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L'eau : un besoin, un droit, un combat

Déchets : Richesses et pollutions

 
 
 

Sivens : intervention de Roland Foissac (Vice-président du CG du Tarn)

Intervention de Roland Foissac, Vice-président du Conseil général du Tarn

 

Dans la vie politique d’un homme de gauche, il est des moments où s’impose le devoir de nommer les choses et le besoin impérieux de choisir les mots. Nous sommes dans un de ces moments graves où pèse sur nous, individuellement et collectivement, le regard et le jugement des citoyens. Je dis le jugement c’està-dire l’intelligence critique et non pas les bas instincts, les pulsions brutales qui rabaissent l’homme et révèlent la paresse de la pensée.

Lors d’un débat, j’ai qualifié hier d’un terme sévère la gestion de ce dossier de calamiteuse. Je persiste et je signe.

Qu’est-ce qui m’autorise à employer ce qualificatif ? Les faits, mes chers collègues, ces attitudes de déni qui depuis près de deux ans ont jalonné le douloureux et incroyable scénario de crise dont nous faisons supporter le fardeau à nos concitoyens et à notre département. Le temps viendra très vite

d’en tirer les leçons et, pour chacun, de se confronter aux effets néfastes de ce qui apparaît comme un terrible gâchis.

Mais, sans attendre, c’est aujourd’hui, ce 6 mars, que nous sommes convoqués et mis devant la responsabilité d’écrire le mot fin et d’acter sans faux-fuyant que ce projet, tel qu’il avait été conçu, tel qu’une majorité l’avait voulu, que ce projet de barrage n’a plus de raison d’être. Je conçois que cette reconnaissance de s’être trompé, d’avoir été trompé, d’avoir fait fausse route, d’avoir commis

« une erreur d’appréciation », pour reprendre l’expression de la Ministre, exige un effort sur soi-même et, je n’éprouve pour ma part, comme Serge et Jacques, je veux que vous le sachiez, aucune vanité et pas la moindre suffisance d’avoir perçu dès le mois de mai 2013 les failles de ce dossier. J’ai entendu la crainte de certains d’apparaître comme se reniant, de céder devant une opposition

dont on a de la peine à comprendre les formes d’action mais j’ai appris à mes dépends qu’il n’y a pas de honte à s’être trompé de route et qu’il faut accepter humblement de se mettre en doute. Ce que nous allons décider aujourd’hui, pour ne pas prolonger et aggraver le climat délétère de haine qui s’est installé, doit impérativement tirer un trait sur un projet que les experts de Madame la Ministre ont qualifié de « médiocre, surdimensionné, surévalué », ce qui est de la part de l’Etat, convenez-en, la reconnaissance de son erreur puisque c’est sa représentante qui avait signé les 2 et 3 octobre 2013, dans des conditions sur lesquelles je m’étais exprimé à l’époque, les arrêtés d’utilité publique et d’intérêt général. L’Etat reconnait donc sa responsabilité, il la partage en tout cas et l’exprime de façon explicite en proposant de prendre à sa charge les dédommagements. Que demande-t-il au Conseil général ? Tout simplement de prendre sa propre part de responsabilité en reconnaissant l’évidence, l’impossibilité de réaliser l’ouvrage initial. C’est ce que la Ministre appelle d’un nom barbare un « protocole transactionnel ».

Je vais vous dire ce qu’est ma conviction profonde : si, par faiblesse ou par quelque artifice nous nous dérobions devant ce vote simple et franc, si une majorité n’admettait pas qu’il est de l’intérêt de la collectivité départementale, par ce geste, de donner un signe clair à la population, à l’opinion bien au-delà du département, un signe de responsabilité devant le danger d’un degré supplémentaire dans l’escalade de la violence, si certains nous poussaient à nous dérober par quelque stratagème, nous commettrions une nouvelle faute qui aggraverait dangereusement la situation et qui, hélas, compromettrait fatalement le crédit politique dont nous savons combien il est déjà largement compromis.

Voter pour reconnaître que le projet initial n’a plus de raison d’être, ce n’est pas se renier, c’est se grandir, ce n’est pas choisir un camp contre un autre, celui des zadistes ou celui d’un syndicat d’agriculteur, c’est choisir de terminer notre mandat par un acte de clarté politique.

Voter pour en finir avec ce projet initial, ce n’est pas davantage enterrer le problème. Les partenaires dans leur ensemble, tout comme les experts, reconnaissent qu’il y a un problème d’eau, d’eau pour l’agriculture et de gestion d’étiage. Ayant abandonné le projet initial, prononçons-nous donc pour que s’engagent au plus vite les études complémentaires qui permettront d’établir consensuellement le volume disponible, le volume complémentaire nécessaire et le type d’ouvrage adapté et compatible avec les règlements européens donc avec les financements à réunir. Evidemment, il appartiendra à l’Assemblée prochaine d’engager ce travail, cette concertation par laquelle tout aurait dû commencer.

 

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