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Préserver la biodiversité pour préserver l'espèce humaine

le 06 September 2006

La journée mondiale de la biodiversité le 22 mai, comme la conférence internationale qui s'est tenue à Paris en janvier ont souligné une menace bien réelle : le processus de disparition des espèces vivantes ne cesse de s'accélérer. L'accord entre les scientifiques est unanime, nous vivons la sixième période d'extinction majeure des espèces (...)

BIODIVERSITE

Préserver la biodiversité pour préserver l'espèce humaine

La journée mondiale de la biodiversité le 22 mai, comme la conférence internationale qui s'est tenue à Paris en janvier ont souligné une menace bien réelle : le processus de disparition des espèces vivantes ne cesse de s'accélérer. L'accord entre les scientifiques est unanime, nous vivons la sixième période d'extinction majeure des espèces vivantes. La précédente, est celle qui, il y a 65 millions d'années, a vu disparaître les dinosaures et de très nombreuses espèces vivantes suite à la chute d'un météorite. Si pour la précédente, nous n'y sommes pour rien puisque nous n'existions pas, l'activité humaine est, pour l'essentiel responsable de l'actuelle disparition de très nombreuses espèces. Outre le réchauffement climatique qui bouleverse les écosystèmes, certaines pratiques ont un effet destructeur de grande ampleur.

Récemment, 19 scientifiques de 13 pays différents, convaincus qu'une « crise majeure » affectera bientôt la planète ont lancé un appel en faveur de la biodiversité. Ils estiment que l'érosion de la biodiversité, c'est à dire l'ensemble des espèces vivantes animales et végétales, s'intensifie et représente une sérieuse menace, au même titre que le réchauffement climatique, pour les générations futures. Ils réclament qu'avant qu'il ne soit trop tard, soit créée une structure mondiale de coordination, calquée sur l'organisation du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (GIEC) dont les travaux sur le climat ont permis de sensibiliser à la fois les citoyens et les politiques sur la gravité de la situation. L'importance de la biodiversité est largement méconnue. Pourtant, c'est l'ensemble des espèces vivantes, animaux, plantes micro-organismes qui rend notre planète vivable. La fertilisation des sols arables, la fixation du carbone de l'atmosphère, la production de l'eau potable, la décomposition des déchets… sont autant de phénomènes qui doivent beaucoup au travail de nombreux organismes vivants.

On estime actuellement que près de 12% des espèces d' oiseaux, 23% des mammifères, 25% des conifères et 32% des amphibiens sont menacées, comme le sont des millions d'espèces d'insectes, plantes, micro-organismes … qui n'ont jamais été répertoriées.

Actuellement, 70% des médicaments proviennent soit directement, soit indirectement de la biodiversité. Par exemple l'aspirine, connu depuis longtemps, qui provient du saule ou plus récemment le taxol, médicament contre le cancer qui provient de l'écorce de certaines variétés d'ifs. Cette ressource est menacée par la destruction de nombreux milieux naturels notamment les forêts, victimes de destructions massives. Toutes les six heures, une surface équivalente à Paris, de forêt amazonienne disparaît. Pour le biologiste Edward Wilson, l'un des initiateurs de l'appel en faveur de la biodiversité, ces milliers d'espèces qui disparaissent représentent « la perte de ressources pouvant fournir de nouveaux médicaments, des substituts au pétrole, de nouvelles cultures, des gènes intéressants… »

Certaines pratiques humaines comme la déforestation, des pêches où des chasses intensives de certaines espèces, l'utilisation de pesticides ou de fongicides, l'introduction d'espèces invasives (exemple le perche du Nil dans le lac Victoria) animales ou végétales, la destruction de milieux naturels sont à l'origine de cette situation. L'espèce humaine risque fort d'en être victime à l'instar des autres espèces vivantes. A l'origine de la conférence de Paris en janvier 2006, Jacques Chirac a une fois de plus fait de beaux discours pour afficher son attachement à la défense de l'environnement. Pour autant, cela ne doit pas nous faire oublier les nombreux rappels à l'ordre de Bruxelles, voire les amendes très élevées dont la France est l'objet suite aux manquements à la protection de son environnement, pas plus que l'insuffisance notoire du budget de l'environnement. Quatre des cinq grandes zones de biodiversités européennes sont représentées dans l'hexagone : région alpine, continentale, atlantique et méditerranéenne, mais les parcs nationaux qui représentent la meilleure protection ne représentent qu'une petite partie du territoire. Le dernier parc national a été créé en 1989. Rien n'est fait dans les territoires d'outre-mer qui abritent pourtant 10% des récifs coralliens mondiaux, 20% des atolls et plus de 7 millions d'hectares de forêt tropicale en Guyane. On parle depuis des années des projets de parc nationaux de la mer d'Iroise, de la Guyane et de la Réunion. L'appel des scientifiques qui propose de fédérer les points de vue de la communauté scientifique et orienter les décisions politiques constitue un moment important dans la prise de conscience de la gravité de la situation, mais si elle reste le fait d'un comité d'experts sans lien avec les peuples, elle risque fort, comme la convention de Rio en 1992, pourtant ratifiée par 188 pays, de rester impuissante à stopper l'érosion de la biodiversité.

[/Claudine Ludwig/]

 

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