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Rapport de Jacques Chabalier au Conseil national du 7 janvier 2010

Rapport au Conseil national

Le 7 janvier 2011

Jacques Chabalier

 

Chers camarades,

Dans les carnets littéraires de Gustave Flaubert, année 1867, on peut découvrir cette formule, qui, vous en conviendrez, ne manque pas de sel :

Il est vrai que beaucoup de choses m' exaspèrent. C'est l'indignation seule qui me soutient ! L'indignation pour moi, c'est la broche qu'ont dans le cul les poupées, la broche qui les fait tenir debout. Quand je ne serai plus indigné, je tomberai à plat ! »

Dans une lettre à George Sand datée du 15 juin de la même année, il emploie la même formule. La même à quelques mots près : Flaubert avait un sens aigu des convenances et du respect que l'on doit à la dame de Nohant.Quelle que soit la formule, c'est à une année 2011 d'indignation politique que je voudrais vous inviter en ouvrant ce Conseil National. De cette indignation dont parle Stéphane Hessel, qui conduit à chercher comment faire autrement. Et c'est remonté comme une poupée que je vous souhaite, ainsi qu'à tous les communistes, une heureuse nouvelle année comme à chacun de vos proches. Nous savons que 2011 ne sera pas qu’une année de transition , une sorte de longue veillée d’armes avant l’assaut de 2012. Ce sera d 'abord pour nous une année de lutte et de résistance contre les conséquences de la politique de Sarkozy : des lois comme celle sur les retraites, qu'il a imposées en 2010 à notre société vont désormais s'appliquer, d'autres vont être mises en chantier. Il en a fait pour une part d'entre elles l'annonce lors de ses voeux télévisés. Cette politique nous voulons sans attendre la mettre en échec: cela passera par la construction avec nos concitoyens d'un projet porté par eux et que mettra en application, le moment venu, une nouvelle majorité à gauche. Le parti communiste français joue dans cette ambition l'utilité et la crédibilité de son apport à la société française. Le défi est grand : il comporte une part de risque , ce qui le rend enthousiasmant. « L'avenir n'est pas ce qui va arriver : c’est ce que nous allons en faire ». dit une maxime qu'une Fédération, celle de la Nièvre je crois, a reprise dans sa carte de voeux. Tous les communistes la font pleinement leur. Le communisme politique , en cette période de notre histoire où le capitalisme , dans une crise profonde , plonge des millions de nos concitoyens dans les pires difficultés quotidiennes, peut s'adresser avec confiance à l'avenir . C'est pour cette raison que les adhérent-e- s du parti communiste ont fait, lors du 34 congrès, le choix durable de poursuivre leur parti en en engageant les nécessaires transformations. Pas par parti pris dogmatique ou nostalgique mais parce qu'ils ont la passion de trouver un chemin praticable pour un avenir qui respecte les valeurs humaines et favorise leur épanouissement. Ce que les politiques libérales qui dominent en france et en Europe menacent de façon de plus en plus ouverte. Il s'est certes trouvé , à l'occasion de notre 90° anniversaire, quelques éditorialistes pour pronostiquer à nouveau l'imminente disparition de notre parti. Nous pourrions répondre par une bravade, dans le genre de celle que Louis, personnage du roman de François Mauriac le noeud de vipère réserve à ses héritiers: «Vous savez bien que  j'appartiens à cette espèce de moribonds que l'extrème onction ressuscite » Préférons la réponse, argumentée et équilibrée , que faisait il ya quelques jours le Philosophe Yvon Quiniou dans le journal le Monde , à l'un des éditorialistes . Cet étrange nonagénaire qu'est notre parti, pour reprendre son expression, ne nie pas les difficultés qui sont les siennes . Il sait qu'il est sorti meurtri d'un 20 siècle où le communisme, et le parti communiste français lui même , ont été identifiés , de façon pas toujours injuste, à des expériences qui ont échoué. Mais il est aussi convaincu qu'il a les moyens d'entrer de plain pied dans le nouveau siècle en construction en s'appuyant sur ses efforts de renouvellement de son projet et de sa visée, sur une stratégie de rassemblement qui a porté ses premiers fruits et un nombre d'adhérent-e-s aujourd'hui stabilisé. A ce propos, apprécions, pour ce qu'elles représentent, les nouvelles adhésions de l'année 2010.   Nous dépassons le chiffre de 6000 nouveaux et nouvelles adhérentes à notre parti , chiffre sensiblement supérieur au nombre réalisé ces dernières années, à l’exception de 2005 où nous en comptabilisions 8000 . Ces adhésions confirment également le constat fait depuis 2005: pour moitié ces hommes et ces femmes qui rejoignent le PCF sont des jeunes de moins de trente ans. Un tiers a été par ailleurs réalisé lors des semaines de mobilisation contre le projet Sarkozy sur les retraites. Les communistes ont tiré de cette période, de la place qu'ils ont tenue, du rôle important de leurs élus et de leurs parlementaires dans la bataille des éléments de confiance. « Nous avons été visibles et reconnus, et nous avons commencé à poser la question de l’adhésion de façon plus spontané et volontariste », c'est ce que nous ont dit les responsables de la quarantaine de fédérations que le « pôle de la vie militante » a rencontré dans le dernier semestre 2010. Nous confirmons donc en tout cas cette année la stabilisation de nos effectifs que nous enregistrons depuis 2005 avec 134 000 adhérent-e-s. Les responsables départementaux à la vie du parti, rassemblé-e-s en 4 réunions décentralisées le 10 décembre dernier, ont décidé de ne pas en rester là et de travailler maintenant avec tous nos adhérent-e-s à une courbe d'effectifs à la hausse. Nous avons besoin de tous ces hommes et de toutes ces femmes pour porter le plus haut possible notre ambition pour la gauche, pour notre pays, pour l’Europe et le monde. La séance de ce Conseil National , la journée de demain avec les animateurs et animatrices de section, vont nous aider à prendre en ces premiers jours de l'année les initiatives et les décisions qui nous permettront de donner chair à cette ambition, en donnant le maximum de sens et donc de plaisir à notre engagement militant .   