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Conseil national des 16 et 17 janvier 2016 - Discussion

Conseil national des 16 et 17 janvier 2016 – Discussion

 

Alain Bache – Landes

Dans la situation actuelle, ayons une analyse en profondeur de ce qu'est la société actuelle avec les conséquences que cela a sur les comportements individuels et collectifs, y compris lors des élections. La peur du déclassement étant un des éléments. Aussi, nous ne pouvons pas mettre de côté les politiques qui sont mises en œuvre par les collectivités et qui sont appréciées par la population. Pour 2017, ayons l'ambition de faire œuvre utile avec un débat ouvert fait de confrontations et débats. Le cadre d'un programme ou projet commun doit aider au rassemblement pour ouvrir un espoir.

 

Caroline Andréani – Seine-Saint-Denis

Au regard des derniers événements - écrasement du peuple grec par la troïka, tournant ultra-répressif du gouvernement Valls, consolidation du FN comme 3e force politique, nous devons analyser le repli de notre société. En tant que communistes, nous sommes impuissants car nous nous sommes désarmés idéologiquement. Nous sommes englués dans une indépassable "Euope sociale" et dans une alliance systèmatique avec le PS. Renouons avec notre idéologie et la pratique militante, affrontons le réel, car notre pays a plus que jamais besoin d'un parti véritablement communiste.

 

David Pellicier – Tarn-et-Garonne

En Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon (MPLR), nous avons réussi un modeste mais génial 10 % qui nous permettra de mener une politique sociale et écologique ambitieuse. L'enjeu de ce laboratoire « à la portugaise » doit pouvoir bouger les questions de l'emploi, de l'énergie et des services publics. Pour 2017, nous devons clarifier nos positions sur l'euro et la question du second tour avec le PS.

 

Françoise Fiter – Pyrénées-Orientales

Profondes interrogations des communistes : comment enrayer la montée FN et l'abstention, redonner crédibilité à notre projet, relancer la mobilisation citoyenne et sociale et rassembler autour d'objectifs clairs. Nécessité de se recentrer sur la gravité des enjeux plutôt que de rester dans le conflit où la peur d'être dissous. Importance de l'expérience des régionales en région Midi-Pyrénées qui a suscité intérêt et espoir. Nos élus sont autant de points d'appui. Agir contre le rejet des partis politiques. Notre action politique et l'intervention citoyenne doivent se nourrir mutuellement. Réfléchissons à la façon de donner envie aux gens de s'impliquer à nos côtés. Il y a nécessité d'un débat en profondeur avec les communistes.

 

Patrice Voir – Isère

Le paysage sinistré de la gauche après les régionales ne doit pas nous empêcher de voir ce que nous avons pu faire bouger et les enseignements à en tirer. Pour la région Auvergne-Rhône-Alpes, avec le refus des Verts et du PG d'un rassemblement, il était loin d'être acquis que nous passions la barre des 5 %. Il existe des ressources considérables pour engager la contre-offensive. Ouvrons des espaces d'élaboration et d'actions politiques permettant aux citoyens de s'engager pleinement. N'oublions pas que nos pratiques, la façon dont nous nous comportons entre nous donnent à voir de notre projet communiste. Nous sommes reconnus, attendus sur certaines de nos valeurs, certains combats, il est primordial d'être au rendez-vous, je pense notamment aux attaques sans précédent contre nos libertés, contre le monde du travail.

 

Jean-Luc Gibelin – Gard

J'aurais pu intervenir sur la construction du rassemblement, sur le processus de travail en commun entre les 13 départements, sur la construction de la liste des elligibles. Je reviens sur ce qui a bougé dans la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. Dans le cadre contraint nous avons réussi à avoir quatre listes qui comptent et non trois comme dans d'autres régions. Nous avons deux vice-présidences du conseil et une présidence d'une des commissions centrales de la région. Je reviens aussi sur la constitution du groupe des élus régionaux. Il s'est agit de choisir entre un groupe de 7 élus communistes et un sous-groupe FG élargi à 13. Maintenant, il est temps de lancer le processus de mise en place d'un comité régional du PCF.

 

Nathalie Simonnet – Seine-Saint-Denis

La question de la reconstruction de notre lien politique et humain avec les milieux populaires devient une question centrale. Aujourd'hui, on n'est pas entendu, entendable par eux. Comment et à partir de quelles prises d'initiatives on reconstruit ce lien ? Ce n'est pas une question de proclamation, et sur quel ton on le proclame. Mais la question est de faire vivre, de rendre concrets pour des millions de gens l'utilité de la politique, l'intérêt commun, jusqu'à reconstruire une conscience de classe. Cette reconstruction passera notamment par notre capacité à engager des luttes, la construction de solidarité concrète. Besoin de plus réfléchir au comment.

 

Ismaël Dupont – Finistère

Des résultats décevants en Bretagne, malgré l'unité du Front de gauche (FG), malgré le talent et l'abnégation de Xavier Compain. Le départ avec Le Drian de 2 anciens élus régionaux PCF contre la volonté de 90 % des adhérents a semé le trouble. Ce qui a joué contre nous est le manque de lisibilité et de visibilité du FdG, le manque de campagnes nationales du FdG depuis 3 ans, les flottements et désaccords stratégiques. Aujourd'hui, existe un risque d'effacement, de plongée dans l'insignifiance du PCF et de toute la gauche de transformation. L'enjeu, éviter l'identification de la gauche au centre-droit libéral autoritaire de Hollande-Valls, résister à la montée du vote FN et de l'abstention dans l'électorat populaire. Reprendre le pied sur le terrain avec des batailles idéologiques et sociales. Travailler à clarifier et muscler notre projet en le définissant comme alternative cohérente et globale à la domination du capitalisme. Affirmer l'impasse de l'idée d'Europe sociale, repenser la rupture passant par la reprise de contrôle sur les banques, les assurances, les grandes entreprises et services d'intérêt social. Reprendre le chemin d'un discours de lutte de classe, et ne pas rassembler sur le plus petit dénominateur commun de l'union républicaine et progressiste. Partir des besoins insatisfaits, des urgences : précarité des jeunes, casse de l'hôpital public, abandon des personnes âgées.

 

Dominique Satgé – Haute-Garonne

En région LRMP, comme ailleurs, ces élections ont été un échec. Par rapport à 2010, nous perdons plus de voix que celles que nous faisons. Le niveau de l’abstention, le score du FN montrent que ce rassemblement FdG-EELV-NGS-Régionalistes n’a pas été une alternative crédible. Cet échec s’inscrit dans le recul idéologique et électoral de l’ensemble de la gauche mais est aussi le résultat d’une campagne hors-sol. Pas de baguette magique en politique qui nous dispenserait du travail de proximité, de reconquête idéologique pour un vrai rassemblement populaire. Un rassemblement de façade, sans contenus, comme dans notre région, n’est pas une réponse au FN, ni à l’abstention. Au Congrès, besoin d’une analyse sérieuse de nos stratégies de rassemblement depuis 2005. Le groupe «Nouveau Monde» créé à la Région avec les élus PCF et EELV privera les élus communistes de visibilité. Quid, dans un même groupe, des divergences avec les Verts sur l’austérité, la réforme territoriale, le caractère national des services publics, l’Europe des Régions, la LGV ?

 

Michel Ceruti – Lot-et-Garonne

Une nouvelle fois nous sommes en décrochage de la société française avec à nouveau la perte d'élus communistes : il faut en chercher les causes : malgré nos propositions, l'énergie des communistes, le PCF n'est pas perçu comme crédible. La guerre d'une gauche contre l'autre est mortifère. Comment, alors que la crise du système capitaliste historique, avec les conséquences que nous connaissons, ne nous permet pas d'avoir l'oreille du peuple ? A cela, en Lot-et-Garonne, nous pensons qu'il faut une gauche « renversée » : avec l'ensemble du peuple, de la gauche, du monde du travail, de la création, avec notre apport, construire du commun : du communisme (se dégager de sa perversion), nous avons su le faire dans des grands moments de l'histoire. Nous avons des adhérents, de l'énergie, des élus pour retourner au réel, condition pour faire échec à la recomposition politique au centre.

