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Oui à la ratification de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires

Les langues et cultures de France sont une composante de notre patrimoine national. Le reconnaître officiellement est un impératif démocratique. Il découle de notre attachement aux droits humains.

Il est une manière de dire que la diversité des langues et des cultures est une richesse, à l’échelle de la planète comme à l’intérieur de chaque nation. Aujourd’hui moins que jamais, on ne peut considérer que le déclin des langues régionales mais aussi celles issues des migrations qui ont peuplé notre pays, sert l’indispensable combat pour le rayonnement dans le monde du français, langue de la République. Au contraire la protection et l’épanouissement des langues et des cultures de France sont une condition pour que la France continue de jouer tout son rôle dans le concert des peuples et des nations.

Cette position est conforme à notre conception de l’avenir de la France, de l’Europe et du monde. Elle découle de notre vision du genre humain et de sa liberté. Si nous ne voulons pas d’un monde standardisé, étouffé par les mécanismes appauvrissant de l’argent roi et de l’étatisme centralisateur, il faut favoriser le développement de la personne humaine. Tout ce qui permet à chacune et chacun d’être un acteur autonome et conscient de son destin doit être valorisé par la puissance publique. Le droit à l’apprentissage de la langue nationale comme à celui des autres langues de France est une pièce décisive de l’équilibre démocratique. La France a besoin de valoriser sa diversité. L’Europe aussi à condition qu’elle ne soit pas corsetée par le carcan libéral qui fait primer la finance sur le développement humain. L’Europe de la diversité linguistique est d’ailleurs contradictoire avec le traité de Lisbonne, les politiques d’austérité et le technocratisme antidémocratique rejetant la souveraineté des peuples et des nations qui la composent. Notre soutien à la charte européenne des langues régionales et minoritaires est indissociable de notre combat pour une réorientation progressiste de l’Europe.

Notre position favorable à la ratification de la charte est conforme aux différents projets de loi sur les langues et les cultures de France que nous avons proposée dès les années 80, le dernier en date en 2008, défendu en leur temps par Guy Hermier et Michel Vaxes. Marie-George Buffet l’a rappelé en 2013 lors du débat sur la loi de refondation de l’école.

C’est pourquoi nous approuvons la proposition du Premier Ministre d’engager le processus législatif en vue de la ratification par la France de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires même si nous considérons que cette charte est incomplète, en particulier en ce qui concerne les langues issues des immigrations.

La proposition de loi doit venir en débat le 22 janvier. Cette étape constitutionnelle doit à notre sens, être suivie par l’adoption d’une loi-cadre garantissant un statut pour les langues et cultures de France.

Comment revendiquer la diversité culturelle et linguistique dans le monde, face l’hégémonie de l’anglo-américain, et la refuser à l’intérieur des frontières de notre pays. Comment ne pas voir que la valorisation de la richesse linguistique en France et dans le monde participe à la défense de la langue française, langue de la République et de la résistance au rouleau compresseur d’une monoculture liée à un impérialisme économique, culturel et consumériste ?

La question des langues et cultures de France contribue également à l’enrichissement de la dimension du fait régional en permettant une conception différente de la décentralisation. On voudrait nous faire oublier que la seule conception possible de cette décentralisation serait celle qui conduit à réduire l’Etat « au minimum » en transférant une « gouvernance locale » aux collectivités territoriales, qui assumeraient les coûts et les responsabilités politiques, pendant que l’Union Européenne serait chargée de faire respecter par tous, y compris les collectivités territoriales, la loi généralisée de la concurrence.

Nous avions proposé au nom du Front de Gauche lors de la campagne présidentielle qu’une nouvelle loi mette à jour la loi Deixonne de 1951,

« Une nouvelle loi mettra à jour la loi Deixonne de 1951, autorisant l’apprentissage des langues régionales dans l’enseignement public, et le Front de Gauche s’engage d’ores et déjà pour en rédiger le projet, en s’adressant aux différents partenaires et associations linguistiques et culturels.