Un projet d'adresse aux communistes vous a été distribué , dont nous allons discuter , et que nous pourrions adopter en fin de séance. L'introduction que je vous présente développera ou précisera ce texte, en en suivant le déroulement. Je tiens à cette étape à remercier les camarades de différents secteurs de travail de notre Conseil National qui ont bien volontiers répondu à mes sollicitations. Le texte part d'une idée force: aucune alternative ne peut se construire qui ne parte pas de ce que vivent aujourd'hui les gens, de leur souffrance au quotidien, face à une crise qui contrairement aux discours méprisants du chef de l'état le 31décembre s'aggrave et risque de s'aggraver encore en 2011 . N'en restons pas d'ailleurs simplement au terme méprisant , qui se limite à un jugement moral. Qu'un président de la République puisse, comme il l'a fait, balayer d'un revers de main à la fois les souffrances que provoque sa politique , et les contestations qu'elle suscite, pose des problèmes graves qui s'inscrivent dans une cohérence politique terrible : refus de toute négociation réelle et d'écoute sur les réformes , refus jusqu'à la censure parfois, de toute contestation, criminalisation de l'action syndicale, recherche systématique de boucs émissaires et incitation à la peur ou au rejet des autres, c'est une insulte comme nous en avons rarement connue dans notre histoire aux valeurs que la République française s'est forgée. La lutte pour conserver et étendre les droits et les libertés, de la démocratie, dans l'entreprise comme dans la cité devient bien un enjeu majeur.   Il nous a donc expliqué que les Français auraient en 2010, moins souffert que d'autrtes peuples européens , grâce à la politique du gouvernement et que 2011 permettrait de sortir de la crise. Mais jusqu'où le chef de l'état peut il ainsi pousser le mépris du peuple et le mensonge? Nous devons apporter la démonstration que les décisions et les orientations de Sarkozy non seulement ne s'attaquent pas à la crise mais au contraire la renforcent et en aggravent les conséquences sociales et économiques. Nous devons indissociablement faire la démonstration que sur chaque sujet , chaque dossier , il est possible de faire autrement. Sarkozy masque soigneusement en effet que la reprise actuelle est pleine de contradictions qui vont encore aggraver la crise :les investissements réalisés par les entreprises visent en effet , non à répondreaux besoins sociaux mais au souci de rentabilité des actionnaires et la multiplication des plans d'austérité en Europe et dans la zone euro , l'explosion du chômage et de la précarité, pèsent sur les salaires et la consommation . Les conséquences continuent de se vivre au quotidien:   N’avons-nous pas appris cet automne, en pleine bataille des retraites, que notre pays se classait au 3 eme rang mondial par le nombre des millionnaires pendant que l’on y comptait désormais 8 millions de pauvres ? Et l'INSEE révélait dans la même période que 25% des salariés gagnaient moins de 0,7 smic annuel . La question du pouvoir d'achat sera à nouveau en 2011 au coeur des préoccupations et des angoisses légitimes des gens. Nous devons prendre le maximum d'initiatives de débat et d'expressions publiques sur ce sujet; les propositions qui sont les nôtres peuvent renconter de l'écho si nous avons le souci de les rendre crédibles: 78%des Français sont favorables à une augmentation du SMIC , des minima sociaux et des pensions, considérant que l'on ne peut plus vivre avec les revenus actuels. L'Humanité dimanche l'a révélé il ya quelques semaines. Il en est de même sur le front de l'emploi.Dans un article daté du 24 décembre, le Monde révélait qu’en hausse de 0,8 % sur un mois, le nombre des demandeurs d'emploi à la recherche de tout type de contrat, et n'ayant pas du tout travaillé dans le mois, a augmenté de 2 % sur un an en métropole. En incluant les personnes ayant exercé une activité réduite, courte ou longue, le nombre de demandeurs d'emploi tenus de faire ce que le journal ou les dénominations officielles nomment des "actes positifs de recherche" a progressé de 0,8 % sur le mois et de 5 % sur un an, dépassant désormais le seuil de 4 millions. Le chômage explose d'ailleurs partout en Europe et dans le monde: 212 millions dans le monde (2009), 23 millions dans l'Union européenne, 16 millions, et 10% de taux de chômage, en zone euro. Comment dès lors s'étonner qu'un sondage international réalisé en France par BVA place les Français en tête du pessimisme, 86 % d'entre eux pensant que la situation de l'emploi s'aggravera en 2011. Ils ont le même sentiment sur le pouvoir d'achat. Et ils ressentent dans leur chair l'escalade des inégalités sociales. Mais que veut dire ce mot pessimistes? Le problème est il d'être pessimistes ou optimistes? La réalité est que dans notre pays un nombre toujours plus élevé de personnes appartenant à des catégories sociales toujours plus larges en sont réduits , au quotidien, non plus à vivre mais à survivre. Soyons de ce fait vigilants sur la manière dont les représentations de l'avenir, du fait de la crise , peuvent se construire ou se déconstruire et sur les conséquences politiques et électorales qui peuvent en découler. L’observatoire des zones urbaines sensibles, dans un rapport rendu public pendant les fêtes montre par exemple une aggravation des situations sociales des habitants des quartiers populaires.   