectif ne doit jamais être perdu de vue. Or aujourd'hui, rien ne nous garantit qu'il soit réellement et concrètement au cœur des engagements de la France. Ce sont sur ces points cruciaux qu'Eliane Assassi et André Chassaigne interrogeront ce soir le premier ministre.

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Mesdames, messieurs, chers amis et camarades,

L'année 2013 ne sera pas un long fleuve tranquille. Ni dans le monde, ni en France.

Nous voulons tout faire partout pour qu'elle puisse être une année d'espoir et d'avancées. En France et dans le monde.

Mais pour qu'elle soit cette année d'espoir et d'avancées, soyons clairs : il va falloir que les citoyens qui ont voulu le changement, que le monde du travail, que le peuple de gauche, s'en mêlent à grande échelle. Sans cette intervention massive pour obtenir le changement de cap nécessaire, la politique actuelle du gouvernement est en train de mener le pays à la déception, à la démobilisation et à l'échec.

Je veux être très clair sur notre état d'esprit : il n'est pas question pour nous d'enfiler les habits du renoncement. Pour sortir le pays de la crise, nous croyons plus que jamais nécessaire et possible de rompre avec les logiques de la finance.

Nous avons voté pour le changement au printemps dernier. Et c'est maintenant que nous voulons le voir se concrétiser.

Alors permettez-moi de mettre les points sur les -i, puisque, comme vous le savez, la petite video mise en ligne par mes facétieux camarades de notre service communication a fait le buzz, et provoqué une avalanche de commentaires.

Des responsables socialistes s'en sont vivement émus, dans des termes qui n'honorent pas toujours leurs auteurs. Il paraît, si j'ai bien écouté, qu'elle était trop critique, bien que finalement elle n'ait fait que rappeler les engagements du président pendant sa campagne. Il paraît qu'elle manquait de propositions.

Eh bien si c'est cela qui fait défaut, pas de problème. J'ai donc décidé de venir ce soir les bras chargés de propositions. Des propositions dans lesquelles il suffira de piocher pour qu'ensemble nous votions demain des lois de progrès social.

Et je veux le dire avec netteté, toutes les propositions dont je vais parler dans un instant, nous pouvons les adopter au Parlement d'un jour à l'autre.

Parlons d'abord emploi puisque dans ses vœux à la nation, le président Hollande a déclaré vouloir de « l'inversion de la courbe du chômage » sa priorité numéro un. J'aurais préféré qu'il parle clairement et simplement de faire reculer le chômage et la précarité. Mais, bon, partons de l'objectif affiché.

Je veux être direct sur ce point essentiel. Il n'y a, à l'heure actuelle,aucune chance d'y parvenir avec les mesures annoncées. Le pacte de compétitivité était déjà une bien mauvaise nouvelle, qui avait d'ailleurs pris à revers, nombre de forces à gauche, bien au-delà des nôtres.

Ce qui vient de se passer vendredi n'est pas fait pour nous rassurer. L'accord signé sous pression du gouvernement, accord soi-disant historique, ne l'est en aucun cas. Sauf peut-être pour le Medef qui n'en espérait sûrement pas tant neuf mois après la défaite de Sarkozy, mais sûrement pas pour les salariés.

Michel Sapin devra user de beaucoup de salive pour nous convaincre, et les salariés avec, qu'il « emporte l'intérêt général » et qu'il devrait être adopté tel quel au Parlement. J'invite tout le monde à y regarder de plus près.

On affichait l'ambition de la « sécurisation de l'emploi » et on débouche sur la « sécurisation de la flexibilité et du licenciement ».

On annonçait taxer les contrats courts et on cède en contre-partie une nouvelle exonération de charges patronales sur tous ces contrats.

On annonçait la démocratie sociale et on débouche sur la présence d'un ou deux salariés possibles dans les conseils d'administration de plus de 10 000 salariés dans le monde et 5 000 en France, soit deux cents entreprises concernées tout au plus ; – et pour couronner le tout, les entreprises ont 26 mois pour mettre en place les modalités que les AG d'actionnaires devront d'abord approuver. Et presque tout à l'avenant.