Le Front de Gauche, dans sa volonté de refonder une Europe au service des peuples, intègrera les langues et cultures de France comme moyens d’ouverture sur nos voisins européens, en proposant de réviser tant sa constitution que la charte européenne des langues, pour en permettre sa signature. »

Cet engagement d’hier demeure le fil conducteur de notre engagement, le groupe GUE/NGL au Parlement s’est inscrit positivement dans cette démarche et nos actes au Parlement et au sénat traduiront cette volonté.

Il y a actuellement 28 réactions

  • à Macha Fernandez

    à Macha Fernandez.

    Essayons de garder raison... Quelles sont actuellement, dans l'espace français, les langues les plus menacées de mort, à court terme ? Le français lui-même ou les autres langues historiques de France, dites régionales ?

    Que le français souffre d'une invasion d'anglicismes commerciaux, bien loin de la richesse de la langue de Shakespeare, c'est un fait, mais il ne souffre aucunement de la « concurrence » des langues régionales qu'une conception étroite de l'unité nationale a laminées notamment au XXème siècle.

    Peut-être êtes-vous indifférente à la mise à mort de langues et cultures qui étaient (hasard ?)celles du peuple.

    Ce n'est pas mon cas.

    On appauvrit l'humanité chaque fois qu'on laisse mourir un pan de sa culture... Voir la chronique que j’ai signée dans "l’Humanité" : Comment les langues du peuple ont été rendues illégitimes ? : http://www.humanite.fr/tribunes/483942.

    Quant à vos questions…

    Je me suis rendue l’an dernier, justement, au Faou, pour un débat du Front de Gauche sur les Langue régionales. Et j’ai appris avec émerveillement que « Faou » qui se prononce comme l’occitan « fau », avait le même sens : le hêtre.

    Je l’ai appris parce que je l’ai demandé, et parce que j’accompagnais des amis qui avaient la chance de connaître le breton et d’éclairer pour moi un toponyme que je rencontrais sur mon chemin. Et en me promenant avec eux, moi l’Occitane, je me suis régalée à lire tous ces toponymes différents, à demander leur sens, à comprendre leur rapport au paysage, à l’histoire.

    J’ai eu cette curiosité, je crois parce que je suis moi-même d’éducation bilingue, que la variété des langues me fascine.

    Tiens, puisque vous avez des ascendances espagnoles, savez-vous que j’aime cette langue, apprise en dehors de l’école, avec une grande facilité, avec des ouvrières andalouses de l’usine où j’emballais des fruits, facilité du fait de ce bilinguisme natif qui a développé dans mon cerveau des capacités de jonglage entre les langues.

    Alors ne tremblez pas.

    Hélas (et oui !) nos langues ne disposent d’aucun appareil d’Etat capable de les imposer à des locuteurs qui n’en voudraient pas… Même si l'on peut imaginer que quelques emplois (dans la culture ou l'enseignement) exigent leur connaissance, ce en quoi je ne vois rien de scandaleux.

    Et d’ailleurs, voulez-vous que je vous dise, je m’en fiche un peu de rédiger mes chèques en breton, occitan ou français.

    J’ai pour les langues de France d’autres rêves que celui de les adapter au marché.

    Je rêve qu’elles disent les luttes, les espoirs, qu’elles soient véhicules de poésie, qu’on puisse trouver dans l’espace public des lieux pour les utiliser, que les artistes, musiciens, comédiens, poètes, qui en font leur moyen d’expression artistique, rencontrent des publics nouveaux, que l’école publique développe l’enseignement bilingue, passeport pour un plurilinguisme heureux… histoire d'offrir à tous les enfants qui vivent dans nos pays, d'où qu'ils viennent, une clé de plus pour lire l'espace et l'histoire du lieu dans lequel ils vivent.

    Par Marie Jeanne VERNY, le 13 février 2014 à 12:58.

  • Il ne faut pas ratifier cette charte en l'état!

    Je suis stupéfaite de lire que la ratification de cette charte n'a pas fait l'objet d'une réflexion solide commune. Si tel était le cas, au vu des conséquences prévisibles, et de l'état des lieux, notamment en Bretagne, c'est plus qu'alarmant. Cette ratification n'a rien de progressiste. Tout à l'inverse, elle replonge la Bretagne dans les heures les plus sombres de son histoire, méprisant le parler populaire, le seul authentique, au profit d'un breton unifié, universitaire, non compris des vieux locuteurs qui pour le coup, sont tués deux fois dans ce qu'ils sont, écrasés par les nantis qui savent, et détiennent le pouvoir.

