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CN du 2 avril 2014 - Européennes 2014 - Rapport introductif d'Isabelle De Almeida

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Rapport d'Isabelle De Almeida

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Bonjour à tous et à toutes.

 

J'espère que qu'après ces semaines intenses de campagne, vous avez pu un peu récupérer et vous remercie de votre présence à ce Conseil national que nous n'avions pas mis initialement dans notre calendrier.

Mais, vous en avez conscience, nous avons devant nous des échéances aussi très importantes, les européennes que nous devons préparer dans un délai très court.

Je veux ici saluer en votre nom l'engagement des communistes, des militants, des candidats et candidates qui se sont investis pleinement pendant des mois dans cette campagne pour faire vivre des projets anti austérité, ambitieux pour la vie quotidienne des populations, les services publics, la démocratie locale et la solidarité. Et souvent avec détermination et courage, loin des basses manœuvres politiciennes et parfois dans des conditions humainement difficiles à vivre.

Et je tiens aussi à féliciter tous les communistes qui sont maintenant élus quelque soit leur mandat et la taille de la commune, du plus petit village aux grandes villes : tous et toutes seront aux cotés des populations et des points d'appui pour les luttes locales et nationales à mener.

Nous avons, dans un premier temps, à caractériser ce que nous venons de vivre, ce qu'il se passe dans notre pays après cette séquence électorale et aborder les premières pistes de réflexions à partir des résultats.Cela nous amènera à examiner quelles sont les initiatives à prendre et comment réussir celles déjà engagées.

Bien évidemment, nous ne ferons pas le tour de la question cet après-midi : ces pistes seront à travailler pour notre CN du 11 avril qui nous permettra d'étoffer plus précisément notre analyse et de la partager dans le Parti.

Dans un deuxième temps, au regard des objectifs et de notre ambition que nous avons définis ensemble lors de précédent CN pour les élections européennes, je vous présenterai l'état des discussions sur la constitution des listes dans les 7 circonscriptions avec nos partenaires du Front de gauche permettant d'aller vers un accord national.

 

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1 - La situation politique dans notre pays après la séquence des municipales

 

Comment la caractériser  ?

En janvier, ici même, nous faisions le constat que le pays était déprimé socialement et politiquement, que l'année 2013 avait été celle de la déception et de l'amertume. Nous disions que l'année 2014 serait une année charnière dans le quinquennat avec les annonces du président de la République sur le pacte de responsabilité comme avec sa volonté d'en finir avec les repères historiques de la gauche française. C'est pour cela que nous avons mis toutes nos forces dans cette campagne pour dire qu'il est possible de mener une politique de gauche, comme dans nos initiatives notamment contre le pacte de responsabilité et nos batailles parlementaires.

Aujourd'hui, à la suite des élections municipales, il nous faut bien mesurer la gravité de la situation politique  : nous sommes dans une nouvelle étape d'aggravation de la crise politique.

Car 22 mois après l'expression de changement à gauche et l'élection d'un président PS et d'un gouvernement de gauche, le comportement électoral des français traduit bien cette aggravation.

• Ce qui marque essentiellement ces municipales, c'est l'abstention très forte (plus de 36  %) et un gain massif de villes par la droite, la vague bleue, au détriment de la gauche et singulièrement du PS. Cela n'était quasiment jamais arrivé depuis 1983.

• Sur l'abstention : elle progresse sur 2008 de 3 points alors que l'élection municipale est, après celle du président de la République, celle qui intéresse le plus les gens. Ce qui est à souligner, c'est qu'elle augmente et qu'elle s'installe structurellement dans notre pays. Il y a eu certes à cette élection la volonté de sanctionner le gouvernement en place et il y a une prise de une distance marquée avec la représentation politique, sur le mode «  la politique ne changera rien à ma vie  ».

Entre les deux tours, dans certaines villes, le niveau d'abstention a bougé selon les enjeux perçus par les électeurs.

• Alors que le mécontentement et la colère de l'électorat de gauche est très important par rapport à la politique libérale du gouvernement sur les questions sociales, sur les inégalités, c'est celui qui décroche, qui s'abstient le plus notamment dans les catégories populaires, les jeunes,les ouvriers.