 

Cécile Dumas – Alpes-Maritimes

Je ne reviendrai pas sur les élections régionales en PACA mais une seule remarque : sans jamais entendre un bilan négatif de nos élus au CR, nous disparaissons de cette institution. Nous n'avons pas réussi à fédérer les énergies progressistes par ce rassemblement et les gens n'ont pas répondu à la question posée. Nous ne pouvons plus travailler la construction des rassemblements électoraux comme nous le faisons : c'est dévoreur d'énergie, source de suspicion, développeur de frustration et manque de transparence. C'est pour cela qu'il faut regarder avec attention cette demande de primaire. Si elle peut permettre un débat public, transparent des valeurs de gauche et des solutions à apporter à notre société malade, nous devons participer à ce débat. Pour l'instant, il est important de s'adresser à notre électorat pour les inciter à s'engager plus.

Paul Barbazange – Hérault

Les violences à l'encontre des exploités se sont brutalement accrues depuis le dernier CN (attentats fascistes). Recul électoral. Pour combattre ce mouvement il n'est pas besoin que de « gauche ». Il nous est besoin de communisme, raison d'être du PCF depuis les années 20. A l'unanimité le CD 34 exige la création d'un groupe communiste en LR/MP et d'une conférence régionale. Assez du double filtre FG, plus « Nouveau monde ». L'existence et la popularisation de la rupture sont décisives face au poids des désastres. Toutes les questions des rassemblements revendicatifs électoraux, y compris aux présidentielles, se posent certes. Mais une des clefs est ailleurs, c'est la question du PCF, de sa démocratie et de sa vie à la base et à tous les échelons. Ou, lors du congrès de juin, nous donnerons une position centrale à cette question, ou tout espoir finira pas s'estomper « à gauche ».

 

Céline Malaisé – Paris

2016 sera une année capitale durant laquelle nous devrons être lucide sur la situation : lourds échecs essuyés depuis 2012 ; dégradation du rapport de force entre les classes ; bataille idéologique en passe d’être perdue ; tétanie et traumatisme de notre camp; société française fracturée ; FN qui apparaît comme une réponse politique crédible aux crises et pesant sur tout le bloc droitier ; FdG à l’arrêt et tellement en deçà des exigences actuelles. Prenons la mesure du désarroi du peuple de gauche et faisons mentir le scénario écrit pour 2017 (élimination d’une candidature de notre camp social et politique dès le 1er tour). Échapper à ce piège pour reprendre le chemin du progrès social nécessite d’installer la gauche anti-austérité au cœur de la gauche pour porter une ambition majoritaire. Toute initiative pour avoir un candidat de gauche portant un projet et des valeurs de gauche est positive. C’est en ce sens que le PCF doit participer à l’appel à des primaires de gauche tout en levant les ambiguïtés et en clarifiant. C’est ce type d’initiative qui est à même de bousculer la donne.

 

Yves Dimicoli – Paris

Le PCF a une responsabilité historique : montrer que le cœur des problèmes c'est l'argent, la monnaie, leur utilisation pour la finance ou pour l'emploi et le développement humain. C'est en l'assumant qu'il se rendra visible avec l’ambition, incarnée dans des propositions précises et des objectifs d'action, de répondre aux urgences tout en éclairant de nouveaux buts de civilisation. Il faut aller au bout de la critique et de l’autocritique de ce qui a échoué avec le Front de gauche. Il a été absent sur les propositions et leur financement, coupé de l'intervention populaire. L'économie, les entreprises, l'argent ne sont pas hors du champ politique. Au-delà de la répartition des richesses, il faut aussi changer leur production et leur financement. Il faut réussir la campagne nationale de longue haleine annoncée sur l'emploi, le travail, la formation, les salaires. Elle permettra de conditionner, par la bataille d'idées et l'action, le débat à gauche pour 2017 et la recherche exigeante d'une candidature commune de gauche, dans des espaces politiques conçus pour dialoguer sur le fond en visant un socle commun de proposions efficaces alternatives aux choix de Hollande-Valls, au lieu de servir d'écurie à des candidats auto-proclamés.

 

 

François Jacquart – Ardèche

Tous les éléments de débat sont dans le rapport de Pierre Laurent. Nous sommes à la croisée des chemins. Urgence à partager avec les communistes qui sont pour une partie en perte de repère. Les régionales montrent un décalage entre nos envies, nos colères, notre stratégie et l'électorat de gauche dans sa diversité. Nous n'apparaissons pas comme crédibles au regard du fait que nous n'avons pas tranché nos rapports aux majorités, aux alliances, au rôle des élus et le besoin d'en avoir. Le FG n'a pas aidé à clarifier ! Comment être communiste dans une société qui bouge à la vitesse du numérique ? Urgence à dépasser le FG par un rassemblement plus large empêchant la recomposition souhaitée par Hollande-Valls et la disparition d'une alternative à gauche et par conséquence du PCF.

 

Marie-Christine Burricand – Rhône

Régionales, 3 obstacles au rassemblement : notre faiblesse : pour avoir des élus il faut un parti, la politique gouvernementale, la mainmise sur les collectivités par la réforme territoriale. Qu'avons-nous fait de la décision des communistes de garder le PCF en 2007 ! Garder la coquille pour garantir notre existence dans les alliances. Face à l'échec, il est impossible de continuer dans la même voie, en l'aménageant à la marge. Trop de gens ne voient pas notre utilité et pour un nombre croissant, nous ne sommes plus dans leur paysage politique. Nous avons besoin d'un examen stratégique sans tabou, d'une plongée dans la réalité sociale, d'une organisation populaire et combative. Mesurons l'effort et apprenons à regarder loin tout en labourant notre terrain.

 

Christian Picquet – Paris

Nous vivons un basculement de la situation nationale et internationale.

On ne peut y répondre en demeurant dans la stratégie de regroupement d’une « petite gauche » protestataire dans laquelle nous nous sommes faits enfermer. L’éloignement de notre ambition majoritaire nous a rendus inaudibles.

L’histoire même du PCF lui permet d’être porteur d’un projet pour la France et d’une perspective pour toute la gauche.

La République étant au cœur des affrontements politiques, il doit proposer un nouveau « contrat républicain », adapté au moment présent et s’inscrivant dans la continuité du programme du CNR.

L’existence de la gauche étant maintenant en cause avec le projet Hollande/Valls de recomposition avec une aile de la droite, il doit reprendre pied dans les débats de la gauche, chercher à rassembler sa majorité qui s’éloigne de la politique gouvernementale.

Pour la présidentielle, il doit donc répondre à la double menace de l’élimination de la gauche du second tour et du « vote utile » que recherche Hollande. L’idée de « primaire » rouvre le jeu. Appréhendons-là positivement, par un débat de contenus et en proposant une candidature de gauche qui renoue avec les attentes du vote de 2012.

 

Caroline Pottier – Vendée

Nous avons tenu un séminaire en Vendée, samedi dernier, dans lequel de nombreuses questions ont été soulevées par les communistes.

Il y a de l’attente, il y a de l’attention, de l’intérêt de la part des gens, mais il n’y a plus l’envie de discuter pour la grande masse des milieux populaires. Quel idéal portons-nous ? Quelle dynamique enclenchons-nous ? Le poids de la bataille idéologique et le sens des mots : Il y a urgence et nécessité à reprendre la main sur la bataille contre le capitalisme, à donner des couleurs à la lutte des classes, à renouer avec des mots qui se comprennent.

Nous avons à changer, la question du rassemblement n’est pas avec qui, mais sur quel projet et comment ? Ce qui doit nous animer, c’est d’aider ceux qui luttent à gagner. Concernant NDDL, ce dossier est un dossier national, comme Sivens, comme celui de la ferme des 1000 vaches, nous demandons une prise de position nationale sur ce dossier.

 

Jean-Marc Coppola – Bouches-du-Rhône

Après diverses expériences depuis des années, nous sommes au pied du mur.

En PACA, nous avons tenté de rassembler les forces opposées à l’austérité, en vain. Mais il ne pouvait y avoir de meilleure stratégie au risque de subir une plus forte déconvenue.

Le FN s’impose partout au plan idéologique et influence droite et PS.

Nous devons comprendre et agir pour opérer des changements, reconstruire de la confiance et de l’espoir, faire reculer le renoncement.

