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Syrie: la France doit prendre l'initiative politique

Selon Washington, toutes les options sont sur la table concernant la Syrie. Cependant, plus les heures passent, plus c'est l'option d'une intervention militaire de quelques puissances, dont la France, qui se précise.

L'escalade de la confrontation militaire provoquée par le régime syrien suscite de très graves inquiétudes.
Les bombardements à l'arme chimique, dont la responsabilité est attribuée au régime de Bachar Al Assad, ont fait franchir un pas spécifique et particulièrement criminel dans l'horreur. Il faut encore que toute la lumière soit faite sur ces bombardements… Mais les États-Unis, qui auraient déjà formé près de trois cents combattants de commandos pour l'ASL (armée syrienne libre) au cours de ces dernières semaines, ont maintenant renforcé leur flotte de guerre armée de missiles de croisière en Méditerranée.

La crise syrienne est devenue dans les faits une crise géo-politique internationale. Le bilan de cette confrontation est effroyable : environ 100 000 morts, plusieurs millions de réfugiés dont un million d'enfants, un pays dévasté, des villes en cours de destruction, une société pulvérisée par une violence et des affrontements internes directement soutenus par des États et différents acteurs politiques de la région. Il faut arrêter ça ! Les affrontements avaient déjà franchi le seuil de l'inhumanité avec des exactions d'une sauvagerie rarement égalée, comme ces civils égorgés vivants par des groupes salafistes se situant dans l'opposition.

Aujourd'hui, une intervention militaire de Washington et de ses alliés constituerait un degré supplémentaire dans l'inacceptable, dans cette escalade sans issue. Bombarder la Syrie serait ajouter la guerre à la guerre. Avec les risques rarement égalés d'un embrasement au Moyen-Orient, notamment d'une explosion du Liban où les attentats, les représailles et les vengeances se succèdent.

Laurent Fabius, qui prétend faire de la France "une puissance repère", appelle hier à une réaction de force. Il dit aujourd'hui que la solution "reste politique"... La France doit maintenant parler clair et prendre une forte initiative.
Le Parti communiste français appelle les autorités françaises à prendre l'initiative d'une réunion au sommet des belligérants et des principales puissances impliquées, les États-Unis et la Russie bien sûr, mais aussi la Turquie et l'Iran, afin de définir les conditions d'un arrêt de l'escalade dans la confrontation militaire, et d'une transition démocratique en Syrie. Il faut reprendre l'esprit et l'ambition de la deuxième conférence de Genève qui aurait dû tracer la voie d'une telle solution il y a déjà des mois. Il faut aussi obtenir l'engagement du Secrétaire général de l'ONU pour que l'exigence d'une solution politique l'emporte contre les menaces qui pèsent sur la sécurité internationale.

Chacun doit maintenant mesurer sérieusement la responsabilité qu'il doit prendre. Il y a urgence.