• C'est aussi, nous l'avons vécu dans cette campagne, une aggravation des comportements de division, de rejet de l'autre, de basculement de valeurs (solidarité = assistanat), d'acceptation de la concurrence entre les individus. Et c'est aussi le «  clientélisme  » dans certaines villes, largement utilisé par certains candidats de droite mais aussi par certains se réclamant de gauche.

L'enquête du Cevipof du début de l'année donnait bien a voir ces tendances.

 

Ce discrédit de la représentation politique est aussi accentué par les manœuvres politiciennes utilisant l'exacerbation des peurs, les rumeurs et les mensonges, les alliances contre nature et la multitude de dissidences, de sans étiquettes, dans les grandes et moyennes communes.

Ces comportements, ces brouillages de repères, se sont exacerbés et révélés lors de ce premier scrutin après les élections nationales  : ils sont la conséquence de cinq années de sarkozysme, aggravé par la tromperie ressentie par les électeurs envers ce gouvernement.

 

À cette situation de crise politique : quelles réponse pour en sortir ?

De la part du gouvernement, après le message inefficace entre les deux tours du Premier ministre et du président : « vous allez voir, on va annoncer des mesures et un remaniement », la réponse lundi soir du président est-elle à la hauteur du message de sanction majeure envoyé par son électorat à son encontre  ?

Même si la très grande majorité des français validait l'idée d'un remaniement ministériel, le changement précipité de Premier ministre et de gouvernement est une fuite en avant ne répondant pas sur le fond à l'électorat de gauche qui l'a mis au pouvoir et qui vient d'exprimer son mécontentement et son désarroi. D'autant plus, que le choix du Premier ministre, Manuel Valls envoie un signe très négatif à tous ceux et celles qui portent des valeurs d'égalité, de tolérance, de progrès social et des valeurs de gauche. Certes, en faisant ce choix, c'est un signal envoyé à l'électorat de droite et centriste.

Ce remaniement gouvernemental ne répond en rien sur un changement de politique : les objectifs qu'il assigne à Valls, c'est « cap sur l'austérité » avec la poursuite de la réduction des dépenses publiques et c'est « en avant pour le pacte de responsabilité ! ». Avec une dose de transition énergétique et un soit disant pacte de solidarité : aucune mesure concrète n'est annoncée voire celles qui pointent dans un rapport qui va être remis cette semaine sont même néfastes pour la sécurité sociale et pour la justice fiscale. Au nom du pouvoir d'achat, ce pourrait être l'exonération des cotisations sociales salariales pour les bas salaires. Lors de son discours, le président a bien montré qu'il n'entend que de l'oreille droite et répond plus aux motivations de vote de l'électorat de droite avec la question des impôts, celle des dépenses de la commune, de la sécurité comme le montre une enquête d'opinion. Comme nous le disions depuis janvier, le président qui n'a plus de majorité politique dans le pays tente d'en reconstruire une autre.

Quant à l'affirmation que l'ancien Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, aurait avec son gouvernement redressé la France, cela participe de la méthode Coué. Le bilan est là : la courbe du chômage n'a pas été inversée comme promis pour fin 2013. Les chiffres du chômage le montrent, l'emploi industriel et dans la construction continue de régresser, l'emploi précaire continue d'augmenter.

Pouvoir d'achat et consommation des ménages sont en baisse tandis que la dette publique continue de croître... Sombre tableau, sombre bilan de Jean-Marc Ayrault et des deux premières années du quinquennat.

Et si François Hollande dit vouloir une France apaisée et sortir de la crise qu'il nomme lui civique et morale, il est plus que certain qu'avec ces réponses, la crise politique adossée à la crise sociale risque de s'aggraver, voire de prendre des formes encore plus inquiétantes dans notre pays.

