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Progressistes. Europe et coopération

le 05 May 2014

Progressistes. Europe et coopération

SOMMAIRE AVRIL-MAI-JUIN 2014

ÉDITO Alstom : la souveraineté industrielle bradée ! Amar Bellal

DOSSIER : EUROPE & COOPÉRATIONS

Introduction : Ces atouts gâchés par l’Europe libérale Francis Wurtz

Au Parlement européen comme ailleurs, une force de dénonciation et de proposition Jacky Hénin

Horizon 2020, Risorgimento(*) à la bruxelloise ? Sébastien Elka

L’urgence d’une politique énergétique européenne face à l’inefficacité du marché Françoise Laurent

Transport ferroviaire : les contradictions de l’Europe  Juliette Ryan

Airbus, orphelin de son modèle ? Rémi Tic

Cern et astronomie

Espace : pour des politiques publiques à la hauteur des enjeux Fabien Albert

« REACH* » une réglementation européenne pour la chimie André Mondange

Peuples d'Europe, unissons-nous ! Anne Sabourin

ERASMUS : Pour une mobilité étudiante véritablement démocratisée en Europe Jérémy Roggy

Législation europénne : comment sont régulées les Coopérations entre entreprises  Alexis Coskun

BRÈVES

VIDÉOS

SCIENCE ET TECHNOLOGIE INFORMATIQUE La cryptologie, science du secret Sofiane Ben Amor

ÉNERGIE De l’électricité nucléaire pour plusieurs milliers d’années ?  Jean-Michel Gama

PHYSIQUE Avoir des principes (en thermodynamique et au-delà) François Perinet

HISTOIRE Paul Langevin et le mouvement brownien, une histoire de la première équation différentielle stochastique Jean-Pierre Kahane

TRAVAIL, ENTREPRISE & INDUSTRIE MANAGEMENT Changer le travail : l’urgence Véronique Sandoval

PROSPECTIVE Imagerie médicale et Thales : un potentiel sous-exploité  Jean-Luc Maletraset Simone Cassette

ENTREPRISE Low-cost : les dessous du modèle Ryanair José Rocamora

PRODUCTION PSA : Le toyotisme à la française en faillite ? Pierre Serra

ENVIRONNEMENT & SOCIÉTÉ ÉNERGIEGaz de schiste : la nouvelle donne Jean Barra

RISQUES ET SURETÉ Risques industriels : une question politique Jean-Claude Cheinet

RECHERCHE Les mutations de l'édition scientifique vues du côté des mathématiques  Aline Bonami

RECHERCHE La crise de l'emploi scientifique en France et ses dangers : introduction à l’analyse chiffrée du Conseil Scientifique du CNRS

ÉVÉNEMENT Semaine de la pensée marxiste : Guerre, science et industrie Antoine Guerreiro

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET RECHERCHE UNIVERSITÉ Fermetures de filières et faillites en perspective Matthieu Bauhain

LIVRES

POLITIQUE Du côté du PCF et des progressistes

HISTOIRE De l’intérêt des querelles scientifiques Simone Mazauric

Européennes 2014. Rompre et refonder l'Europe, le Front de gauche entre en campagne

le 05 May 2014

Européennes 2014. Rompre et refonder l'Europe, le Front de gauche entre en campagne

Les peuples d'Europe sont dans la tourmente de la crise mondiale du capitalisme financiarisé. La crise est généralisée, le chômage et la pauvreté explosent, les économies des pays de l'UE sont très majoritairement en récession. Les dogmes ultralibéraux, les traités européens et ceux qui les défendent encore sont lourdement responsables de la crise en Europe. Les tenants du consensus libéral, quels qu'ils soient, en ont fait une opportunité pour accélérer les réformes libérales contre les travailleurs et toutes les formes de solidarités nationales, locales, européennes avec les politiques d'austérité violentes, imposées ça et là par la Troïka. En France, François Hollande a trahi ses engagements et ceux qui lui ont fait confiance en 2012. Il est aujourd'hui l'allié de Merkel et de la droite européenne, du MEDEF et des marchés. 

Dans ce contexte, les élections européennes du 25 mai 2014 seront décisives pour redonner la parole confisquée aux citoyens, stopper l'austérité et ouvrir la voie du redressement social, économique et écologique de notre pays. A juste titre, les politiques d'austérité et la méthode autoritaire employée pour les faire appliquer font aujourd'hui l'objet d'un rejet massif des peuples. Des millions de femmes et d'hommes se mobilisent contre ces choix qui dégradent leurs conditions de vie et de travail, qui attaquent leurs droits sociaux et politiques. Il faudra que cette colère s'exprime, il faudra que de cette colère puisse émerger un espoir, celui de celles et ceux qui n'ont pas renoncé au changement et au progrès humain. 

Nous pouvons être la bonne surprise de ces élections, bouleverser le paysage politique en France, faire gagner la gauche qui s’oppose à la politique d’austérité. Cela bousculerait des rapports de force ouvrant la voie au rassemblement d'une majorité alternative à la politique du gouvernement. Puisque l'élection européenne est la seule qui se tienne au même moment dans toute l’UE, elle peut permettre de faire converger les puissantes résistances populaires qui se sont considérablement développées ces dernières années, les forces disponibles à gauche, elles aussi en progression en Europe, contre l'austérité et pour des solutions de progrès à la crise. 

Depuis 2005, nous avons étés de ce côté. Nous avons combattu le Traité Constitutionnel Européen. C'est de cette bataille que le Front de gauche est né. Nous avons su rassembler bien au delà de nous même pour permettre la victoire du peuple français et ouvrir une brèche pour tous les européens. Nous nous sommes battus en 2008 pour un référendum et contre le traité de Lisbonne. Quatre millions de français ont voté pour Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche, et ses propositions pour l'Europe à l'élection présidentielle de 2012. Nous étions 80 000 dans la rue en septembre 2012 contre le traité budgétaire, rédigé par Sarkozy et Merkel, adopté par Hollande. Nous avons résisté et travaillé l'alternative politique. Nous avions raison.