Il y a actuellement 14 réactions

  • Clairvoyance, honnêteté et indépendance, SVP

    Vu la LRI septembre 2012, toujours valide à défaut d'autre chose. Ouf, le PC a une réflexion sur l'international. Encore que... « la situation en Syrie. C'est aujourd'hui un rythme de 1000 morts par semaine du fait de la répression féroce du régime. En moyenne, les deux tiers sont des victimes civiles ». (extrait de http://www.pcf.fr/sites/default/files/lri_09-2012_0.pdf, accessible depuis la page accueil international du site PCF) Les antennes du PCF, qui a décidément coupé toute relation avec les communistes en Syrie, sont toujours tournées vers la propagande otanienne, même en l'absence du l'OSDH. « Du fait de la répression féroce du régime », cela veut dire que l'on exonère toute autre source de violences, que ce soient les déserteurs, ou les jihadistes payés par le Koweit, la Séoudie et le Qatar, ou les services secrets occidentaux qui contrôlent les circulations d'armes, assurent la formation et les comunications, organisent la logistique, coordonnent les opérations... Du Fabius Juppé dans le texte, pure propagande invalidée trente fois depuis le début de l'année, un discours ignoble qui ménage l'atlantisme forcené de ces $ocialistes toujours prêts à sauter à la gorge du seul dictateur que notre intérêt (l'intérêt de qui, au fait?) nous commande de virer. Raccord avec la ridicule « diplomatie » française, soi-disant favorable à une solution politique en Syrie mais à condition que ce soit un démantèlement du pays. Sur la base d'une dénonciation convenue « de la dictature » en Syrie (mais pas ailleurs!), le PCF tourne le dos à sa culture marxiste, accepte définitivement l'hégémonie US pourtant chancelante et entérine ses saletés les plus odieuses. Au même moment qu'il ne dénonce que la plus voyante agression contre la souveraineté de la Syrie (la charte de l'ONU, est-ce un chiffon?), ce parti « de gauche » se paye le luxe de ne critiquer que du bout des lèvres une politique $ocialiste clairement à droite sur la protection sociale et la gestion du chômage, sur l'accompagnement du capital dans sa prédation des richesses via la structure U.E., sur l'accord transatlantique en « négociation ». La responsabilité de la France $ocialiste dans l'escalade récente de la violence ne gomme pas ses magouilles avec les jihadistes, al Qaïda compris, ni ses actions pour repousser les négociations avec le gouvernement légal de Damas. Pour s'approcher du cessez-le-feu, il y a une décision incontournable que le PCF « oublie » : l'arrêt de tout soutien occidental à cette pseudo-révolution par proxy. Dans ce contexte, le texte hautement tarabiscoté de la pétition contre les bombardements et celui du tract http://www.pcf.fr/43665 (POUR LE PEUPLE SYRIEN Intervention de Pierre Laurent Sénat sur la Syrie – 4 septembre 2013) ne changent pas de « l'engagement du PCF aux côtés d'autres associations et partis décidés à venir en aide aux populations civiles » en 2012 sous la tente de Souria Houria et confirment la trahison consommée à la récente Fête de l'Huma. Trahison du peuple syrien d'abord, mais aussi trahison à l'égard des palestiniens dont la Syrie a été le soutien fidèle depuis 48, et à l'égard d'une paix juste au Proche Orient.

    Par chb, le 28 September 2013 à 13:24.

  • "Napalm en Syrie". Compliments, BBC.

    Par www.sibialiria.org

    “Napalm en Syrie”. Compliments, BBC.

    http://www.sibialiria.org/wordpress/?p=1948

    Par sibialiria, le 04 September 2013 à 12:42.

  • Syrie cela vient de loin

    Document à regarder cela peut nous éviter de raconter des conneries. Car curieusement le Grand absent des prises de position de la direction du P"c"F ce sont les USA Avoir

    "Il y a des limites au délire… ou il devrait y en avoir…" Sur le site www.pcfbassin.fr voir notre dossier sur la Syrie. Syrie dans les objectifs US depuis 2001

    Faites un copier coller de Il y a des limites au délire… ou il devrait y en avoir… dans le moteur de recherche google et vous arriverez au bonne endroit

    Par Bernard Trannoy, le 30 August 2013 à 12:53.

  • Pas tout à fait compris..

    D'un côté il y a la mobilisation à Damas, l'utilisation d'armes chimiques ; il ne faut pas se voiler la face là dessus et bien se rendre à l'évidence et de l'autre la question d'une intervention militaire.

    Je voudrais revenir sur deux choses :

    - D'abord l'appel à la paix et à la transition démocratique. Je suis tout à fait d'accord avec cette idée, mais ne faut il pas à un moment, d'une façon ou d'une autre intervenir ?

    - Le terme impérialisme désigne le fait le vouloir imposer ses lois dans un territoire par exemple... Attention à ne pas usurper.

    Par MateoMonteiro, le 29 August 2013 à 14:47.

