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De quels budgets le pays a-t-il besoin ?

Ça y est, c’est chose faite, «la gauche a fait le job» comme dit Marisol Touraine. Les politiques d’austérité par la réduction de dépenses publiques et sociales, la politique de l’offre activée par la baisse du coût du travail, le soutien inconditionnel au capital auraient donc réussi à réduire le déficit du budget de l’État et le «trou de la Sécurité sociale». 2017 sera l’annus magnificat. En témoignent le projet de loi de finance et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2017: 2017 verrait le déficit du budget ramené sous la barre des 3%, et surtout, le budget de la Sécurité sociale serait enfin à l’équilibre, et cela 2 ans avant l’objectif. Gloria!

Problème! Le story telling de Bercy et de la rue de Varenne n’est pas en phase avec la vraie vie. Non seulement les hypothèses économiques sur lesquelles s’appuient les projections 2017 de dépenses et de recettes des budgets de l’État et de la Sécurité sociale du gouvernement ne tiennent pas compte des révisions de cet été. Elles ont été arrêtés sur les données du printemps. Même le Haut Conseil aux finances publiques qui n’est pas caractérisé par un esprit contestataire souligne dans son rapport de septembre que les prévisions gouvernementales sont très optimistes. Mais quand bien même elles seraient fondées, ces projections illustrent clairement la philosophie gouvernementale: tendre à l’équilibre budgétaire, dans un contexte de réduction des recettes, implique de peser sur les dépenses. Et donc en particulier sur les ménages, principaux bénéficiaires des dépenses publiques et sociales. S’en féliciter relève du cynisme!

En outre, force est de constater que cette politique libérale très habituelle échoue une fois encore à rééquilibrer les comptes publics autant qu’à sortir le pays de la crise. Au contraire, elle renforce les effets de la crise en réduisant la demande des ménages et de l’administration publique aux entreprises, sans rien réduire des logiques de prédation de la finance sur les richesses produites. Elle accentue le désastre social et les inégalités qui en résultent, laminant ainsi année après année l’espoir populaire d’en sortir. En vérité, si la gauche a fait quelque chose depuis 4 ans, c’est le job du patronat. Et parfois, elle l’a même fait avec amour…

Or nous l’avons déjà montré dans nos colonnes, redonner espoir implique de changer de logiciel, de renoncer à équilibrer les comptes par la baisse des dépenses utiles aux populations, mais plutôt d’encourager deux choses: (1) la mobilisation de la création monétaire pour réduire le coût du capital des entreprises afin de développer leurs investissements matériels et de recherche, (2) la dépense publique et sociale de développement des capacités humaines. Les budgets de l’État et de la Sécurité sociale devraient répondre à ces objectifs de dynamisation de l’efficacité de l’offre et de la demande. Par un mode de prélèvement fiscal et social le permettant autant que par un ciblage des dépenses. On en est loin.

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