Les députés européens du Front de gauche ont joué leur rôle. Ils ont défendu dans le Parlement européen, les intérêts des françaises et des français, les intérêts de l'ensemble des peuples européens au sein du groupe de la Gauche unie européenne – Gauche verte Nordique (GUE-NGL). Ils ont fait vivre des propositions alternatives et sont intervenus en appui aux luttes. Grâce aux progrès des forces de la Gauche européenne dans de nombreux pays, ce groupe peut être considérablement renforcé en 2014, devenant alors un outil plus puissant pour mener les batailles dans les institutions et dans la rue. 

Dans chaque vote Front de gauche aux élections européennes, il y aura la rupture avec cette Union Européenne libérale et, indissociablement, l'idée de sa refondation sur des bases sociale, écologique, démocratique et pacifique, dans le respect de chaque peuple, de chaque nation, de la souveraineté populaire et la solidarité internationale. Nous voulons lutter et désobéir avec les travailleurs, les citoyens, les forces sociales, syndicales et politiques qui se lèvent contre l'austérité, la toute puissance des marchés financiers,  le dumping social, la mise à mal de notre écosystème. Nous voulons les rassembler sur des solutions solidaires visant un nouveau modèle de développement en Europe. Les propositions de politique européenne inscrites dans L’Humain d’abord sont plus que jamais d’actualité.

Dans chaque vote Front de gauche, il y aura la sanction de ceux qui nous ont conduit là, le refus du replis nationaliste et xénophobe, et surtout le rassemblement de celles et ceux qui sont prêts à prendre un autre chemin avec les peuples européens, les forces de gauche qui résistent et construisent l'alternative partout en Europe. C'est la démarche de résistance et d'espoir que portera le Front de gauche en France, les listes de la gauche alternative dans les pays européens et Alexis Tsipras, au nom de nous tous, dans une campagne européenne inédite pour la présidence de la Commission européenne.  

Partie 1 : L’Union européenne est en crise

Cette crise est à la fois sociale et écologique

Il s’agit de la crise d’un système qui use les travailleurs, en même temps qu’il épuise les ressources naturelles et la biosphère, menaçant la survie même de l’humanité.

Une destruction de l’écosystème.

Aujourd’hui, après le dernier rapport du GIEC, nul ne peut remettre en cause le changement climatique ni l’impact des activités humaines. Il est urgent d'agir pour bloquer cette évolution mais aussi pour en affronter les conséquences. Il faut agir vite, et méthodiquement en se fixant des objectifs contraignants et en coordonnant tous les moyens d’action en vue du but à atteindre. Or, l’Union européenne aggrave la situation en laissant les firmes multinationales organiser la multiplication irrationnelle du transport de marchandises et en refusant de prendre des mesures volontaristes pour organiser la transition énergétique.

Une explosion de la pauvreté et du chômage. 

La « crise économique » et sociale désorganise durement et durablement nos sociétés. Le nombre de chômeurs, de précaires et de pauvres atteint des records en Europe. Les politiques néolibérales menées par les différents gouvernements et les institutions européennes sont responsables de cette situation. Des baisses de salaires sont mises en œuvre dans plusieurs pays européens. Les services publics sont sacrifiés, les droits sociaux détruits méthodiquement. Les populations et plus particulièrement les femmes subissent une grande régression sociale et pour beaucoup, un véritable processus de paupérisation. L’avenir de millions de jeunes est ainsi mis en péril.

Une négation de la démocratie

Les choix économiques et sociaux des classes dominantes en Europe s’appuient sur une négation des souverainetés populaires. Ce sont désormais des instances technocratiques, en particulier la « troïka » (FMI, BCE et Commission européenne)  qui concentrent les pouvoirs. Face aux sanctions électorales, aux grèves et mouvements de masse, les gouvernements se maintiennent artificiellement via de grandes coalitions dites d' « union nationale » ou des gouvernements non élus  pour continuer à appliquer les memoranda, niant ainsi tous les messages politiques exprimés par leurs peuples. Dans tous les pays où la contestation est massive, les mouvements sociaux sont réprimés, les libertés syndicales réduites et le pluralisme des média remis en cause.

Cette crise s’inscrit dans la crise globale du capitalisme néolibéral qui a commencé en 2007.

Une crise mondiale du capitalisme financiarisé

Il s’agit de la crise d’un système fondé sur les prédations du capital financier et d’un mode d’accumulation du capital dont les contradictions s’aiguisent toujours plus. La pression accrue sur les revenus salariaux, condition du maintien de profits toujours plus élevés, sapent les possibilités d’une croissance des débouchés pour les marchandises, faisant, comme aux Etats-Unis, de l’endettement des ménages le principal expédient pour maintenir la croissance.

Qui entre en résonnance avec la crise propre de l’Union européenne

Cette crise globale se manifeste dans le cadre de l’Union européenne et principalement de la zone euro par des traits spécifiques qui tiennent à la nature de la construction européenne, fondée sur la concurrence généralisée et le dumping social et fiscal.  Les modalités de construction de la monnaie unique ont entériné la soumission des politiques publiques aux marchés financiers, et l’impossibilité de politiques sociales ou de relance de l’activité économique. L’UE néolibérale organise la divergence économique entre les pays membres  et l’absence de solidarité financière entre eux. La crise de la dette publique survenue en 2009 était inscrite dans les bases mêmes de ses traités, Maastricht et Lisbonne. 