  • Syrie et laïcité

    Bonjour, je suis heureux de voir que beaucoup de gens ne se laissent pas "intoxiquer" par le discours des médias et des politiques sur la Syrie, discours qui s'apparente souvent à de la propagande... Je souhaiterais apporter quelques précisions à votre contribution, notamment lorsque vous parlez de laïcité. Il est vrai que nous avons aujourd'hui dans de nombreux pays musulmans, des partis religieux se revendiquant de l'Islam qui voudraient s'emparer du pouvoir. Pour autant, pouvons-nous en déduire qu'une fois élus, ces religieux feraient en sorte que "l'Islam ne puisse accepter la laïcité, autrement dit le respect des opinions religieuses de chacun...". Nous avons l'exemple de certains pays qui sont dirigés par un parti religieux où la liberté de conscience est protégée. Je pense, plus précisément, à la Turquie ou à l'Iran qui, on ne le dit pas souvent, permet à des Juifs de vivre sur leur sol et même d'être représentés au Parlement Iranien ! Le grand principe de la laïcité qui est, ne l'oublions pas, un concept occidental, est avant tout un devoir d'impartialité et de neutralité de l'Etat à l'égard des religions. Pensez-vous que ce principe est respecté aujourd'hui en France ? Quand nous avons des Vals, Copé, Estrosi, Le Pen qui passent leur temps à fustiger les Musulmans de France et à nous seriner que l'Islam est incompatible avec les lois de la République, n''y-a-t-il pas une intrusion de l'Etat et ses représentants dans la vie privée des citoyens ? Je me permets de vous rappeler que la loi de 1905 prévoit que l'Etat ne peut avoir d'influence sur les Eglises ou leurs croyants. Je pense qu'avant de vouloir exporter ce concept vers d'autres pays, nous devrions commencer par faire respecter la laïcité chez nous. Pour la petite anecdote, je vous rappelle aussi que la laïcité ne s'applique toujours pas en Alsace Moselle... Ceci dit, si des pays dits arabes veulent un gouvernement dirigé par un parti religieux, de quel droit devrions-nous nous y opposer ? Je considère qu'il y a là une forme d'ingérence (et de néo colonialisme)qui est inacceptable. Lorsque nous voyons l'état des démocraties occidentales où deux partis se partagent le pouvoir, où la corruption est généralisée, où le peuple n'a plus son mot à dire, où l'extrême droite est omni présente, je pense qu'avant de donner des leçons aux "Arabes" et aux Africains, nous devrions commencer par réinventer notre démocratie.

    Par ABEL, le 29 August 2013 à 11:03.

  • initiative politique ?

    Vous plaisantez !

    Ça fait des mois que l’impérialisme français est "à l’initiative" précisément pour souffler sur les braises dans cette affaire. Des mois que ce roquet jappe aux mollets des USA pour déclencher une guerre qu’il est incapable de mener tout seul.

    Parlons d'initiative : c'est aux communistes de prendre l'initiative de l'opposition la plus ferme à cette nouvelle aventure militaire contre une nation souveraine, déjà mise à feu et à sang par l'obstination des puissances occidentales à soutenir, financer et armer des terroristes.

    Quant aux socialistes, il y a aura exactement cent ans l'an prochain qu'ils pourront fêter leur baptême du feu en matière de massacre, eux qui votaient les crédits de la boucherie impérialiste le 4 août 1914.

    Aujourd'hui ils forment avec les USA et la Grande Bretagne l'Axe Washington-Paris-Londres des ennemis des peuples, et leur bellicisme à l'extérieur n'a d'égal que leur soutien au patronat à l'intérieur.

    Non à la guerre ! Retrait de l'OTAN !

    Par Sauvage, le 28 August 2013 à 22:15.

  • rôle d'Israël ?

    Il est bien évident que l'état d'Israël est la clé pour dénouer le noeud gordien que le "retour" des juifs d'europe et d'ailleurs a provoqué...L'holocauste est à l'origine de ce "merdier" et il est compréhensible qu'après tous ces massacres auxquels on peut ajouter pogromes et autres réjouissances, les Juifs aient voulu se retrouver dans un pays censé être le leur. Mais on peut se poser la question : était-ce raisonnable ? Il faut avouer, après toutes ces années, que la réponse est non. Bien. Le GROS problème c'est que maintenant la situation est ce qu'elle est. Le "libéralisme / capitalisme" a placé ses billes géopolitiques, s'appuyant sur ce qui subsistait du colonialisme, en prenant à témoin et en utilisant une compassion bien compréhensible des peuples européens, pour continuer à disposer d'un ancrage dans cette région du globe. Cette situation bizarre, aidée par un partie sioniste, reflet de la droite extrême de la "démocratie" occidentale, agit de façon efficace pour maintenir cet ancrage et gouverne sans partage( ou si peu...)cette région.

