Accueil
 
 
 
 

Rouen : Face au risque industriel, pas d’austérité pour la sécurité des salariés et des populations

Lundi 21 janvier un accident a provoqué une fuite de Mercaptan à l’usine Lubrizol de Rouen, un gaz toxique en cas de très forte concentration ce qui n’est pas le cas actuellement. Sa dispersion dans l’atmosphère et son odeur particulièrement nauséabonde a incommodé de très nombreuses personnes dans l’agglomération de Rouen, et même de l'ile-de-France jusqu’au sud de l’Angleterre. Son inhalation, même à dose réduite, peut provoquer des irritations pulmonaires, des nausées, des vomissements. L’urgence est à la totale neutralisation de ses émanations et au colmatage du réservoir dans lequel a été transféré le contenu du bac d’où s’échappe le Mercaptan.

L’enquête administrative diligentée par la ministre de l’environnement Delphine Batho devra déterminer l’origine de cet accident et établir les responsabilités de la société Lubrizol. L’entreprise de Rouen est une filiale de Lubrizol Corporation (USA). Elle appartient à la holding Berkshire Hathaway, 8e entreprise mondiale, dirigée par Warren Buffet ; une société connue pour sa gestion libérale peu attentive au sort de ses salariés. Ce n’est pas la première fois que de tels incidents se produisent au sein de cette société. Déjà en 1975, Lubrizol Rouen devait répondre devant le tribunal de ses manquements face à une situation identique. Toute la lumière doit être faite sur cet incident important !

Les salariés sont en première ligne face au danger industriel. La course au profit et à la productivité se fait trop souvent au détriment des règles élémentaires de sécurité dans les conditions de travail. Dès lors de très nombreuses questions se posent. L’entreprise a-t-elle intégré réellement le retour d’expérience dans sa gestion des risques ? La formation des salariés leur permet-elle réellement de faire face à de tels accidents ? Sont-ils régulièrement consultés afin d’améliorer les processus de production et réaliser les investissements au bon niveau ?

Si le pire a été évité, on peut légitimement s’interroger sur le contrôle des procédures d’exploitation de ce type d’usine, sur le mode d’information des risques en direction des populations et les conditions d’élaboration des plans de prévention des risques technologiques (PPRT). Pour cela on ne doit pas mégoter sur les moyens financiers affectés aux services publics de l’environnement. Face au risque la sécurité des salariés et des populations ne méritent pas l’austérité budgétaire.

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.