Être encore plus présents et offensifs, et participer aux initiatives que prennent d’autres comme la primaire à gauche proposée par des personnalités, au risque de nous marginaliser encore plus, pas seulement pour la présidentielle mais surtout pour les législatives

Prendre des initiatives, c’est aussi fixer le cadre d’un autre débat idéologique que celui imposé, fait de régressions, sociales, sociétales, sur les droits.

Ce n’est plus seulement de résistance dont nous devons parler mais de conquêtes en étant identifiés à de grandes causes.

 

Mehdi Mokrani – Val-de-Marne

Le débat n’est pas primaires ou pas primaires, mais comment peut-on résoudre l’équation visant à permettre au peuple de France de devenir une force de transformation alors même que tous les indicateurs révèlent une « désappartenance » chronique à la République (&bstention, vote f-haine, radicalisation).

Le pacte social meurt sous nos yeux depuis des années, pire avec la trahison de la gauche au pouvoir, et notre incapacité à devenir une alternative, c’est le pacte démocratique qui a disparu.

Nous devons sortir des représentations traditionnelles, à la place de transformer, nous devons refonder, repartir de zéro, pas seulement avec ceux qui se réclament de la gauche, mais avec tout notre peuple. Cela signifie de nous ouvrir en terme de luttes et de revendications. Ce que nous menons sur les Goodyear est une bonne chose, mais elle est inutile si dans le même temps nous ne réagissons pas à la relaxe injuste du policier meurtrier d’Amine Bentounsi, ou si nous ne sommes pas capables de comprendre les ressorts de la bataille free Moussa qui aujourd’hui inonde légitimement nos quartiers sans que nous prenions position.

Par ailleurs, nous ne savons plus mener de bataille nationale, le rapport propose des idées, mais n’offre aucune déclinaison concrète. Ce n’est pas qu’un défaut de temps et de travail, cela révèle que notre parti ne sait plus se rendre utile, il faut repartir de zéro en partant de nos intelligences collectives et individuelles.

 

Viviane Baudry – Ariège

Régionales : Ariège engagée depuis longtemps dans rassemblements, au-delà du FdG. Forte implication donc déception que les résultats ne soient pas à la hauteur. Fusion au 2e tour avec le PS, rejetée par la part la plus militante (du PC et de partenaires, syndicalistes) même si après analyse, des camarades ont changé leur position première. En même temps, mobilisation au 2e tour d'abstentionnistes - en particulier jeunes du 1er tour. Opposition large à l’état d'urgence, au capitalisme, mais ne se traduit pas dans les urnes. Attaques virulentes contre les partis, y compris dans les rangs de nos proches, participant à la volonté d'éloigner le peuple de la politique. Et nous coincés dans une pression électorale quasi permanente où clivages et égos nuisent au travail militant. Participer aux mobilisations pour fédérer et montrer l’utilité du Parti.

 

Didier Le Reste – Paris

Sur les résultats des élections régionales, restons offensifs mais poussons l'analyse sans complaisance. On ne peut pas continuer comme avant. Comment redevenir une force politique incontournable pour porter un projet de transformation sociale ? Nous avons eu à la fois des problèmes de fond et de tactique. Au regard des formules diverses usitées, stratégie peu lisible, peu cohérente sans campagne nationale FG. Sur efficacité du Front de gauche, nous n'avons pas su aborder de façon frontale les divergences et les comportements inacceptables de certains. Aucune coordination, ni évaluation des outils dont on s'est dotés. Concernant les syndicalistes poursuivis en justice, relançons notre proposition de loi d'amnistie sociale et nos propositions sur droits et pouvoirs nouveaux pour les salariés. Articuler notre campagne sur emploi/travail/formation, avec notre action de relance de l'activité communiste dans les entreprises et administrations, d'où plan de travail indispensable.

 

Aline Guitard – Rhône

La période actuelle engage l'avenir, l'existence même du PCF. La question de la primaire doit être celle d'une primaire de projets et non de personnalités. Il est urgent de lier cette question présidentielle à celle des législatives, de travailler à un projet communiste fort qui puisse irriguer le débat citoyen, renouveler l'Humain d'abord et réussir ce que nous avons raté en 2012. Nous avons besoin d'être moteur avec un projet fort sur l'industrie, l'écologie sociale, la démocratie, une alternative réelle. Et besoin d'avoir 577 militants de terrain porteurs de ces idées fortes dès aujourd'hui dans les 577 circonscriptions, afin de ne pas limiter le débat de 2017 à un choix mortifère entre PS/FN, PS/LR ou LR/FN qui pousserait nombre de militants à un vote blanc.

 

Pierre Laurent – Paris

Besoin de discuter de ce que l'on fait pour les primaires. Il faudra que ce soit écrit dans la base commune, début mars.

Le paysage est installé, si rien ne vient le déranger, le casting présidentiel est décidé, organisé, promotionné.

Beaucoup de gens se posent la question : « que faire en 2017 ? »

Je pense que c'est majoritaire chez les gens de gauche et profite dans le peuple. Face à l'émergence d'appels de primaires, a-t-on autre chose à proposer ?

Il n'y a pas de primaires organisées, ils ne savent pas comment faire. Il se tournent vers les partis.

Comment reprenons-nous du pouvoir sur la gauche ?

Tous veulent des débats de projets. Ma question n'est pas aujourd'hui d'adhérer à un processus de primaires. On ne sait pas encore comment cela va se passer. Nous pourrions laisser mourir les choses comme certains le voudraient.

Je l'ai dit, les primaires ne sont pas notre culture. Doit-on évacuer la question ou y réfléchir sérieusement ? Deux réponses négatives, en miroir ont été portées par Cambadelis et Jean-Luc Mélenchon. Je pense qu'il ne faut pas commencer par le casting mais bien par les projets. Ceux qui ont lancé l'appel et ceux qui s’apprêtent à le faire sont d'accord sur cette démarche.

Plusieurs camarades souhaitent un débat populaire sur le projet. Il va y avoir des prises d'initiatives pour des forums populaires, des rencontres… organisés par le Parti. Je ne voudrais pas que l'on sous-estime l'ampleur des obstacles. Les élections régionales ont renforcé les difficultés. Le paysage est verrouillé. Doit-on laisser faire le scenario que l'on nous impose : Marie Le Pen contre un représentant de la droite, (Sarkozy, Juppé…) ou Hollande ? Il y a peut être une occasion d'ouvrir le jeu, examinons-la. Il y a besoin d'avancer ensemble avec tous les communistes et d'encourager toutes les forces qui cherchent une solution à 2017.

Avant il y avait le premier tour sur le projet et le deuxième tour pour voter pour le Président. Ce n'est plus le cas a présent. Le premier tour est déjà sur le deuxième.

Comme vous, je m’interroge si les primaires sont dans le contexte actuel une solution.

 

Nicolas Marchand – Val-de-Marne

Ne focalisons pas le débat sur les primaires ; parlons de notre action, de la campagne sur l'emploi. Oui à des initiatives pour 2017, mais pas de faits accomplis.

J'appuie une reprise d'initiative du PCF. L'échec du Front de gauche montre que pour un rassemblement solide, il faut tout l'apport original du PCF, de ses propositions.

Organisons vraiment l'offensive pour une véritable sécurisation de l'emploi et de la formation, avec une responsabilisation sociale des entreprises. J'insiste pour qu'on trouve un meilleur slogan.

Pour 2017, chercher à faire bouger une situation bouchée ne peut se limiter à se prononcer pour une candidature « sur des valeurs de gauche » ; il faut du contenu, sur le plan social et écologique, l'argent et les banques, la démocratie, l'Europe. Dialoguer sur les primaires n'efface pas nos raisons d'être réservés à l'égard de cette pratique.

Ne perdons pas de vue le principal : notre travail sur le contenu du rassemblement que nous cherchons à favoriser, donc la campagne d'action pour l'emploi, et la promotion de notre projet, de nos propositions.

 

Marie-Pierre Vieu – Hautes-Pyrénées

Je partage l'idée qu il faut réinvestir le champ de la gauche dans son entièreté et sa centralité. Il s'agit de lui redonner contenu et légitimité car au cœur de la recomposition gouvernementale il est cette dimension d'effacement du débat de transformation et de la gauche.