    Le deuxième point grave de cette charte, est que les non-locuteurs, vont rencontrer une discrimination à l'embauche de taille. Cela est déjà en place, mais le réveil va être brutal quand la mise en place sera pleinement effective. L'objectif de mettre en place des milieux de travail strictement brittophones, par exemple, est clairement affiché. Est-il indispensable pour un technicien son de parler le breton unifié? La rédaction des chèques en langue bretonne est fortement conseillée pour les locuteurs. Cela n'induit-il pas la nécessité pour celui ou celle qui le réceptionne de parler et de lire la langue minoritaire? Le bilinguisme? Parlons-en! À quoi bon consacrer des deniers publics à la traduction de Molière en breton alors que toute la force du bilinguisme réside dans le fait de pouvoir le lire dans le texte? La signalétique? Pourquoi les noms locaux ne sont-ils pas traduit en français: ex Le faou et le hêtre (traduction de Faou)? Non, le deuxième panneau stipule Ar Faou, chassant le "le" hérétique.

    Tout cela revêt des allures d'assignation à résidence, car pour changer de région, il faudra maîtriser l'idiome local. Travailler et vivre au pays? Oui, bien sûr, mais si je veux. J'aimerais envisager qu'il soit possible de voyager le monde, et je doute fort que les Papous, nom que je trouve fort sympathique, n'intègrent le breton unifié dans leurs cursus de formation! Et ils ont bien raison d'y renoncer! Et puis, si, apprendre le breton sert à être exploité au pays, et strictement au pays car on ne peut s'en échapper parce que piégé par la langue, c'est dramatique! As-t-on oublié cet article de l'Humanité? http://www.humanite.fr/node/373832

    Par Macha Fernandez, le 25 février 2014 à 20:39.

  • Dérapage ? où ça ?

    Joël Yan, où vois-tu un "dérapage" ? J'attends que tu me montres, dans mes propos, où il y a, au choix :

    - agression

    - contre-vérités non étayées sur des exemples.

    Je prends note de ton abandon du terrain... Dommage...

    Mais si tu te décides à aller un peu plus loin et à lire les articles que te te suggère de lire, et si tu souhaites reprendre le dialogue, je suis à ta disposition.

    Par Marie Jeanne VERNY, le 05 février 2014 à 19:16.

  • Dommage...

    Pour ce qui est du mot "race" , je me permets de te suggérer de consulter ce même Larousse littéraire (1914) qui rend compte des oeuvres de Gobineau dont la théorie sur "l'inégalité des races" publiée en 1866 et qui remporta (selon le rédacteur de l'article) un grand succès en Allemagne (déjà) notamment quand il évoque la supériorité de la "race aryenne germanique." Le concept de racisme vient tout droit de cette époque qui fut marquée en outre par la colonisation de l'Afrique du Nord. Quelle que soit la portée plus ou moins négative du mot "race" appliqué aux êtres humains, il s'agit dans cet extrait de poème épique, d'une distinction de type ethnique. Quand au reste, ayant largement pu exprimer des réserves personnelles que je ne suis pas seul loin de là au PCF et à Gauche sur l'adhésion de la France à la "charte européenne des langues minoritaire", je ne vois pas l'utilité de poursuivre un dialogue de sourds qui avec ta dernière intervention commence vraiment à déraper. Tu me permettras de continuer à penser que Frédéric Mistral a été aussi un des inspirateurs de courants régionalistes ultra conservateurs, notamment en Provence.

    Par Joël Yan, le 03 février 2014 à 23:42.

  • Toute citation sortie de son contexte peut être instrumentalisée

    cher Joël Yan... Les tiennes comme les miennes. C'est un petit jeu auquel nous savons jouer toi et moi, que ce soit avec Castan ou Mistral. Tiens, tu la connais, celle-là : "Guerre éternelle entre nous et les rois" ? La suite (et l'auteur que je te laisse deviner) sur le blog de notre ex-camarade René Merle : http://rene.merle.charles.antonin.over-blog.com/article-printemps-1848-l..., fils d'une grande famille de communistes de La Seyne Sur Mer.