L’Europe austéritaire : la réponse des classes dirigeantes

Face à cette impasse, les réponses des classes dirigeantes des pays de la zone euro ont été principalement la fuite en avant : donner toujours plus de pouvoir à la finance, renforcer encore les politiques d’austérité, mener une concurrence exacerbée avec les pays du Sud, et éloigner encore les politiques menées de tout contrôle par la souveraineté populaire et de tout débat démocratique. Le fédéralisme qui se construit ainsi et s’est accéléré récemment (adoption du Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) de la zone euro et de diverses directives (six pack, two pack)) est en effet un fédéralisme autoritaire qui tient les peuples le plus possible à distance. 

Si en 2012, par le moyen de dispositifs exceptionnels et d’un certain assouplissement des règles d’intervention de la Banque centrale européenne, - d’ailleurs à l’encontre de certaines des règles des traités - ces classes dirigeantes sont parvenues un temps à éloigner la menace de l’éclatement de la zone euro, la profonde instabilité de cette dernière demeure. La crise est donc loin d’être finie, et donne l’occasion au patronat européen, par le biais des politiques menées par les gouvernements, de tenter de remettre en cause les acquis sociaux et démocratiques, issus dans les différents pays d’Europe des luttes des décennies passées. 

Dans cette situation, les politiques d’austérité menées dans tous les pays provoquent une catastrophe sociale et écologique. Elles minent toujours plus l’Etat social et la démocratie. De plus, la fiscalité, loin d’être redistributive, épargne les rentiers et les plus riches. Elle aggrave les inégalités. Ces politiques enclenchent une dynamique infernale : la contraction de l‘activité engendre la diminution des recettes fiscales, approfondissant ainsi les déficits et la dette, ce qui place les États sous la menace permanente des offensives spéculatives des marchés financiers, laquelle appelle de nouveaux plans d’austérité qui ne feront qu’aggraver le mal auquel ils prétendent remédier. Le spectre de la déflation (chute cumulative de l’activité des prix et des revenus) menace donc, tandis que la croissance des inégalités, la persistance du chômage de masse et de la précarité plonge une part croissante de la population en Europe dans la pauvreté. 

C’est sur ce terrain que la réaction et l’extrême droite prospèrent, distillant leurs thèses xénophobes qui visent à dresser les travailleurs et peuples les uns contre les autres, faisant le jeu du grand patronat et de l’oligarchie.

La cogestion autoritaire PSE-PPE s’attaque à la souveraineté populaire

L'arrivée au pouvoir du PS et de François Hollande n'a rien changé par rapport à l’alignement de la politique de Nicolas Sarkozy sur celle d’Angela Merkel. Le TSCG n’a en rien été renégocié comme promis, et ratifié par le gouvernement et la majorité parlementaire en France. 

Au niveau européen, le PSE cogère avec la droite (Parti populaire européen) le Parlement européen pour appliquer une politique libérale et se répartir les postes. A chaque fois que le choix leur est donné, les partis sociaux-libéraux préfèrent des majorités d’union avec la droite plutôt que des rassemblements à gauche. C'est le cas dans 14 pays sur 28. Nous pouvons mettre en échec cette politique de capitulation, et dessiner une alternative européenne aux politiques d’austérité ! 

 Les caractéristiques de cette crise nous montrent qu’une seule voie de sortie est possible : il faut rompre avec cette Union européenne là pour refonder une autre Europe, solidaire et démocratique. 

Partie 2 : Désobéir et rompre avec les traités

Pour pouvoir refonder l’Europe sur de nouvelles bases, il faut d’abord rompre avec l’Union Européenne actuelle. Ce qui fonde l’Union Européenne sont les traités négociés en secret par les gouvernements et ratifiés sans que les peuples ne soient consultés. Que ce soit le traité de Lisbonne ou le récent Traité sur la stabilité la coopération et la gouvernance (TSCG), ils organisent le dumping social et fiscal, imposent des politiques d’austérité permanente et excluent les politiques économiques et sociales du débat public et de la décisions citoyenne. Ce sont à ces traités et plus largement à leur logique qu’il faut désobéir pour pouvoir se libérer du carcan qui opprime les peuples. Nous sommes prêts à cet affrontement et à en assumer toutes les conséquences.

2.1. Notre méthode pour rompre : une Révolution citoyenne qui s’appuie sur la souveraineté populaire et les mobilisations populaires. 

2.1.1. Se battre au niveau européen avec toutes les forces progressistes

Les combats au sein de l’UE, que ce soit par les mobilisations ou au parlement, sont nécessaires. Ils contribuent à la résistance, à informer les peuples de ce qui se fait souvent dans une opacité totale et à indiquer ce qu’il faudrait faire. 

Les peuples ne sont pas restés sans voix face aux politiques d'austérité et aux diktats de la troïka. Des mouvements puissants se sont développés ces dernières années dans différents pays, ils doivent converger au niveau européen. Les citoyens de Grèce, d’Espagne et du Portugal affrontent courageusement les politiques libérales, alors même que leur gouvernement répond par la répression et la criminalisation des luttes. Cela démontre clairement que l’autoritarisme vient au secours du libéralisme. Ces combats montrent la voie pour unifier les résistances en Europe.

Le Front de gauche y est engagé et contribuera à leur renforcement en France et en Europe. Voilà pourquoi il est important d’élire le maximum de député-e-s européens du Front de Gauche capables de relayer les luttes et d'en déclencher, pour alerter sur les dangers et mobiliser sur des solutions.

Dans tous les pays, les partis de la gauche alternative jouent un rôle majeur dans la résistance à l’Europe des néo-libéraux. Ils progressent dans de nombreux pays. 