Je crois aussi utile pour nous de tirer tous les enseignements de notre démarche politique et stratégique, FdG et sa panne actuelle inclue. Ce travail est vital non pas dans un esprit de fermeture de la parenthèse et repli mais bien pour œuvrer à « l'élan amplifié d'une dynamique de rassemblement » auquel appelle le rapport. La nouvelle fonction communiste est de se mettre au service de ce mouvement et d'aider à surmonter les obstacles que nous n'avons pas surmontés jusqu'ici. Au plan politique, idéologique, comme dans les convergences nécessaires, d'où le lien avec le travail de projet, les batailles emploi et déchéance nationale, encrées sur le terrain quotidien de l'action militante. Je suis aussi pour poursuivre les expérimentations de rassemblement issues des départementales et régionales (cf. LRMP).

Pour 2017, l'enjeu est de sortir du scénario mortifère pour la gauche et le pays avec une candidature Hollande pour la continuité de l'austérité et l'arrêt de tout espoir collectif et face à lui, un Mélenchon ghettoïsé sur un périmètre réduit par rapport à 2012. Du coup, la question est bien de faire grandir une perspective commune et convergente des forces de progrès en lien avec le développement du mouvement populaire et citoyen. Si des primaires sont le bon moyen d'y parvenir alors je suis pour les investir. Dans tous les cas, il nous faut mettre les communistes et le PCF en situation d'aider à ce débat et non de le subir.

 

Pierric Annoot – Hauts-de-Seine

Besoin d’avoir vrai débat et discussion approfondie sur le rôle du parti aujourd’hui.

Juste outil pour travailler à rassemblement électoraux ?

Ou également outil pour peser dans les luttes et la bataille des idées ?

Les 2 sont indissociables, or, force est de constater que nous consacrons l’essentiel de nos réunions à traiter uniquement de tactique électorale et que nous utilisons très mal la formidable force militante et le réseau d’élus que constitue aujourd’hui le PCF.

Besoin de concevoir nos batailles sur le long terme, de les hiérarchiser, pour rendre idées incontournables à gauche sur production et partage des richesses et des pouvoirs.

Or, problème des décisions pléthoriques en CN, jamais suivis, jamais mise en œuvre, très peu animée.

Sur les primaires, je comprends que nous ne fermions pas la porte aux discussions mais nous sommes en train de mettre le doigt dans l’engrenage du présidentialisme, de la démocratie plébiscitaire. Certes cette élection structure aujourd’hui les rapports de forces politiques. Mais nous devons peser chaque décision, chaque étape et surtout réorienter débat sur contenu et périmètre. La capacité du PCF à mener des batailles pour rendre des thèmes incontournables dans ce rassemblement doit la aussi être utilisé à plein régime.

 

Mélanie Tsagouris – Meuse

Il faut mettre en débat, avec tous ceux qui aujourd'hui placent leur espoir dans des primaires, sur ce qu'est une primaire. C'est une conception du débat qui considère qu'une personne incarne une vision. Et le but en est d'éliminer tout autre vision, en éliminant l'adversaire. Alors que construire une candidature commune de gauche est autrement plus ambitieux : cela signifie prendre en compte et créer collectivement un projet à partir de plusieurs conceptions de départ. C'est cette dernière conception que nous devons privilégier.

 

Jean-Jacques Karman – Seine-Saint-Denis

La perte des 2/3 de nos élus régionaux après la moitié de nos élus départementaux nous oblige à changer de programme et de stratégie. Mettre tout à plat pour notre 37e congrès. Nos alliances sont des éléments de notre stratégie, tout parti communiste qui fait passer sa tactique avant sa stratégie, elle-même avant l'analyse de classe et l'analyse sans un réel programme communiste, ne peut que conduire au désastre. En aucun cas, une politique d'alliance seule ne peut ouvrir la porte à une perspective populaire de changement de société. Trois points pour reconstruire notre politique d'alliance, sur la base d'une stratégie et d'un programme révolutionnaire. 1) Rupture avec le capitalisme (nationalisation des banques). 2) Rupture avec l'UE (abrogation de tous les traités). 3) Rupture avec la direction du PS. Faire le contraire c'est rendre complètement illisible notre menace politique.

 

Annie Mazet – Drôme

Les démarches, les propositions du rapport sont intéressantes. Les souffrances, les haines, les divisions que notre peuple subit doivent nous appeler à réagir rapidement. Etre à l'écoute, dans la proximité, faire avec les gens, aider à faire vivre le respect et la solidarité. J'adhère à une campagne pour le renforcement, et la mise en œuvre de plan de formation pour nos adhérents. Il y a urgence à mieux s'impliquer, se mobiliser nous militants, nous responsables politiques, pour construire des débats publics en faisant beaucoup d'efforts tous ensemble et en faisant des évaluations.

 

Raphaël Debû – Rhône

Face au danger du glissement de l’État de droit vers un Etat arbitraire que le gouvernement souhaite inscrire dans la Constitution, le PCF doit faire du combat pour les libertés fondamentales son combat actuel et faire échouer la réforme constitutionnelle. A ce titre, le vote à l'Assemblée nationale de l’état d'urgence était une erreur collective, qu'il nous faut reconnaître. Sans quoi nous ne serons pas crédibles come pôle de résistance à l'ordolibéralisme. Ce combat fédère déjà très largement, au-delà du monde politique, juridique, syndical, dans les milieux culturels, intellectuels et même médiatiques. Nous devons en être l'avant-garde.

 

Laurence Cohen – Val-de-Marne

Analyser les évolutions de la société est un leitmotiv de nos congrès, mais peu de bougés dans la réflexion de notre collectif militant. La lutte des classes fait rage, mais il y a sous-estimation du fait que les dominé-e-s n’ont pas conscience d’avoir les mêmes intérêts de classe. Comment vouloir gagner la bataille idéologique quand il n’y aucune référence, y compris dans le rapport, aux dominations sexistes qui structurent notre société ? La droite et son extrême, avec l’appui de courants religieux radicaux, marquent des points dans les quartiers, les zones rurales au nom de la défense de la FAMILLE : mobilisations contre le mariage pour tous, ABCD de l’égalité… C’est une remise en cause de la place des femmes et de fait du rapport à l’autre. Quant à l’entreprise, on ne peut continuer à ignorer que le travail des femmes est un laboratoire d’expérimentation du patronat pour généraliser flexibilité et précarité. Pour construire un projet émancipateur, il faut reconnaître toutes les aliénations afin d’en libérer la société.

 

Frédéric Boccara – Hauts-de-Seine

Sur les primaires, c’est bien de ne pas jeter de côté les gens de gauche voulant trouver une autre voie, et de dire « ce n’est pas notre culture ». Mais notre culture, c’est combiner les luttes et les idées avec la politique pour conditionner les élections. Nous pourrions dire : « la justice sociale pour tous exige des pouvoirs sur l’argent, pour l’utiliser autrement ». Car une cohérence entre objectifs, moyens et pouvoirs est décisive. Pourquoi se ranger derrière Th. Piketty pour les primaires ? alors que comme économiste il préconise de ne pas toucher à l’utilisation de l’argent, ni aux banques. Lançons vraiment cette campagne pour l’emploi. C’est politique. Hollande le montre, comme Gattaz disant « l’entreprise n’est ni à droite, ni à gauche, elle est au-dessus ». Il faut la structurer, désigner un collectif pour l’animer. Notre but devrait être de créer un grand mouvement populaire, bien au-delà du PCF, pour une autre utilisation de l’argent, en France, en Europe et dans le monde. C’est dire l’enjeu d’orientation du 37e congrès.

 

Olivier Dartigolles – Pyrénées-Atlantiques

Attention : la question prioritaire est celle de la situation à gauche. Notre CN doit prendre des décisions. Ne pas attendre mars. Ce qui s'installe pour 2017 est redoutable. Quel engagement des communistes pour ouvrir avec d'autres une perspective nouvelle pour débloquer la situation. Les prochaines semaines seront déterminantes avec des enjeux décisifs pour l'avenir de l'idée de gauche dans notre pays. Je ne vois pas aujourd'hui une question plus urgente, tout le reste en découle.