    Cette situation a été exploitée par les différentes factions se réclamant de l'Islam : Sunites et Chiites s'affrontent depuis l'an 632 de notre ère pour obtenir pour chacun de ces groupes l'autorité sur l'ensemble de l'Islam. Les dictatures comme celle du Shah d'Iran, de Nasser, etc. ont réussi à maintenir sous le boisseau ces luttes internes à l'Islam - ou plutôt à ces fractions islamisantes qui veulent s'emparer du pouvoir- et la présence d'Israël est un facteur supplémentaire de déstabilisation politique.

    Ce schéma se répète dans tous les pays où l'Islam ne saurait accepter la laïcité, autrement dit le respect des opinions religieuses de chacun, avec plus ou moins d'éclat et de violence selon la position géostratégique du pays. Longtemps le Liban a été et est encore, le théatre de ces luttes fraticides. Mais aujourd'hui le conflit s'est déplacé en Syrie : pays un peu particulier en ce sens parce que le parti Baas est aussi Sunite. Le tyran n'est pas un tyran non-aligné et laïc comme a pu l'être Nasser car Assad est à la fois le tyran et le représentant d'une des factions islamisantes réclamant le pouvoir temporel.

    Autrement dit : "sacré m....r" ! Il y a un gros risque à ce que les "occidentaux" se lancent dans la fournaise car les russes ont beaucoup à perdre du point de vue géostratégique - ajoutons aussi les conflits que Poutine entretient avec les islamistes de tout poil dans son propre pays - et la Chine qui voit dans ce conflit un possible exemple de conflit intérieur que les dirigeants chinois actuels n'aimeraient pas affronter. Ajoutons les Iraniens et tous les états de la péninsule arabique qui voient d'un très mauvais oeil ce conflit intra-islamique où chacun d'entre eux à des intérêts, au moins de façade, à défendre.

    Personnellement j'ajouterai que les USA ont fabriqué beaucoup de monaie de singe dont les marchés commencent à se méfier : car si ces derniers ont beaucoup "parié" sur les économies des pays émergeants depuis 2009 grâce à ces liquidités à bon marché ( la planche à billets US) il apparaît que la rentabilité baisse, sutout depuis que Bernanke(Directeur de la Fed) a parlé d'arrêter l'hémorragie...Valider les dollards sans valeur serait de les engloutir dans une bonne guerre, c'est comme ça que les capitalistes envisagent généralement de faire disparaître les tîtres sans valeur...

    Accompagner dans la guerre en Syrie les USA est à mon avis une manière de permettre aux spéculateurs de "tuer" la bulle financière créée par les USA en évitant le crash prévu des banques qui s'avance très vite...beaucoup plus vite qu'on ne pouvait le prévoir il y a un an, époque où Obama refusait encore d'intervenir. Le "gazage" des populations n'est qu'un prétexte pour régler un autre problème qui n'a rien à voir avec la compassion que ces gens éprouvent pour les populations martyrisées de Syrie.

    Par maris49, le 28 August 2013 à 21:54.

