publié le 30/10/2018

Une organisation féministe, renouvelle et étend la démocratie.

Alors : « Quelles transformations du parti ? »

 

Construire tou.te.ss ensemble, une organisation féministe pour de nouveaux modes de partage des responsabilités et une démocratie renforcée.

Le PCF ne peut porter dans son projet une société communiste et féministe si dans notre organisation, nous n’arrivons pas à mettre en œuvre l’égalité réelle et en pratique à faire vivre des rapports de non-domination et de non-violence. 

Le PCF a su être précurseur sur ce sujet dès 1925, en présentant des candidates aux municipales alors que les femmes n’avaient pas encore le droit de vote. L’histoire des droits des femmes est parcourue de personnes ou de mouvements qui ont rejeté les carcans et ont osé.  

C’est cet état d’esprit qui doit irriguer toute notre organisation. Ainsi, nous pourrons sortir de ce constat fait à chaque congrès ou élection: « il manque des femmes », « les femmes ne veulent pas être candidates ». Aujourd’hui 45% des adhérents sont des adhérentes mais 80% des secrétaires fédéraux sont des hommes. 

Si beaucoup reconnaissent qu’il y a un fort enjeu de structuration à tous les niveaux de notre organisation, il est plus difficile d’appréhender le fait que le système de domination est tel que cela ne se fera pas naturellement. Ce changement doit être clairement volontariste et pérenne et il doit être suivi d’actes forts et de cadres visibles par tous les camarades : du local au national. 

 

Pour cela, nous pouvons puiser dans les modes d’organisation d’autres formations :

Le mouvement de libération kurde a réalisé un acte fort : l’égalité femmes/hommes est aussi centrale que la libération de l’impérialisme. Et elle met en œuvre un cadre visible par toutes et tous : la coprésidence de toutes les instances. Dans le même temps, un mouvement des femmes kurdes est toujours constitué pour favoriser la formation des femmes et développer le travail de solidarité internationale avec les femmes du monde. 

A Cuba, dès 1960, la Fédération des femmes cubaines (FMC) fondée par Vilma Espín, a vu le jour afin de défendre les mêmes droits pour tou.te.s et mettre un terme aux discriminations. Organisée au niveau d’un quartier jusqu’au niveau national, la fédération participe à la formation massive des femmes et à l’inclusion au sein du projet révolutionnaire cubain de la lutte contre les inégalités femmes /hommes.

On le voit, l’effort à déployer est important et doit s’envisager sur le long terme, c’est pourquoi la question de l’égalité femmes/hommes doit être un axe de travail dans le pôle développement/Orga du parti. Ainsi, nous inscrivons aujourd’hui les fondations nécessaires à moyen et long terme pour être un parti d’émancipation pour l’ensemble des camarades, un parti qui est féministe et qui ne dit pas juste qu’il faut l’être. Et surtout cela constituerait un véritable révélateur de notre capacité à construire une société émancipée des dominations systémiques.

 

3 notions à développer : 

 

1 – Les types de scrutins  ne sont pas neutres en genre : le scrutin uninominal dans nos organisations favorise comme dans la société, toujours les hommes ! Aujourd’hui dans le PCF le mode de fonctionnement pyramidal, de la cellule au secrétariat national en passant par les sections et les fédérations, favorise les hommes. On recherche une personne qui prenne seule des décisions, qui a du temps  (ce qu’on appelle  la « présentielle »), et qui puisse faire preuve d’autorité ou de charisme. Un autre mode de répartition des tâches, plus étalée, plus participative, plus déconcentrée, plus partagée favoriserait indéniablement les femmes. Les binômes paritaires peuvent être une étape, mais il faut faire preuve de plus d’audace encore pour organiser une mise en responsabilité moins contraignante et plus en adéquation avec les vies professionnelles et familiales de tous. 

2 -  Partager les pouvoirs, c’est s’enrichir de la mixité et mener une politique inclusive. 

Penser en féministe-lutte des classes nécessite de réfléchir systématiquement à l'intérêt du capitalisme à utiliser et renforcer le patriarcat. Il s'agit de contrer l'idéologie dominante et donc de déconstruire l’illusion de l’égalité que ce soit dans la société comme dans notre Parti. Adopter une méthode inclusive nécessite donc de bousculer nos modes de raisonnement mais aussi nos pratiques. 

Il faut instruire les débats féministes au sein de notre parti. Le patriarcat est un système de domination qui se nourrit du capitalisme (et inversement) sans se confondre. Il assujettit les individus, les enfermant dans des rôles déterminés véhiculant une certaine représentation de la masculinité et de la féminité, de la parentalité, du corps, de la sexualité… Travailler en co-élaboration avec le secteur formation est donc essentiel. Conformément à nos décisions de Congrès, féminisme et droits des femmes doivent être inclus comme un module incontournable dans les séances de formation. 

Nous avons besoin d'un relai local organisationnel plus important. L'ambition est donc bien de travailler à ce que les fédérations s'emparent de cet enjeu, dans le respect et avec la pertinence de leur réalité locale. Le féminisme n'est ni une option ni une opinion, c'est un fondement de tout engagement communiste pour l’égalité. Il nous faut développer et organiser la commission Droits des femmes/Féminisme dans toutes les fédérations.

3 – Pas d’avancées pour l’égalité possible sans un discours clair de lutte contre les violences faites aux femmes et le harcèlement. C’est le cas maintenant avec la diffusion à tou.te.s du fascicule du PCF  « Tolérance zéro face aux harcèlements sexistes et sexuels »

 Des Propositions concrètes : 

- Créer une commission Féminisme/Droits des femmes dans toutes les fédérations ;

- S’assurer de la présence de camarades femmes à égalité avec les hommes dans les formations des cadres ;

- Installer des binômes paritaires à chaque échelle de responsabilité ;

- Constituer des binômes paritaires lors des élections ; 

- Créer un porte-parolat collectif paritaire national, et s’assurer du partage égal de la parole ; 

- Réaliser, lors de chaque congrès, un bilan chiffré en termes de pourcentages d’hommes et de femmes dans les instances de directions départementales ;

- Animer les réunions de telle sorte qu’il y ait des interventions alternées femmes/hommes dans les assemblées du plus local au national ;

- Mettre une règle de départ de temps de parole pour l’ensemble des camarades lors des réunions afin de laisser la même place à chacun-e. Inscrire en priorité celle qui n’a pas encore parlé. 

- Refuser tout propos sexiste et stéréotypé lors de nos réunions ou échanges entre camarades

- Garantir l’aide et l’écoute à toute camarade victime de violences ou harcèlement sexiste au sein de notre organisation

- Interdire aux camarades hommes reconnus coupables de violences faites aux femmes de prendre des postes de responsabilité et, conformément à nos statuts, exclure un responsable ou adhérent auteur de violences sexuelles

- Inventer d’autres manières d’organiser les prises de paroles en réunion : la position tribune parole descendante sur-valorise la parole masculine. 

- Inviter des expertEs, à prendre la parole dans nos publications, dans nos formations. 

- La parité doit être pensée et travaillée localement dans les congrès, toutes propositions de candidatures émanant de cellules, sections, fédérations doivent être à parité, ce qui signifie « un homme- une femme ou plus… » 

- Porter un discours politique identifiant et engageant pour les femmes, par exemple nous proposons que l’ensemble de nos chef-fe-s de files aux prochaines élections européennes soient des femmes !

  

Hélène Bidard, Paris

 

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