Tout indique que l’urgence aujourd’hui , est de mettre ces quartiers au centre de politiques qui renouent avec le progrès social. Avec de réels moyens pour le faire. Que dire enfin des casses systématiques des services publics, des réductions du nombre et des postes de fonctionnaire, mettant sciemment à mal le droit de chacun à la santé, à l’éducation, à l’énergie, aux transports dans des conditions normales de confort et de sécurité ? Soyons clairs , les politiques systématiques de casse des services publics mettent aujourd'hui la plupart d'entre eux dans des situations de rupture, faisant reculer notre pays de façon spectaculaire dans sa capacité à répondre aux besoins des habitant-e-s dans ces domaines. Il ya bien sûr la question de la poste pour la défense de laquelle de nombreuses mobilisations se poursuivent L'actualité de ces derniers jours a mis en avant la question des transports , et la galère qu'ont dû endurer et endurent encore les usagers de la SNCF. Les cheminots et leurs organisations syndicales dénoncent à juste titre les politiques menées depuis des années à la SNCF, les suppressions de poste, le refus de mutualiser les moyens à cause de logiques de rentabilité à court terme. Nous savons que des dysfonctionnements de même nature sont constatés dans le domaine de la santé et des hôpitaux, dans celui de l'éducation nationale. Dans ce secteur cela ferait 66 400 postes supprimés depuis ledébut du quinquennat, soit 8% des effectifs alors que depuis 2000, la natalité est repartie nettement à la hausse ! La volonté de pousser, comme pour les universités, à l’autonomie financière des établissements, accroit lesinégalités entre territoires et classes sociales et sacrifie lesconditions qui pourraient permettre d’amélirorer la qualité de l’éducation. Le PCF appelle à tout mettre en oeuvre pour réussirla mobilisation du 22 janvier initiée par le collectif "l'éducationest notre avenir . Nous serons également à l'offensive bien entendu, dans le domaine de la santé , dans le cadre de la campagne sur les assises régionales de la santé. Beaucoup de thèmes y seront abordés parmi eux bien sûr celui de la dépendance.. La première des batailles à mener sur cette question est sans aucun doute d'ordre idéologique. Mardi matin, à l'émission les 4 vérités, Roselyne Bachelot dévoilait les logiques sur lesquelles reposeront les intentions gouvernementales: une dramatisation de la situation en le liant au seul vieillissement de la population , et le recours explicite pour le financement au système privé d'assurance présenté comme leseul possible. Sa crainte disait elle étant un débat où certains n'aurait recours, je la cite, qu'auxrecettes du passé. Nous devons prendre de front ce débat, le démystifier et de l'objectiver . La notion de dépendance à laquelle nous préférons celle de perte d'autonomie, car nous ne la lions pas qu'aux problèmes liés au grand âge, relève à nos yeux non d'un 5eme rique mais du régime de sécurité sociale. Il faut bien sûr prendre à bras le corps les questions du financement qui ne relèvent pas, à nos yeux du régime assurantiel. La commission santé, en lien avec le secteur économie, travaille sur le sujet à des propositions et des positionnements précis. Elle est disponible pour aider à la construction de toute initiative prise par les communistes. Les secrétaires de comités régionaux, en lien avec la commission, ont prévu de consacrer une partie de leur journée de travail du 20 janvier à ces questions de la santé pour aider à la peur prise n compte et à la construction d'initiatives. Le travail avec les deux groupes parlementaires comme avec l'ensemble des élus est également très régulier. L'humanité a consacré une page mardi au problème de la perte d'autonomie. Ce travail essentiel de décryptage dont l'huma assume si bien la responsabilité, gagnera à se poursuivre en lien avec les contenus que porte le parti.   Puisque l'année commence sur le thème de l'indignation, nous ne pouvons enfin accepter que l'aggravation de la crise et de ses conséquences, la volonté de Sarkozy d'accomplir à tout prix le mandat que leMedef lui a donné s'accompagne d'une dérive , sécuritaire et liberticide , qui s'est manifesté dès le début du mandat pour s'aggraver considérablement ces dernières semaines et ces derniers mois. Vous savez sans doute que le projet de loi dit « LOPPSI 2 » sera examiné au Sénat en deuxième lecture à partir du 18 janvier. Ce fourre-tout législatif heurte sur bien des points les principes démocratiques et menace les libertés individuelles. Comme le souligne le Collectif Liberté Egalité Justice (le CLEJ dont fait partie le PCF) : « ce texte s’annonce inefficace du point devue des fins qu’il prétend atteindre, mais très efficace au regard de ses finsréelles : il nous prépare une société du contrôle, fondée sur une stratégie de la tension particulièrement nette dans le discours guerrier prononcé le 30 juillet dernier par le chef de l’Etat à