publié le 30/10/2018

L’éducation de nos enfants mérite mieux que ça !

Pour les militants dans le monde de l’éducation, l’été n’a pas été de tout repos. Des dysfonctionnements annoncés de ParcourSup à la révision des programmes en passant par la publication des décrets qui entérine la réforme du bac et du lycée, le gouvernement
a poursuivi le train des réformes à marche forcée…
Malgré les vacances, la communication qui avait jusqu’alors fait la force du ministère sauce Blanquer a cependant connu quelques ratés. Les médias, qui n’avaient eu de cesse de chouchouter le ministre et qui avaient encensé l’instauration de la sélection à l’entrée de l’université et l’annonce du nouveau bac ont bien été obligés d’aller au-delà des déclarations du gouvernement qui, à grand renfort de chiffres truqués, ont continué d’affirmer tout l’été durant que ParcourSup était une réussite.
Il en faudra toutefois bien davantage pour freiner le gouvernement, bien décidé à faire passer la réforme de la voie professionnelle scolaire puis celle de la formation initiale des enseignants.

visuel-ecole1.jpg

Il faut dire que le discours reste bien rodé. Équilibriste brillant, Jean-Michel Blanquer parvient à imposer son projet néolibéral pour l’école, avec l’approbation du patronat le plus moderne et des jeunes cadres sortis des écoles de commerce tout en envoyant quelques signaux rassurant aux franges plus traditionnelles de l’électorat de droite.
Dans cette optique, l’idéologie méritocratique permet de faire la jonction entre les attentes parfois contradictoires des classes dominantes. Thème républicain des plus classiques, il apparaît aux milieux conservateurs comme un gage de justice mais aussi d’exigence. De quoi séduire non seulement le noyau dur de l’électorat de la droite conservatrice mais aussi, au-delà, parmi les classes populaires qui y croient encore. De l’autre côté, le mérite se conjugue parfaitement avec les idées néolibérales qui érigent la concurrence et la compétition comme logique de fonctionnement optimal de la société.

Bien sûr, les travaux de Bourdieu notamment ont largement démontré que les inégalités scolaires sont le reflet des inégalités sociales plus que du mérite individuel. Mais plutôt que de transformer l’école pour permettre à tous les élèves de réussir, les néolibéraux appellent à mieux prendre en compte les différences et à adapter l’éducation aux besoins de chacun. Certains élèves ne mériteraient-ils pas la même école que les autres ?


Erwan Lehoux, membre du Réseau école, Seine-Maritime

Notre site utilise des cookies qui nous permettent d'améliorer votre navigation et de réaliser des statistiques de visites. En utilisant www.pcf.fr, vous acceptez l'utilisation de ces cookies. En savoir plus