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Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

Pierre Laurent
 
 
 

Violences policières - Question de Pierre Laurent à Bernard Cazeneuve

Engagé dans une fuite en avant pour tenter d'imposer sa loi de casse du code du travail, le gouvernement utilise les vieilles ficelles réactionnaires : provocations et violences policières se multiplient. Plutôt que de rétablir le dialogue, tous les motifs sont bons pour s'en prendre aux syndicats, criminaliser les luttes, faire taire toute contradiction.

Lors des questions au gouvernement, Pierre Laurent, sénateur de Paris et secrétaire national du Parti communiste français interpelle le ministre de l'Intérieur sur cette stratégie de la tension et les violences policières qui l'accompagnent.

 

 

Depuis maintenant deux mois, les manifestations se succèdent contre la loi travail très majoritairement rejetée dans l’opinion publique.

Ces manifestations ont toute légitimité à se poursuivre puisque le gouvernement s’obstine sur ce qui fonde la contestation. Vous êtes sans majorité pour faire voter ce texte, prêt à utiliser une nouvelle fois l’arme anti-démocratique du 49-3. Le retrait du texte serait la seule issue raisonnable.

C’est dans ce contexte que des questions lourdes sont soulevées sur les consignes données aux forces de l’ordre face aux mobilisations.

Depuis le 9 mars, un scénario identique se répète. Dans les cortèges, on constate la présence inhabituelle des forces de police – en tenue ou en civil- au contact direct des manifestants, provoquant des tensions croissantes, des violences et des arrestations qui visent, non pas des casseurs, mais des jeunes manifestants et des syndicalistes. Les témoignages s’accumulent.

Vous le savez nous rejetons la violence de quelques casseurs qui dessert les mouvements.

Nous savons aussi la fatigue des policiers et la dangerosité de l’exécution d’ordres qui mettent en cause leur sécurité, comme celle des manifestants.

Mais les comportements inadmissibles formellement constatés se multiplient, ainsi qu’un usage disproportionné de la force avec l’utilisation massive de gaz lacrymogène et, plus grave, des nouveaux lanceurs de balles de défense qui ont fait perdre un œil à un jeune étudiant en géographie de 21 ans.

Faut-il rappeler ce qu’écrivait le préfet de police Grimaud le 29 mars 1968 : « Frapper un manifestant tombé à terre, c’est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière. »

M. le Ministre, allez-vous enfin renoncer à l’intimidation et à la stratégie de la tension pour faire respecter le droit constitutionnel de manifester ?

Allez-vous interdire l’utilisation des lanceurs de balles de défense dans les manifestations, comme le recommande le Défenseur des droits, l’usage de ces armes ayant provoqué 39 blessés graves et un mort entre 2014 et 2015 ?

Plutôt que répondre aux questions posées, Bernard Cazeneuve choisit l'outrance et l'amalgame. Face à la stratégie de tension du gouvernement nous resterons calmes et déterminés dans notre combat pour le retrait de la loi El Khormi et pour le droit de manifester.

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