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Une revalorisation du métier d’enseignant est urgente

En allant prendre aux « riches », les enseignants de classes préparatoires et leurs élèves, pour donner aux « pauvres », ceux qui travaillent et étudient en ZEP, Vincent Peillon se donne des airs de Robin des bois. Mais au final, tout le monde est perdant. Les enseignants de prépa verront leur salaire diminuer et les zones d’éducation prioritaire n'y gagneront rien. Le ministre promet en effet des services allégés sans prévoir de recruter suffisamment d’enseignants pour assurer les heures ainsi libérées.

Les maigres moyens attribués aux rares établissements qui resteront dans l’éducation prioritaire devront être consacrés à l’individualisation de l’enseignement, dont on connaît déjà les très mauvais résultats en termes de réussite scolaire. Le ministre parle de « revaloriser » le métier, de « relancer » l’éducation prioritaire, mais ces mesures sont dans la continuité des politiques libérales qui nous ont conduit dans l’impasse.

Une revalorisation du métier d’enseignant est urgente. Il faut rendre aux enseignants la maîtrise de leur métier. Et pour cela, il faut leur donner du temps : pour penser leurs pratiques, les partager et les faire évoluer, pour se former et pour enseigner. Cela passe par une revalorisation du pouvoir d’achat. Il faut augmenter les salaires pour que les enseignants ne soient pas contraints de recourir aux heures supplémentaires. Un plan massif de recrutement doit être entamé pour répondre aux besoins et en finir avec la précarité.

Les enseinants doivent être formés. Dès l’entrée dans le métier, avec des pré-recrutements sous statut de la fonction publique et une formation initiale articulant formation disciplinaire, formation professionnelle et ouverture à la recherche, puis tout au long de leur carrière avec une relance de la formation continue.

Enseigner à tous les élèves une culture commune complexe est un objectif ambitieux, difficile. Les concertations, les temps de travail collectif ne sont utiles que s’ils servent cette mission essentielle. Loin d’y ajouter des tâches « complémentaires », il faut reconnaître les différentes facettes du métier : les cours, leur conception et leur préparation, les tâches liées à l’évaluation, la formation.

De la maternelle aux classes préparatoires, les enseignants ont une même mission : former les adultes de demain, les préparer à jouer leur rôle de citoyen dans une société toujours plus façonnée par les savoirs, leur permettre de comprendre le monde pour le transformer. Donnons à tous les enseignants les moyens de relever ce défi.

Il y a actuellement 1 réactions

  • revalorisation des salaires des enseignants

    Enseignant moi-même depuis 38 ans, j'ai eu le temps d'observer, de tenter de contrer, la montée insidieuse de la pensée néolibérale à la fois dans les programmes et dans les pratiques. Un enseignant est lié à son inspecteur, qui loin d'être un conseiller est un censeur, porteur de la doxa et tout écart est vigoureusement sanctionné. Une erreur, une approximation est à peine relevée, mais si vous montrez ostensiblement un refus à des méthodes inefficaces et parachutées, comme souvent après une "réforme", alors là, vous êtes un traître ! Et on ne trouvera pas de terme assez dur pour vous le faire sentir, retarder votre progression dans la carrière. Ce mode de fonctionnement est infantilisant : les profs font au mieux chaque jour pour faire progresser les jeunes qui leur sont confiés, mais ils font le cours pour l'inspecteur, le jour de l'inspection; c'est triste et contre productif. Donc, non seulement changer les contenus, les méthodes, améliorer les formations en formant les profs sur des méthodes qui marchent et non sur des "idées géniales" sans consistance. Le problème est toujours pris à l'envers, on ne part jamais de ce qui marche, de la manière d'améliorer les choses mais la réforme est toujours quelque chose qui tombe d'en haut et que l'on plaque de force sur un corps scolaire qui n'en peut plus. A chaque ministre sa réforme, qui est balayée ou dénaturée 9 fois sur 10 par le suivant, soit que ça ne marche pas( le plus fréquent) soit que ça coûte trop cher ( par exemple les bacs pros...) Comment voulez-vous que les gosses en détresse s'y retrouvent...Bonjour PISA !

    Par maris49, le 10 December 2013 à 21:49.