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Hommes-Femmes : La régression

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Après le temps du “coaching”, voici venu le temps du “relooking”! La logique est grosso modo la même : comme les entreprises sont quasi exemp­tées d’assumer leurs responsabilités en matière d’emplois, si les chômeurs et les meuses ne trouvent pas de boulot, c’est qu’ils le veulent bien. Alors on leur apprend à se vendre, à convaincre le patron, à le séduire… Et Pôle emploi accueille en son sein des ateliers de « relooking ». Des femmes, sans travail depuis au moins deux ans, sont convo­quées pour une séance de remise en beauté. Coiffure, maquillage, manucure, vêtement… Tout y passe et, à la fin, on leur file le rouge à lèvre avec cette petite phrase : « Maintenant, vous n’avez plus d’excuses ! » Le service public de l’emploi devrait sans doute avoir autre chose à faire que cette cynique séance de : «Sois belle et trouve du travail ! » Qu’à cela ne tienne, le Pre­mier ministre pérore sur la place des femmes au travail et l’égalité profession­nelle. C’est la ligne à droite. Et la marotte de Nicolas Sarkozy, qui promettait déjà, avant son élection : « Si je suis président, je demanderai la réunion d’une conférence sociale à laquelle je donnerai deux ans pour établir l’égalité de la parité des salaires hommes/femmes. » Beau résul­tat ! Les femmes restent payées 27 % de moins que les hommes en moyenne. « C’est comme si elles n’étaient pas payées pendant tout un trimestre ! » s’étrangle la CGT. Le fossé se creuse. Sur les inégalités au travail comme sur l’accès à l’IVG, sur le partage des tâches comme sur la parité en politique, nous sommes dorénavant en équilibre sur un fil ténu, qui peut tenir où céder. Alors que depuis l’après-guerre, la situation des femmes tendait 
à s’amélio­rer, la mécanique est en train de se grip­per. Des petits signaux sonnent déjà l’alerte. L’inégalité de salaire a cessé de se réduire. La mortalité infantile est repartie 
à la hausse. Des idées sexistes reviennent sur le devant de la scène. Plus que jamais, les femmes forment le gros des troupes des salariés précaires, sous-payés, ce qui tend 
à les renvoyer à la maison. Le gouvernement a enclenché la marche 
arrière. Il est temps de le dire parce que, au bout du compte, c’est toute la société qui régresse. Les lois régressives se multi­plient. Elles touchent plus fortement les femmes. La réforme des retraites l’a mon­tré avec éclat. Elles vont payer plus cher mais tout le monde trinque. L’égalité des droits pour les femmes, c’est une chance pour les hommes. Stendhal le disait déjà : « L’admission des femmes à l’égalité par­faite serait la marque la plus sûre de la civilisation. » 

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