publié le 30/10/2018

L'eau : un besoin, un droit, un combat !

L’eau n’est pas une marchandise

L’eau est vitale au développement humain. Sans eau pas de vie. Pourtant dans le monde aujourd’hui, 1,4 milliards de personnes sont privées d’eau potable, tandis que plus de 5 milliards n’auront sans doute pas accès à un système d’assainissement décent, d’ici 2030.

Alors que le droit à l’eau est déclaré au niveau des institutions internationales, comment agir pour rendre effectif ce droit inaliénable, pour tous et partout ? Que faire pour contribuer de façon efficace à atteindre les objectifs du millénaire pour une nouvelle culture de l’eau, partagée, équitable et environnementale ?

Au travers de ce document, les communistes, suite à leur séminaire national, veulent donner leur opinion, inciter à
la prise d’initiatives politiques et publiques, contribuer au développement des luttes du local au mondial. Puisque l’eau est déterminante à la vie, elle doit être accessible à toutes et tous, et surtout il vaut mieux qu’elle soit de bonne qualité. En effet, seulement 0,3% d’eau non salée sont disponibles 
et consommables sur la planète dans les conditions technologiques et économiques actuelles. Cela demande donc d’agir à toutes les étapes - de son prélèvement à son retour dans le milieu naturel - pour, en tout premier lieu, la protéger des agressions polluantes, agir pour une répartition équitable de son accès, être économe dans son utilisation.

Par exemple, l’eau est indispensable à la production alimentaire. L’agriculture est actuellement, et de loin, la première utilisatrice, absorbant 70% de la consommation totale. Cet enjeu est crucial, mais le problème réside surtout dans certains modes de production intensifs de l’agriculture. L’utilisation importante d’engrais de synthèse et de produits phytosanitaires (notamment pesticides et nitrates) génère d’importants dégâts et élèvent considérablement les coûts de traitement.

Les activités industrielles et urbaines ne sont pas en reste.
Cette situation complique considérablement les opérations de potabilisation et d’assainissement de l’eau. Elle alourdit fortement la facture des consommateurs. Le principe selon lequel « l’eau paye l’eau », reposant essentiellement sur les seuls usagers, est dépassé. Le financement de l’eau doit, de ce fait, être complètement repensé à l’aune des défis de notre époque (changement climatique, enjeux géostratégiques et économiques...). La solidarité nationale doit s’exprimer et ce malgré l’austérité qui caractérise les politiques publiques nationales et européennes actuelles.

Or, la France fait figure d’exception dans le monde, par la place qu’occupe le secteur industriel privé. Le marché est pour l’essentiel détenu par trois grands groupes : Suez-Lyonnaise des eaux, Veolia- Générale des eaux et la SAUR. 71% des usagers seraient concernés par une Délégation de service public (DSP) confiée à l’une de ces multinationales. L’offensive capitaliste d’investir très largement ce terrain des profits environnementaux ne date pas d’aujourd’hui. Toutefois, elle tend à se réduire progressivement dans le secteur des DSP de l’eau sous l’effet des luttes et de l’intervention citoyenne.

Pour les communistes l’eau ne peut et ne doit pas être considérée comme une marchandise. C’est un bien commun de l’humanité. Elle doit être soustraite des griffes des marchés. Sa gestion, au plan local, doit être rendue publique et citoyenne au plus vite1

Afin d’accompagner ce mouvement général, nous militons pour la création d’un service public national de l’eau, seul susceptible, de notre point de vue, de résoudre la globalité des enjeux auxquels l’eau est confrontée. Cette proposition est originale. Elle ouvre la voie d’une nouvelle cohérence publique, pour maintenir la facture des usagers au niveau le plus bas possible, tout en assurant une action efficace sur tous les domaines de l’eau et de ses usages variés. Bien entendu, elle est loin de satisfaire le secteur privé qui voit en son existence un adversaire pour ses profits. Les communistes sont déterminés à faire valoir leurs arguments décrits au cœur de ce document.

Bonne lecture !

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