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Une nouvelle feuille de route agricole pour l'Europe

 
 
 
 

Une nouvelle feuille de route agricole pour l'Europe

Par Xavier Compain, le 22 February 2011

Une nouvelle feuille de route agricole pour l'Europe

L'agriculture est la base historique des sociétés humaines, de leur diversité. Elle a assuré à l'humanité ses possibilités d'évolutions et d'échanges. Pourtant à l'échelle mondialecomme au niveau national, l'agriculture est aujourd'hui en crise, minée par le capitalisme.Alors que l'agriculture a la capacité de nourrir le monde, plus d'une personne sur septsouffre de la faim. En France et en Europe, le productivisme et la libre concurrence ontdévasté nos campagnes.Spéculation, accaparement des terres, dumping, il est temps de tourner le dos à cegâchis. L'agriculture doit être extirpée du carcan des règles de l'Organisation Mondiale duCommerce, des plans d'ajustements structurels du Fond Monétaire International et de sespolitiques qui affament, de l'orientation libérale de l'Union Européenne. La Frances'honorerait de porter l'ambition de faire de l'agriculture un bien commun del'humanité.En Europe, pour « rester compétitif », c'est réformes après réformes que la préférencecommunautaire à été sacrifiée, la régulation des prix et des marchés abandonnée.Crises après crises la Politique Agricole Commune (PAC) a favorisée l'élimination desexploitations familiales, tout en favorisant la concentration des outils de production au plusgrand bénéfice de la grande distribution et aux dépens de la santé publique et duconsommateur. Quand aux exploitations qui subsistent elles peinent à défendre leursrevenus, au détriment de la qualité de travail et de la vie des familles...

Avec la nouvelle Politique Agricole Commune 2014 – 2020 en cours de définition,nous sommes à un tournant de l'histoire.

Soit l'Europe abandonne notre alimentation aux grands groupes de l'agroalimentaire, soit nous parvenons à exiger une politique publique forte alternative au capitalisme.Aujourd'hui à travers l'ouverture des frontières et la dérégulation des marchés, c'est versune agriculture duale que veut nous amener la Commission Européenne, au terme d'unaccord entre les libéraux les plus ardents et les environnementalistes zélés : aux régionsriches le rôle de produire au sein de grandes unités de production et aux régionsdéfavorisées le rôle d'abriter une agriculture « de qualité » et de petits paysans, jardiniersde la nature... Cette voie n'est pas acceptable.En France, les revenus agricoles se sont effondrés, éliminant sans cesse les plus fragiles,des filières entières sont menacées par la concurrence, le renouvellement des générationsest compromis, des écosystèmes parfois endommagés à jamais...

L'Europe a besoin d'une nouvelle feuille de route agricole et alimentaire à l'horizon 2050.

La Gauche doit être audacieuse sur ce champ de la Politique Agricole Commune, courageuse face aux seules prétendues réalités du marché. Face à l'urgence de la crise,des mesures immédiates doivent être prises : Engager les pouvoirs publics à protéger les prix agricoles plutôt que decontractualiser sur des marchés à terme. Mettre en place des prix garantisrémunérateurs. Application de la préférence communautaire et suspension des accords bilatérauxde libre échange négociés par l'Union Européenne. Affirmation de la souveraineté alimentaire par la constitution de stocks européensde sécurité.L'agriculture va être déterminante du projet de société pour les générations futures. Parminos propositions, quatre engagements forts :Produire suffisamment une alimentation saine et accessible. Face au défi alimentaire, laproduction agricole doit être soutenue par de nouvelles politiques publiques.L'indépendance alimentaire doit être garantie. La relocalisation des productions doitprivilégier la satisfaction des besoins humains. Une alimentation de qualité, nutritive etgustative doit être accessible à tous.Vivre dignement de son travail. Des paysans justement rémunérés sont la conditiond'installation de jeunes. Cette exigence vaut pour les salariés de l'agroalimentaire. Celapasse par des prix rémunérateurs garantis, la planification de la production et la régulationdes marchés, la production et la répartition des terres agricoles, le soutien public auxexploitations et filières les plus fragiles. La redistribution de la valeur ajoutée au bénéficedes producteurs est essentielle.Initier un nouveau mode de développement écologique de l'agriculture. A la culpabilisationd'un secteur empêtré dans le productivisme, nous proposons d'en sortir par le haut. Lapromotion de bonnes pratiques agronomiques, aptes à maintenir durablement lesrendements, diversifier les productions, réussir la complémentarité entre cultures etélevages et des exploitations plus autonomes agro-économiquement seront encouragées.La recherche agronomique doit être dédiée à la conquête de ce nouveau développement.Promouvoir un aménagement équilibré des territoires. Les paysans font bien plus queproduire de la nourriture. Ils sont les acteurs majeurs économiques, sociaux, des espacesruraux européens. Ces services d'aménagements des territoires, doivent être reconnus,soutenus de manière à garantir de bonnes pratiques environnementales et le respect desécosystèmes et encouragés par une politique de maintien de services publics.En France, en Europe, notre détermination à construire une nouvelle ambition agricole etalimentaire est à la hauteur de nos convictions que le capitalisme ne se moralise pas, il secombat.

