Publié le 06/02/2019 par PCF

Quel débouché politique à la colère populaire ?

Les gilets jaunes ont mis en lumière la France des oubliés, qui subissent en silence depuis tant d’années les humiliations de classes et le recul de la République dans les territoires : désindustrialisation, chômage de masse, suppression de services publics...

Parce que le PCF est le parti du monde du travail, ses élus et ses militants sont allés très tôt à la rencontre de cette France en colère, cette France méprisée « qui fume des clopes et roule au diesel », cette France des classes populaires et des classes moyennes. Acculé, le président Macron a, chose impensable il y a quelques mois, opéré de premiers reculs : il a été contraint de reconnaître que le SMIC est trop bas (même si au final la prime d’activité n’est pas une augmen- tation de salaire et que les grandes entreprises ne passent pas à la caisse), il a relevé les plafonds pour la surtaxe de CSG pour les retraités, il a renoncé aux hausses de carburant pour 2019 et a reculé la hausse des prix de l’énergie. Ce sont de premiers points marqués.

Le « grand débat national », sorte de meetings permanents du Président, ne répond pas aux attentes populaires. En voulant faire les questions et surtout les réponses, le Président porte la responsabilité de la colère sociale qui s’aggrave. En favorisant les répressions policières et en bâillonnant son peuple, il cadenasse sa logique libérale.

Aujourd’hui, des convergences émergent. Les colères se parlent et se renforcent entre elles : gilets jaunes, chasubles rouges, bleus de travail, blouses blanches ou robes noires. Chacun avec leur mode d’action propre et leurs revendications. Hier ont défilé dans l’unité et le respect des revendications de chacun de nombreux cortèges bariolés dans toute la France. Avec comme trait d’union l’exigence d’un meilleur partage des richesses, la justice fiscale, le pouvoir d’achat et l’exigence d’une vie digne pour chacun. Ce mouvement de fond doit trouver un nouvel élan pour que Macron mette le deuxième genou à terre.

La réponse à la colère trouvera un débouché politique, notamment à l’occasion des élections européennes. La question est de savoir de quel côté ? Il serait quand même ahurissant que Macron et sa politique en sortent renforcés ! C’est pourtant ce qu’il ambitionne. Et l’éclatement et l’affaiblissement de la gauche peuvent malheureusement lui en donner l’occasion.

Il est donc nécessaire de prendre, avec Ian Brossat, toutes les initiatives pour conjurer le scénario à l’italienne de l’effacement. Avec nos candidats, menons campagne activement pour faire bouger les lignes, hisser haut le drapeau communiste en même temps que celui du rassemblement jusqu’au dépôt officiel des listes, début mai. Poussons loin les questions de contenu, notre bataille contre le coût du capital, pour renforcer les revendications progressistes qui ont d’ores et déjà émergées du débat créé par les gilets jaunes et appelons chacun à agir en responsabilité pour construire une alternative.

Les communistes de Seine-Maritime y contribuent en mettant en place une votation citoyenne pour imposer la voix du peuple dans le débat national, et le rétablissement de l’ISF. Le meeting « la Normandie en colère » avec Fabien Roussel, notre secrétaire national, et nos 4 parlementaires normands, sera un temps fort de cette campagne, jeudi 7 février à 18 h 30 au Parc des expos de Rouen.

Aurélien Lecacheur

secrétaire départemental de Seine-Maritime, membre du Conseil national

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