    Quant à la tienne, de citation, je te suggère juste quelques petites recherches sur le mot de "race" et son emploi au XIXe siècle.

    La seule chose dont j'aimerais que tu conviennes, c'est que tu es, grosso-modo, parti du fait que

    - le progrès (y compris politique) était du côté de l'Etat-Nation et de sa supposée langue acceptée comme commune, mais en réalité présentée comme unique "LA langue de la République"...

    - la réaction était du côté des langues régionales.

    Du coup, tu mélangeais le déroulement de l'histoire (Mistral récupéré par les Maurrassiens devenait Mistral chef de file des Maurrassiens, y compris 30 ans après sa mort)...

    Je voulais juste te dire que les choses ne sont pas simples et qu'une politique culturelle progressiste doit s'appuyer sur la pluralité des langues et des cultures. L'humain est divers et toute politique d'assimilation l'appauvrit.

    Autres suggestions de lecture : Les Félibres et leurs temps. Renaissance d'oc et d'opinion (1850-1914) par Philippe Martel (http://www.felco-creo.org/mdoc/popup_fr.php?id=487)

    ou encore : Le « patois à l'école » ? retour sur un débat (XIXe-XXe siècles). Philippe Martel,extrait de l'ouvrage L’école française et l’occitan – Le sourd et le bègue (PULM, Montpellier) : http://www.felco-creo.org/mdoc/popup_fr.php?id=487. Coralament,

    Par Marie Jeanne VERNY, le 03 février 2014 à 16:46.

  • Sur les inquiétudes sur la Charte européenne des langues région

    Certes, la signature de la charte est pleine de contradictions et donc de conséquences prévisibles et imprévisibles de toutes sortes. Comme tant de décisions à prendre ou pas... Il y a débat. Pour ma part je trouve la position-explication d'André Chassaigne à l'Assemblée Nationale lumineuse. Je la partage. (Voir l'article en question sur son blog). Les contradictions sur la charte, comme pour l'accueil des étrangers par exemple, c'est à dire l'ouverture au monde, vers l'intérieur et vers l'extérieur dans son unité, et l'on connait l'état du monde, ne seront pas résolues en fermant les robinets. Vivre ensemble des différences, entre autres linguistiques, et ce n'est pas le plus compliqué, n'est pas simple, ni matériellement ni moralement !

    Notre monde est bien tourmenté et ce n'est qu'un début. Mais s'ouvrir résout plus de problème que se renfermer. Et c'est tellement plus humain ! Mais dire à tous nos semblables nous avons tous les mêmes droits, si c'est créer des difficultés, c'est créer des difficultés bien plus grandes de faire le contraire. Le dialogues à partir des droits, c'est d'abord les affirmer légalement, sinon la victime ne croira jamais à long terme aux belles paroles (c'est ce qui se passe en politique, voir derniers sondages), jamais ne fera confiance aux dominants (meno male !) si ce n'est pour les flatter ou les assassiner subjectivement et-ou ...objectivement.... Les conséquences de la politique de l'Empire c'est : - de grandes misères dont les conséquences ne s'effaceront pas en quelques années, si tant est qu’elles s’effacent dans des transformations positives... - un développement impétueux des forces productives mais pas de partage de ce développement. - un renforcement des antagonismes et-ou des contradictions fortes entre entités humaines et personnes humaines découlant du mode d'échange (A-M-A') de l'Empire affaibli certes mais en possession de moyens terrifiants, matériels et moraux qu’il poursuit. C'est le triptyque "Etat des choses existant-Négation de l'état existant-Dépassement de l’état existant" ET conditions du dépassement de l'état existant, et ça cet état tu le connais mieux que moi et les obstacles à surmonter ici et maintenant.

