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Des jeunes enlisés dans le travail précaire

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Revue marxiste d'économie du PCF

 
 
 

Précarité, sous-emploi, mobilité accrue, chômage… les jeunes de moins de 25 ans subissent la mutation du marché du travail, révèle une étude publiée par l’Insee. Le portrait du marché du travail de l’année 2009, publié le 13 janvier dernier par l’INSEE, montre à quel point les bouleversements qui s’opèrent sur le marché du travail enferment les jeunes salariés dans la précarité. Premier constat : quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle, les jeunes occupent des postes de travail moins stables (que la moyenne). L’Insee relève que la moitié des salariés embauchés en CDD, stage ou apprentissage ont moins de 29 ans. Parmi les moins de 25 ans, la part de ces contrats est de 49,7 %, alors que pour l’ensemble des salariés, ils ne représentent que 12,6 %. Cette précarisation est conditionnée par le secteur d’activité dans lequel les jeunes travaillent. Ainsi, ils se trouvent plus souvent dans la construction qui emploie plus d’un jeune sur dix, contre un senior sur vingt. Dans ce secteur, le turnover reste soutenu : « 11,4 % des personnes ayant un emploi travaillent dans leur entreprise depuis moins d’un an », précise l’Insee. Il en va de même dans le tertiaire où l’instabilité est forte. Où encore dans les activités de commerce, de la réparation d’automobiles et de motocycles, qui concentrent 20 % des jeunes salariés. Ils sont proportionnellement trois fois plus nombreux que ceux de « 50 ans et plus » dans l’hébergement et la restauration : 8 % des jeunes y travaillent, contre 3 % des seniors. Dans cette branche du secteur tertiaire, 21 % des emplois sont occupés par des personnes ayant moins d’un an d’ancienneté. À l’inverse, les jeunes sont moins nombreux dans le secteur public ou dans l’industrie où l’emploi est plus stable. Par ailleurs, les jeunes salariés sont nombreux en situation de sous-emploi. Selon les classes d’âge, le taux de sous-emploi passe de 10,1 % pour les moins de 25 ans contre 4,8 % chez les 50 ans et plus. Ce taux varie nettement selon la catégorie socioprofessionnelle. Il est ainsi plus élevé parmi les employés (10,3 %) et les ouvriers (5,2 %) que parmi les cadres (2 %). Le sous-emploi sévit donc presque exclusivement dans le tertiaire. De fait, le poids de ce secteur dans le marché de l’emploi augmente l’insécurité professionnelle chez les salariés, particulièrement les moins qualifiés, donc les plus jeunes. Au final, la photographie du marché du travail en 2009 confirme le développement et l’accélération de la progression des travailleurs pauvres

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