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Voeux de Marie-George Buffet 11 janvier 2010

Par Marie George Buffet, le 13 January 2010

Mesdames et messieurs les Ambassadeurs, Mesdames et messieurs les parlementaires, Mesdames et messieurs les élu-es, Mesdames et messieurs les représentants syndicaux, Mesdames et messieurs les responsables associatifs, Mesdames et messieurs les représentants des forces politiques, Monseigneur, Monsieur le Directeur de l'Humanité, Cher-es amis, cher-es camarades,

C'est avec beaucoup de bonheur que je vous reçois ici dans cet espace Oscar Niemeyer. Je ne boude pas mon plaisir à chaque fois renouvelé de pouvoir vous souhaiter à chacune, chacun d'entre vous ainsi qu'à vos familles tous mes vœux de bonheur, de santé et de réussite. Assurément, il est des tâches moins agréables !

En ce début d'année, vous le comprendrez, mes premiers vœux sont des vœux de paix.

Mes pensées vont à Gaza et à sa population martyre. Un an après une terrible guerre, je forme le vœu que l'année 2010 soit celle de la reprise du dialogue politique, de l'espoir, de la paix. Oui, la paix, enfin. Rien ne sera possible dans cette région qui compte, dans l'équilibre du monde, tant qu'un Etat palestinien n'aura pas vu le jour à égalité de droits avec l'Etat israélien.

Que 2010 monte l'exigence du retrait des forces de l'OTAN d'Afghanistan, pour que, sous l'égide de l'ONU, une intervention nouvelle axée sur la reconstruction du pays et une véritable démocratie se déploie et j'appelle la France et l'Union européenne à agir en ce sens !

Permettez-moi aussi une pensée pour les démocrates iraniens victimes d'un régime théocratique et qui continuent à se battre pour leurs droits, les libertés malgré le danger. Plus que jamais, ils ont besoin de notre soutien.

Des vœux pour que 2010 voit à son ordre du jour les questions du désarmement.

Des vœux aussi de réussite pour ces peuples et ces gouvernements qui en Amérique latine et sur d'autres continents travaillent à construire de nouveaux rapports sociaux, un nouveau développement, de nouvelles coopérations régionales. Car amis du Venezuela, du Chili, du Mali, de la Chine, du Viet Nam, de l'Equateur et de Cuba présents, ce soir, mes vœux, sont aussi des vœux de coopération et de justice sociale.

Sur notre planète, la mondialisation est devenue notre quotidien, cela pourrait être une chance formidable pour l'humanité. Mais elle est pervertie par les logiques libérales au service d'un système, un système de guerre économique. La crise du capitalisme financier s'est abattue méthodiquement sur toutes les nations, elle n'a pas fait de quartier. Cette crise démontre s'il en était encore besoin que les réponses alternatives au capitalisme prédateur sont communes à tous les peuples du monde et qu'elles appellent plus que jamais de la solidarité, de la justice et de la démocratie.

Notre peuple, la France a, dans ce sens, son rôle à jouer. Aussi, 2010 sera –je le crois– une année clé pour les luttes, une année clé pour la transformation sociale.

La « bande du Fouquet's » comme j'aime à nommer la droite au pouvoir n'y est pas allée de main morte depuis mai 2007.

A ses amis, c'est : « tout est permis » ! Permis d'exploiter, de délocaliser, suppression de la taxe professionnelle, bouclier fiscal, aides patronales en tout genre : tout y passe, même les cadeaux hasardeux faits à l'industrie pharmaceutique via l'achat pour le moins inconséquent de 100 millions de doses de vaccins contre la grippe A.

Quand aux syndicalistes, je pense notamment aux électriciens et gaziers, aux salariés de la RATP, aux Conti que j'irai soutenir mercredi, aux associatifs engagés dans la défense des migrants : tout est fait pour leur rendre la tâche de plus en plus difficile. Car cette France qui résiste, il faut la faire taire coûte que coûte ! Je formule le vœu que pour l'année 2010, ce soit cette France-là, celle qui résiste, celle qui crée, celle qui porte l'intérêt général qui relève la tête. Le Parti communiste s'engage avec toutes et tous ses élu-e-s, pour sa part, à assurer un « service maximum de soutien aux luttes ».