    Certes, Marx et Engels avaient mis en garde sur le Programme de Gotha. J'ai l'impression que nous faisons des efforts pour en sortir. Tous les mêmes droits : OUI. Mais il faut aussi les moyens pour les satisfaire. OUI, il y a une sensibilité de gauche chez des socialistes du P.S., et les citoyens les "suivant", couches moyennes comprises en première ligne. Le mariage pour tous, le renforcement de la loi IVG, la charte, le vote d'une partie d'entre eux contre l'A.N.I.... le prouvent. la réaction de la droite de même. Mais leur culture au niveau des directions s'arrête souvent au "sociétal", ce qui n'est pas rien, mais n'arrive pas jusqu'à l'économique qui est ce qui permet les moyens de satisfaire les besoins en développement. Cette ouverture au sociétal sans moyens, c'est à dire sans politique économique nécessaire à ces moyens a un double danger : elle fait naître des aspirations sans les satisfaire. La conséquence de cette ouverture-fermeture peut être une réaction populaire et la construction des solutions à la crise. Mais ce n'est pas automatique. Ce que font les communistes, avec leur qualités et leur défauts va je crois en partie dans le sens de résoudre ce nœud. La suite, c'est la suite qui le dira. Tout cela dit bien rapidement et sommairement… Pierre Assante. 23 janvier 2014

    http://pierre.assante.over-blog.com/

    Par Pierre Assante, le 03 février 2014 à 09:11.

  • dédicace à M.J. Verny

    Merci pour ta dédicace, Camarade et j'ai vu avec intérêt le petit film du congrès d'Arles de 1937 du "Parti Communiste de France (dixit marcel Cachin) qui ne portait pas sur le message politique de Mistral, mais sur les traditions culturelles de la Provence dont il fut partie prenante en tant défenseur de la langue. A mon tour de t'offrir une dédicace: "D'un ancien peuple fier et libre Nous sommes peut-être la fin Et si les félibres tombent Notre nation tombera. D'une race qui regerme, Peut-être nous sommes les premiers jets De la patrie somme-nous les piliers et les chefs Verse-nous les espéreances Et les rêves de la jeunesse Le souvenir du passé Et la foi dans l'an qui vient

    Frédéric Mistral (Les Iles d'Or) traduit en Français par l'auteur. (Larousse Littéraire 1914) Toujours est-il que le congrès d'Arles de 1937 portait essentiellement sur l'unité anti-fasciste et que l'extrait du poème cité plus haut n'aurait eu rien à voir ni de près ni de loin avec cette bataille, même si par hasard il fallait lier de telles outrances à je ne sais quelle emphase, toute réactionnaire à mon goût, du poète emporté par son élan lyrique . Je persiste toujours à écrire que la question des langues minoritaires n'est pas du ressort de l'UE et je reste contre le vote de cette charte. Je comptais arrêter là cette polémique, car nous étions tous d'accord sur pas mal de choses, mais il n'est pas inutile à mon sens de mettre de la politique, là où on croit qu'il n'y en a pas.

    Quand ce n'est pas sur les religions, c'est sur la question des "minorités" que portent les affrontements, voire les guerres civiles lesquels se dissimulent les recompositions exigées par la Lutte des classes au niveau national, international, et de la domination impérialiste: nous sommes entrés dans une ère de turbulence qui doit nous rendre plus vigilants sur ces questions. En ce qui me concerne j'arrête de me répéter fatigué que je suis par les abandons idéologiques du PCF y compris sur le terrain de la Culture.

    Par Joël Yan, le 02 février 2014 à 19:12.

  • en 1937, PCF en Arles, hommage à Frédéric Mistral

    http://www.cinearchives.org/Catalogue_d_exploitation_GRANDE_ESPERANCE__L... Spécial dédicace de ces images d'archives à Joël Yan. Pour ceux qui sont sur facebook,je viens de créer la page du Réseau Langues et cultures de France: https://www.facebook.com/languesculturesdeFrance?fref=ts. Pour les autres, ils peuvent se rendre sur le site du réseau : http://languesculturefrance.free.fr/

    Par Marie Jeanne VERNY, le 02 février 2014 à 12:22.

