publié le 30/10/2018

La révolution du travail

Les femmes, laboratoire d'expérimentation

Par Elsa KACZMAREK, Val de Marne

 

Un humain sur deux est une femme et quasiment un salarié sur deux est en réalité une salariée. 

Cette féminisation pour moitié de la population active, associée au fait qu’il existe depuis 1972 une loi sur l’égalité salariale à laquelle est venue s’ajouter celle sur l’égalité professionnelle en 1983, prête à penser qu’il existe une mixité du marché du travail et une égalité professionnelle.

Pourtant à ce jour, toutes les études le montrent, il n’en est rien. Les lois existent mais ne sont pas appliquées. Pire, les inégalités se sont réduites jusqu’en 1990 puis plus rien ! Les femmes travaillent dans seulement 12 familles professionnelles sur 87 et depuis plus de 30 ans, bien qu’elles sortent plus diplômées que les hommes, elles occupent des postent moins qualifiés, moins valorisés. En s’intéressant à la différence salariale, on s’aperçoit qu’en 2017 les femmes travaillent gratuitement à compter du 02 novembre à 11h44 soit 2h plus tôt que l’année précédente… 

 

La société patriarcale maintient les femmes dans un statut d’infériorité. Le patronat utilise le travail des femmes comme un laboratoire d’expérimentation afin d’étendre la précarité, la flexibilité et le temps partiel à l’ensemble du monde du travail. Et force est de constater que même si les mobilisations féministes ont permis d’arracher des droits nouveaux pour les femmes, les inégalités de genre demeurent vivaces en 2017. L’invisibilité du travail des femmes est une construction sociale et il faut se battre partout et sans cesse pour démontrer que l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas un supplément d’âme. 

 

Révolutionner le travail des femmes aurait une incidence sur les conditions d’exercice de leur activité professionnelle, leur autonomie et donc leur liberté mais impliquerait également une remise en question générale de l’organisation du travail, assortie d’une répartition plus équilibrée des responsabilités familiales. L’ensemble de la société serait hissé vers un mieux-être. Mais cela ne sera possible que lorsque l’égalité cessera de passer systématiquement en arrière-plan des luttes :  ce n’est jamais le moment, il y a toujours plus important. 

 

En se donnant l’ambition de sécuriser l’emploi et la formation, le PCF ne peut faire l’impasse sur la lutte collective contre les inégalités, les stéréotypes sexistes et les discriminations subis par les femmes, notamment la précarité et le temps partiel imposé.  

Des solutions existent et attendent juste d’être mise en œuvre : 

1.Une application effective des lois, 

2.De vraies sanctions pour les entreprises qui discriminent, 

3.Une mixité des métiers assortie d’une revalorisation des salaires des métiers à prédominance féminine, 

4.Une suppression des écarts de carrière,

5.Une transparence des systèmes de rémunérations,

6.Une prise en compte du genre dans la prise en charge de la pénibilité,

7.Un plan de prévention des violences et une meilleure protection des victimes,

8.Une lutte contre les stéréotypes dès le plus jeune âge, 

9.L’instauration d’un service public de la petite enfance. 

 

Le travail occupe aujourd’hui une place tellement importante dans nos vies que si l’égalité n’existe pas dans ce domaine, elle sera difficile à réaliser dans les autres. D’autant que toute avancée obtenue sera bénéfique à l’ensemble du monde du travail et de la société. 

 

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