La « bande du Fouquet's » nous dit que cette année sera celle de la sortie de crise. Bien sûr, 2009 a été terrible pour nos compatriotes. Mais 2010, disent-ils, sera l'année où tout rentrera dans l'ordre, l'année où la moralisation du capitalisme fera enfin ses preuves.

A bien regarder le taux de chômage, la baisse du pouvoir d'achat, la casse des services publics, la remise en cause de la protection sociale et la surexploitation des salariés, permettez-moi de dire pourtant que la moralisation tant vantée n'est pas évidente !

L'action du gouvernement a surtout permis une chose : les banques ont repris leurs bonnes habitudes : boursicoter au lieu de débloquer des crédits pour la recherche, l'emploi qualifié, une production respectueuse de critères sociaux et écologiques.

Et pour moi, ce qui est communément appelé désormais : « l'échec de Copenhague » démontre s'il en était encore nécessaire à quel point il est vain de faire confiance aux « grands de ce monde » pour sauver notre planète. Les alertes des ONG, des scientifiques sur les effets du réchauffement climatique n'y ont rien fait. Les grandes puissances n'ont pu trouver qu'un seul point d'accord : remettre la question à plus tard ! Car, ceux qui nous gouvernent le savent : la crise écologique ne peut trouver d'issue que dans le recul mondial des intérêts privés au profit des biens communs de l'humanité : monnaie commune, services publics, souveraineté alimentaire, coopération...

Le Président de la République, dans ses vœux aux Français le 31 décembre, reconnaît que c'est grâce à son modèle social que la France a mieux résisté que d'autres pays à la crise !

Mais alors, pourquoi casser ce qui marche, en attaquant les services publics, l'hôpital public, l'université et prochainement les retraites, en voulant tout marchandiser, tout mettre en concurrence, en poursuivant cette Europe libérale ?

Pourquoi, ne pas plutôt envisager de nouveaux modes de financements permettant d'arrêter la financiarisation de toute activité, permettant de rendre enfin l'argent utile à l'intérêt général !

Un million de chômeurs arrive cette année en ce qu'ils appellent « fin de droit », fin de nourrir sa famille, de payer son loyer... ! Alors au gouvernement, j'ai demandé hier au meeting du Front de gauche, l'égalité de traitement avec les banques.

Le Parti communiste va engager une campagne pour exiger de l'État qu'il continue à verser leurs indemnités aux victimes de la crise et plus largement sur les salaires et les pensions. C'est une urgence pour que ces femmes et ces hommes meurtris par le chômage ne basculent pas demain dans la misère la plus grande, c'est une urgence pour ces salariés, ces retraités qui connaissent la pauvreté, c'est justice, c'est efficace économiquement.

Je formule également le vœu que cette année 2010 soit aussi une année clé pour la démocratie. Face à la mise en cause voulue par le pouvoir des collectivités territoriales, je veux rendre hommage aux élu-e-s, aux militants associatifs, bénévoles du mouvement sportif, qui se dépensent sans compter pour améliorer la vie quotidienne de nos compatriotes, permettre leur participation à la vie de la cité... Je pense à tous ceux et celles qui se mobilisent pour défendre les libertés et les droits, à tous les acteurs et actrices de l'éducation populaire. Et, je profite de ces vœux pour vous dire, à vous, représentants associatifs à quel point je suis préoccupée par les conséquences du désengagement de l'État, du glissement vers la commande publique, de l'étranglement en cours des finances des collectivités territoriales, de la mise en laisse de leurs compétences.

Vent debout contre cette réforme, je veux vous dire la détermination qui est la mienne et celle des élu-e-s communistes pour faire échouer ce mauvais coup et ainsi rester à vos côtés, aux côtés du mouvement associatif.

C'est aussi ou plutôt surtout de cela que l'on devrait débattre dans le pays : où en sont les droits des êtres humains, où en sommes nous des libertés, de l'égalité, de la fraternité dans notre pays ? Quelles propositions alternatives ?

Oui, France 2 pourrait, comme télévision publique organiser au fil des semaines ce débat en donnant à voir des aspirations populaires. Mais, elle fait un autre choix, elle va encore donner la parole cette semaine à Marine Le Pen et à Eric Besson pour un débat où dans la surenchère chaque dérapage sera source de souffrances pour des hommes et des femmes et de divisions. Je vous le dis, ce soir là, pour les valeurs de la République, appelons ensemble comme je l'ai fait hier, nos compatriotes à éteindre leur télévision.