 

A propos de cette contribution

Par Xavier Compain, le 22 February 2011

 

Extrait

L'agriculture est la base historique des sociétés humaines, de leur diversité. Elle a assuré à l'humanité ses possibilités d'évolutions et d'échanges. Pourtant à l'échelle mondialecomme au niveau national, l'agriculture est aujourd'hui en crise, minée par le capitalisme.Alors que l'agriculture a la capacité de nourrir le monde, plus d'une personne sur septsouffre de la faim. En France et en Europe, le productivisme et la libre concurrence ontdévasté nos campagnes.Spéculation, accaparement des terres, dumping, il est temps de tourner le dos à cegâchis. L'agriculture doit être extirpée du carcan des règles de l'Organisation Mondiale duCommerce, des plans d'ajustements structurels du Fond Monétaire International et de sespolitiques qui affament, de l'orientation libérale de l'Union Européenne. La Frances'honorerait de porter l'ambition de faire de l'agriculture un bien commun del'humanité.En Europe, pour « rester compétitif », c'est réformes après réformes que la préférencecommunautaire à été sacrifiée, la régulation des prix et des marchés abandonnée.Crises après crises la Politique Agricole Commune (PAC) a favorisée l'élimination desexploitations familiales, tout en favorisant la concentration des outils de production au plusgrand bénéfice de la grande distribution et aux dépens de la santé publique et duconsommateur. Quand aux exploitations qui subsistent elles peinent à défendre leursrevenus, au détriment de la qualité de travail et de la vie des familles...

Avec la nouvelle Politique Agricole Commune 2014 – 2020 en cours de définition,nous sommes à un tournant de l'histoire.

Soit l'Europe abandonne notre alimentation aux grands groupes de l'agroalimentaire, soit nous parvenons à exiger une politique publique forte alternative au capitalisme.Aujourd'hui à travers l'ouverture des frontières et la dérégulation des marchés, c'est versune agriculture duale que veut nous amener la Commission Européenne, au terme d'unaccord entre les libéraux les plus ardents et les environnementalistes zélés : aux régionsriches le rôle de produire au sein de grandes unités de production et aux régionsdéfavorisées le rôle d'abriter une agriculture « de qualité » et de petits paysans, jardiniersde la nature... Cette voie n'est pas acceptable.En France, les revenus agricoles se sont effondrés, éliminant sans cesse les plus fragiles,des filières entières sont menacées par la concurrence, le renouvellement des générationsest compromis, des écosystèmes parfois endommagés à jamais...

L'Europe a besoin d'une nouvelle feuille de route agricole et alimentaire à l'horizon 2050.

La Gauche doit être audacieuse sur ce champ de la Politique Agricole Commune, courageuse face aux seules prétendues réalités du marché. Face à l'urgence de la crise,des mesures immédiates doivent être prises : Engager les pouvoirs publics à protéger les prix agricoles plutôt que decontractualiser sur des marchés à terme. Mettre en place des prix garantisrémunérateurs. Application de la préférence communautaire et suspension des accords bilatérauxde libre échange négociés par l'Union Européenne. Affirmation de la souveraineté alimentaire par la constitution de stocks européensde sécurité.L'agriculture va être déterminante du projet de société pour les générations futures. Parminos propositions, quatre engagements forts :Produire suffisamment une alimentation saine et accessible. Face au défi alimentaire, laproduction agricole doit être soutenue par de nouvelles politiques publiques.L'indépendance alimentaire doit être garantie. La relocalisation des productions doitprivilégier la satisfaction des besoins humains. Une alimentation de qualité, nutritive etgustative doit être accessible à tous.Vivre dignement de son travail. Des paysans justement rémunérés sont la conditiond'installation de jeunes. Cette exigence vaut pour les salariés de l'agroalimentaire. Celapasse par des prix rémunérateurs garantis, la planification de la production et la régulationdes marchés, la production et la répartition des terres agricoles, le soutien public auxexploitations et filières les plus fragiles. La redistribution de la valeur ajoutée au bénéficedes producteurs est essentielle.Initier un nouveau mode de développement écologique de l'agriculture. A la culpabilisationd'un secteur empêtré dans le productivisme, nous proposons d'en sortir par le haut. Lapromotion de bonnes pratiques agronomiques, aptes à maintenir durablement lesrendements, diversifier les productions, réussir la complémentarité entre cultures etélevages et des exploitations plus autonomes agro-économiquement seront encouragées.La recherche agronomique doit être dédiée à la conquête de ce nouveau développement.Promouvoir un aménagement équilibré des territoires. Les paysans font bien plus queproduire de la nourriture. Ils sont les acteurs majeurs économiques, sociaux, des espacesruraux européens. Ces services d'aménagements des territoires, doivent être reconnus,soutenus de manière à garantir de bonnes pratiques environnementales et le respect desécosystèmes et encouragés par une politique de maintien de services publics.En France, en Europe, notre détermination à construire une nouvelle ambition agricole etalimentaire est à la hauteur de nos convictions que le capitalisme ne se moralise pas, il secombat.

 

Par Xavier Compain

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