Grenoble ». C’est un texte éminemment politique fondé sur les choix que Nicolas Sarkozy et le gouvernement veulent imposer à la société : surveillance, répression, exclusion, stigmatisation, suspicion ; un texte qui fait des mesures dérogatoires au droit commun la norme. D’ores et déjà la journée du 15 janvier s’annonce comme une journée de mobilisation à laquelle, le conseil national du PCF appelle à participer. Nous avons donc bien l'intention comme le propose le projet d'adresse , d'être« debout et solidaire contre la crise » . La période justifie largement que nous travaillions à intensifier notre présence aux côtés de ce qui souffrent , pour les aider à surmonter leur difficultés, pour faire avancer les consciences sur les solutions et les mobilisations politiques nécessaires. Nous avons cet automne mobilisé le maximum de nos moyens (militant-e-s, élue-s , etc..) pour porter des réponses alternatives à la réforme des retraites, c'est à une mobilisation de cette nature que nous sommes invités en 2011. Cette présence « debout et solidaire face à la crise » est en pleine cohérence avec la bataille à mener à l'echelle européenne : l'Europe paraît en effet la plus en difficulté avec les plans d'austérité décidés pour sauver « l'euro fort », alors qu'il faudrait réorienter profondément la construction européenne et utiliser tout autrement l'euro et la création monétaire de la banque centrale européenne.   Lors de son congrès début décembre, le PGE que notre parti et son secrétaire national préside désormais sera l'une des premières forces politiques européennes à utiliser « l’initiative citoyenne » (collecte d’un million de signatures à adresserà la Commission Européenne). Cette pétition européenne qui va être portée par le PGE dans les prochains mois propose d’ouvrir un débat pour la création d’un« Fonds Européen de Développement Social ». Ce fonds serait abondé par la taxation des mouvement de capitaux et par une réorientation des missions de la Banque centrale européenne. C'est donc à partir de toutes ces questionsqui font aujourd’hui urgence (Services publics, santé, emploi, pouvoir d’achat et salaires ) que nous avons l’ambition, avec le front de gauche, de construire un programme politique qui puissent répondre aux attentes populaires, un programme populaire et partagé . Lors de CN du 26 Novembre dernier analysant « à chaud » la situation dans le pays au lendemain du mouvement des retraites nous identifions une situation contradictoire : une contestation majoritaire du capitalisme mais un doute profond sur la politique en généralet sur la capacité de la gauche à mettre en oeuvre d'autres choix. Ce qui conduit nos concitoyens à soutenir parfois à près de 80% des propositions que nous défendons depuis des années tout en ne nous accordons qu'à 12% leur confiance. Et ce ne sont pas les déclarations de quelques candidat-e-s aux primaires socialistes, comme celles d'Emmanuel Valls à propos des 35 heures qui vont permettre de redonner confiance dans la capacité de la gauche de résoudre les problèmes. Nous ne pouvons en tout cas que nous féliciter que comme le révèle l'humanité ce matin, 56% des Français ne veulent pas que soient supprimées les 35 heures. D'autant que la bataille idéologique sur cette question a été particulièrement intense. Ce sondage vient en tout cas à point confirmer notre questionnement du dernierCN. Peut on ouvrir la voie à une alternative politique de gauche porteuse de choix politiques en rupture avec les choix actuels? C’est l’enjeu de la période à venir. Rien n’est automatique, nous le savons très bien. Mais rien n’est joué non plus. La situation est ouverte. Il nous faut donc apprécier lucidement les potentiels et les obstacles de la période. C'est cet état d'esprit d'analyse lucide qu'il nous faut essayer d'adopter et qui correspond, si je peux à nouveau faire référence aux rencontres avec les responsables départementaux du parti, à l'attente des communistes. Où en sommes nous donc en ce début d'année? Nous avons rendu publique notre démarche du pacte populaire lors de la fête de l'humanité en invitant les participants à signer sur un même support d'une part la pétition sur les retraites et à laisser d'autre part leur coordonnées pour participer éventuellement à des contacts ou des initiatives visant à exprimer les orientations et les propositions qu'une gauche audacieuse aurait, en appui sur l'intervention de nos concitoyens, en charge de réaliser une fois revenue aux responsabilités. Nous avons matérialisé cette démarche avec « les cahiers citoyens » mis à disposition des communistes pour dialoguer et construire de sréponses avec nos concitoyens. Cette démarche du pacte est à nos yeux inséparable de notre réflexion , j'y reviendrai tout à l'heure, sur les nouveaux contours nécessaires que nous voulons donner au front de gauche, afin de rendre populaire notre offre politique. Les premières semaines d'action ont confirmé les attentes et la « sympathie » que cette façon de faire de la politique, peu courante dans notre société, peut provoquer: nous l'avons perçu lors de l'audition devant le CN en Octobre des personnalités et responsables syndicaux et associatifs, et plus encore lors des rencontres sur le projet des 26 27 et 28 novembre. Il y a une réelle disponibilité chez des acteurs et actrices du mouvement social au sens large pour réfléchir aux contenus et aux conditions d'une alternative politique, si est pris en compte la spécificité de leur engagement, si nous n'instrumentalisons