  • Syrie

    Il est loin le temps où le PC osait dénoncer l'impérialisme occidental et le néo colonialisme... Croyez-vous vraiment que M. Hollande va prendre une initiative politique dans le conflit syrien ? Depuis son élection, ce monsieur qui se prétend "socialiste" n'en a pas pris beaucoup ! Dans le dossier syrien, notre président et son ministre des affaires étrangères, n'ont comme seul objectif de destituer Bachar El Assad. Au nom des droits de l'homme, les camarades socialistes prétendent pouvoir s'ingérer dans les affaires de ce pays et décider qui doit diriger les syriens ! Vous-mêmes, parlez de transition démocratique ! Savez-vous seulement ce que veulent les Syriens ? Que représente la prétendue opposition syrienne ? Qui sont ces combattants ? Comme en Lybie et en Irak, les occidentaux ont voulu se débarrasser de chefs d'état qui dérangeaient mais aujourd'hui, le chaos règne dans ces deux pays. Les américains qui prétendaient sauver le peuple irakien se soucient-ils vraiment des milliers de morts depuis qu'ils ont éliminé Sadam Hussein ? En réalité, cette ingérence occidentale répond à d'autres objectifs car, s'il s'agissait vraiment d'agir pour le respect des droits de l'homme, la liberté et la démocratie, La France et ses "alliés" seraient intervenus en Palestine, par exemple... Tout le monde sait que la Syrie et l'Iran sont des voisins qui dérangent Israel. La véritable motivation des Etats Unis d'Amérique, de la Grande Bretagne et de la France n'est pas à chercher plus loin. Mais, que ce soit vous les "communistes" ou tous les autres partis politiques français, il n'y en pas un qui ait le courage de le dire. Espérons que la Russie soutiendra Bachar El Assad jusqu'au bout car il est grand temps que l'injustice et l'arbitraire occidentale cessent.

    Par ABEL, le 27 August 2013 à 19:34.

  • Alors on continue à compter les morts et à dénoncer verbalement?