Il faut en finir avec ce qui ramène notre pays dans ses pires errements passés. En finir avec une politique d'immigration qui n'a qu'un unique objectif : renvoyer le maximum d'immigrés dans leur pays d'origine. Monsieur le Ministre a annoncé fièrement le chiffre de 29000, au delà des 27000 que le président lui avait fixé. Un bon point pour lui dans la cotation des ministres… et des vies brisées !

En finir aussi avec cet honteux débat sur l'identité nationale, un débat qui ne profite qu'au camp de la haine.

Et c'est dans ce contexte nauséabond qu'intervient le débat sur le voile intégral. A mes yeux, ce voile intégral n'est pas d'abord un signe religieux, mais avant tout un signe de domination patriarcale. Mon engagement féministe exige le combat contre cette domination, pour l'égalité des genres, pour la laïcité. Et il refuse aussi toute instrumentalisation de ces combats à d'autres fins.

Oui, Mesdames et Messieurs, cher-es amis, cher-es camarades, il est grand temps qu'un nouveau souffle parcourt ce pays.

Un souffle revendicatif qui bouscule les plans de la droite et des grands patrons.

Un souffle populaire qui place la gauche devant ses responsabilités.

Un souffle d'espoir pour plus de justice, de liberté et de solidarité.

Ce souffle, c'est le souffle que les communistes veulent porter avec le Front de gauche, avec mes amis Jean Luc Mélenchon et Christian Picquet, avec l'ensemble de nos partenaires, pour qu'une alternative se lève enfin dans notre pays.

Hier au Palais des congrès, nous lancions ensemble notre campagne. Et après avoir vu cette salle comble, chacune, chacun d'entre-nous est renforcé dans sa conviction : une dynamique est en train de naître à travers ces élections régionales, une dynamique qui pourra permettre à la gauche de se relever et de gagner.

Des millions d'hommes et de femmes cherchent aujourd'hui une issue à gauche en France et en Europe. Ils et elles refusent la résignation ou la passivité. Ils et elles défendent une certaine conception de leur métier et de leurs missions. Ils et elles luttent pour leurs droits, pour maintenir leur emploi ou leur salaire. Ils et elles ont besoin de points d'appui pour faire droit à leurs revendications.

Et quel meilleur soutien, que ces chercheurs, ces professeurs d'université, ces philosophes et ces économistes qui aujourd'hui commencent à libérer notre pays de cette chape de plomb dans lequel les libéraux l'ont enfermée ? Oui, décidément, le retour de ces intellectuels sur la scène politique est précieux pour l'ensemble du mouvement social et politique.

Loin du spectacle des ambitions individuelles étriquées, du radotage libéral, ils veulent, comme nous au Front de gauche, faire de « l'antisarkozysme utile », c'est-à-dire une sanction qui se transforme en action. Et nous visons dans cet objectif beaucoup d'élu-es pour répondre aux besoins et aux attentes de nos concitoyens, dans le domaine de l'emploi, du logement ou encore des transports.

Le sens de cette initiative prise à l'origine par le PCF, ce Front qui s'est élargi avec le Parti de gauche, la Gauche unitaire puis d'autres... n'a qu'un objectif : par la force de son projet et ainsi sa capacité à rassembler, à mobiliser : celui de faire gagner la gauche pour changer vraiment.

Mesdames et messieurs, cher-es ami-es,

Voilà en quoi le Parti communiste français souhaite être utile aux hommes et aux femmes de notre pays. Voilà en quoi le Parti communiste français veut, pour la part qui est la sienne, contribuer à sortir le monde de la crise sociale, écologique, démocratique dans lequel il est plongé.

Convaincue que le capitalisme éprouve les limites historiques de son efficacité, le Parti communiste poursuivra avec détermination son action pour construire avec les populations en France un mode de développement solidaire, écologique et citoyen.

Aussi, je vous souhaite encore à toutes et tous une belle année pour vous comme pour vos proches. Soyez certains que vous trouverez le Parti communiste à vos côtés pour partager vos actions, vos initiatives pour que l'espoir renaisse dans notre pays pour que la solidarité, un nouvel internationalisme donnent aux progressistes de par le monde la force nécessaire pour aller chercher le bonheur.

Je vous remercie.

 

Le Front de gauche

Le Front de gauche