  • Effectivement, le drapeau

    Effectivement, le drapeau rouge sur la cathédrale de Strasbourg date de 1918, et la répression des conseils de marins et d'ouvriers y fut le fait de l'armée de la République bourgeoise. Quant à au parasitage et à la perversion d'idées autrefois défendues par la Gauche, le FN n'a eu qu'à se baisser pour ramasser et récupérer en dissimulant sa véritable nature, fortement aidé par les médias (il est vrai un tout petit peu moins unanimistes aujourd'hui). C'est cela qu'on devrait nommer populisme en veillant bien si on est honnête à n'appliquer ce terme qu'à la Droite qui n'a aucune intention de changer la société dans le sens des couches sociales les plus modestes et de la classe ouvrière qu'elle vise.

    Etre contre l'UE bâtie pour les marchands et contre les Peuples ne devrait pas nous renvoyer au bourrage de crâne qui traitait les tenants du NON d'obscurantistes, de Nationalistes étroits et chauvins et les Communistes pourtant plus que jamais internationalistes, de Staliniens retardés.

    Aujourd'hui, je ne suis pas le seul à vouloir combattre la domination de l'impérialisme américain et de ses satellites européens, qui nous imposent peu à peu une seule et unique langue après nous avoir imposé leur système économique et social...

    Vous comprendrez ma défiance et celle de nombreux autres vis à vis d'une institution dont l'unique souci est de faire de nos territoires des espaces monocordes et conformistes de "liberté" de plus en plus larges pour faire place à "la concurrence libre et soi-disant non faussée disent-ils," et qui pour cela dévaste des pans entiers de nos vies et leur environnement dans tous les sens du terme.

    Quant à la Charte qui en définitive comme toutes les chartes n'est qu'un bout de papier, elle servira d'alibi démocratique (comme la Gauche du PS) sur papier glacé pour davantage d'intégration européenne, votée par un Parlement européen mathématiquement et par nature et construction dévoué au Libéralisme économique et aux lobbies économiques qui l'habitent.

    J'aime l'Occitan que je pratique malheureusement peu, autant que le Breton ou le Basque et les autres langues et dialectes que je ne parle pas du tout parce qu'ils sont le sel de la diversité et de la richesse de l'Humanité.

    Les langues régionales pourraient être facteurs de paix, de progrès, d'échanges multiples et infinis à condition qu'elles ne soient pas reliées au "droit du sang" facteur de divisions, voire plus, que la Révolution Française a joliment transformé en "Droit du sol" et qui depuis a été piétiné. Cela aussi est un grand débat toujours en suspend.

    Il me semble que Jules Ferry aurait rendu l'école primaire obligatoire pour des raisons utilitaires:il était nécessaire que l'Ouvrier pour travailler, sache lire le mode d'emploi de sa machine.

    Par Joël Yan, le 30 janvier 2014 à 14:51.

  • OK, cool, si j'ose dire.