C'est en renforçant nos coopérations avec les forces – sociales et politiques - qui rejettent l'austérité et la construction libérale de l'UE que nous oeuvrerons utilement contre l’Europe de l’austérité. 

2.1.2 Rompre et désobéir : assumer l’affrontement pour ouvrir des brèches

Dans la situation actuelle, l’élargissement à 28 Etats membres rend quasiment impossible la modification des traités qui requiert l’unanimité des pays membres. Un seul pays pourrait bloquer tout progrès social ou écologique.

Un gouvernement de gauche devrait donc assumer un rapport de force diplomatique, économique et politique pour s'opposer aux projets dangereux, ouvrir le débat sur des propositions alternatives et créer les chocs diplomatiques visant une remise à plat de la construction européenne.

Nous essayerons d’obtenir une modification des règles actuelles. Si cela s’avère impossible, il faudra, avec tous les pays qui le souhaiteraient, désobéir aux règles européennes.

La France est un grand pays, moteur en Europe et 2e puissance économique européenne. Un changement en France peut montrer l'exemple et entraîner d’autres peuples d'Europe.

2.1.3. Prendre des mesures unilatérales coopératives

La France doit mettre sa puissance au service des peuples qui résistent. Un gouvernement de gauche prendrait alors un certain nombre de mesures unilatérales en expliquant qu’elles ont vocation à être étendues à l’échelle européenne. Il s’agit de mesures unilatérales coopératives, en ce sens qu’elles ne sont dirigées contre aucun pays mais contre une logique économique et politique et que, plus le nombre de pays les adoptant est important, plus leur efficacité grandit. C’est donc au nom d’une autre conception de l’Europe qu’un gouvernement de gauche devrait mettre en œuvre des mesures qui rompent avec la construction actuelle de l’Europe. Face à cette Europe qui maltraite les peuples, nous proposons de construire une autre Europe.

2.2. Rompre avec l'Europe telle qu’elle est pour refonder une autre Europe 

2.2.1. Sortir la dette publique de l’emprise des marchés financiers pour relancer l’emploi et la transition écologique 

La résorption de la dette publique sert aujourd’hui de prétexte à mener des politiques d’austérité drastique. L’objectif clairement affiché est de casser toujours plus l’Etat social. La France n’est pas en état de cessation de paiement : le pays est suffisamment riche pour assumer la dette actuelle. Mais surtout, les traités actuels ont contraint les Etats à contracter cette dette auprès des banques privées et des marchés financiers. Les Etats sont obligés d’emprunter à des banques privées, à des taux qui peuvent aller jusqu’à 10%, les sommes qu'elles ont empruntées à moins de 1% à la Banque centrale européenne (BCE). L’euro est une construction politique et historique qui est aujourd’hui au service des marchés financiers. Il est le produit d’une conception monétariste qui emprunte son modèle à la Bundesbank et dont le gouvernement Merkel est le plus fervent défenseur. Il n’est plus vivable tel qu’aujourd’hui.

Dans cette situation, certains prônent la sortie de l’euro et la mise en œuvre de politiques de dévaluation compétitive. Ce projet est économiquement hasardeux. Il alourdirait l’encours de la dette publique, renchérirait les importations, ce qui pèserait sur le niveau de vie de la population, et ouvrirait la porte à la spéculation sur la nouvelle monnaie, donnant ainsi une arme puissante aux marchés financiers. Economiquement hasardeux, ce projet est politiquement néfaste car une politique de dévaluation compétitive est une politique non coopérative qui cherche à gagner des parts de marchés contre les autres pays. Loin d’induire plus de solidarité entre les peuples, elle entraînera encore plus de concurrence, de dumping social et fiscal, avec le risque d’exacerber les tensions xénophobes et nationaliste. Enfin, cette solution est défensive car elle nous empêche de mener une bataille politique vis-à-vis des autres pays d’Europe. C’est pour ces raisons que le Front de gauche et le Parti de la gauche européenne, qui regroupe les partis de la transformation sociale et écologique en Europe, sont opposés à un tel projet.

Pour autant, nous ne nous satisfaisons pas de la situation actuelle qui est mortifère pour les peuples d’Europe. L’Euro tel qu’il est aujourd’hui n’est plus supportable pour les peuples. Au niveau européen, nous proposons la tenue d'une conférence sur les dettes publiques qui aboutirait à l'annulation d'une grande part des dettes insoutenables des Etats membres et une révision des échéances et conditions de remboursement voire l'annulation pure et simple. Si cette solution s’avère impossible, faute d’accord des gouvernements des autres pays, un gouvernement de gauche devrait prendre des mesures unilatérales : la dette publique serait soumise au contrôle des citoyens et du Parlement. Elle ferait l’objet d’un audit citoyen qui pourrait déboucher sur un rééchelonnement, un moratoire ou une annulation. Certains pays l'ont fait. Les actionnaires des banques, les spéculateurs et la finance doivent assumer le prix de la crise dont ils sont responsables.

Au-delà, il faut un changement radical de politique monétaire. Il faut refonder l’euro pour en faire une monnaie au service des peuples. Il est indispensable que la BCE puisse prêter directement aux Etats et aux collectivités territoriales. Il faut donc, comme cela se fait par exemple aux Etats-Unis, au Japon et au Royaume Uni, que la banque centrale puisse financer les éventuels déficits publics nécessaires pour financer les investissements publics indispensables aux besoins sociaux des peuples de l'Union et à la transition écologique.

La France peut obtenir ce résultat en menant une bataille politique en Europe pour que les statuts de la BCE soient changés et que soit créé un Fonds européen de développement social, écologique et solidaire. Ce fonds serait contrôlé et administré démocratiquement dans le but de financer à bas taux, voire à taux zéro, des dépenses publiques des Etats membres et des investissements d'entreprises qui développent l'emploi, dans le respect de critères sociaux et écologiques précis, avec la contribution monétaire de la BCE et les recettes de la taxe sur les transactions financières.