    Des manifestants désarmés réclamant le respect de leur dignité massacrés par un pouvoir cynique et dépourvu de tout scrupule en début de l'insurrection civique syrienne, une guerre sans pitié conduite contre les villes et les villages contestant l'autorité de Bachar el Assad, 100 000 morts et des millions de réfugiés ayant tout perdu. Le respect de la souveraineté de l'Etat syrien et la critique de l'intervention militaire étrangère doivent-ils encore être nos seules balises face à un Etat criminel qui ne respecte en aucune façon la souveraineté, les libertés et le droit à la sécurité de sa population? La banalisation de la terreur et de la torture exercée par les sbires et les alliés d'Assad lui enlèvent toute légitimité et empêchent tout retour de la paix et de la sécurité en Syrie, toute reconciliation communautaire, si ce pouvoir se maintient. La rebellion n'a pas les moyens militaire semble t-il de vaincre seule rapidement l'armée régulière et d'imposer le départ et le jugement des responsables de ces atrocités. Il est moralement et politiquement nécessaire que Bachar et les premiers responsables de cette boucherie perdent leur pouvoir dans les mois à venir: sans cela, la guerre deviendra toujours plus atroce et la nation syrienne sera probablement démantelée au final au terme d'épurations ethniques des deux côtés des adversaires en présence. Face au soutien russe à Assad à l'ONU et aux preuves d'impuissance des démarches diplomatiques entreprises déjà depuis 2 ans et demi, nous qui nous sentons solidaires des Syriens qui connaissent l'enfer au quotidien (je le suis d'autant plus que j'ai voyagé en Syrie et eu l'occasion d'aimer ce peuple si attachant doté d'une vieille civilisation), nous ne devons pas exclure au nom de principes ou de postures anti-impérialistes et pacifistes une aide concrète aux Syriens pour les aider à inverser rapidement le rapport de force et à contraintre la mafia au pouvoir à rendre ce pouvoir au peuple. Je ne pense pas qu'en aidant militairement la résistance, en l'armant, en empêchant les bombardements de l'armée, en ciblant des objectifs militaires, "on rajoute de l'inacceptable à l'inacceptable". A mon avis, il aurait même fallu soutenir plus tôt et plus complètement - autrement que verbalement - la résistance populaire pour empêcher l'escalade de violence du pouvoir, et l'OPA partielle des extrémistes fondamentalistes et djihadistes sunnites sur la revolution populaire syrienne. La question centrale est: est-ce qu'une intervention militaire étrangère ( des Etats-Unis, des pays arabes alliés, de quelques Etats européens) pourra ou non accélérer le retour à la paix et à la sécurité, le règne de l'arbitraire et de la violence inouïe en Syrie? Je pense que la réponse est plutôt évidente. Les rebelles ne vont pas faire taire les armes tant que Bachar est en place. S'ils sont vaincus, ce sera au prix de véritables holocaustes et le pouvoir de Bachar s'exercera sur une population humiliée, violemment purgée de ses opposants - éliminés, contraints à l'exil ou à une odieuse soumission vis à vis d'un pouvoir criminel. Or Bachar et son clan n'ont donné aucun signe de leur aptitude à quitter le pouvoir et ses privilèges pour faciliter le retour à la paix (ils savent aussi qu'ils sont allés trop loin pour trouver une sortie honorable) et les désaffections dans l'armée et le régime ne sont pas encore suffisantes pour déséquilibrer le rapport de force en faveur de ses adversaires, bien moins armés que le régime. C'est vrai que les Etats-Unis qui par ailleurs mènent une politique de puissance cynique et arrogante ne veulent plus de Bachar, qui ne leur a jamais été soumis, c'est vrai que l'Arabie Saoudite, le Qatar - ennemis de l'Iran - ont leurs propres objectifs stratégiques et financent des groupes qui prônent l'Islam politique, voire la guerre sainte contre les chiites et les alaouites. C'est vrai que des soldats rebelles commettent aussi des crimes de guerre, même si ceux du régime s'exercent à plus grande échelle. L'avenir du pays est plus qu'incertain mais ce n'est pas en laissant les choses se faire sans intervenir et en attendant un miracle qui ramenerait la raison et la concorde entre les deux partis, qu'on ne pas placer sur un pied d'égalité du point de vue de la légitimité (d'un côté un pouvoir sanguinaire et tyranique, de l'autre des rebelles qui utilisent la légitime défense et veulent conquérir la liberté pour leur peuple), que l'on se donnera les moyens de protéger les minorités alaouites et chrétiennes, les libertés civiles et démocratiques, en cas de défaite du régime alaouite (improbable à court terme). Laisser pourrir la situation, laisser s'éterniser cette guerre menace aussi la stabilité du Liban, on le voit ces jours derniers où le spectre de la guerre civile communautaire refait surface. Des millions de réfugiés dans des pays voisins aux équilibres communautaires déjà fragiles (Liban, Jordanie, Irak, Turquie) sont aussi une menace pour la paix dans la région et la sécurité des intéressés. Les Américains ne sont certes pas habilités - pas plus que nous d'ailleurs, en vertu d'un bon droit démocratique manifeste- à se considérer comme les gendarmes du monde, les défenseurs armés du droit - mais ici l'impératif d'intervention militaire est justifié objectivement par autre chose que par le respect de "l'ordre occidental" ou de notre conception de la démocratie: c'est tout un peuple qui crève sous nos yeux! La situation peut être difficilement pire qu'elle ne l'est aujourd'hui. C'est pourquoi je pense, sans être un inconditionnel du devoir d'ingérence et "du discours humanitaire et démocratique en treilli" qu'il est de notre responsabilité d'appuyer les rebelles, de préférence ceux qui veulent d'une société démocratique, sécularisée et multi-culturelle en Syrie, et de montrer à Bachar qu'il ne peut pas assassiner toute une partie du peuple syrien en toute impunité, en utilisant les armes les plus perverses et cruelles qui soit (viol, torture, massacre de civils pour l'exemple, y compris d'enfants, et maintenant l'utilisation d'armes chimiques aux effets horribles se déclarant sur la durée). Sur cette question, qui soulève des dilemnes politiques et moraux, je pense que la position de mon parti s'appuie trop sur des positions de principe et des postures, et pas assez sur une prise en compte de la réalité des moyens d'en finir avec toute cette souffrance collective, et je le regrette.

    Par Ismaël Dupont P..., le 27 August 2013 à 18:58.

  • Syrie

    Laurent Fabius est aussi crédible en ministre des affaires étrangères qu'il le fut comme ministre de la santé. Seul le scandale du sang contaminé l'a empêché d'être candidat en 2012. Heureusement qu'Assad peut compter sur un ancien du K.G.B sinon les ricains auraient déjà envahi ce pays. Je crois autant à la désinformation sur les armes chimiques, que le délire du 11 septembre 2001. Vive la révolution!.

    Par florencepern, le 27 August 2013 à 15:11.