 

Et la réponse ne viendra certainement pas de la droite qui porte les mêmes solutions, voire veut accélérer la mise en place du pacte de responsabilité et la réduction des dépenses publiques. Même si une grande partie de la droite prend la mesure que le vote de dimanche est plus un désaveu du gouvernement qu'une adhésion à son projet, elle va avoir plus d'espace pour gagner et mener à bien ses projets.

Elle ne viendra pas non plus de l'extrême-droite qui prône, avec un discours différent, les mêmes choses : baisses des dépenses publiques, économies, tout en attisant les les divisions et les inégalités.

C'est dans ce contexte d'aggravation de la crise politique que nous avons à analyser les résultats électoraux et prendre des initiatives, nous adresser nationalement comme localement à nos concitoyens.

 

Les caractéristiques majeures des résultats et les pistes d'analyse que je vous soumets :

• la première est évidement l'écroulement du PS avec une perte de 10 points entre 2008 et 2014 et la perte de plus de 100 communes, grandes comme moyennes, y compris des bastions de gauche. Et cela au profit de la droite quasiment partout s'expliquant certes par une démobilisation de l'électorat de gauche de 2012 en s'abstenant et aussi en votant pour la droite. Certes, dans beaucoup de communes la droite ne progresse pas significativement en voix par rapport à 2008, et on constate des transferts de voix au second tour du FN vers la droite.

• Ce basculement important a ses conséquences aussi sur les majorités dans les communautés de communes, d'agglomération et les métropoles.

• Quant au FN, certes il a eu et a une place médiatique démesurée mais c'est un gain de 14 villes. Il a donc atteint un objectif de conquête de communes qui le met en dynamique pour l'avenir si les choses ne bougent pas.

 

Quelques chiffres sur le rapport de forces gauche /droite  :

• 38 % pour la gauche ;

• 46,5 % pour la droite ;

• et 4,7 % pour le FN.

 

En terme de villes perdues et gagnées :

• 155 villes de + de 9000 ha perdues par la gauche au profit quasiment toutes de la droite ;

• le FN : en gagne 14 ou 15.

A gauche :

• ce sont 68 villes de + de 20  000 habitants perdues ;

• 3 villes de + de 20 000 habitants qui passent de la droite à la gauche.

Concernant le PCF :

• sur les villes de + 3  500 habitants, avec 184 sortants, nous en perdons 26  %soit 48 villes ;

• nous gardons 136 villes soit 74  % et nous en gagnons 12 dont 2 de plus de 30 000 habitants ;

• sur les villes de plus de 30 000 habitants, nous en perdons 7, soit 25% ; nous en gardons 20 et nous en gagnons 2.

 

Sur les résultats du 1er tour, quelques précisions :

• Sur les 267 villes de plus de 3  500 habitants où le PCF conduisait une liste en 2014 et 2008, nous passons de 34,95  % en 2008 à 28,65  % en 2014 soit une perte de 6,7  %. Nous progressons dans 83 de ces 267 villes.

• Parmi ces 267 villes, dans les 94 villes où nous étions en gauche rassemblée en 2014, nous passons de 53,19  % en 2008 à 47,87  % en 2014, soit une perte de 5,31  %. Nous progressons dans 40 de ces 94 villes.

• Toujours parmi ces 267 villes, dans les 173 villes où nous conduisions une liste Front de gauche sans le PS, nous passons de 26,99  % en 2008 à 19,92  % en 2014 soit une perte de 7,06  %. Nous progressons dans 43 de ces 130 villes.

 

Nous avons besoin d'avoir une appréciation partagée dans le parti sur nos résultats.

 

Malgré les enquêtes sur « c'est la situation locale qui va primer dans le vote », c'est une lame de fond de sanction de la politique gouvernemental qui s'est exprimée. Cela à fait résonance, comme le disait un camarade.

Ces élections locales ont donc bien une portée nationale. Il faut donc traiter les deux dans notre analyse.

• Y a-t-il une défaite particulière du PS, ou un phénomène d’entraînement pour nous dans la vague bleue ? Certainement les deux.

• Il nous faut regarder ce qu'il en est de nos résultats par rapports à nos objectifs (faire barrage à la droite et à l'extrême-droite, conserver des majorités de gauche et avoir un maximum d'élus).