 

Émilie Lecroq – Seine-Saint-Denis

Le travail de recensement a affiné notre vision du parti. Il faut continuer ce travail pour faire vivre les richesses de compétences, de réflexions des hommes et des femmes qui font rayonner nos idées, pour mettre l'adhérent au cœur des constructions et des décisions et transformer nos pratiques. Élaborons un état des lieux de nos organisations de proximité, de nos adhérents. Cela est nécessaire pour identifier ensemble les problèmes comme les possibles. À l'heure actuelle, beaucoup de citoyens s'interrogent sur les perspectives à gauche ou sur l'utilité de la politique pour changer leur vie. Beaucoup désertent les structures collectives faute d'utilité réelle. Les batailles concrètes et les gestes faisant vivre nos valeurs dans le réel sont essentiels tant pour redonner envie d'agir au plus grand nombre que pour crédibiliser notre discours, et interroger nos structures d'animation, nos objectifs de formations, comme notre conception de la démocratie dans l'organisation. Cela interroge sur nos gestes d'accueil des nouveaux adhérents qui adhèrent pour être utiles immédiatement et apporter aux collectifs. Prenons ces éléments en compte, y compris envers nos contacts, pour adapter nos gestes à ces envies d'agir.

 

Xavier Compain – Côtes-d'Armor

La situation politique à l'issue des élections régionales confie aux communistes de nouvelles responsabilités. Engager de multiples forums populaires, construire la France en commun, plonger avec courage dans les contradictions quotidiennes, mener cette recherche d'issues collectives avec le monde du travail, des luttes, des idées. Face au non choix auquel nous serions condamnés par la présidentielle, se pose une exigence. Comment faire pour qu'il se passe quelque chose de notre côté, à gauche, faute d'être absent durablement. Soyons à l'initiative autour d'un « pacte législatif » dès maintenant.

 

Gisèle Malaval – Aube

L'inaudibilité du FG n'est pas due seulement à son absence des médias. Il y a aussi un problème d'incompréhension de notre lexique (classe ouvrière, solidarité, partage des richesses), marqueurs de notre identité, qui sont désormais détournés par d'autres, en particulier par le FN. Il s'agit en fait d'une manière générale de liquider l'idéologie communiste au profit de l'idéologie libérale. Contre cela, il faudrait engager un travail en commun dans chaque fédération pour essayer de renommer les choses, puisque la société change continuellement, et d'aller à l'essentiel pour reconquérir l'électorat de gauche.

 

Alain Raymont – Yonne

Dans l'Yonne, après les 3 dernières élections, nous n'avons plus aucun élu dans les assemblées. La bataille des régionales a été sabotée par les camarades du PG et l'attentisme d'Ensemble dans une campagne qui a débuté fin octobre. Le fait qu'il n'y ait pas eu d'accord national partout a brouillé le message. Il faut imposer la proportionnelle à toutes les élections, trouver des solutions pour briser le plafond de verve dans les médias. Le piège tendu par la présidentielle ne peut se régler par une primaire classique mais par le travail et la discussion large et citoyenne sur un projet commun pour la France, nous avons des outils, il faut les retravailler, les mettre au pot commun dans la discussion.

 

Véronique Sanchez – Isère

L'année 2016 doit être l'année de tous les combats, décisive et charnière. Nous devons nous positionner clairement et fortement pour défendre chaque atteinte à nos libertés. Je plaide aujourd'hui pour l'ambition, l'audace, qui autorise toutes les curiosités, la créativité. Nous devons démontrer que les politiques d'austérité, le climat sécuritaire décliné par un gouvernement de capitulards ne sont pas l'avenir de notre pays. Durant la campagne des régionales, les distributions de tracts dans les entreprises, le porte-à-porte, la vente de fruits et légumes solidaires, les rencontres avec les syndicalistes doivent être régulières et se poursuivre hors période électorale. 2016 est aussi l'année de notre Congrès ; je le souhaite à l'image de ce que nous voulons construire, imaginatif, sans tabou, rassembleur et combatif.

 

Yves Jamain – Vienne

Travailler sur notre organisation et son fonctionnement. C'est indispensable si nous voulons nous renforcer, intégrer les adhérents, former les militants, avoir une organisation efficace. Il ne faut surtout pas attendre avant de faire évoluer l'outil-parti.

Le Front de gauche doit être dépassé, il faut sortir du tête à tête entre partis.

Il est impératif d'avoir les grandes lignes d'un programme et un-e candidat-e avant l'été. Arriver à isoler Valls/Hollande.

Dire que nous somme prêt à participer à l'élaboration d'une plate-forme et d'une candidature partagée. Un processus qui pourrait déboucher sur une votation citoyenne. Le mieux serait probablement que la candidature ne soit d'aucun parti pour donner l'image du renouveau, du rassemblement le plus large, et mettre de coté des querelles d'appareil considérées comme stériles. Un processus démocratique rigoureux (un homme une voix) est peut-être le meilleur moyen d'éviter un espèce de « droit de veto » de telle ou telle organisation.

 

Michèle Leflon – Ardennes

Pour les communistes ardennais, nécessité d'un bilan de la stratégie du FdG. Pas question d'être mis devant le fait accompli du débat sur « la primaire ».

L'analyse de la situation politique doit prendre en compte les raisons de la désespérance, l'aspiration à un changement radical, jugé inaccessible, l'échec des politiques d'accompagnement du capitalisme du PS, sur un temps plus long que celui de Hollande. D'autant plus qu'un PS au pouvoir freine les luttes et contribue à fragmenter la société : les un peu moins pauvres contre les plus pauvres. Les politiques sociales des collectivités sont vécues comme de la charité, pas à la hauteur et surtout pas ce qui est attendu : ne plus être abandonnés, méprisés. Diaboliser le FN ne sert, chez certains, qu'à les renforcer dans leur conviction, comme l'intervention du MEDEF à quelques jours des régionales.

Projet : emploi au cœur, mais aussi travail : le chômage est au cœur des préoccupations, mais aussi la souffrance d'un travail mal fait.

 

François Auguste – Isère

Concernant la primaire, le pire serait qu'on s'exclue nous-mêmes d'un processus de rassemblement qu'on appelle pourtant de nos vœux. Voyons bien que les chocs de 2015 provoquent repli sur soi, désarroi, peurs, mais ils provoquent aussi des réactions positives, des réactions citoyennes, des actions et des débats dans la société. Pour n'en citer que quelques-unes : il y a les agoras de l'HD, il y a les collectifs d'urgence citoyenne qui vont se créer un peu partout à l'initiative d'un collectif de personnalités, il y a l'appel de la LDH et d'une centaine d'organisations pour sortir de l'état d'urgence… Il y a un collectif pour la levée de l'état d'urgence.

 

Marie-Françoise Michenaud – Vendée

La préparation du Congrès doit se faire de manière collective, avec tous les communistes et en discutant avec la société en plein mouvement (base commune point d’arrivée de ce processus). Nous avons perdu face à la guerre idéologique menée par le capitalisme. Nos analyses et propositions ne sont pas lisibles. Il nous faut nous dégager d’une argumentation trop économique pour donner du sens, par rapport à un horizon à venir, par rapport aux grands enjeux sociaux, sociétaux et planétaires et en même temps affirmer notre identité forte anticapitaliste. Qu’est-ce que la gauche aujourd’hui ? Pour rejoindre le débat sur la « primaire », elle se redéfinira par rapport à un contenu, une finalité, une visée, un espoir….d’un monde à construire ensemble. Une transformation profonde du FdG est nécessaire comme du PCF. Le Parti doit être un outil au service du rassemblement populaire, du plus grand nombre, sans hégémonie, sur la base du projet construit ensemble ; ensuite se fera le choix des hommes et des femmes qui le porteront.

