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Aminatou Haïdar : Lettre de Marie-George Buffet à N Sarkozy

le 16 December 2009

Monsieur le Président,

Je souhaite attirer votre attention sur la situation plus que préoccupante de Madame Aminatou Haïdar, militante sahraouie, engagée dans la défense des droits humains, des libertés et de la dignité humaine.

Madame Haïdar a été arrêtée le 13 novembre à l'aéroport d'El Ayoun à son retour de New York où elle a reçu le prix du courage civique de la Train Foundation.

Ayant inscrit sur sa fiche d'entrée qu'elle est résidente du Sahara occidental, les autorités marocaines lui ont confisqué son passeport et l'ont expulsée aux Canaries sur le motif de « déni de sa nationalité marocaine ». Je suis consternée par une telle décision qui suscite d'autant plus d'émotion que Madame Haïdar a entamé une grève de la faim depuis maintenant 21 jours.

Malgré diverses interventions, notamment du gouvernement espagnol, les autorités marocaines refusent d'accorder un document de voyage à Madame Haïdar, ou de lui rendre son passeport.

Cette situation ne peut durer sans conséquences graves pour Madame Haïdar dont l'état de santé suscite de très sérieuses préoccupations. C'est aussi une question politique. L'attitude marocaine met l'Espagne, pays appartenant à l'Union européenne, dans une situation diplomatique inextricable. Enfin, et surtout, la question du Sahara occidental, selon le droit international et le plan de l'ONU qui lui est consacré, doit, en effet, être réglée dans le cadre d'un référendum d'autodétermination à la tenue duquel le Maroc s'est jusqu'ici systématiquement opposé. Le Maroc ne peut imposer une nationalité à Madame Haïdar.

Je souhaite donc, Monsieur le Président, que la France puisse obtenir du Maroc un geste humanitaire et de bonne volonté afin de permettre à Madame Haïdar de voyager librement. Il serait aussi nécessaire de rappeler les autorités marocaines à l'exigence du respect du droit international. Le gouvernement espagnol a lui-même rappelé l'importance d'une solution qui respecte le droit à la libre détermination du peuple du Sahara occidental. Une solution juste dans cet esprit aurait le mérite de permettre un règlement dans l'intérêt objectif de toutes les parties et de tous les pays et les peuples de la région.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes salutations respectueuses.

Marie-George Buffet