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Surloyers : mener la fronde !

 

Revue marxiste d'économie du PCF

 
 
 

 

Lorsqu’on est retraité et que l’on voit tripler sa quittance par l’application d’un surloyer sur son logement social, que faire ? Se battre ! Cette affaire est exemplaire des effets de la politique gouvernementale en général, ceux de la loi Boutin en particulier. Il éclaire la portée du projet de société à l’œuvre dans la région capitale, sous couvert de « Grand Paris », voulu par le chef de l’État. L’ex-maire de Neuilly, ville qui, on le sait, brille par son audace en la matière, vantait avant son élection « la France de proprié­taires ». Sa mesure-phare en était la mise en vente des logements sociaux, soit donc l’exclusion de ce parc de leurs locataires les plus pauvres pour racheter leur loge­ment et assumer ensuite tous 
les frais rents à son entretien ! Trois ans plus tard, le roi de la division et sa princesse de la droite dite « sociale » alourdissent la matraque du surloyer pour 
les nantis qui y demeurent en nombre. Il est bien connu que lorsqu’on en a les moyens, on préfère abuser du privilège exorbitant de vivre en HLM dans un quartier populaire, plutôt que résider dans la ville chère au cœur du président… À y regarder de plus près, que ce soit en matière de logement, d’emploi industriel ou de salaires, 
la maxime du locataire de l’Élysée se résume encore 
et toujours à : laissez donc agir les forces du marché. 
Il faut « libérer la construction immobi­lière », déclare-t-il. 
Ne nous embarras­sons plus avec la responsabilité publique : « Les pouvoirs publics doivent en revan­che accompagner des mouvements et encourager des dynamiques qui sont lar­gement spontanées. » Voilà une constante, si ce n’est une obsession, chez celui qui, voilà deux ans, en pleine crise 
de la « bulle » immobilière, lançait aux élus de Seine-et-Marne : « Vous voulez 
des bureaux ? Vous voulez 
des logements sociaux ? Vous voulez des logements ? C’est votre problème et ce n’est pas 
à l’État, ce n’est pas 
à l’administration de vous surajouter des problèmes. » Pourquoi se gêner : enrichissez-vous ou aidez les autres à le faire. Et pendant ce temps, des centaines de mil­liers de mètres carrés de bureaux cons­truits sur ces bases restent vides, tandis que des millions de Français subissent le mal-logement, voire l’absence de tout logement décent 
ou abordable. Et ne par­lons pas des jeunes sans travail, lorsqu’un secrétaire d’État au Logement envisage 
qu’il serait tolérable pour un étudiant de louer le mètre carré d’une chambre de bonne à 40 euros par mois, lorsque le niveau moyen des loyers est, à Paris, de 23 euros, 
et que ces taudis sont proposés à 60 euros par 
les propriétaires. Seraient-ils disposés, tous ces adeptes 
du bouclier fiscal, à ne vivre, ne serait-ce qu’un mois, dans les mêmes conditions que les victi­mes de leur politique ? Il existe, fort heureusement, dans ce pays, des élus qui ont 
une haute ambition. On les retrouve du côté 
de ces maires de Seine-Saint-Denis ou du Val-de-Marne, 
ou d’ailleurs, singulièrement communis­tes et rejoints 
par d’autres élus du Front de gauche, qui s’opposent aux expulsions locatives comme ils mènent la fronde con­tre les surloyers, dans des villes, majoritai­rement de gauche, où ce sont eux qui sup­portent l’essentiel de l’effort 
en matière de logements sociaux. Sénatrice, comme Odette Terrade, ou député, comme Pierre Gosnat, 
ils déposent des projets de loi porteurs d’une tout autre ambition de justice sociale et de société en matière de droit au logement pour tous. Voilà aussi des combats qui donnent une tout autre résonance à la chose publique et politique que le « tous pourris » et son lot de résignation et de division. Hâtons-nous de les rendre populaires...   Gérard Streiff.

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