 

Mylène Vésentini – Aude

Dans notre région LR/MP, après des rencontres difficiles mais fructueuses, on acte par un vote des communistes un large rassemblement, conduit par notre liste Nouveau Monde en Commun. (FDG, EELV, NGS, POC, Citoyens non encartés). Ce choix est dicté par notre volonté, d'avoir des élus-e-s pour porter des politiques régionales audacieuses. Avec plus de 10 % des suffrages, et une "jonction" sans rien renier, au second tour avec le PS, pour empêcher l'arrivée de la droite et son extrême, on gagne 7 élus-e-s communistes et un apparentés. Cependant, partout, nos résultats obtenus pour cette élection, quelques soient nos choix stratégiques sont décevants. Mais c'est la société toute entière qui est en déserrance. La question qui nous est posée, c'est pourquoi, alors que nous ne recherchons que l'émancipation humaine avec tout ce quelle comporte, nous butons à y arriver. Comment nous n'arrivons pas à convaincre. Bien sûr pas de recette miracle, le congrès qui arrive devrait nous permettre de nous questionner. En attendant, pour ma région, j'ai décidé en tant que nouvelle élue régionale de continuer cette aventure jusque dans l'hémicycle. Avec un groupe Nouveau monde en commun, scindée en deux sous-groupes FdG et EELV, je respecte le choix de tous ceux qui ont construit ce rassemblement, pour des idées, un projet que nous voulons toujours majoritaire.

 

Alain Janvier – Seine-et-Marne

Si l'on ne prend pas en compte le caractère exceptionnel de ce qui s'est passé les 11 janvier et 13 novembre, mais aussi ce qui se passe au Proche-Orient, on peut être amené à considérer à tort que le PCF est durablement marginalisé dans la société française. Il y a une collusion de fait qui existe entre les forces réactionnaires et complaisantes à l'égard de la haute finance (intégristes, FN, grand patronat, direction du PS...). Tous visent à dédouaner la responsabilité du grand patronat dans la création du chômage de masse. On voit ainsi les enjeux majeurs à travailler de front : 1) Au Proche-Orient, montrer qu'il est possible d'isoler politiquement et militairement Daech ; 2) Mener campagne contre l'obscurantisme ; 3) Démasquer le caractère de classe du FN ; 4) Réinvestir le terrain de l'entreprise et des lieux de travail. Sur ce dernier point, la question de l'emploi est indispensable. Mais ce n'est pas le seul : emploi, salaire, retraite, protection sociale, santé publique, fiscalité, comité d'entreprise, logement, y compris l'accueil de la petite enfance...

 

Dominique Négri – Isère

Le CN acte l’échec du FdG: enfin. Un bilan? Allons-y! Des collectifs antilibéraux au FdG et aux régionales, un seul résultat : l'effacement du PCF. On continue? Dans Le Monde du 14/09/2007 Dartigolles : «On ne peut plus se la raconter. Après la claque électorale qu'on s'est prise, si on fait comme avant, on meurt». Désormais, il faut «une nouvelle organisation politique» dans laquelle existerait «une sensibilité communiste organisée», avec des antilibéraux, socialistes de gauche, syndicalistes, altermondialistes».

Dans le Figaro du 14/01/2016, Dartigolles : «L'une des questions majeures qui seront abordées portera sur la nature et le rythme du changement des transformations au PCF». « …Sans jeter tout notre patrimoine », « il faudra tout explorer, sans tabou» explique-t-il. Même la délicate question d'un changement de nom du parti."

Où est la différence? Collectifs, FdG, maintenant «fabriques citoyennes»: plus on tourne en rond, plus le PCF disparaît. Sauver la gauche? La priorité : un PCF pour les travailleurs dans la lutte des classes.

Ce CN centré sur les «primaires» : gâchis lamentable. Non à ce passe-passe politicien entraînant les communistes, malgré eux, dans une recomposition politique.

UE, euro = outils non réorientables du capital : la preuve par la Grèce. Au congrès, mettre la rupture avec l’UE à l’odj.

Le 26/01 grève fonction publique contre la casse du statut par la « gauche ». PPCR (mobilité forcée, les rémunérations au « mérite »): l’absence du parti a facilité des flottements (la FSU pour!). Vœux de la section de SMH le 31 autour des luttes. Non au fatalisme: Résistance!

 

Igor Zamichiei – Paris

Pourquoi n'y arrivons-nous pas ? Deux raisons : 1. La conversion de la social-démocratie au libéralisme. Loin de nous ouvrir un espace, le désespoir qu'elle crée handicape gravement nos objectifs ; 2. L'incapacité du FdG, à être perçu comme une force pas seulement critique du pouvoir mais utile. D'accord pour chercher à construire un processus collectif pour les présidentielles et les législatives pour reconstruire la gauche et donc étudier la proposition de primaire et être nous-mêmes à l'initiative. Mais la réussite d'un tel processus nécessite de travailler en priorité à ouvrir le débat sur les responsables de la crise, l'emprise de la finance et la façon d'y mettre un terme en menant une grande campagne dans le pays. Si nous parvenons à mener ce grand débat cela permettra de renouer avec les classes populaires dont l'emploi est la première priorité et de déplacer le débat national d'un débat d'assignations identitaires porteur d'une menace immense pour la République à un débat de classe.

 

Nathalie Vermorel – Saône-et-Loire

Régionales : les freins ont été importants dans cette campagne : un démarrage tardif, des partenaires sans confiance, des communistes pas tous en campagne.

Chez les communistes, la question des élus et du rapport au pouvoir est en jeu : la conviction de l’utilité des élus PCF, comme relais et support des luttes, comme incarnation et visibilité de nos propositions ne va plus de soi dans ce contexte de crise aiguë de la gauche. Cette question stratégique devra être une des questions du congrès.

Reconstruction de la gauche : les chantiers à ouvrir : éviter l’effet de balancier et ne pas « jeter » le Front de gauche surtout sur la question du rassemblement.

Les forums populaires : oui, s’ils s’articulent sur des campagnes de fond : refus de la constitutionnalisation de l'état d’urgence, austérité, finances, emploi, coût du capital. Et si nous y faisons fructifier tous les contacts et les contenus engrangés pendant les régionales.

Besoin de travailler le projet communiste dans les sections.

 

Thibaut Bize – Doubs

Il faut que nous traitions dans notre congrès la question de l'action de terrain pour 3 raisons : regagner une écoute auprès des catégories populaires qui ne sont plus sensibles aux « discours » mais pourraient être sensibles aux actions ; ouvrir un champ d'action politique pour de nouveaux militants déçus par les échecs de luttes ou qui ne sont pas issus d'une « culture de lutte » ; remobiliser les communistes, créer de la fraternité et ainsi libérer la parole. Ce congrès doit aboutir à la mise en place d'une organisation pour faciliter ce travail dans les sections.

 

Isabelle Lorand – Val-de-Marne

Plus la situation est complexe, plus il faut sérier les problématiques. L’exhaustivité n’est pas de mise. J’identifie trois objectifs. Engager un travail de long terme pour construire le corpus idéologique, politique, symbolique et stratégique d’un projet d’émancipation face au capitalisme financiarisé. Établir la stratégie politique pour les présidentielles et législatives 2017. Construire un programme de législature qui sera la base de discussion avec les partenaires. Cette clarification des positions du parti nous fera gagner en lisibilité et sera un outil précieux pour entrer en débat avec nos concitoyens.

 

Sébastien Laborde – Gironde

Nous sommes dans une période nouvelle : poursuivre l'analyse contradictoire de la société. Interrogeons-nous sur la délégation de pouvoir qui permet d'être là où on en est : sur la campagne travail : ouvrons un cadre d'action et de réflexion avec les salariés sur emploi/salaires/utilisation de l'argent/nouveaux modes de développement. Sur le congrès : aucun sujet tabou dont nos pratiques, notre structuration, la place de l'adhérent qui puisse rayonner dans la société. 2017 : oui à un processus d'appropriation populaire de la politique, oui à un processus d'élaboration d'une offre politique qui se place au-delà de 2017.

 

Annie David – Isère

Si nous voulons réussir notre congrès, nous devons véritablement nous donner les moyens de débattre entre communistes, en toute franchise, sans tabou et sur tous les sujets. Nos objectifs de « clarifier notre projet politique », « reconstruire à gauche » , « adapter notre parti » ne pourront aboutir sans la réflexion de chaque communiste ; et pour ce faire, il faut organiser notre congrès pour que chacun puisse s'exprimer. Car nous avons 2017 en perspective et si nous voulons nous faire entendre, il faut créer une dynamique populaire à laquelle les communistes doivent participer. Le CN devra proposer une organisation, des textes, mais cela devra être fait en tenant compte de l'avis des militantes et militants, qui vivent parmi la population, et oui, « les gens aussi font de la politique ».