Si cette solution s’avère impossible faute d’accord des autres pays, un gouvernement de gauche devrait aussi prendre des mesures unilatérales en matière monétaire en utilisant un établissement financier public comme par exemple la Banque publique d’investissement. Cette dernière pourrait emprunter directement auprès de la Banque centrale sans passer par les banques privées. Si la BCE s’y oppose, violant d’ailleurs ainsi l’article 123-2 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) qui permet à un établissement public de crédit de se refinancer auprès de la banque centrale, le gouvernement passerait outre. 

2.2.2 : Pour sortir de l’austérité, refuser la politique budgétaire européenne

Le TSCG impose que les Etats aient un déficit structurel, construction statistique arbitraire, inférieur à 0,5 % du PIB. Tenir un tel objectif suppose de mener des politiques d’austérité de façon permanente et de couper massivement dans les dépenses publiques, la protection sociale et les services publics étant les premiers visés. Un gouvernement de gauche refusera d’appliquer une telle politique budgétaire et n’acceptera pas que la Commission européenne puisse dicter sa loi et remettre en cause la souveraineté populaire.

2.2.3. Récuser le dumping social et les libéralisations, en finir avec la précarité

Nous affirmerons un principe de non-régression sociale et écologique avec l'alignement sur le droit le plus avancé. Aucun pays ne doit se voir imposer des normes européennes inférieures à ses normes nationales. Nous nous battrons pour la promulgation de critères de convergence sociale permettant, par exemple, l’émergence d’un salaire minimum en Europe. Un gouvernement de gauche n’acceptera pas que les salariés d’autres pays de l’Union venant travailler en France ne se voient pas accorder les mêmes droits que les salariés français. Il refusera d’appliquer la directive européenne sur le détachement des travailleurs et obligera les employeurs à appliquer le droit du travail à tous le salariés quelle que soit leur nationalité.

Face aux directives libérales, nous mettrons un coup d’arrêt à la dérégulation des services publics et à leur ouverture obligatoire aux marchés notamment en matière de transports.

2.2 4. En finir avec l'Europe de la finance

Les produits financiers doivent être placés sous une surveillance stricte des pouvoirs publics afin que la finance soit mise au service de la société et non l’inverse. Il faut en finir avec la cotation en continu, les ventes à découvert nues et les marchés de gré à gré. Les mouvements de capitaux entre l’Union européenne et le reste du monde doivent être contrôlés et réellement taxés. Les conglomérats bancaires doivent être brisés et une stricte séparation doit être instaurée entre les banques de dépôt tournées vers le financement de l’économie et les banques d’affaires intervenant sur les marchés. L’activité de ces dernières doit être strictement encadrée afin qu’elles ne puissent pas perturber le bon fonctionnement de l’économie. Depuis 1998, nous agissons pour la mise en place d’une taxe sur les transactions financières. Le projet Barroso de coopération renforcée entre 11 Etats pour créer une telle taxe est totalement insuffisant. Pourtant, P. Moscovici porte-parole des banques, le trouve « excessif ». Le gouvernement Hollande est le meilleur allié des banques. Nous proposons, au contraire, la création d'une taxe couvrant toutes les transactions financières, y compris les marchés des changes et taxant plus fortement les produits spéculatifs. Sans décision européenne, nous appliquerons ces mesures en France.

Enfin, les paradis fiscaux permettent aux grandes fortunes et aux grandes entreprises de piller impunément les budgets publics. Ils brisent l’égalité devant l’impôt et assurent le blanchiment d’activités criminelles de toutes sortes. Ils encouragent la concurrence entre Etats vers le moins disant fiscal au détriment des finances publiques. Nous en avons assez des indignations hypocrites qui ne sont jamais suivies d’effet. Nous bloquerons tout mouvement de capitaux allant vers un paradis fiscal, y compris au sein de l'UE (Luxembourg, etc.). 

2.2.5. Lutter contre le libre-échange destructeur 

Ces mesures de protection face à la finance doivent être accompagnées de décisions similaires sur les échanges de marchandises. Le libre-échange donne tout pouvoir aux firmes transnationales. Il est anti-écologique car il pousse à produire à l'autre bout du monde ce qui peut être produit plus près et à envoyer nos déchets toxiques vers les pays pauvres. Nous ne voulons plus de cette « mondialisation des containers » à la surface de toutes les mers du globe. Il organise un nivellement général par le bas des normes sociales et environnementales. Il organise la compétition entre les salariés. Loin de la logique patronale de la « compétitivité » qui veut exporter à tout prix, nous favorisons la demande interne. La finalité de la production doit être la satisfaction des besoins. Pour cela, nous adapterons les outils aux productions et à leur origine : taxe kilométrique au niveau national et européen, visas sociaux et environnementaux aux frontières de l’UE.

Ces mesures favoriserons la relocalisation des activités et sont nécessaires au développement de circuit court de production et de consommation.

Nous prônons une refondation de la Politique agricole commune (PAC) pour développer une agriculture écologique, paysanne, de proximité. Celle-ci devra favoriser le principe de souveraineté alimentaire.

Nous défendons la coopération internationale et la solidarité intra-européenne plutôt que la guerre économique de tous contre tous.