pas leur apport . Au delà de l'initiative nationale particulière de ce week end là , cette disponibilité nouvelle s'est confirmée dans la construction d'initiatives locales ou départementales ou dans les contacts que les camarades prennent dans leur entourage. Si vous me pardonnez un petit détour tourangeau, l'initiative du 22 de ce mois avec Pierre Laurent autour du 90 eme anniversaire du parti réunira lors d'un débat sur l'alternative politique la ligue des droits de l'homme , le secours populaire et toutes les organisations syndicales partie prenante des manifestations sur les retraites. Si cette disponibilité existe nous ne parvenons cependant pas encore à l'ancrer encore en profondeur , à la rendre réellement populaire. Nous avons un effort à fournir pour identifier les personnes disponibles, à les contacter, à leur proposer des initiatives. A solliciter, ils sont près à le faire, les participant-e-s aux rencontres sur le projet pour qu'ils nous indiquent les gens que , selon eux, dans tel ou tel secteur, nous pouvons inviter. Les cahiers citoyens eux mêmes, au delà de la forme qui a paru plutôt dynamique et séduisante , ont suscité des interrogations chez les camarades, ils nous l'ont dit lors des rencontres dans les départements, sur leur finalité . La question principale posée est : comment chaque communiste en s'adressant aux personnes de son entourage peut il avoir et donner le sentiment qu'il participe à une construction politique qui pourra exister et peser dans le paysage politique tel qu'il se présente et se prépare à 15 mois de l'élection présidentielle? Il y a un besoin de cohérence et de visibilité qui s'exprime. Ce qu'il faut améliorer , c'est à la fois la circulation des informations, l'impulsion des initiatives, le suivi et la mise en commun à chaque échelle, du local au national, des contenus qui se discutent et s'élaborent, leur restitution . Certaines fédérations profitent de la tenue d'une initiative départementale ou , dans leur département, d'un des forums nationaux programmés en début d'année, pour organiser une restitution des initiatives de leur secteur et des propositions qui y ont été formulées. La démarche pourrait se généraliser et être accompagnée d'un dispositif national pour collecter acter régulièrement, et donner à voir la construction du pacte. Peut être nous faut il également veiller à ce que toutes les initiatives qui se tiennent , les 7 grands forums qui sont programmés au premier trimestre comme les initiatives plus locales, qui peuvent traiter de sujets différents, comme l'Europe , l'argent, les services publics,etc. répondent à des thèmes ou des questionnement identiques ; l'unité d'action après l'unité de lieu et de temps, en quelque sorte. Les rencontres pour le projet du mois de novembre nous ont de ce point de vue ouvert des pistes : les participants ont répondu, à partir de leur domaine, à 3 questions: les axes essentiels pour eux d'une politique de gauche, la faisabilité d'une telle politique dans notre pays dans un contexte européen et mondial où dominent les choix libéraux, et enfin les chemins et les rassemblements nécessaires pour y parvenir. L 'identification de ces trois questions a permis de commencer à répondre à la fois à l'exigence de contenus et à éclairer les chemins pour les mettre en oeuvre. Un premier socle commun a pu ainsi être esquissé qu'il faut compléter avec une obsession : rendre crédible et accessible une véritable issue politique à la crise du capitalisme et aux souffrances qu'elle engendre pour que les gens s'emparent de cette perspective, s'y engagent et la défendent . Le dispositif national que nous pourrions mettre en place veillerait donc à partir des initiatives locales et de leur synthése départementale à établir sur chacune de ces 3 questions les principales arêtes d'un projet que la gauche pourrait mettre en oeuvre. L'adresse aux communistes propose d'ailleurs qu'une première synthèse nationale de tout ce travail soit organisée par notre parti, en lien avec nos partenaires du front de gauche, dans le courant du second trimestre 2011, avant que nous ne prenions nos décisions pour 2012, et afin de les prendre en pleine connaissance de cause. Ce projet deviendrait notre bien commun, celui des partenaires du Front de gauche et de toutes celles et ceux qui s 'engageraient à le défendre et à le porter, donnant par là même les nouveaux contours au Front de Gauche que nous avons appelé de nos voeux. Dans les rencontres que nous avons eues avec les Fédérations , cette question du front de gauche a été souvent abordée. Des inquiétudes légitimes, ont été posées, sous différentes formes, sur les risques d'effacement du parti communiste au sein du Front de gauche : Lors du dernier Conseil National nous avons rappelé que nous avons initié le front de gauche pour rendre crédible le changement en disant clairement: voici ce que la gauche doit et peut faire. Il ressort des deux premières années d'expérience que le parti communiste a un rôle crucial à jouer pour lui donner l'impulsion et l'ambition politique nécessaires. Nous avons estimé lors du 35 congrès de juin , qu'il nous fallait franchir une étape nouvelle qui nous permette de le rendre populaire. Que la réussite de cet objectif ne reposait pas essentiellement sur un nombre d'organisations supplémentaires mais sur une participation effective de nos concitoyens; que notre conception n'était pas de figer, autour de quelques forces politiques, mais de créer une dynamique susceptibles de rendre