Mais pire, le gouvernement semble maintenant décidé à empêcher toute discussion du Parlement et lui demande de transcrire en l'état l'accord signé.

Je le dis clairement au gouvernement : Pas question ! Et il y a deux bonnes raisons pour cela.

Pourquoi une majorité de gauche devrait-elle adopter un accord qui fait reculer les droits des salariés ? Au nom du respect de la démocratie sociale, va-t-on nous rétorquer ! C'est précisément la seconde raison de le refuser.

Cet accord, en ne recevant pas l'agrément de la CGT et de FO, n'est pas conforme à, l'esprit des accords majoritaires qui devrait être scrupuleusement respecté par une majorité de gauche digne de ce nom.

Il semble qu'une nouvelle fois, le gouvernement soit tenté par l'argument d'autorité, à l'adresse de ses propres troupes parlementaires.

Je propose une autre méthode. Et je lance donc un appel aux parlementaires de gauche. Ouvrons, en lien avec les salariés et leurs syndicats, le chantier d'une vraie sécurisation de l'emploi. L'accord Medef-CFDT ne peut en aucun cas brider le travail législatif qui reste souverain. Les salariés ont besoin d'une véritable sécurisation de leur contrat de travail. Travaillons à la pénalisation de tous les CDD et des contrats précaires en alourdissant massivement les cotisations sociales patronales sur ces contrats et en imposant une surtaxe aux entreprises lorsqu'elles emploient plus de 5 % de CDD.

Car à ce propos, je veux aussi faire une mise au point avec madame Parisot – qui comme ses amis de l'UMP se perd dans les chiffres. Ce n'est pas la Fonction publique qui est responsable à elle seule de l'explosion du nombre de contrats courts dans le pays. C'est dans le secteur marchand qu'on est passé de 5,7 millions de CDD de moins d'un mois (en 2000) à 10,6 millions en 2011, soit une augmentation de 85 % ; et c'est au secteur privé qu'on doit 75% de la hausse du nombre de CDD en dix ans.

Les salariés ont besoin d'une sécurisation des conditions de la rupture du contrat de travail. Travaillons à interdire les licenciements boursiers, les ruptures conventionnelles du contrat de travail et révisons les modalités du licenciement économique pour éviter les licenciements répétés.

Les organisations syndicales dans les entreprises doivent bénéficier de pouvoirs d'intervention dans les comités d'entreprise pour suspendre les décisions de licenciements des employeurs et faire valoir des contre-propositions aux restructurations. Un projet de loi est prêt, qu'attend-on pour le discuter, l'enrichir encore et le voter ?

Les salariés ont besoin d'intervenir sur les choix de gestion des entreprises. Travaillons à un vrai pouvoir de contre-proposition sur les critères de gestion des entreprises, et non d'une présence de témoignage, un vrai pouvoir sur la gestion prévisionnelle de l'emploi dans l'entreprise, sur les choix en matière de salaires et de qualifications dans l’entreprise, pour une meilleure efficacité de l'entreprise elle-même.

Ils ont besoin d'une sécurisation de leur mobilité professionnelle tout au long de leur vie. Travaillons à ce que chaque salarié, de la sortie du système scolaire à la fin de sa carrière professionnelle, puisse disposer d’un certain nombre de droits cumulatifs et progressifs, transférables d’une entreprise à l’autre, d’une branche à l’autre, opposables à tout employeur. En même temps, il doit être assuré de bénéficier d'une formation rémunérée lui permettant l'accès à un autre emploi qualifié et mieux rémunéré.

