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La crise du capitalisme franchit une nouvelle étape avec les difficultés des émergents.

Avec les difficultés que connaissent les pays émergents, l’Inde, le Brésil, la Turquie, l’Afrique du sud, l’Indonésie, mais aussi la Chine, la crise du capitalisme mondialisé et financiarisé franchit en cette rentrée une nouvelle étape.
En Inde, alors que le taux minimum de croissance nécessaire pour faire reculer la pauvreté est de 10 %, la progression du PIB stagne autour de 5 %. L’économie brésilienne, celle d’Afrique du sud peinent à se relancer.  Le PIB turc navigue autour de 4 % contre 8 à 9 % en 2010 et 2011. La croissance chinoise qui frôlait les 10 % au 1er trimestre 2011 navigue actuellement autour des 7,5 %. Parallèlement, on assiste à une forte dépréciation des monnaies de  ces pays.

Ce ralentissement contribue à exacerber les difficultés sociales de ces pays et explique pour partie les grands mouvements de protestation. Mais à quoi est due cette tempête dans des pays qui, il y a peu, tiraient la croissance mondiale ?
Depuis 2008 la banque centrale des Etats-Unis (la Fed) rachète à tour de bras de la dette publique et privée. Cette politique monétaire a permis aux multinationales de disposer de liquidités abondantes qu’elles se sont empressées de placer dans des zones permettant de dégager une forte rentabilité : les émergents. Mais la restauration des profits ainsi permise, et un certain redressement de l’économie des Etats-Unis ont conduit la Fed à annoncer qu’elle comptait d’ici peu freiner considérablement ses achats.
Cette annonce a provoqué une hausse des taux d’intérêt américains et a eu pour effet d’inverser une partie notable des flux financiers internationaux. Les capitaux partent des pays émergents pour regagner les rives de l’Atlantique, tant et si bien que leurs devises s’affaissent et que leur économie, souvent dépendante des capitaux extérieurs, en vient à manquer de ressources financières.
Cette réorientation des mouvements de capitaux ne bénéficie que très secondairement à des pays européens qui ont bien du mal à sortir de la récession dans laquelle ils sont plongés. Mais ce tournant va aussi à terme poser des problèmes aux Etats-Unis. Les émergents sont en effet d’importants créanciers du Trésor public américain. Que peut-il se passer si simultanément la Fed et les émergents réduisent leurs achats ?
En attendant, cette évolution souligne la communauté d’intérêts entre l’Europe et les émergents face à des Etats-Unis qui usent et abusent de leur position dominante. L’Inde, prise à la gorge, essaie d’obtenir une réaction commune aux émergents. La France devrait y être attentive plutôt que de suivre le train de la Maison blanche en Syrie et ailleurs.

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