 

Jean-Louis Frostin – Ille-et-Vilaine

Primaires : notre offre politique ? Au moins se déclarer disponibles ! Etre dans le débat. Question des orientations : politiques, économiques, sociales, démocratiques à faire prévaloir. Que doit proposer la gauche ? Nous tirerons les enseignements de ce débat public mais après avoir pris toute notre part à notre manière, mais avec et en direction de tous les progressistes. Si, sur le fond, c'est la crise du système - dans toutes ses dimensions - qui est au cœur des difficultés, le PCF doit communiquer sur l'annonce du prochain krach financier pour mettre en perspective l'échec à venir (assuré et sans fin) des options libérales et sacrificielles, présentées comme nécessaires et incontournables. L'éditorial de Ouest-France hier, « Union pour l'efficacité », atteste du lien entre le rapport des forces sur cette question et les offensives autour de l'unité nationale, donc gouvernement d'union nationale. La bataille idéologique fait rage sur cet enjeu, mais le ciment de cette offensive libérale et réactionnaire, c'est le sentiment d'impuissance face à la crise, l'absence d'espoir -voire le renoncement - à des politiques de progrès social et humain… et de paix, en France, en Europe et dans le monde. Pour faire face, nous avons les valeurs, la volonté, mais il faut parler pour tous les progressistes et pas seulement celles et ceux qui sont déjà convaincus. Au moins, aurons-nous des bases matérielles pour faire nos choix le moment venu.

Pierre Lacaze – Haute-Garonne

Nous avons acté l'échec du Front de gauche depuis 2009, avec Mélenchon ce logo est devenu repoussoir. Le PCF/Front de gauche c'est une volonté de rassemblement sur un projet clair dans une démarche qui rassemble les communistes. L'exclusion de Christian Picquet par Marie-Pierre Vieu sur l'appréciation différente du rôle du PCF est un scandale. Où est le respect de la diversité des communistes. Sur primaire, ne fermons pas la porte, oui, mais sur un projet porté par les communistes et qui dit primaire dit un candidat du PCF. Notre bataille nationale et internationale sur l'emploi, le SMIC, les salaires, avec l'exigence de révolution économique et le refus de l'obscurantisme. L'intelligence n'est pas qu'à l'extérieur du PCF.

 

Hervé Bramy – Seine-Saint-Denis

Je partage les 3 objectifs du congrès et les 4 axes de travail prioritaires Je suis favorable à une confrontation constructive sur le projet dans le cadre des primaires.

Le consensus mou de l'accord de Paris est le résultat du rapport des forces à l'échelle de la planète entre les forces du capitalisme financiarisé mondial et les forces progressistes qui veulent changer le système pas le climat.

Malgré tous nos efforts nous ne sommes parvenus à bâtir un rassemblement suffisamment populaire. Il nous faut poursuivre notre mobilisation sur les enjeux écologiques et sociaux, comme des points forts de notre projet au service du bien vivre et des communs

Le climat c'est, avant tout, une vison solidaire du développement humain durable en France, en Europe et dans le monde. Celle-ci appelle des transformations dans de nombreux domaines de la vie comme du mode de production et de consommation. Des débats sont engagés dont l'issue façonnera la société et la planète de demain. Je souscris au projet de l'organisation d'une conférence internationale à la veille du congrès.

Nous avons besoin de repenser nos formes d'organisation sur le terrain des idées et du rassemblement. L'offre de formation à tous les niveaux doit se développer considérablement.

 

Denis Durand – Paris

Campagne sur l’emploi : un épisode pour marquer le coup au moment où Hollande présente ses propositions, ou un levier politique pour sortir du piège des présidentielles et changer le paysage politique ?

Zéro chômeur, l’humain d’abord ! c’est un changement radical de civilisation à construire dans les luttes.

À chaque fois on rencontre la question politique du financement, du crédit : l’argent, c’est le pouvoir politique des banques et de la BCE. Ça paraît inaccessible ? mais les gens savent désormais que c’est important. Des propositions concrètes ? pouvoirs des salariés dans les entreprises, accès des citoyens à l’information, fonds régionaux, pôle financier public, fonds européen pour que l’argent de la BCE serve à l’emploi et aux services publics.

Il faut une campagne persévérante, engageant profondément le Parti, ses militants dans les entreprises, ses fédérations, avec des objectifs, un calendrier rythmé par des initiatives publiques jusqu’en 2017 et au-delà, un pilotage politique par la direction du Parti avec l’aide d’un collectif d’animation.

 

Jacques Maréchal – Moselle

En Moselle, les élections de 2015 ont abouti à des résultats différents. Progression aux départementales, recul aux régionales. La mobilisation populaire au 2e tour des régionales en Grand Est a permis de mettre en échec Philippot. Cela montre que les gens utilisent un bulletin de vote lorsqu'il sert à quelque chose. Nous devons nous inscrire dans le débat des « primaires » avec notre volonté de débloquer la situation à gauche et de l'alimenter avec nos propositions et notre projet et de l'articuler avec une campagne nationale sur la question de l'emploi et de la lutte contre les marchés financiers. Dans le cadre du prochain sommet franco-allemand nous travaillons à une manifestation européenne contre l'austérité à Metz.

 

Alain Pagano – Maine-et-Loire

La campagne de renforcement du Parti est bienvenue et attendue. La situation exige plus de PCF pour reconstruire la gauche. Pour améliorer la lisibilité du PCF, besoin d'investir les réseaux sociaux et d'organiser une vidéo hebdomadaire sur le site internet du PCF. Sur les questions de rassemblement, malgré les résultats des régionales, la disponibilité demeure pour une reconstruction de la gauche parmi les socialistes, DVG, citoyens… Concernant la primaire de la gauche, laisser la porte ouverte en disant que la première pierre, c'est de réclamer un débat et travailler à un socle commun programmatique préalable à une participation.

 

Pierre Dharréville – Bouches-du-Rhône

Notre congrès doit intégrer l’analyse des élections régionales mais ne saurait s’y limiter. La question posée est de savoir comment rendre efficace notre force : que devons-nous faire ? Nous devons renforcer notre organisation et sa capacité d’intervention. Nous devons identifier 4 ou 5 grandes causes capables de faire débat et mobilisation dans la société. Nous devons mener la bataille des idées et du projet en identifiant mieux les contradictions qui sont posées. Nous devons desserrer l’étau par des initiatives stratégiques innovantes pour obliger au débat à gauche et montrer à notre peuple que nous voulons entrer en dialogue avec lui, lui donner la parole, lui permettre de prendre la main. Nous devons penser au-delà de 2017, qui se présente comme un piège à déjouer, en essayant de contribuer à l’émergence d’un mouvement populaire, qui pourrait s’articuler autour d’une bataille pour la conquête de biens communs, à l’heure où tout est de plus en plus privatisé et accaparé par un petit nombre. Cela me ramène à la question de la République. Nous allons animer une bataille face à la révision constitutionnelle inacceptable mais en portant l’exigence d’une refondation populaire de la République qui mette en son centre la participation citoyenne.

 

Daniel Cirera – Seine-Saint-Denis

Aborder la période à partir de l'analyse lucide et critique de l'état du pays réel, de la gauche et du PCF, dans le contexte de la crise (victoire de la droite et implantation du FN, pertes lourdes d'élus PCF depuis 2010, raisons des échecs du FdG). Quelles réponses aux déceptions accumulées jusqu'au dégoût, perte de confiance dans les partis, demande de renouvellement profond du personnel politique, des pratiques, des idées ? Le constat appelle un changement résolu des pratiques.

Pour 2017 le débat est engagé. Si l'on ne se résigne pas à une victoire de la droite (voir les conséquences graves de sa prise de pouvoir dans les régions et les communes), avec la présence annoncée du FN, l'enjeu est de fixer une perspective qui donne un sens utile au vote pour une politique nouvelle, et ne réduise pas le deuxième tour à un vote barrage au FN.

Proposition: que le PCF mette en débat et en chantier un contrat de majorité avec toutes les forces disponibles sur de grandes priorités ancrées sur les valeurs de gauche, pour des solutions concrètes. Un chantier impliquant les citoyens, les acteurs et mouvements sociaux, à l'écoute des syndicats et des associations, des expériences et les productions d'idées. Chaque force politique portant son projet dans la diversité. Il s'agit d'amorcer un rapport nouveau entre citoyens et politique (pouvoir, partis, alliances majoritaires) en inversant la démarche : faire que le vote ne porte pas sur les promesses du candidat, mais sur les engagements acceptés par lui. Cette démarche alimenterait le débat sur la perspective d'une primaire à gauche.