majoritaire dans le pays des contenus de transformation sociale. Que le front de gauche n'avait aucune vocation à entrer en concurrence avec d'autres forces politiques à gauche, qu'il se situait au coeur de la gauche. Cette voie est pour nous celle de l'efficacité politique, elle nous apparait plus féconde que la constitution d'un autre parti qui remplacerait les organisations qui le composent actuellement. Tout cela nous ne faisons pas que le dire, nous le mettons en oeuvre : très sincèrement, quand des milliers de jeunes hommes et femmes rejoignent le parti communiste, quand les parlementaires communistes sont reconnus utiles comme ils ont pu l'être lors de la bataille des retraites , ou auparavant lors du dépôt du projet de loi s'opposant aux licenciements boursiers, quand nos milliers d'elu-e-s et militant-e-s agissent au quotidien pour faire avancer les intérêts populaires, il est difficile de considérer que nous vivons dans un parti en voie de dilution. Et d'ailleurs les différents articles que j'évoquais et qui annonçaient lors de nos 90 ans la mort prochaine du PCF pointaient l'enjeu: celle de l'existence d'un parti qui aujourd'hui est toujours perçu comme l'obstacle principal aux projets de recomposition politique au centre qui mettraient fin à l'existence en France d'une gauche de transformation sociale. Veillons à ne pas apporter nous mêmes de l'eau à leur moulin. « Nous avons l’habitude de voir tout en noir au premier coup d’œil, quand par hasard, nous ne voyons pas le soleil en plein minuit » a écrit George Sand. Reconnaissons que nous avons parfois cette tendance.Travaillons à lever les obstacles, en cherchant le deuxième coup d'oeil, qui est toujours le bon. Bien sûr notre conception du Front de Gauche fait l'objet d'un débat en son sein. Et les autres forces politiques de gauche, qui ne sont pas neutres non plus, cherchent également à peser sur cette orientation. Il nous revient de mener ce débat avec détermination en étant convaincu que les réponses sont dans notre capacité à faire vivre cette autre manière de faire et vivre la politique qui fait l'originalité du front de gauche. La campagne des élections cantonales peut nous permettre de franchir un cap important. Ces élections ne représenteront pas non plus une parenthèse avant les choses sérieuses de l'an prochain: les conséquences sur les habitants de ces collectivités que sont les départements, sont importantes Les élections cantonales seront donc, avec nos candidats et candidat-e-s au sein du front de gauche , un moment de la mobilisation face à la crise.. Ils et elles porteront l’idée que l’Etat doit assumer ses responsabilités au lieu de se défausser sur les collectivités locales qui n’auront pas les moyens de s’y substituer. Nous porterons la nécessité de départements qui soient de véritables lieux de résistances. Nous avons consacré sur la base d'un rapport de Lydie Benoist une part importante d'un CN à ces élections. Je ne fais que résumer les objectifs que nous nous sommes donnés : battre la droite dans le maximum de départements, conserver les majorités de gauche actuelles et en gagner de supplémentaires, préserver les majorités à direction communiste comme l'Allier et le Val de Marne, retrouver celle de la Seine Saint Denis. augmenter le nombre de conseillers généraux et conseillères générales communistes. Notre adversaire est donc résolument la droite et nous pensons que nous ne pourrons la battre que si la gauche , dans le respect de sa diversité et de ses composantes, sait se rassembler. Toute attitude qui consiste à laisser place à des manoeuvres ou des arrangements contre telle ou telle de ses forces, en particulier contre la nôtre, est irresponsable et fait perdre toute la gauche. Je pense à la situation créé dans le Val de Marne et à l'accord entre le PS et Europe écologie, qui doit impérativement cesser dans les toutes prochaines heures. Nous allons entrer maintenant très vite dans le vif de la campagne. Nous avons fait le choix de la lancer nationalement demain à villejuif avec les animateurs et animatrices de section. Les candidat-e-s présentés ou soutenus par le front de gauche, dont une très grande majorité de communistes, sont maintenant pour la plupart connu-e-s . Là où c'est encore nécessaire il convient de prendre rapidement les dispositions pour les dernières désignations en ne renonçant pas à disposer de candidats dans tous les cantons, essentiel pour mesurer l'influence départementale et nationale de notre parti. Un dispositif national de solidarité et d'aide y compris financière pour y parvenir est en place. Travaillons également jusqu'au bout à ce que ces candidatures donnent à voir, par leur élargissement, leur renouvellement, leur rajeunissement, leur féminisation, les nouveaux contours que nous voulons donner au front de gauche . Des expériences volontaristes et efficaces ont eu lieu dans beaucoup de départements : les camarades du Loiret ont dit par exemple avoir réservé 25 % des cantons pour des jeunes hommes ou femmes de moins de 25 ans . Concernant la parité des candidats titulaires , ne nous cachons pas que nous sommes loin du compte, que le problème est sérieux. Avons nous étudié partout la possibilité , d'inverser l'ordre des candidatures? En tous cas nous pouvons assurer tous les candidats et toutes les candidates de l'implication et de l'aide de la direction nationale de notre parti et de chacun de ses membres. J'en viens maintenant à l'organisation , au mode de débat et de décision des communistes