Certes, nous n'avons pas nationalement abouti à leur réalisation, et il nous faut aussi faire un bilan localement.

Et il nous faut évaluer en quoi nos choix faits localement, dans la cohérence que nous avions défini ensemble nationalement, étaient les mieux adaptés et cela sans a priori, sans vouloir tordre les analyses. Cela ne nous aiderait pas à comprendre alors que nous besoin de comprendre ensemble, de faire du commun de nos expériences, de nos pratiques, de nos analyses.

 

Par exemple, une camarade disait  : «  Comment se fait-il que dans telle ville nous soyons sanctionnés alors que dans une autre non  ? Et cela au vu des réalisations  ».

Il y a donc besoin d'aider à l'analyse localement, à affiner sur les chiffres, les évolutions de l'abstention, les reports de voix car il y a des spécificités locales dans ce contexte national.

Vous avez vu comme moi certains articles parlant plus de nos pertes que des villes où nous nous maintenons et de celles que nous gagnons. Il ne s'agit pas ici de se raconter des histoires, de se dire que le résultat au final est positif et de passer à autre chose. Cependant, sans banaliser les pertes dans ce contexte de crise et de de rejet massif du PS, le PCF résiste et a enregistré quelques gains.

Cela n'est pas négligeable, au contraire, et le fait que nous soyons la 3e force politique en terme de municipalités et d'élus – loin devant EELV et le FN présentés comme les vainqueurs du scrutin – représente un point d'appui, une force pour résister à la droite, aux politiques du gouvernement et, en même temps, un levier pour reconstruire à gauche.

Il nous faut évaluer aussi, dans chaque fédération, la nouvelle situation. Dans certaines villes, voire départements, ce sont des pertes d'adjoints, d'élus dans les majorités de gauche avec des conséquences politiques et de moyens. Je vous propose d'engager un état des lieux pour le prochain CN.

 

Maintenant, quelles initiatives prendre ?

• Il nous faut nous adresser aux populations qui, avec la droite et l'extrême-droite, vont encore plus souffrir de l'austérité, de moins de services publics, de liens sociaux pour mieux vivre ensemble, et leur dire qu'ils peuvent compter sur les élus communistes et les militants pour engager partout des luttes pour s'opposer aux régressions localement.

• D'autre part, au niveau national, nous nous sommes exprimés sur le remaniement et l'attente de changement. Il nous faut aussi apprécier l'effet du remaniement ministériel dans la gauche, sur les forces progressistes  et nos concitoyens.

 

Alors que EELV était déjà très partagée sur la poursuite de sa participation au gouvernement, leur décision de ne pas y participer est à prendre en considération pour la suite des batailles à mener.

D'ici le 8 avril, date du vote de confiance au gouvernement, des critiques aujourd'hui exprimées par certains parlementaires de la majorité présidentielle pourraient éventuellement se traduire en actes.

D'autres voix s'élèvent, des malaises s'expriment, je pense à certains socialistes, certains courants, des écologistes. Nous avons donc la responsabilité d'être plus à l'écoute, de favoriser les échanges dans la période à venir.

Nous avons certainement à réfléchir à une initiative en direction de tous les électeurs de gauche, élus et militants progressistes qui sont déboussolés par la situation : une initiative dans la durée pour reconstruire à gauche. Ce que nous avions initié avec les Assises citoyennes à Montreuil en juin dernier est peut être à renouveler dans l'esprit, avec des formes différentes.

C'est dans ce contexte d'après deuxième tour que nous préparons la marche nationale contre l'austérité, pour l'égalité et le partage des richesses.

Elle est engagée, je ne reviendrai pas sur comment elle s'est construite. Tous et toutes avez pu voir son cheminement. Une conférence de presse s'est tenue hier, vous en avez le compte-rendu dans l'Humanité.

