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Egalité des droits pour tous les couples

le 18 May 2004

Par Richard Sanchez, Dirigeant du P.C.F., Président de la Commission « Libertés, Démocratie, Luttes contre les discriminations »

Les communistes n'ont pas attendu le coup de pub de Noël Mamère pour se prononcer en faveur du mariage de personnes du même sexe. Ils ne connaissent pas à cet égard, les atermoiements du P.S., ils sont audibles, pourvu qu'on veuille bien les écouter*. Cette prise de position s'inscrit dans notre combat pour l'émancipation humaine. La lutte contre les discriminations, pour les abolir jusqu'à les dépasser en créant du neuf, en est partie intégrale.

Les homosexuels, lesbiennes, bi et transgenres sont victimes de discriminations particulières. Pour nous les luttes contre l'homophobie, la lesbophobie, la transphobie sont une dimension indispensable de l'opposition à tout ordre moral, à tous rapports de domination qu'ils soient de sexe, de classe, de clan, du capitalisme. Dire que notre monde a besoin de révolutions, de libération, de démocratie se réduit à un vœu pieux si on ne s'imagine pas une citoyenneté nouvelle, où la volonté émancipatrice « tire » le juridique.

Dépasser les dominations et les discriminations est un objectif qui vaut indissociablement pour les peuples et l'individu. L'amour, la sexualité, le désir dans toutes leurs dimensions ne peuvent véritablement se libérer, s'émanciper, atteindre des limites sans doute insoupçonnables aujourd'hui que s'ils sont conçus et construits par des individus qui ont les moyens de se chercher, de se découvrir, de se comprendre, de se connaître et donc de partager.

Ces quelques éléments appellent un grand souffle de citoyenneté, de pluralisme revendiqué comme une richesse pour le développement humain au plan social et intime. Ils appellent indissociablement, non seulement à une égalité de droits - donc à celui au mariage - pour les couples, mais à une conception plurielle, jusqu'à des formes inédites, de la famille à laquelle ils donnent vie.

Les adversaires du « mariage homosexuel » se réfugient derrière une conception sacrée, immuable - pour tout dire non laïque du mariage. Comme si le droit à celui-ci ne s'était pas élargi tout au long des siècles. Les esclaves dans l'Antiquité, les « infidèles » plus tard, l'homme et la femme de religions différentes, les divorcés l'ont tour à tour revendiqué et, au final, obtenu. Au sein de l'institution qu'il constitue, le rôle et la place de la femme ont également et heureusement beaucoup évolués. Autant de luttes, autant d'avancées. Et si le Code civil doit être changé : il le sera. Aucune création humaine - codes, règlements, lois, traités - n'est éternelle. Sans quoi nos combats seraient inutiles ! Toute l'histoire de l'humanité prouve le contraire !

Qui dit mariage, dit famille, donc enfants si le couple le désire.

Ne fermons pas les yeux sur les réalités d'aujourd'hui. Des milliers d'enfants ont deux papas, deux mamans. Les familles qu'ils, elles forment doivent-elles être des « sous familles » avec moins de droits ou être considérées enfin comme les autres dans une différence assumée et reconnue par la société ? Le ou la célibataire a droit à l'adoption depuis près de quarante ans. Au nom de quoi deux personnes de même sexe seraient privées de ce droit ? Parce qu'elles s'aiment et vivent ensemble ? Parce qu'elles refusent de mentir sur leur situation de couple ? Il y a la question de l'enfant et de son devenir : diverses études - en France, en Belgique, aux Etats-Unis - confirment que les enfants de famille homoparentale développent une scolarité et une vie tout à fait comparable aux autres.

Les autres formes d'accès à l'homoparentalité - par exemple la procréation médicalement assistée et, dans un tout autre domaine, la maternité de substitution - posent des questions d'éthique qui exigent un débat citoyen. Il faudra, il faut, non seulement le lancer mais le mener jusqu'au bout, en assumant peut être des réponses différentes selon les formes envisagées. Comme communistes nous pouvons avoir un regard favorable sur la procréation médicalement assistée. Il en est tout autre chose de la maternité de substitution qui pose la question de la « chosification » du corps de la femme ! Le débat citoyen est indispensable car il ne s'agit pas d'une question « technique » qui ne concernerait que le seul corps médical.

Fin juin prochain, les communistes participeront à la Marche des fiertés LGBT (gay pride). Comme l'an passé, ils, elles le feront avec la belle devise « liberté-égalité-aimer ».

Oui, nous entendons parler de liberté, d'égalité, de fraternité, d'amour ! C'est une dimension de notre projet communiste, projet d'émancipation humaine.

* Outre la position des députés communistes au moment du PACS (1998), celle des élus « Bouge l'Europe » au Parlement Européen (rapport sur la situation des droits fondamentaux dans l'Union Européenne, avril 2003), on peut se référer au tract du P.C.F. édité pour la « Marche des fiertés LGBT » (juin 2003) - et à deux déclarations de l'auteur : Fête de l'Humanité (12 septembre 2003), réception des associations LGBT ; Conférence de Printemps de l'Inter LGBT. (2 avril 2004). Voir aussi les travaux de la Commission Bioéthique du P.C.F. (20 novembre 2002).

     

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