pour l'élection présidentielle , au calendrier que nous pourrions nous donner jusqu'au mois de Juin. C'est un grand débat démocratique de notre parti , sur tous les aspects , les enjeux et les implications de la séquence 2012 comme sur les candidatures. que nous nous proposons d'impulser avec tous les communistes. Nous mesurons toutes et tous les difficultés qui sont devant nous: la démarche citoyenne que nous voulons faire vivre prend l'exact contre pied du scénario qui se prépare pour 2012. Le mode d'élection du président de la République aujourd'hui , le quinquennat doublé de l'inversion du calendrier, a considérablement modifié les visages du débat politique dans notre pays. La question n'est même pas de dire que l'élection présidentielle structure le débat politique en France : elle le structure certes mais en le défigurant et en l'appauvrissant . Alors que notre pays sort à peine d'un mouvement social qui a rassemblé plus de 7 millions de personnes dans la rue soutenus par 70% de Français le dispositif qui se met en place sous nos yeux vise à mettre hors jeu l'essentiel des aspirations au changement qui se sont exprimées à un niveau inégalé. Les dérives autoritaires de Sarkozy sont en cohérence avec la manière dont fonctionne aujourd'hui nos institutions, en particulier l'élection du président de la République. Cela est particulièrement grave car s'organise ainsi sciemment une rupture fondamentale entre les aspirations citoyennes et la politique. Nous savons que cela ouvre la voie à l'abstention, aux dérives populistes, aux fausses pistes et aux impasses auxquelles certains à droite travaillent déjà d'arrache pied . Le front national fait l'objet de son côté depuis quelques semaines d'une promotion éhontée de sa nouvelle chef présumée. L'exploitation à des fins politiciennes des idées les plus nauséabondes continue d'être une constante de notre République: nous devons sans relâche, dès maintenant, comme tout au long de la campagne présidentielle et législative, porter le fer contre le FN en montrant que la politique ultralibérale et favorable aux plus riches qu'il entend mener ne constitue en rien une alternative , mais aggraverait dramatiquement toutes les difficultés et les inégalités dans notre pays. Ce serait, comme le dit le texte que nous nous proposons d'adopter une descente aux enfers à éviter à tout prix. Nous sommes en vigilance. Il est donc urgent, je l'ai développé précédemment , que fasse irruption dans le débat politique des 3 années qui viennent jusqu'en 2014 un projet collectif porté par le peuple et conforme à ses attentes. Cette ambition va de pair avec ce que nous considérons comme un impératif catégorique: battre la droite , empêcher Sarkozy coûte que coûte de réaliser son envie d'un second mandat. Aucune considération d'aucune sorte ne peut nous mener à en rabattre sur cet objectif: il ya trop de souffrances humaines, trop de dégats sociaux et économiques à la clef. Nous voulons donc faire gagner la gauche sur un projet réellement de gauche, avec une majorité politique pour mettre ce projet, en appui sur les mobilisations populaires, réellement en oeuvre. Si tel est le sens que cette nouvelle majorité souhaite effectivement donner à sa politique , nous serons disponibles pour y participer. Pour y parvenir aucun raccourci ne sera praticable : s'il n'ya pas une dynamique de rassemblement populaire suffisante autour des contenus , nous ne réussirons pas. Nous devons donc continuer d'inscrire nos actes et nos paroles dans une conception de la campagne qui soit une conception collective . Cela a un sens : nous ne séparerons pas la campagne et le choix de la candidature à la présidentielle de celle des élections législatives: dans sa conception, son organisation , comme dans les contenus qu'elle portera , la campagne mettra en avant la nécessité d'une majorité politique à l'assemblée nationale , en cohérence nous l'espérons avec celle qui sortira en Septembre des élections sénatoriales, qui aura la responsabilité de mettre en oeuvre la nouvelle politique choisie par notre peuple. Le gain du maximum de députés du front de gauche et parmi eux celui d'un maximum de député-e-s communistes en commençant par la réélection de nos sortant-e-s sera, dès le début de la séquence électorale, l'enjeu affiché pour qu'une véritable majorité de gauche travaillant dans le sens des intérêts populaires puisse exister. Cela exclut toute dérive de personnalisation du pouvoir auquel tendent les institutions actuelles. Cela suppose donc aussi que chacune des forces et des individus qui s'engageront , leur diversité leur personnalité soit respecté et pris en compte dans la campagne. C'est en cohérence avec ce « contrat politique » clairement exprimé que se développera le débat sur la candidature à l'élection présidentielle, et celui sur les candidatures à l'élection législative. A partir de notre discussion du Conseil National d'aujourd'hui et des rencontres avec les animateurs et animatrices de section de demain les communistes vont discuter et enrichir notre reflexion collective. La discussion se poursuivra également avec les autres organisations de gauche et en particulier nos partenaires du front de gauche. Les communistes en seront régulièrement informés. De cette reflexion collective, 4 points essentiels fixant le regard des communistes français sur les enjeux de 2012 pourraient se dégager et se travailler : 1° un texte d'orientation fixant nos ambitions politiques pour 2012. 