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Zyed et Bouna : C'est en s'attaquant à la violence sociale qu'on mettra fin aux violences urbaines

Il y a 10 ans aujourd'hui, Zyed Benna et Bouna Traoré deux adolescents de Clichy-sous-Bois décédaient suite à un contrôle de police. La mort intolérable de ces deux jeunes avait conduit à ce que l’on a appelé à l’époque « la révolte des banlieues ».

Au lieu de répondre à l’urgence sociale qui s’exprimait, la première réponse faite par le ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy, a été la répression. On se souvient de son fameux discours sur le nettoyage des cités au « Karcher », dès le lendemain du drame. 

 

Depuis, rien a changé. Pire, la situation s’est aggravée. A la répression, se sont ajoutées les politiques d’austérité qui n’ont fait qu’empirer les conditions de vie dans de nombreux quartiers. Les divisions dans la société, le racisme, la xénophobie, l'antisémitisme, l'islamophobie ont, par contre, prospéré.

 

Combien de face à face réguliers, de bavures, de contrôles d’identités quotidiens, d’affrontements parfois violents, venant noircir les lignes d’une trop longue liste illustrant le malaise entre les jeunes de France et la police nationale ? Malaise, le mot est faible. Cette illustration du deux poids deux mesures dans le traitement des affaires qui confrontent jeunes et policiers pose de nombreuses questions quant aux pratiques de la police. L’urgence est de comprendre les causes qui rendent trop souvent l’action des forces de police attentatoires aux droits fondamentaux et l’action de la justice en contradiction avec l’égalité des citoyens devant la loi. Et ces raisons sont éminemment politiques. Depuis près de 10 ans le monde politique a décidé ou a laissé prospérer l’entreprise de stigmatisation de la figure des « jeunes de banlieue ».

François Hollande, en 2012, s’était engagé à mettre fin aux contrôles au faciès mais ceux-ci persistent quotidiennement alors que la grande majorité des policiers aspire elle-même à des relations apaisée avec les citoyens. Le PCF refuse d’attendre les bras croisés de nouvelles explosions de colère suite à des dénis de justice.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et tête de liste en Île-de-France pour les prochaines élections régionales propose la création d'un observatoire des discriminations pour mieux mesurer le phénomène et pouvoir agir sur les causes. Sans attendre, il propose de mettre en place à titre expérimental dans plusieurs villes d'Ile-de-France l'instauration du récépissé contre le contrôle au faciès.

L’heure n’est plus au constat. C’est en s’attaquant à la violence sociale qu’on pourra durablement mettre fin aux violences urbaines et permettre à chaque jeune de ce pays de se construire un avenir. 

 

Nous appelons, le jour anniversaire de la mort de Zyed et Bouna, à prendre partout des initiatives pour réaffirmer avec force que nous voulons être respectés quelque soit le quartier où nous vivons, la couleur de notre peau ou le pays d’origine de nos parents.

 

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