Accueil
 
 
 
 

Extrait de l'intervention de Pierre Laurent au CN des 8 et 9 avril

Le Pacte pour l'Euro + : un coup de force qui accélère la crise Dans l'Europe toute entière, le choc des aspirations populaires et des politiques capitalistes de crise prend des proportions inégalées. Après la Grèce, l'Islande, l'Irlande, c'est au tour du Portugal de déclarer faillite, en vérité, de sombrer sous les coups des stratégies libérales ultra-spéculatives. Et quelle est la réponse apportée par les gouvernements de l'Union sous l'impulsion d'Angela Merkel et Nicolas Sarkozy? Le pacte de l'euro +, une machine de guerre contre les travailleurs, les services publics et la souveraineté des Etats. Avec ce Pacte, un cap gravissime a été franchi en catimini au dernier conseil européen des 24 et 25 mars derniers. Ce pacte institutionnalise et étend les politiques d'hyper-austérité à tous les pays membres. Il impose autoritairement à chaque État européen d'engager des réformes calquées sur les politiques d'ajustement structurel du FMI et d'en rendre compte annuellement. Au nom de la compétitivité, il est ordonné à chaque Etat de baisser encore les coûts salariaux dans le privé comme dans le public. Au nom de l'emploi, il leur est ordonné de « favoriser la flexisécurité », autrement dit, la maxi-précarité qui touche déjà 40% des actifs en Europe, et de transférer la fiscalité sur le capital vers la consommation : c'est le retour de la TVA sociale. Il ordonne d'augmenter l'âge du départ en retraite partout. Enfin, chaque Etat doit inscrire dans sa loi fondamentale la règle d'or du « frein à l'endettement », autrement dit la réduction drastique et programmée de toutes les dépenses publiques. Cette régression sociale généralisée à l'échelle européenne s'accompagne d'un recul démocratique sans précédent: les parlements nationaux et la souveraineté budgétaire des peuples sont bâillonnés, tandis que consigne est donnée de réviser à la baisse droits syndicaux et processus de négociation sociale. En tant que Président du PGE, j'ai lancé un appel aux forces démocratiques et sociales, le 12 mars dernier à Athènes, à la construction de fronts de résistances contre ce pacte. Dans ce cadre, et avec nos partenaires du Front de gauche, nous proposons de tenir à Paris début mai un grand meeting de lutte et de propositions – en même temps que le débat à l'Assemblée nationale sur la réforme constitutionnelle – pour révéler et alerter – comme l'a entrepris L'Humanité – sur le contenu de ce pacte et pour lancer un appel à la mobilisation en France Compte tenu du rejet sans appel par le mouvement syndical et la CES de ce Pacte, nous ne serons pas seuls dans ce combat. Les mobilisations contre l'austérité se déploient partout en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Angleterre à nouveau où le 26 mars s'est déroulée une manifestation d'une ampleur qui ne s'était pas vue depuis Thatcher, à Budapest demain avec l'euro-manifestation syndicale.

 

 

Extrait de l'intervention de Pierre Laurent au CN des 8 et 9 avril