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Publié le 22/10/2019 par PCF

ADP: Une lutte de longue haleine

L’expérience de Paris

Le gouvernement a fait voter la privatisation d’Aéroports de Paris, entreprise publique et très rentable qui gère notamment les aéroports de Roissy et d’Orly. Les parlementaires de l’opposition (gauche et droite réunis) ont fait jouer l’article 11 de la Constitution qui prévoit l’organisation d’un référendum si 10 % des citoyen.ne.s le demandent. Pour avoir la possibilité de refuser cette privatisation par référendum, ce qui serait historique, il faut donc réunir pas moins de 4,7 millions de soutiens. Le gouvernement a ouvert le recueil des soutiens le 13 juin dernier et ces 4 derniers mois près de 900 000 personnes ont fait le choix de demander un référendum.


Cependant la procédure est complexe et se fait essentiellement par internet. Le pouvoir en place a également fait le choix du silence radio sur cette question. Que nous reste-t-il alors pour gagner ? Le militantisme et cela tombe bien, le Parti communiste est fait pour cela. Plus sérieusement, nous avons souvent écrit dans nos congrès que notre organisation devait être un outil pour permettre au plus grand nombre de faire de la politique. Donc c’est à nous d’aller chercher les signatures et les retours sont très positifs : « Merci, je n’ai pas Internet donc sans vous je n’aurai pas pu le faire », « j’ai essayé mais je n’ai pas réussi, heureusement que les communistes sont là », « je n’étais même pas au courant ».


Depuis plusieurs mois, un peu partout les camarades s’organisent. Une table, un ordinateur, un partage de connexion, quelques tracts et affiches et bien sûr un endroit passant, voilà les ingrédients pour faire campagne. 10, 20, 30, voire 1 000 signatures (bon ça c’était à la Fête de l’Huma sur l’espace fédéral parisien) sont autant de petites graines de révolte et d’espoir contre la politique du gouvernement. À Paris, les bals du 14 Juillet notamment place Henri-Malberg dans le 20e ou place de la Commune de Paris dans le 13e ont ainsi à chaque fois permis de récolter plusieurs dizaines de signatures. Dans le 11e, les camarades ont fait le choix de lier la bataille pour ADP à chacune de leurs actions : ainsi depuis la rentrée, marchés, vide-grenier, porte-à-porte ou initiatives de lutte contre la fermeture d’un bureau de poste ont vu les communistes poser la question d’ADP. Plus récemment, lors du meeting de Fabien Roussel dans l’Allier le 17 octobre, les camarades avaient aussi préparé les ordinateurs et les ont fait chauffer. Il peut être intéressant de préparer les inititatives de collectes de soutien en prévenant la presse et les réseaux sociaux du lieu et de l’heure prévus pour attirer plus de monde et s’assurer que les citoyen.nes viennent avec leur pièce d’identité (CNI ou passeport).


Le site officiel est un peu retors… donc il ne faut pas hésiter à vérifier au bout de 4 ou 5 jours que les noms rentrés ont bien été publiés, quitte à remplir le formulaire à nouveau si ce n’est pas le cas. En revanche, un site internet collaboratif (adprip.fr) publie quotidiennement le nombre de signatures par commune. C’est un outil très précieux pour rendre visibles (avec 4 ou 5 jours de délai) les efforts militants.


On peut être confronté à l’indifférence, mais face à des citoyen.ne.s qui ne prennent jamais l’avion ou se sentent très éloigné.e.s de Paris, il peut être utile de rappeler qu’Aéroports de Paris est aujourd’hui le patrimoine de toutes et tous et nous fait gagner de l’argent. Rappeler aussi que l’enjeu est d’infliger une défaite au pouvoir en place et qu’il suffit de quelques minutes et d’une pièce d’identité.


Cette action militante a le mérite de nous permettre de nouer de nombreux contacts (et le formulaire officiel demande l’adresse électronique) et de poser la question des services publics qui sera un des thèmes centraux des municipales.


Enfin, si les 4,7 millions de signatures semblent inaccessibles à beaucoup, comme pour les élections, chaque voix compte. Le Président de la République a d’ailleurs déclaré qu’à l’avenir il faudrait envisager d’abaisser le seuil de déclenchement du référendum à 1 million de signatures. Franchir ce seuil est une étape à portée de main. Toutes et tous les camarades qui se sont engagé.e.s dans cette bataille en sont enchanté.e.s. N’hésitons plus !

 

Adrien Tiberti

adjoint au maire du 11e arrondissement de Paris
membre du CN

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