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Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

Pierre Laurent
 
 
 

O. Dartigolles - Accord compétitivité/emploi - La gauche ne peut pas être à l'origine de cette régression

Le 36e congrès du PCF a pris des décisions fortes pour la réussite de la campagne du Front de Gauche « l'alternative à l'austérité, c'est possible ». Dans les prochaines semaines, celle-ci doit en particulier se focaliser pour empêcher la transcription dans la loi de l'accord minoritaire sur la flexibilisation de l'emploi.

 

Les fortes mobilisations sociales contre les plans de licenciements dans l'industrie, l'annonce de la journée d'action unitaire de la CGT et de FO du 5 mars, le refus du recul des droits par des organisations d'avocats, de magistrats, les inquiétudes exprimées par des dirigeants mutualistes, l'annonce de la campagne du Front de gauche, le refus de députés socialistes, et d'un courant du PS, d'accepter la transcription du texte de l'accord en loi... tout cela converge et commence à faire bouger les lignes. François Hollande redécouvre ainsi aujourd'hui qu'on ne peut pas laisser faire les groupes qui ferment des sites de production et bloquent toute reprise et il annonce qu'un projet de loi en ce sens sera examiné d'ici l'été. C'est un bon signe.

 

Il n'en reste pas moins que le gouvernement, dans sa proposition, retranscrit fidèlement l'accord dans ce qu'il a de plus négatif. Adoptée ainsi, ce serait une très grave régression des droits des salariés.

 

Y subsistent les accords dits « de maintien de l'emploi » permettant de licencier tout salarié qui refuse une baisse de son salaire au mépris du contrat de travail. Sont maintenus également la mobilité forcée qui serait imposé au salarié et l'obligerait à travailler sur n'importe quel site de son groupe en France. Le CDI reste attaqué avec le CDI intermittent. La régression des droits se fera sentir dans les licenciements collectifs, empêchant de fait les CE de proposer des alternatives aux plans de licenciements et de restructuration, ou de recourir en Justice lors des PSE. Le recul se fait aussi sentir dans la justice prud'homale. Le Medef resterait donc, et de loin, le grand bénéficiaire de la loi.

Rien n'est écrit

La campagne du Front de gauche se fixe l'objectif d'élargir la mise en mouvement des salariés, des citoyens, de tous ceux qui disent :« non, la gauche ne peut pas être à l'origine de cette régression ! ». Elle vise à rassembler, faire converger toutes ces forces. Rien n'est écrit. Plutôt que de parrainer un recul qui désarmerait les salariés, la gauche peut être, au contraire, associée à des lois qui, en élargissant les droits, commencent à modifier un rapport de force trop favorable au patronat.

 

Olivier Dartigolles - Porte-parole du PCF

 

Il y a actuellement 1 réactions

  • Le PS et l'ANI

    Tu dis : «La gauche ne peut pas être à l'origine de cette régression». Ben si elle l'est. Mais peut-on qualifier encore de «gauche» le gouvernement Hollande et l'écrasante majorité de députés et sénateurs du PS (sans parler du PRG !)? Car l'ANI est la énième décision du gouvernement et de son parti qui tourne le dos aux aspirations populaires. Alors une question vient à l'esprit : pourquoi tant d'indulgence de notre part ?

    Par YVES CASTAY, le 19 avril 2013 à 16:02.