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Un féminisme imprégné de la lutte des classes

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Le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, est une journée de luttes où les femmes debout se rebellent contre les inégalités profondes dont elles restent victimes. Le constat est accablant : 70 % des pauvres dans le monde sont des femmes, les deux tiers des analphabètes adultes et des enfants non scolarisés sont des femmes ou des fillettes ! Et que dire des violences faites aux femmes ? Elles ne connaissent aucune frontière, touchent tous les milieux sociaux, économiques, politiques, culturels et religieux !

Chaque jour de nouveaux coups sont portés, ainsi nous combattons avec le réseau féministe EL-FEM du PGE une nouvelle directive européenne qui menace le droit à l’avortement, mettant en cause le libre choix des femmes d’être mères dans tous les pays d’Europe.

Dans les pays développés ou pas, même si nos luttes ont arraché des conquêtes, les femmes sont discriminées dans tous les domaines de leur vie, uniquement du fait de leur sexe, sous le poids des dominations patriarcales.

« Il n’y a pas toujours eu des prolétaires, il y a toujours eu des femmes » a écrit Simone de Beauvoir.

Les contradictions entre les sexes sont de fait beaucoup plus anciennes que les contradictions entre les classes, et elles ne leur donnent pas naissance. Elles se développent ensemble sans pour cela se confondre mais en se favorisant mutuellement. Ce schéma, qui a imprégné les siècles, a structuré profondément nos sociétés. La démocratie moderne ne dénonce pas l’exclusion, elle continue de la maintenir, voire de la fabriquer. Le capitalisme et le patriarcat se nourrissent mutuellement pour aliéner les femmes, avec le renfort des religions. En tant que communistes et féministes, notre féminisme est imprégné de la lutte des classes.

Notre riposte ne peut être efficace que si nous parvenons à mettre en dynamique une force collective suffisamment puissante et déterminée pour obtenir émancipation et libération des femmes. Mais, dans une période de crise profonde, structurelle, les droits des femmes ne paraissent pas l’urgence à défendre et l’égalité réelle passe au second plan.

Nous sommes en 2011, et quel syndicat, quel parti politique propose une grande manifestation sur le thème de l’égalité ?

Dénoncer le patriarcat, c’est articuler le politique et l’intime. Il s’agit de combattre dans un même mouvement la domination ET la soumission, les modèles véhiculés par nos sociétés étant intériorisés par les femmes elles-mêmes ! Montrer que le patriarcat fonde, encore de nos jours, la situation des femmes dans la société est de nature à faire évoluer les mentalités pour opérer de véritables transformations.

La journée du 8 mars est un moment fort qui permet d’aborder au grand jour toutes ces questions, c’est une journée active de luttes et de mobilisations, une journée de solidarité internationale où les paroles de femmes se font écho pour dénoncer et pour construire un autre monde.

La révolte des Tunisiennes, des Égyptiennes et d’autres femmes des pays du Maghreb et du Moyen-Orient est salutaire. Leurs combats pour leurs droits, pour le respect de leur dignité, pour leur liberté et leur exigence de démocratie sont les nôtres. L’histoire nous a appris que les révolutions ne portent pas l’égalité entre les femmes et les hommes comme une force motrice et que le combat reste entier.

En Tunisie, en Égypte, elles ont été et sont encore en première ligne pour permettre à leur pays de passer d’une dictature à une démocratie.

Comme le souligne Nadia Kamel, cinéaste égyptienne, « les femmes contribuent à faire de la révolution un laboratoire de transformations sociales ».

Le 8 mars 2011, nous prolongerons nos combats avec les femmes du Maghreb, du Moyen-Orient, les citoyennes du monde. Nous participerons activement, aux côtés des féministes, en tant que parti politique, à la manifestation unitaire à Paris le 5 mars, dans le quartier des ambassades d’Algérie, d’Iran et d’Égypte.

Nous exigerons avec elles des États de droit et laïcs, le rétablissement des libertés individuelles, l’abrogation du Code de la famille et l’égalité des droits.

Femmes des deux rives, notre mobilisation doit être à la hauteur du toutes et tous ensemble pour un monde de paix où égalité rime avec mixité, solidarité avec mise en commun et laïcité avec liberté.

Ce combat est nôtre, nous le gagnerons ensemble, Femmes et Hommes.

Laurence Cohen, Élisabeth Ackermanna

Il y a actuellement 1 réactions

  • Déception !

    Alors que le Parti Communiste prétend être un Parti Féministe, voilà que je découvre les Droits des Femmes complètement enfermés, emprisonnés, dilués dans la rubrique " Droits et Société ".

    Pourtant, compte-tenu de toutes les régressions sociales, des écarts notables de salaires, pensions, déroulement de carrière, régression de l'accès à la contraception, à l'IVG, à la Liberté à disposer de notre corps, avec les attaques de toutes parts des intégristes de tous bords au simple prétexte que nous sommes "femmes", voilà qui aurait mérité une véritable visibilité, lisibilité !

    Une rubrique entière consacrée aux femmes, non pas parce qu'elles sont femmes mais parce que leurs droits sont affectés, aliénés du fait de leur genre, était-ce de trop ?

    Y a-t-il donc dans ce Parti, le mien, des "intégristes" aussi qui refusent de reconnaître que ce combat est encore et toujours d'actualité, que tout est encore à à mener, à gagner et sans cesse à rappeler ?

    Je suis déçue, quel manque d'ambition finalement...

    Un programme, certes, affiché pour la parité, l'égalité Homme/Femme, etc...etc...mais en ce cas, pourquoi ne pas l'afficher avec volontarisme et détermination ? Comment changer une Société en éludant plus de la moitié de sa population ?

    Cela fait vraiment "petits bras".

    A moins que bien évidemment cela gêne aux entournures de reconnaître qu'il y a encore dans notre société, en ce début de XXIème siècle des disparités, des discriminations entre individus sous couvert de genre, même dans notre Parti ?

    Mais il est vrai que nous ne sommes qu'à peine plus de 51% de la population, c'est à dire rien . Alors ...

    Par Circé, le 11 May 2011 à 12:59.