2.2.6. Refuser le GMT

Le grand marché transatlantique (GMT) est un projet d’accord de libre échange entre l’Union européenne et les États Unis, au service des grandes firmes transnationales. Loin d’être un sujet technique, le GMT est un sujet déterminant pour l’avenir social, écologique, économique et démocratique de l'Europe. S’il devait être adopté, il destabiliserait nos industries, nos cultures, nos agricultures. Il permettrait l’arrivée en Europe de produits ne répondant pas à nos normes sociales ou environnementales. C’est particulièrement vrai dans le domaine agricole. Bœufs aux hormones, poulets à l'eau de javel et OGM pourraient déferler dans nos assiettes. Le principe du recours à des tribunaux d'arbitrage privés, acté dans le mandat de négociations de la Commission européenne, est inadmissible. Ce serait une remise en cause insupportable de la souveraineté juridique des Etats aux profits du capital financier transnational. Ils permettraient par exemple aux multinationales d'attaquer les Etats ayant adopté des législations contre les OGM et contre l'exploitation des gaz de schistes et autres hydrocarbures non conventionnels.

Ce projet est inacceptable et la méthode mise en œuvre pour le faire adopter l’est tout autant. Le Peuple n’a jamais été consulté, le Parlement non plus. Pourtant des collectivités ont déjà appelé à l’arrêt des négociations. Ce mouvement devrait s’amplifier. Lors de son voyage aux Etats-Unis, François Hollande a appelé à une accélaration des négotiations de ce projet atlantiste. Le mandat de négociation est tenu secret pour soi-disant défendre les intérêts européens. Pourtant les informations divulguées par Edward Snowden sur les écoutes de la NSA, dans la continuité des révélations de Julian Assange, démontrent que l’Union Européenne est massivement espionnée par les Etats-Unis. Les dirigeants de l’Union européenne auraient dû réagir notamment en arrêtant les négociations sur le Grand Marché transatlantique. Ils ne l’ont pas fait tant est grande leur soumission à Big brother. C’est pourquoi nous exigeons du gouvernement français la fin des négociations en cours et que nous réclamons à défaut la tenue d’un référendum sur le GMT.

Nous dénoncerons les accords de libre échange et notamment les accords dits de partenariats économiques, établis dans ce cadre, avec les pays d’Afrique et d’Amérique du Sud, qui détruisent les économies de ces pays, au profit des multinationales. Nous leur substituerons des accords basés sur la solidarité et la coopération.

2.2.7. Rompre avec le productivisme : instaurer la planification écologique européenne

Les modèles économiques actuels sur l’environnement ont des conséquences non seulement sur le climat, mais également sur le pillage des ressources naturelles, la multiplication des déchets toxiques que nous ne parvenons pas à retraiter et que nous déversons souvent dans les pays en voie de développement au mépris de la santé de leurs populations, sur l’appauvrissement très rapide de la biodiversité, sur la santé de tous via l’utilisation incontrôlée de substances toxiques diverses comme les pesticides. Face à la crise écologique, l’existence d’un intérêt général humain radicalement anticapitaliste n’a jamais été aussi évidente. La première nécessité de l’Humanité est la préservation de l’écosystème que nous avons en commun ! Cette exigence incontournable unit l’humanité que veulent diviser les partisans du choc des civilisations.

Elle implique la mise en œuvre d’une planification écologique et le retour des biens communs de l’humanité et des services d’intérêt général dans le giron public. Elle impose l’application d’une « règle verte » pour solder la dette écologique. Nouvel outil de pilotage des politiques publiques, celle-ci permettra de repousser la date à laquelle nous aurons consommé l'ensemble des ressources que la Terre peut renouveler chaque année. Cela implique également la mobilisation de budgets au niveau des pays européens pour accélérer la transition énergétique. Cela passe notamment par le développement accéléré des énergies renouvelables pour diminuer drastiquement les énergies productrices de gaz à effet de serre et un débat public national immédiat sur la politique énergétique en France et la place du nucléaire. Il se déroulera sous contrôle citoyen de l’information jusqu’à la prise de décision et se terminera par un référendum.

L'Europe doit se mobiliser dès maintenant pour la lutte contre le réchauffement climatique et obtenir, à Paris, en 2015, un accord juridiquement contraignant et différencié de réduction des émissions des gaz à effets de serre, concernant tous les grands pays émetteurs, qui limite le réchauffement au plus à 2°C, ainsi que la création des fonds financiers incontournables dédiés à l’accompagnement des pays du Sud, des pays les moins développés et des pays les plus fragilisés dans leur projet de développement.

Ces mesures impliquent de rompre et désobéir à l’OMC, au FMI, en sus des directives ou traités européens, d’imposer de nouvelles orientations pour lutter contre la surconsommation matérielle (obsolescence programmée, emprise publicitaire, etc.), et de favoriser l’extension des services publics, et leur accès gratuit.

2.2.8. Rompre avec une Europe dépendante des intérêts géostratégiques américains :

L’OTAN est un outil au service des Etats-Unis pour défendre leurs intérêts stratégiques et leur vision du monde. Trop souvent, l’OTAN sert de prétexte pour contourner les décisions de l’ONU et s’affranchir du droit international. L'article 42 du traité de Lisbonne prévoit que les politiques des Etats de l’Union européenne doivent être compatibles avec les orientations de l’OTAN. Nous les voulons, au contraire, compatibles avec le droit international et militons pour la dissolution de l’OTAN. Sans attendre, nous prônons la sortie de la France de l'OTAN. Nous refusons le projet de bouclier anti-missile de l'OTAN en Europe ainsi que l'installation de technologies états-uniennes dans les armes françaises. 

Nous mettrons en échec les accords qui livrent les données personnelles des citoyens européens au gouvernement des Etats-Unis sous couvert de lutte contre le terrorisme : l’accord de données sur les passagers aériens européens qui se rendent aux USA ou les survolent ainsi que l’accord SWIFT qui donne accès aux données bancaires des citoyens européens.

Nous dénonçons la logique des G8 et G20. Nous refusons la toute puissance du dollar comme monnaie mondiale de réserve.

