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Après le retrait de deux des quatre candidats à l'obtention de licences UMTS

le 02 février 2001

La retombée de la mode des starts-up montre qu'Internet n'est pas un jouet qui monte et qui descend avec le Nasdaq, mais un outil professionnel et citoyen inadapté à la spéculation à court terme.

Cependant, l'engouement des businessemen sur les réseaux numériques diminuant parallèlement à la capacité d'y faire d'énormes profits à très court terme, les volontaires à l'acquisition d'une licence UMTS se font plus rares. L'abandon de ce secteur jugé « stratégique » il y a trois mois par de grands groupes privés transnationaux appelle plusieurs remarques :

- 1.L'économie de marché privilégie le retour à court terme sur investissement par rapport à la performance sociale et aux services collectifs. Cette tendance naturelle du capitalisme doit être contestée et mise sous contrôle citoyen, par la loi et la démocratie dans l'entreprise comme dans la cité. Il est inadmissible que des décisions de cette importance se prennent en fonction du seul calcul de l'intérêt des actionnaires, sans se soucier de la satisfaction des besoins du plus grand nombre.

- 2.Le retrait de deux candidats pour l'attribution des licences UTMS n'est pas seulement dû à leur coût élevé mais aussi à un infléchissement de stratégie. Les opérateurs se rendent compte que le WAP et plus globalement l'Internet par téléphone n'est pas encore un format viable. Les téléphones WAP de France Télécom seront morts-nés : c'est un désastre annoncé pour l'opérateur historique, gagné aux sirènes du CAC et ayant renoncé définitivement à ses missions de services publics.

- 3.Depuis des années, les critères de gestion du domaine des télécoms (publics ou privés) sont les critères du privé. Nous regrettons que les gouvernements successifs aient ainsi affaibli l'intérêt général, notamment en bradant la sphère publique nationale des télécommunication.

- 4.Le seul coût d'une licence UMTS en Allemagne (328 milliards de francs) permettrait d'équiper l'Europe entière avec un réseau de fibres optiques interconnecté, assurant le haut débit pour tous avec une mutualisation des risques et une cohésion sociale et territoriale.

- 5.La pluralité d'infrastructures de réseaux que va induire la démarche du gouvernement, privilégiant la concurrence financière aux coopérations mutuellement avantageuses est une absurdité technologique et économique.

- 6.Le gouvernement prévoyait d'abonder le fond spécial pour les retraites avec le produit de la vente des licences UMTS. La preuve est faite que l'on ne peut confier l'avenir du régime de retraite par répartition au bon vouloir de quelques conglomérat marchands. Diminuer le coût des licences comme le demande Bouygues aujourd'hui serait ignorer cette leçon.

Nous demandons :

- 1.Une politique économique sous le contrôle de la loi, des salariés et des citoyens, pour assurer la performance sociale du secteur des technologies de l'Information et de la Communication dans le public comme dans le privé.

- 2.Une législation européenne renforcée de Service Universel faisant de chaque opérateur (public ou privé) un opérateur garant des missions de services publics, et donc garantissant en particulier l'équipement de tout le territoire, et la péréquation tarifaire pour les réseaux numériques filaires (fibres optiques, câble, boucle locale dopée à l'ADSL...) ou hertzien (boucle locale radio, UMTS...).

- 3.Une remise à plat de tout le dossier, remettant notamment en cause la pluralité d'équipements concurrents.

Nous continuerons pour notre part à défendre une conception libre, décentralisée et non marchande de l'Internet, pour garantir le développement durable et l'utilité publique du réseau, ainsi que le développement des services universels en Europe.

     

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