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L'argent ne doit pas dicter sa loi aux sports !

le 31 January 2006

La spécificité de l'activité sportive est inscrite comme un principe dans le Traité de Nice, toujours en vigueur aujourd'hui. De nombreux ministres des sports de tous les pays d'Europe l'avaient alors défendu. Ce principe permet au sport de ne pas être considéré comme n'importe quel autre marché, et de ne pas tomber pas sous le joug de la libre circulation des capitaux.

Il y a aujourd'hui, en Europe, une minorité de club côtés en bourse. De plus, là où c'est la cas, l'expérience est, selon l'avis de tous, particulièrement mitigée, puisque les résultats dépendent par nature des aléas de la vie sportive. C'est par exemple le cas en Italie, ou en Angleterre.

Que penser du fait que les clubs manquent d'argent quand les droits de retransmission télévisée atteignent des records, et que le montant des transferts explosent ? A ce rythme, on peut se demander jusqu'où va aller cette surenchère ?

La cotation en bourse des clubs sportifs va amener une véritable bulle financière qui va fragiliser l'ensemble du système.

Les fédérations sportives bénéficient d'une délégation de service public, cela est impossible à conjuguer avec une cotation en bourse. La proposition de Jean-François Lamour de modifier la loi pour permettre la cotation en bourse est la porte ouverte pour une sorte d'O.P.A. du monde de la finance sur le sport.

Plutôt que de céder à la loi de l'argent, il faut réaffirmer l'unicité, la péréquation et la solidarité entre sport professionnel et amateur. Le sport professionnel doit rester sous l'égide du mouvement sportif, il est absolument inacceptable que l'argent dicte sa loi aux sports.

Marie-George Buffet, Ancienne ministre de la jeunesse et des sports

Paris, le 31 janvier 2006