Vous le voyez, les propositions, les pistes de travail ne manquent pas. Et ce qui est vrai pour l'emploi est vrai dans tous les domaines. Des propositions, j'en ai ainsi beaucoup d'autres :

  • relançons en grand le logement social, et pour commencer en ne reculant pas, portons tout de suite à 5% le taux de TVA sur le logement social pour relancer la construction et les rénovations,
  • allons très vite plus loin que la création de la BPI qui sera bien insuffisante, en créant un pôle public bancaire et financier qui permette de reprendre vraiment le pouvoir sur les banques et institutions financières,
  • amnistions sans tarder, grâce à une loi, les syndicalistes que le gouvernement précédent a poursuivi au mépris du droit dans notre pays,
  • refusons de boucler dans la précipitation l'acte III de la décentralisation et reprenons le dossier dans la transparence en ouvrant un grand débat public s'appuyant sur les élus locaux et la démocratie citoyenne, grande absente des tractations en cours,
  • et puis, cessons de tergiverser sur la marche en avant vers l'égalité des droits. La loi sur le mariage pour tous peut être adoptée. La société y est prête. C'est le gouvernement, et non l'opinion, qui est sur le recul. Quant au droit de vote des étrangers, lançons-nous effectivement dans la campagne de mobilisation nationale qui permettra son adoption avant 2014.

Oui, voilà ce que nous souhaitons à la France pour 2013.

Une année d'avancées sociales et sociétales, une année de progrès humain avec la gauche, une année de luttes et de rassemblements utiles à notre pays, à l'Europe et au monde.

Nous sommes prêts au travail en tous domaines dans l'intérêt de la France.

Ces propositions – et beaucoup d'autres que je ne peux développer ici – nous allons les porter toute l'année qui vient, avec toutes les forces du Front de gauche, dans une grande campagne nationale qui fera le pari de démontrer la valeur de nos alternatives et d'unir autour d'elles.

Oui, « l'alternative à l'austérité est possible », le thème de cette campagne, sera le point de ralliement de toutes celles et de tous ceux qui ne renoncent pas au changement.

Les parlementaires de nos deux groupes, nos élus de toutes collectivités, joueront à nouveau un rôle important. Ils sont mobilisés à fond pour faire entendre ces propositions. Ils sont disponibles à tout moment pour des pas en avant. Je tiens ici à rendre hommage à leur action déterminée, à la clarté de leurs choix, comme à leur esprit de rassemblement et d'ouverture.

Nous lancerons la campagne du Front de gauche lors d'une conférence de presse demain et le premier meeting national de cette campagne aura lieu à Metz le 23 janvier, en présence de tous les dirigeants du Front de gauche, au cœur de cette Lorraine industrielle et sidérurgique qui lutte pour le redressement productif de notre pays.

Et, nous en sommes fiers, ce sont les sidérurgistes de Florange, en présence de nombreux syndicalistes de la région, qui ouvriront ce beau meeting. Ce sera un magnifique signal de départ de notre campagne.

J'en suis, et le PCF en est, très heureux. J'avais lancé mi-novembre l'appel à construire cette campagne. Tout est fin prêt aujourd'hui.

Nous allons une nouvelle fois pouvoir remettre en marche et en confiance toutes les forces de changement et d'alternative de ce pays sans lesquelles la gauche ne peut pas avancer.

Le Front de gauche repart donc uni, rassemblé, plus déterminé que jamais, dans une nouvelle année 2013 de luttes, de résistances, de propositions, d'alternatives.

Au Front de gauche, Monsieur Cahuzac, personne n'est seul. Nous sommes ensemble parce que face aux puissants de la finance l'unité est notre force. Vous n'avez peut-être jamais cru à la lutte des classes. Nous, nous voyons tous les jours qu'elle existe bel et bien.

Nous n'entendons surtout pas dans cette campagne camper sur les lignes de crête établies au terme de la campagne présidentielle. Nous n'avons qu'un seul objectif : servir la France, la sortir de la crise, être utiles à des réponses conformes à l'intérêt général. Il nous faut donc rassembler encore et toujours.

De très nombreux citoyens, partisans du changement au printemps dernier, et quel qu'ait été leur vote, leurs a-priori plus ou moins positifs, ou plus ou moins sceptiques, sur les engagements de chef de l'État, en font aujourd'hui le constat : sans leur mobilisation convergente, rien de positif ne se fera.

Nous devons donc dialoguer et travailler tout azimut. Voilà pourquoi j'ai répondu en décembre à l'invitation de mes amis socialistes de Gauche Avenir et je compte bien poursuivre le travail en commun.