 

Eric Jalade – Tarn

Sur les régionales, dans un contexte difficile – rejet de la « gauche », de la politique du gvt, état d'urgence... – c'est un échec, quelle que soit la configuration, y compris en Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon, avec seulement 7 élus PCF (et un apparenté). En Midi-Py, 3 élus contre 5 élus PCF sortants… La mobilisation a été beaucoup plus significative entre les deux tours pour battre le FN. Les électeurs votent contre, mais nous ne les convainquons pas assez sur un vote positif… Eu égard à l'ambition – majoritaire – de départ, le FdG est donc en échec.

Alors que la crise frappe largement notre peuple, que le chômage, la précarité et la pauvreté frappent durement notamment les plus jeunes, les salariés et les femmes, il est temps de retrouver un PCF visible et utile aux populations, d'en finir avec les stratégies d'effacement, de tirer les leçons des échecs successifs depuis la mutation. Retrouver nos fondamentaux, un discours et une pratique conforme à ce qui a fait du PCF un parti « pas comme les autres », le parti du monde du travail, un parti de classe et de masse.

 

Christophe Arnaudy – Sarthe

Maintenir la dynamique des régionales dans les entreprises avec les syndicalistes et les quartiers populaires. Se donner les moyens de former des comités régionaux dans le respect de nos différences. Demande d'un positionnement national de notre parti sur le projet de construction de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes.

 

Pierre Miquel – Puy-de-Dôme

Au terme d'une campagne de terrain dynamique, les communistes du Puy-de-Dôme retirent plusieurs satisfactions de ces élections régionales :

  • un déploiement et une mobilisation des militants d'assez bon niveau avec 200 000 tracts distribués, 3 000 courriers expédiés aux contacts et sympathisants, 25 réunions publiques et un beau meeting, tout ça en 5 semaines ;

  • une liste départementale intéressante avec des candidats remarquables qui ont mouillé la chemise collectivement avec enthousiasme du 1er au dernier jour de la campagne ;

  • un score avoisinant les 12 % au 1er tour sur le Puy-de-Dôme, meilleur score départemental de France ;

  • et malgré la victoire de Laurent Wauquiez, 2 camarades du Puy-de-Dôme élus au sein de la nouvelle assemblée régionale.

Un bilan dont nous n'avons pas à rougir et nous aurions apprécié que le journal L'Humanité s'y intéresse un peu plus. Nous savons que nous ne sommes que la province mais parfois on a senti qu'on payait le fait de ne pas être dans la liste PG / EELV.

Mais les communistes sont aussi un peu déboussolés au sortir de cette élection.

Les camarades s'interrogent naturellement sur la démarche à initier pour être au coeur d'une gauche de transformation sociale qui s'affirme afin de retrouver tous ceux qui ne votent plus et tous ceux qui votent PS car ils pensent que c'est la seule voie crédible à gauche.

La proposition d'une primaire à gauche par notre secrétaire national se veut il me semble un début d'alerte et de réponse face au risque de disparition de la gauche dans le paysage politique français.

C'est aussi une manière de réfléchir et d’œuvrer à l'évolution du FDG et à son dépassement pour pas se retrouver dans un tête à tête avec Mélenchon sur la question des présidentielles.

Ainsi des camarades font part de leurs craintes d'une primaire qui risque d'installer le débat sur une question de personne.

Ce modèle américain correspond peu à notre histoire et à notre approche des choses au travers de laquelle nous faisions en sorte d'établir d'abord un programme avec des propositions concrètes et une construction politique pour ensuite réfléchir au profil des femmes et des hommes à même de porter au mieux notre projet.

Prenons garde de nous lancer dans une primaire où les tentatives d'instrumentalisation vont foisonner sans se soucier de l'activité de terrain et de proximité au travers de laquelle nous pouvons rencontrer ceux qui souffrent et espèrent le changement afin de penser et construire avec eux une alternative progressiste.

 

Jean-François Téaldi – Alpes-Maritimes

Une primaire ? Le même piège que celui des collectifs antilibéraux avec le risque que nous portions le chapeau si nous refusons son résultat. Allons-nous appeler à un rassemblement devant l'Assemblée nationale le jour de l'ouverture de la discussion de Macron 2 et sa casse du Code du travail ? « Libérez les médias » : seules 4 fédérations ont organisé des rencontres ! Le rôle des élus doit être débattu au congrès. En avoir c'est utile contrairement à ce que disent certains. Je suis inquiet de voir le FN arrivé en tête, parfois avec une majorité absolue au premier ou au second tour, dans les quartiers populaires, dans des villes que nous gérons. Attention, car même si une municipale n'est pas une régionale, lorsque le bulletin FN a été mis une fois dans l'urne, le tabou est brisé, et à l'élection suivante, même municipale, ce sera encore un bulletin FN.

 

Brahim Jlalji – Charente-Maritime

Il nous faut malgré nos difficultés être plus présents sur les débats sociétaux : international, état d'urgence, déchéance de nationalité, laïcité… Le constat d'échec de la stratégie du FG, il faut aller au bout de l'analyse. Il est important que la première question de notre congrès soit notre projet, c'est la question essentielle. Sur la primaire à gauche, il ne faut pas que nous fermions la porte de la discussion avec d'autres forces de gauche qui refusent le scénario écrit des présidentielles, mais il ne faut pas non plus se laisser enfermer dans une primaire sans condition. Enfin, le dernier mot doit revenir aux communistes souverains.

 

Gilles Garnier – Seine-Saint-Denis

Dans le rapport de Pierre, il y a un tryptique : renforcer le Parti dans des circonstances d'extrême gravité. La génération des communistes en 2016 doit s'attendre à travailler dans un monde hostile. Celles et ceux qui vont nous rejoindre doivent le faire en conscience de cette hostilité. La campagne sur le travail et l'emploi est essentielle car elle peut nous permettre de reprendre pied dans le débat idéologique et contre l'hégémonie culturelle de la droite et du social-libéralisme. Enfin, participer à tous les rassemblements de ceux qui refusent ces politiques d'austérité. Y compris par le biais d'une primaire, car ce n'est pas la personne qui n'est pas dans notre ADN, c'est l'élection présidentielle au suffrage universel.

 

Amadou Deme – Essonne

Cette période nous appelle à nous tourner vers demain et notre congrès vient à point nommé. Comment associer le plus grand nombre de communistes, de citoyens, notamment des milieux populaires ? Un Congrès ouvert sur les interrogations, les hypothèses, les réflexions des communistes. Nous devons renforcer nos actions de solidarité, et à travers ces actions, nous faisons de la politique.

 

Ismaël Dupont – Finistère

Attention au risque du mouvement de balancier en terme de brouillage sur la lisibilité du projet du PCF. On a parlé de consensus sur l'échec du Front de gauche, il est réel par rapport à nos ambitions de départ, mais il est à nuancer car le FG nous a permis de remettre au goût du jour la rupture en 2012, l'insurrection citoyenne. Même si nous avons perdu des élus, nous avons gagné des électeurs dans des zones de faible implantation, des militants, y compris du PCF. Dans le Finistère, nous faisons 9 % aux départementales là où nous étions présents. Dans ma ville à Morlaix, le Front de gauche a obtenu 15,5 % à la présidentielle, 15,5 % aux municipales. J'ai peur qu'en officialisant notre adhésion à l'idée de primaires à gauche, on acte le décès de la stratégie de rupture antilibérale du FG et qu'on se réoriente sur une stratégie de gauche plurielle. Or le capitalisme financier et l'Europe libérale rendent inefficaces et obsolètes le projet social-démocrate. Si le NPA ou le Parti de gauche présentent un candidat au 1er tour de la présidentielle, va-t-on leur laisser l'espace de l'autre gauche en soutenant un candidat commun. On se mettrait en porte-à-faux par rapport à notre électorat, une partie de nos militants.

 

En remerciant pour leur aide précieuse : Jacqueline Lamothe, Marianne Parmigiani, Marie-Noëlle Postel, Monique Renault et Jean Youdom.