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Meeting de soutien à Syriza 19/01/2015 à Japy - Discours de Pierre Laurent

 

A quelques jours des législatives anticipées en Grèce, meeting de soutien au peuple grec avec Syriza lundi 19 janvier 2015 à Japy.

Avec : Georgios Katrougalos ( député européen Syriza ), Susan George ( Attac ), Pierre Laurent (Président du PGE, secrétaire national du PCF), Pascal Franchet (CADTM), Jean-Luc Mélenchon (député européen, PG), Cécile Duflot (Ancienne ministre du logement EELV), Patrick Saurin (Sud BPCE), Guillaume Balas (député européen PS), Clémentine Autain (Ensemble), collectif Troïka Basta!, CGT, SNESUP, Compagnie Erina, Liêm Hoang Ngoc ( socialistes affligés ), Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne)

 

Discours de Pierre Laurent

Seul le prononcé fait foi ( ~ 15:30 )

 

Chers amis, Chers camarades, Mesdames, Messieurs,

 

Dimanche dernier, après le choc de l'attentat contre Charlie Hebdo et les deux prises d'otages qui ont suivi, le peuple français a eu la réaction la plus digne, la plus positive, la plus intelligente qui soit. Il a brandit la devise de la République « Liberté, égalité, Fraternité ». Quatre millions de Français ont dit qu'ils voulaient vivre ensemble.

Je veux saluer l'immense solidarité qui s'est exprimée la semaine dernière sur les places européennes, sur les unes des journaux, dans les messages reçus de la part de nos amis de la gauche européenne et singulièrement de Syriza.

Cette solidarité spontanée et fraternelle était à des kilomètres du cortège des Chefs d’État dont Antonis Samaras, l'actuel premier ministre grec, faisait partie. Samaras qui a osé utiliser le drame que nous vivions pour amalgamer djihadisme et immigration dans son propre pays pour discréditer Syriza.

Il a tenté de se faire passer pour le défenseur de la liberté d'expression. Mais nous n'oublions pas que c'est lui, répondant aux injonctions de la troïka, qui a fermé, en un jour, le 11 juin 2013, ERT, c'est à dire tout l'audiovisuel public grec.

Charlie, ce n'est pas Samaras et la droite grecque. Charlie, c'est Manolis Glezos, celui qui a décroché le drapeau nazi de l'Acropole en 1941, et qui a 92 ans, a marché avec nous dimanche dernier, du côté du peuple, avec d'ailleurs Giorgos Katrougalos, notre invité de ce soir, que je salue très fraternellement.

Les Charlie, se sont tous ceux qui s’apprêtent à dire adieu à Samaras. Ceux qui vont mettre le bulletin Syriza dans l'urne dimanche. Ceux qui ont le courage d'ouvrir la porte au changement.

Dimanche prochain le peuple grec va relever la tête.

 

Chers amis,

Il ne faut jamais bouder l'espoir.

Il faut y puiser la force, le courage, la générosité, la fraternité, l'ouverture d'esprit.

Pour laisser entrer le soleil.

 

Je suis tellement heureux que la gauche européenne en arrive là. Je ne louperai le meeting de fin de campagne de jeudi à Athènes pour rien au monde. Je suis fier. Fier de tout ce que nous avons construit ensemble pour faire grandir la gauche européenne. Nous avons tant travaillé pour construire ensemble une alternative à l'Europe libérale. C'est pour cela que par exemple, nous avions fait d'Alexis notre candidat à la Présidence de la Commission européenne l'année dernière. Et là…

Une victoire du peuple – enfin ! - est possible.

Je formule le vœu qu'elle soit nette, plaçant Nouvelle démocratie loin derrière et laissant les coudées franches à mon ami Alexis Tsipras et à sa future équipe pour faire les transformations indispensables en Grèce.

C'est possible.

C'est possible parce que le peuple grec n'a plus peur.

Vous avez vu tous les efforts des marchés financiers, du FMI, de la Commission européenne, d'Angela Merkel et de Wolfgang Schäuble pour fiche la trouille aux citoyens grecs ?

Ils ont perdu cette bataille. Perdu. Ça ne marche plus.