Voilà pourquoi je dialogue avec mes amis écologistes sur le sens qu'il convient de donner à une politique de transition énergétique.

Voilà pourquoi j'ai agi à la région Ile de France avec mon groupe Front de gauche pour voter avec tous les élus de gauche une résolution qui demande solennellement à l'État à la veille du nouvel acte de la décentralisation, la compensation de toutes les charges nettes issues de l'acte II de la décentralisation, la progression des dotations de l'État pour faire face aux nouveaux transferts de charges, l'inscription par l'État des ressources nécessaires à la réalisation du Grand Paris Express, un taux de TVA à 5% sur le logement social, les rénovations de logements et les transports publics.

Oui, le combat doit se mener tout azimut.

Oui, aucune occasion ne sera jamais négligée par nous de faire progresser dans le sens du progrès social les solutions à la crise.

Oui,il est possible de faire bouger les lignes du débat à gauche si les citoyens pèsent de tout leurs poids dans ce débat.

Oui, il est possible de faire grandir une politique de gauche alternative aux logiques d'austérité actuelle et de rassembler autour d'elle jusqu'à la rendre majoritaire.

Nous n'opposons aucune de ces dimensions de la bataille. Le PCF, le Front de gauche entendent bien être les fers de lance de ce travail de rassemblement en 2013.

Notre campagne nationale sera une très grande campagne du rassemblement à gauche, pour des solutions de gauche à la crise, contre les impasses de l'austérité et les régressions de la compétitivité patronale.

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Chers amis et camarades,

C'est ce même esprit, combatif, constructif, transformateur, rassembleur qui anime la préparation de notre Congrès qui se tiendra maintenant dans moins quatre semaines du 7 au 10 février aux Docks d'Aubervilliers, à deux pas de la nouvelle station de métro « Front populaire ». Que rêvez de mieux ?

Notre congrès de fin 2008, avec Marie-George Buffet, a ouvert une nouvelle période et marqué la naissance du Front de gauche. Celui de 2010 et notre conférence de 2011 ont ouvert la voie à une campagne présidentielle inédite. En 2013, nous sommes décidés à pousser d'un même pas les développements du Front de gauche et les transformations de notre parti. L'initiative de lancement du Congrès avec quatre cents nouveaux adhérents réunis ici-même, les rassemblements de Lille sur l'avenir industriel de la France et de Marseille sur la République, avant celui de Bordeaux le 26 janvier prochain marquent la maturation de nos projets. Le souffle nouveau du Parti communiste, que seuls les observateurs décidés à se voiler la face continuent de ne pas voir, va nous permettre d'aller plus loin au Congrès et de poursuivre le renouvellement et le rajeunissement de nos directions. Lors du vote de décembre, le vote de 75% de nos adhérents en faveur de la base commune de discussion a renforcé l'unité des communistes pour avancer dans cette voie.

C'est donc empli de cette énergie partagée que je vous dis aujourd'hui ma totale confiance dans la capacité du Parti communiste à entrer dans le communisme de nouvelle génération que j'appelle de mes vœux et auquel je travaille avec tous mes camarades.

Notre congrès sera aussi, je veux le dire, un moment important de solidarité internationale. Plus de quatre vingt invités internationaux seront là, venus de tous les continents, de Palestine et du monde arabe, d'Afrique et du Mali, d'Asie et d'Afghanistan, d'Amérique du Sud et centrale... Tous nos amis européens, engagés comme nous dans le combat contre une austérité dévastatrice, se donneront rendez-vous également ce jour là. Le bureau exécutif du Parti de la gauche européenne vient d'ailleurs de donner ce week-end à Berlin le coup d'envoi de la préparation du prochain congrès du PGE en décembre à Madrid.

Vous le voyez, la promesse faite à la Fête de l'Humanité sera tenue.

Le congrès du Parti communiste s'annonce décidément comme un moment qui va réveiller la gauche. Et elle a toujours autant besoin : Il est temps de rallumer les étoiles !"

 

Pierre Laurent
Secrétaire national du PCF - 14 janvier 2013 au siège du PCF

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