2.2.9. Rompre avec l’Europe forteresse et la politique agressive de l’UE vis-à-vis des pays du sud

Nous refusons le sort fait aux Rroms, érigés en boucs émissaires. Nous refusons cette Europe forteresse, qui criminalise les migrants avec FRONTEX, qui conduit à l’accumulation des naufragés et des cadavres à nos frontières.

Nous supprimerons les zones de rétention administrative qui sont des zones de non droit. Nous renégocierons les accords de Schengen au profit d’une action résolue en faveur de politiques nouvelles de migrations internationales et de codéveloppement, en particulier avec les pays du pourtour méditérrannéen.

Nous mobiliserons au niveau européen pour l’abrogation de la « directive de la honte » de 2008 qui banalise et généralise une politique d’internement et d’expulsion des migrants en Europe et refuserons de les appliquer en France.

Engager ces ruptures est une condition indispensable pour pouvoir refonder le projet européen sur de nouvelles bases libérées des traités européens actuels.

Partie 3 : Refonder l'Europe

 Notre critique de l'UE et les ruptures que nous voulons engager avec ses fondements, ses traités, ses politiques, ne nous condamnent pas à un repli nationaliste. Paradoxalement, nous sommes aujourd'hui les seuls porteurs d’une idée européenne à laquelle les peuples pourraient adhérer car porteuse de progrès humain, social et écologique. Travestie par les forces qui ont construit l'UE actuelle pour nous, l'idée européenne est celle d'une construction démocratique, sociale, écologique, répondant à des formes d’organisation dont les peuples devront convenir ensemble, et qui œuvre pour la paix au plan mondial. C'est pourquoi nous proposons de la refonder. 

Une Europe démocratique qui respecte les souverainetés populaires

Pour nous, les politiques de coopération entre les Etats comme les politiques intégrées doivent faire l'objet de débats publics, être librement consenties, contrôlées et soumises à la souveraineté populaire. Nous voulons que le peuple français soit consulté par referendum sur les grandes orientations européennes. 

Nous voulons changer l'équilibre des pouvoirs en renforçant les assemblées élues. Les parlements nationaux doivent recouvrir leur compétence budgétaire et être associés aux processus d'élaboration des lois et des règles européennes. Le Parlement européen sera plus représentatif des citoyens, c'est à dire issu d'une élection à la proportionnelle sur des listes nationales. Ses pouvoirs doivent être renforcés, notamment pour ce qui est de l'initiative législative. Une instance antidémocratique telle que l’actuelle commission européenne ne pourra exister dans cette Europe..

Nous voulons développer des outils d'intervention des peuples dans les décisions européennes à tous les stades : élaboration des politiques européennes, suivi et évaluation de ces dernières. La pseudo procédure d'initiative citoyenne européenne deviendra un véritable droit de pétition, sans validation préalable d’une quelconque instance. Il faut ouvrir des espaces de dialogue pour une réelle prise en compte des revendications des syndicats de travailleurs et des ONG. Le lobbying sera strictement encadré voire interdit.

Une Europe du développement humain soutenable

Face au chômage et à la précarité, la priorité absolue doit être d'offrir aux européens un modèle de développement qui leur garantisse du travail, des revenus décents, une protection sociale, tout en protégeant notre écosystème. 

Dans l'immédiat, nous proposons de lancer un grand plan européen d'investissement pour reconstruire les économies des pays et enclencher la transition écologique. Faire face aux défis sociaux et environnementaux doit conduire à relocaliser les activités, transformer les modes de production, favoriser les circuits courts de production et de consommation.

Nous voulons impulser un autre type de production alliant développement humain, social et écologique par une réappropriation publique et démocratique des secteurs stratégiques, des coopérations industrielles et de recherche au niveau européen ainsi que l'instauration de visas écologiques et sociaux sur les importations. Nous proposons d'interdire les licenciements boursiers, créer des emplois qualifiés, sécurisés, bien rémunérés et donner des pouvoirs d'intervention aux salariés sur les choix des entreprises. 

La préservation de l’écosystème sera une priorité de l'Europe refondée. Elle implique la mise en œuvre d’une planification écologique, le retour des biens communs de l’humanité dans le giron public, sous contrôle citoyen, et la généralisation d’une « règle verte » pour solder la dette écologique. Il faut investir dans les énergies renouvelables et propres, les économies d'énergie, le développement des transports ferroviaires et de la voie d'eau. 

Pour protéger les citoyens, nous pensons qu'il est nécessaire de définir un cadre européen au droit du travail et à la protection sociale. La logique dominante de « baisse du coût du travail » conduit aux plans de licenciements, à la précarisation du travail, à la baisse du niveau de protection sociale, à la pression des logiques managériales et individualistes dans les entreprises. Nous voulons y opposer un bouclier social garantissant sécurisation des emplois pour éradiquer la précarité, un droit à la formation pour tous. Nous proposons d'harmoniser progressivement les droits sociaux des salarié-es européen-es par le haut. Des salaires minimums en Europe doivent permettre une rémunération décente. Nous voulons mettre en place des critères pour la convergence vers le haut des normes sociales, écologiques et démocratiques, étendant à tous les pays européens les droits des salariés sur ceux des pays où ils sont les plus avancés. Nous voulons tendre vers la réduction du temps de travail, l'égalité salariale femmes/hommes, le retour partout au droit à la retraite à 60 ans et lutter contre toutes les formes de discrimination au travail. 