Le programme de Syriza est connu. C'est un programme sérieux et réaliste. Il fait face aux urgences sociales et au chômage de masse, répond aux exigences de redressement économique et d'assainissement démocratique face au système clientéliste.

C'est bon pour la Grèce, c'est bon pour l'Europe.

L'austérité étouffe l'Europe. La BCE a gavé les marchés. Pour quels résultats ? Il faut changer de cap et entreprendre la refondation social, écologique et démocratique de l'Europe.

Les grecs y trouvent une réponse à leurs besoins élémentaires : manger, se chauffer l'hiver, avoir un travail et des droits sociaux, accéder aux soins. Ils y voient les solutions pour un nouveau développement économique de leur pays, pour l'emploi, les services publics.

En votant Syriza, les grecs approuveront la proposition honnête de renégociation de la dette. Et cette proposition l'emportera car tout le monde sait que la dette en l'état ne peut être payée, que le pays doit respirer.

C'est le mandat qu'ils vont donner à Syriza et il faudra que l'Europe l'accepte.

Le peuple grec est souverain, libre de choisir son avenir !

Dans cette salle, nous sommes tous démocrates.

Mais nous ne sommes pas naïfs.

Nous savons que les forces libérales et les marchés n'accepteront pas le vote des grecs.

Dès le 26 janvier, un bras de fer va s'engager.

Nous devrons y mettre nos forces.

Dès le 26 janvier, il faudra soutenir la proposition de renégociation de la dette grecque et la remise en cause des politiques d'austérité. Nous avons une grande bataille de mobilisation à mener. Il nous faudra joindre nos efforts pour que la France accompagne le peuple grec dans sa marche contre l'austérité.

Notre solidarité doit être durable, large, populaire et citoyenne. C'est notre responsabilité de citoyens de gauche, notre responsabilité de Français, notre responsabilité d'Européens.

C'est notre devoir car la Grèce offre une nouvelle chance à l'Europe, celle que Hollande a gâchée en 2012.

Que dit notre gouvernement ? « Le peuple grec est bien sur libre de choisir ses gouvernants, mais qu'il a des engagements et ne peut pas changer de politique ». Et bien nous allons prouver le contraire avec Syriza. Les citoyens vont avoir la preuve que l'on peut ne pas renoncer, même dans une atmosphère hostile. Et s'ils en sont convaincus, tout peut changer.

Rappelons à Valls et Hollande qu'une politique de gauche est possible aussi en France. Il n'y a pas de fatalité.

Prouvons-leur que l'austérité n'est pas la bonne voie, surtout dans la période où la République a besoin de redéployer ses services publics, son école, sa culture, ses outils de solidarité pour réaffirmer ses valeurs. Prouvons-leur que relever le SMIC et reconstruire le code du travail sont des mesures de bénéfiques à l'éconoie, contrairement à la loi Macron qu'ils veulent nous faire adopter.

Défendre le peuple grec et Syriza, c'est aussi poser les bases d'un changement en France et en Europe.

 

Je suis très heureux de nous voir ici, aussi nombreux, aussi divers et unis.

Je ne sais pas si le panel réuni ici préfigure quelque chose dans la gauche française…

Mais je sais que cela fait 10 ans qu'en France nous savons que notre peuple, majoritairement, veut une autre Europe. Cette refondations de l'Europe est indissociable d'une sortie de l'austérité. La Grèce nous donne l'occasion d'ouvrir ce chantier. Il ne faut pas passer à côté. L'alternative à l'austérité n'attend plus, elle est à portée de main. Donc oui, je veux voir dans le rassemblement de ce soir le signe qu'un travail commun de reconstruction pour notre pays et l'Europe est possible.

Je veux y voir le signe que 10 ans après, nous sommes en train de bâtir l'Europe des peuples solidaires.

Les 30 et 31 mai prochains, je vous donne rendez-vous ici, à Paris, pour une grande rencontre citoyenne, un Forum européen des alternatives, qui réunira forces politiques de gauche, forces sociales et syndicales de toute l'Europe.

Construisons ensemble le mouvement irrésistible du retour des peuples au devant de la scène !

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