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Liban : non à l'escalade. Cessez-le-feu immédiat et sans condition

le 10 August 2006

En se préparant à l'extension de leur offensive militaire terrestre au Liban, les dirigeants israéliens prennent une très lourde responsabilité. Y compris celle de faire échec au processus diplomatique en cours. Avec le soutien actif de l'administration américaine qui a pris, dès le départ, fait et cause pour la logique de guerre cynique et brutale d'Israël, Ehud Olmert veut mettre en oeuvre une stratégie d'escalade injustifiable particulièrement grave.

Plusieurs membres du gouvernement israélien ont montré les objectifs consternants de cette stratégie. Gideon Ezra, ministre de l'environnement, affirme : « nous devons laisser derrière nous une zone vide entourée d'une clôture ... où s'installera la force multinationale » ; Eli Yishai, vice-premier ministre, a proposé de « raser tout village du Liban Sud d'où seraient tirés des roquettes contre Israël » et « les civils qui abritent des terroristes doivent être considérés comme des auxiliaires de ces derniers ». De telles déclarations sont des portes ouvertes à de nouveaux crimes de guerre.

Le Parti communiste français condamne cette politique dont le peuple libanais paie le prix le plus élevé. Il faut arrêter le bain de sang ! Nous affirmons notre pleine solidarité avec toutes les forces de paix, toutes les voix démocratiques qui, en Israël, s'opposent courageusement à leur propre gouvernement.

Un cessez-le-feu immédiat et sans condition doit être imposé par le Conseil de sécurité. Toutes les troupes israéliennes doivent se retirer du Liban, mais aussi de Gaza. Les tirs du Hezbollah doivent cesser. Il n'y a pas d'exigences plus pressantes que celles-ci. Assez de guerre ! Assez de victimes innocentes ! Assez de souffrances !

Il n'y a pas de solution militaire à cette crise majeure qui prend ses causes profondes dans les problèmes non résolus depuis tant d'années au Proche-Orient, et qui ont conduit à l'impasse d'aujourd'hui. C'est à ces problèmes qu'il faut apporter des réponses. Tous les peuples de cette région ont un droit imprescriptible à la souveraineté, à l'intégrité, à la paix et à la sécurité. Il faut qu'un processus politique conduise à une solution de paix durable dans le respect du droit et la justice pour tous.

Les autorités françaises, qui ont déclaré faire de la cessation des hostilités leur « priorité absolue », doivent multiplier les initiatives diplomatiques en s'adressant aux Européens, aux autres membres du Conseil de sécurité, aux pays de la Ligue arabe pour qu'un accord politique intervienne. Elles doivent demander la réunion de l'Assemblée générale de l'ONU en session extraordinaire pour faire d'un cessez-le feu sans condition l'exigence de toute la Communauté internationale.

La décision de M. Fouad Siniora d'un déploiement de l'armée libanaise au Sud Liban introduit dans l'immédiat un élément nouveau et positif pour une issue politique. Il faut empêcher une escalade qui peut dégénérer en tragédie et en catastrophe régionale. Le blocus du Liban doit être levé et l'aide humanitaire doit impérativement passer. Le cessez-le-feu doit s'imposer !

Le poids des opinions publiques en France et en Europe sera déterminant.

Pour dire NON à la guerre, NON à l'escalade, cessez-le-feu et retrait des troupes israéliennes... pour exiger une solution politique qui préserve la souveraineté du Liban, qui garantisse les droits et la sécurité du peuple libanais, du peuple palestinien, de toutes les populations civiles, y compris en Israël, le Parti communiste français appelle à faire des manifestations du 12 août un grand moment de solidarité et de mobilisation populaire.

10 août 2006