    Bon, on reprend tranquillement. On commence par se débarrasser de Pagnol, qui, à ce que je sais, n'a écrit qu'en français. C'est même pour ça qu'il est entré à l'Académie ; il a suivi la stratégie normale des écrivains régionalistes, qui ne peuvent pas percer dans le marché littéraire national (trop provinciaux, pas assez de capital culturel) et qui se rabattent sur la célébration de leur province natale, en français avec quelques mots de patois entre guillemets pour montrer qu'ils sont des vrais authentiques.. Et je me souviens d'une interview de lui (elle est dans le beau film de mon ami Christian Philibert, le Complexe du Santon) où il expliquait que a) le provençal ne pouvait pas exprimer d'idées un peu compliquées (c'es ce que disent tout un tas de gens dans les débats actuels y compris un autre académicien a la date de péremption dépassée, Michel Serres) et que b), de toute façon il n'y avait pas de public : traduit du français académique ça veut dire pas de droits d'auteur, et le Marcel, le fric, il avait rien contre. C'est tout. Quant à Giono, tout aussi "conformiste" que l'autre, au point d'avoir été un tout petit peu collabo, il haïssait vigoureusement, et pour les mêmes raisons, Mistral et le provençal. On laisse donc ces blaireaux de côté, même si j'ai plaisir à lire Pagnol (Giono, étant bas-alpin d'origine, je vomis très fort). Fin de la parenthèse culturelle. -Bien sûr que les pères de famille, pas seulement les paysans aisés, ont renoncé à transmettre la langue sans que nul ne les y oblige à la pointe de la baïonnette. Ils avaient le choix ? Le gamin qui débarquait en classe sans comprendre ce que racontait le maître en bavait des ronds de chapeau. A la génération suivante, il est normal qu'il ait voulu éviter ça à ses propres gosses. Entre être pauvre et malade et avoir une possibilité (réduite d'ailleurs, mais ça c'était la surprise) de devenir riche et bien portant, en voilà un choix qu'il est libre et joyeux. C'est l'ensemble du système qui fonctionnait comme ça. -Ce qui nous amène à la Révolution, et plus tard à l'école de Jules Ferry. Ici, on va faire dans la nuance. En gros, on n'oublie pas que la Révolution libére les classes subalternes du système féodo-monarchque, mais c'est pour instituer à la place un système bourgeois. Dans ce cas, la diffusion du français a un effet libérateur incontestable : il m'est arrivé de dire que le français était une Bastille à prendre. C'est la langue du débat politique de la loi, de la promotion sociale possible (mais pas certaine, voir plus haut). MAIS en même temps, ce français-là, qui est celui des élites, a aussi une fonction idéologique claire, celle de véhiculer l'hégémonie des nouvelles classes dominantes. Ce français là, avec son orthographe, son vocabulaire, etc. n'y ont accès que ceux qui sont déjà passés du bon coté de la barrière, les autres l'estropient et sont donc rejettés du côté de la populace. La chasse au patois n'est qu'un des versants de cette stratégie de privation de toute parole qui ne soit pas celle des maîtres. -L'école de Ferry-les-rouflaquettes a exactement les mêmes caractères, et pour cause. Elle libère (sans ça je serai à gratter la terre au fond fond de nulle part et à 1200 metres d'altitude comme mes ancêtres). Et elle formate, au service des intérêts de la classe dominante (d'où une leçon de morale où on explique aux gamins qu'il faut obéir au patron (j'ai la citation a disposition de qui qu'en veut.) Je rappelle que cette école primaire pour le peuple ne communique pas avec les lycées de la bourgeoisie, et le secondaire où encore en 1920 n'accède que 2% d'une classe d'âge. D'accord ? Ce n'est pas nier les mérites de la Révolution comme de l'école Ferry que de pointer leurs contradictions. Sinon, on est dans la réécriture bisounoursienne de notre histoire. -Il y a les marins alsaciens de 1905 peut-être ; il y asurtout les cmités d'ouvreiers det de soldats de novemnre 1918 : c'est l'armée de la République française qui les a éliminés. -Je n'ai jamais fait d'amalgame : je ne dis pas que ceux qui sont contre la Charte sont tous des fachos. Je sais bien qu'il y en a qui sont de gauche, je sais encore faire la différence. Ce que je voulais dire, c'est que je les invitais a se poser des questions sur le fait que vu de loin à contre jour, leurs arguments présentent quand même des ressemblances avec ceux d'en face, autour de deux points : une hostilité à l'Europe, inspirée par des motivations différentes mais néanmoins commune, et un patriotisme républicain qui peut parfaitement dériver en nationalisme, comme cela a été souvent le cas dans l'histoire. Désolé, mais P.M. Couteaux et Fl. Philippot sont bien des anciens chevènementistes, non ? Soral est bien un ancien du PC ? Je ne dis pas que cette dérive est fatale, je dis juste qu''il faut faire gaffe. -Et il me semble avoir dit assez clairement que la défense des langues de France mobilisait aussi bien des gens de gauche que de droite, voire plus il y a des identitaires qui se réclament de l'Occitanie, et des fachos bretons. Je n'admets pas, par contre qu'on fasse semblant de croire qu'il n'y a que ça. -Je répète que je me cntrefous totalemetn de tute idée de'Europe des Régions ragnagna. Je suis enseignant du public, et c'est de ça que je parle. C'est pour la défense des langues de France à l'école de la République que j'invite les gens de gauche à nous soutenir. merci en tout cas de m'avoir permis de préciser certains points.

    Par Philippe Martel, le 30 janvier 2014 à 11:00.