Cependant, je voudrais pointer deux choses essentielles  :

• Premièrement, nous avons eu raison de la proposer, dans un esprit d'élargissement pour la co-construire avec des forces et des personnalités de progrès. La situation après ces élections la rend encore plus nécessaire, nous devons maintenant gagner à sa réussite. Cependant, le climat d'aujourd'hui, même s'il y a des attentes pour un sursaut à gauche, peut rendre plus difficile cette mobilisation.

• Deuxièmement, nous devons bien rester sur l'appel tel qu'il est : combattre la droite et l'extrême droite (à ce sujet, ce week-end, les « Jours de colère » appellent, dans plusieurs villes, les abstentionnistes à des mobilisations contre les représentants politiques de droite comme de gauche).

Et construire à gauche en refusant l'austérité et le pacte de responsabilité.

Vous le savez, le matériel (affiches, tracts) est en cours de livraison. Dans les fédérations, tout en étant mobilisés dans la campagne des municipales, cette initiative s'organise au niveau des déplacements. Il nous faut déployer les contacts, faire circuler l'appel et déployer toute notre énergie pour réussir cette marche.

 

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2  : J'en viens à la préparation des élections européennes

 

Avant de rentrer dans le vif du sujet, sur la composition des listes, je pense que nous pouvons partager qu'au vu de la situation politique dans notre pays, après cette séquence électorale, nous devons tout faire pour porter avec force un message de gauche contre l'austérité, un message d'espoir et d'alternative.

 

Sur nos ambitions et nos objectifs

 

Pour rappel, nous avons tenu en novembre des travaux – Convention et CN – sur notre projet européen. Le numéro spécial de la Revue du projet – Refonder l'Europe – a été mis à disposition dans les fédérations et plusieurs rencontres ont été organisées dans les départements pour s'approprier notre projet.

Lors du CN de novembre, nous affirmions, notamment Gilles Garnier que je cite  :

« Le Parlement européen, l'Union européenne elle-même, n'aura pas le même visage en mai prochain, le risque de voir l'extrême droite se renforcer plane. En miroir, les forces qui veulent une politique encore plus intégrée menace. Nous avons donc une responsabilité historique de tracer une autre voie avec nos partenaires politiques, mais aussi avec les mouvements sociaux et citoyens qui contestent cette Europe-là. Nous n'avons pas d'autre choix. La composante GUE-NGL devrait se renforcer si on en croit non seulement les sondages, mais aussi les récents résultats électoraux : au Portugal, en Espagne, en Grèce, à Chypre, en République tchèque, au Danemark, aux Pays-Bas, en Irlande, en Croatie, en Lettonie, peut être en Allemagne et bien entendu en France ».

Et je cite Pierre Laurent dans ses conclusions : « Notre ambition doit doit être de lever dans les urnes, le 25 mai, un mouvement massif de protestation de demande de rupture avec les logiques d'austérité pour des solutions de progrès social, en ayant l'ambition de faire entrer au Parlement européen de très nombreux députés porteurs de cette exigence pour un groupe GUE- NGL renforcé ».

Depuis, les travaux du PGE, son congrès et la candidature d'Alexis Tsipras pour la Commission européenne, sont aussi des points d'appuis importants pour notre bataille.

À ce sujet, Alexis Tsipras sera parmi nous le 12 avril dans la marche contre l'austérité.

En Europe, partout l'austérité est contestée comme en témoignent les impressionnantes mobilisations récentes en Espagne, au Portugal notamment.

Et se tiendra dans deux jours l'euro-manifestation à l'appel de la CES à Bruxelles.

Par ailleurs, une conférence sur la dette organisée par le PGE et Transform! se déroulera le 10 avril.

Le secteur Inter-Europe est en train de travailler à des fiches argumentaires sur plusieurs thématiques  : ce sera une aide supplémentaire pour les candidats et les militants.

Tous les partenaires du Front de gauche ont exprimé la volonté d'engager la campagne ensemble, certes, avec un peu de retard, je vous l'accorde.

Depuis plusieurs semaines, le travail est en cours sur le texte commun du Front de gauche, portant nos axes de campagnes : il est quasiment finalisé.