2°un programme partagé construit autour de grandes priorités que nous sommes en train de construire. 3° Une campagne qui repose sur l'élargissement populaire et citoyen du Front de gauche avec un dispositif à l'image de sa diversité souhaitée ( espace où les acteurs du monde syndical, associatif, des forces de gauche se retrouvent); 4° Un cadre commun pour les élections législatives. un point précis des avancées sur ces sujets seraient faits avec les communistes , puis au sein de notre direction nationale à la sortie des élections cantonales, lors d'un CN qui pourrait se tenir les 8 et 9 avril prochain. De son côté, le Parti de Gauche nous a écrit pour exprimer le souhait que  la proposition de candidature à l’élection présidentielle et les propositions pour les législatives soient faites en commun par nos directions respectives en convenant dès maintenant d'un calendrier commun pour le faire . Nous en parlerons bien sûr avec eux mais, à nos yeux, et c'est la réponse que nous pourrions leur faire, c'est l'établissement des objectifs politiques donrt les 4 axes que je mentionnais pourraient être la colonne vertébrale qui est pour nous prioritaire car, comme le dit le projet d'adresse,l'accord souhaitable sur des candidatures du front de Gauche pour 2012 ne pouura se conclure que sur un contat politique clair. Le meilleur calendrier est celui qui permettra d'en discuter en toute transparence. Chers camarades, Nous nous sommes engagés à faire vivre un débat démocratique d'ampleur dans notre parti, sur tous les aspects , enjeux, ambition, et candidatures pour 2012, qui permette à tous les communistes et à chacun d'entre eux de s' investir et , quelle que soit l'opinion qu'il émettra , de se reconnaitre dans les choix qui seront effectués. Il ya énormément d'attentes en ce domaine, y répondre est notre responsabilité première. Nous voulons que ce débat soit parfaitement conforme aux règles de vie, de débat et de décisions qui sont en usage dans notre parti. C'est ce souci qui anime le projet d'adresse aux communistes qui vous est soumis. Nos statuts prévoient que « la décision de présenter au nom du Parti ou de soutenir des candidat-e-s aux différentes élections est prise par les adhérent-e-s. » Ils indiquent que « les propositions de candidatures, après appel à candidature, peuvent émaner des différentes instances comme être présentées à titre individuel… » Les projets de candidatures sont ensuite élaborées « dans le conseil départemental pour les élections cantonales, législatives, et sénatoriales », et « dans une conférence nationale pour l’élection présidentielle ». Nous vous proposons donc d'ouvrir aujourd'hui l'appel à candidatures. A ce jour, notre camarade André Chassaigne s'est dit disponible pour être candidat au nom du Front de Gauche. S'agissant d'une démarche et d'une construction collective les propositions émanant de partenaires seront bien évidemment prises en compte et débattues . A ce jour nous savons que Jean Luc Mélenchon, qui n'a pas encore déclaré officiellement sa candidature, a dit qu'il était prêt à être candidat du Front de Gauche. Naturellement dans l'appel à candidatures pour les deux élections que nous vous proposons d'ouvrir dès aujourd'hui, d'autres orientations seront peut être soumises au débat, celle de candidatures qui ne s'inscriraient pas dans la démarche du front de gauche et proposeraient un rassemblement autour du parti communiste. Elles seront portées à la connaissance des adhérent-e-s qui décideront en connaissance de cause. Ce débat devant bien sûr se mèner pour l'essentiel après les élections cantonales, nous proposons au Conseil National de convoquer aujourd'hui, conformément à nos statuts, une conférence nationale pour les 4 et 5 juin . Le CN des 8 et 9 avril,tirera les enseignements des cantonales , prendra connaissance des candidatures déclarées et s'engagera dans la préparation de cette conférence . Les fédérations sont invitées à mettre en place toutes les formes et initiatives qu'elles jugeront utiles pour permettre la large participation des communistes. Enfin, pour la désignation de l'élection présidentielle , un vote de s adhérent-e-s sera organisé les 16 17 et 18 juin sur la proposition retenue par la conférence nationale. Ce calendrier et cette proposition est celle qui paraît la plus appropriée pour s'assurer que le débat soit clairement centré sur ce qui est la préoccupation majeure des communistes, nos décisions pour 2012. Comme vous pouvez le lire notre conseil national pourrait soumettre à la conférence nationale une date pour notre congrès qui permette de débattre dans de bonnes conditions des points à l'ordre du jour que l'adresse aux communistes rappelle. Le choix devra sans doute se faire en n'oubliant pas que nous aurons besoin, après la séquence présidentielle et législatives d'une analyse et d'un débat approfondi sur la nouvelle situation politique qui sera de toute façon créée. Pour cette raison et pour s'éviter un rythme de congrès qui deviendrait de fait annuel, l'éxécutif national qui en a discuté vous suggère de l'organiser, plutôt que fin 2011, à l'automne 2012. Chers camarades, Au début de mon propos je parlais d'une poupée et de sa broche : à la reflexion, je crois que nous n'aurons pas en 2011 besoin de broche pour porter nos ambitions: nous sommes lucides sur les enjeux et les difficultés mais nous sommes persuadés que nous avons en nous mêmes la force de les surmonter.

 

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Par Jacques Chabalier, le 15 January 2011