Depuis le 16 novembre, dans le Parti, nous avons défini le cadre de travail pour l'élaboration des listes. Nous avons précisé que l'accord sur les listes était national, sur les répartitions des premiers candidats et les possibilités d’éligibles, en tenant compte de toutes les composantes du Front de gauche. Et nous avons tenu des réunions par grande circonscription pour avancer sur nos candidatures et nos chefs de file.

 

Les négociations sur les listes ont démarré

 

Depuis le 9 mars, nous avons eu 7 réunions (Pascal Savoldelli et moi-même).

Je vais vous en faire la synthèse et vous dire où nous en sommes à ce jour des discussions avec nos partenaires. Certes, nous avions annoncé dans un courrier aux secrétaires fédéraux que les éléments seraient envoyés avant ce CN mais la situation ne nous l'a pas permis.

En effet, il n'y a pas pour le moment d'accord partagé sur les têtes de listes et sur les possibles éligibles.

Nous sommes partis du mandat donné : reconduction des sortants sur leur circonscription et répartition des gains  : PCF, PG, et Ensemble (sur la base de 9% ).

Notre proposition porte d'une part la volonté de rassembler le FDG, de le développer et de créer une dynamique pour gagner en force, en influence au Parlement européen.

Nous avons travaillé à une architecture de listes qui permettent la visibilité de chacun et un équilibrage PCF -PG sur les 14 premières places (PCF  : 5  ; PG  : 5, Ensemble  : 2  ; GU  : 1  ; Front de gauche citoyenne  : 1) et sur les 21 premières places  : PCF  : 7  ; PG  : 7  ; Ensemble  : 4  ; GU:2 et Front de gauche citoyenne  : 1. Le PG a 2 têtes de liste et 3 deuxièmes places et le PCF  : 3 têtes de liste et 2 premières places. Nous avons donc bougé sur la 2e place sur Sud-Est.

Dans notre proposition, Ensemble est bien représenté. Et tout le monde est visible dans les premières places  : GU en 3e IDF, et 2é Nord, ainsi que République & socialisme et le PCOF.

Le PG part du cadre 3-3-1 pour les têtes de listes  : 3 PCF, 3 PG et 1 pour Ensemble et veut rééquilibrer le Front de gauche entre PCF et PG, que ce soit pour le nombre de têtes de listes et le nombre d'éligibles. Sa proposition constante aboutit à l'éventualité de 3 députés européens PG.

D'emblée, sa demande portait sur soit la tête de liste en Île-de-France ou dans le Sud-Est et veut soit la 2e place en Île-de-France ou celle du Sud-Est.

Il part du postulat que les candidats d'ouverture sont à prendre sur le quota d'une formation, et considère Marie-Christine Vergiat comme présentée par le PCF, donc sur notre quota, ce que nous contestons. La GU et Ensemble sont d'accord sur ce point et accepteraient notre proposition de répartition.

Nous ressentons aussi que le PG veut plusieurs têtes de listes pour avoir une plus grande surface de campagne, de visibilité.

Ils ont eu ce samedi des conférences régionales pour valider leur proposition, sauf en Île-de-France où elle se tiendra ce jeudi. Le risque est qu'ils valident des circonscriptions et isolent l'Île-de-France, ce qu'ils nous ont proposé hier.

Tout le monde – GU, Ensemble, PCOF et nous mêmes – avons bien précisé que nous ne validerions qu'un accord global et non pas des circonscriptions avec des configurations diverses.

La GU et Ensemble tiendront leur CN ce week-end à venir.

Nous avons donc à considérer cette situation avec beaucoup d'esprit de responsabilité, il en va autant de la question de la dynamique du Front de gauche et de notre ambition politique pour les élections européennes.

 

Au vu de la situation à ce jour, le CEN à l'unanimité vous propose  :

  • de maintenir notre proposition auprès de nos partenaires ,

  • de fixer la fin de semaine comme date buttoir de discussion sur l' accord national ;

  • de tenir une conférence de presse demain matin pour lancer un appel au rassemblement avec le Front de gauche pour porter une alternative à gauche pour le pays et l'Europe.

 

 

Voir le courrier envoyé aux partenaires du Front de gauche