Nous voulons un modèle qui valorise les biens communs au lieu de les privatiser. Les coupes budgétaires des politiques d'austérité, les libéralisations et les privatisations réduisent la capacité des pays européens à répondre aux besoins sociaux, notamment des personnes les plus fragiles. Les services publics, avec de nouvelles créations à l'échelle continentale, deviendront un pilier de la construction européenne nouvelle, pour l'accès de tous aux droits universels à l'éducation, à la santé, au logement, à l’eau, à l'énergie. Un essor des services publics serait créateur d'emplois utiles au peuple, œuvrant à la reconstruction du lien social, capables de re-dynamiser les territoires ruraux et les quartiers populaires, aujourd'hui abandonnés par la République. 

La politique agricole commune doit elle aussi être refondée sur la base de la sécurité et de la souveraineté alimentaire, d'une agriculture paysanne non soumise aux logiques productivistes qui garantisse aux agriculteurs des prix rémunérateurs et aux citoyens une nourriture de qualité, saine et variée, accessible à tous et au juste prix. 

Une Europe libérée de l'emprise de la finance

L'Union économique et monétaire ne doit pas servir la spéculation mais à la création d'emplois, les services publics, les produits utiles et la transition écologique pour un partage juste des richesse. Pour répondre à ces objectifs, une Banque centrale européenne doit être placée sous le contrôle démocratique des peuples.

Nous proposons de rompre avec avec les politiques injustes d’augmentation de la TVA, de taxer plutôt le capital avec une taxe sur les transactions financières et lutter contre l'évasion fiscale (transparence bancaire, renforcement des services d'enquête coopération européenne). Pour en finir avec le dumping fiscal, nous proposons d'harmoniser la fiscalité des entreprises au niveau européen en modulant les taxes sur les sociétés pour inciter les entreprises qui créent de l'emploi, investissent dans la formation et augmentent les salaires ; et pénaliser celles qui délocalisent, spéculent, polluent. Nous ferons la promotion en France et en Europe d'une fiscalité réellement progressive.

La priorité doit être donnée à la réduction des inégalités sociales et territoriales en Europe, au développement de programmes de solidarité et de lutte contre l'exclusion. 

Une Europe des droits et libertés

L'Europe doit être un espace qui garantit l'égalité entre les femmes et les hommes à tous les points de vue, et qui protège le droit fondamental des femmes à disposer de leur corps. Le droit européen doit – face à la menace qui plane dans de nombreux pays – garantir l'accès de toutes à l'IVG. Nous sommes pour l'instauration de la « clause de l'Européenne la plus favorisée » afin que chaque femme puisse bénéficier des lois les plus avancées dans les pays de l'Union. 

L’Europe doit être laïque et garantir la liberté de conscience. C'est une condition pour garantir l'égalité des citoyennes et des citoyens quelles que soient leurs convictions philosophiques et religieuses. Le libre exercice des cultes sera garanti dans le cadre des lois existantes. Nous nous prononçons pour une stricte séparation entre les Eglises et les institutions européennes. Nous nous opposerons au statut particulier des Eglises dans le cadre des consultations européennes et à tout financement public d’activité religieuse. 

Une Europe de la paix au service de l'émancipation humaine

L'Europe doit être un acteur sur la scène internationale. Face à la puissance du capital globalisé, notamment aux transnationales et aux marchés financiers, il faut un espace politique et économique qui puisse faire contrepoids et qui renonce aux ingérences impérialistes et néocolonialistes. Si aujourd'hui elle n'a rien d'autre à offrir que des accords de libre échange, l'Europe refondée peut être un très puissant outil de coopération entre les peuples du monde.

La paix et la sécurité collective doivent être un fondement d'une Europe refondée. Cela implique une rupture avec les politiques atlantistes, la sortie de l'OTAN, l'indépendance vis à vis des USA. L'Europe doit être active sur le terrain du désarmement multilatéral. Une politique extérieure européenne doit se fonder sur le droit international pour contribuer à la résolution des conflits par le multilatéralisme et la recherche de solutions politiques et non militaires. Au Proche Orient, elle doit engager tous les outils à sa disposition pour faire respecter le droit imprescriptible du peuple palestinien à un Etat souverain et démocratique, dans les frontières de 1967. 

L'Europe refondée sera à l’opposé de l’« Europe forteresse» actuelle, qui repose sur le dispositif Frontex, la stigmatisation et la mise en danger des étrangers non communautaires. Elle devra veiller au respect des droits des migrants, à commencer par le droit d'asile, le droit à la scolarisation, le droit au travail. 

Une politique de solidarité et de coopération doit être mise en place avec les différentes régions du monde. Avec l'Amérique Latine, l'Afrique, l'Asie, le Proche Orient, l'Europe de l'Est des nouvelles relations doivent se nouer sur un pied d'égalité et non dans le cadre des accords de libre échange. L'Europe soutiendra les révolutions citoyennes qui ont mis à bas des régimes autoritaires. 

Élections européennes. Des enjeux décisifs pour les peuples

le 05 May 2014

Élections européennes. Des enjeux décisifs pour les peuples

Les élections européennes se dérouleront le dimanche 25 mai en France. Les électeurs des 28 pays membres de l'Union Européenne vont choisir les 751 députés qui les représenteront au Parlement européen pour cinq ans.

Elles sont décisives: la majorité des lois nationales dépendent de l'Union Européenne, le droit européen a priorité sur le droit national et les budgets des Etats sont sous contrôle de la Commission européenne, sous peine de sanctions !

Conformément aux traités approuvés par l’UMP et le PS, le FMI, la Banque Centrale Européenne et la Commission européenne imposent l’austérité au profit des banques et des grands groupes privés, en obligeant les Etats à réduire leurs déficits publics, dûs au chômage, au détriment des services publics et des besoins des peuples.

Le traité de libre-échange transatlantique avec les USA , actuellement négocié en secret par les dirigeants de l’Union Européenne, soutenu par la droite et le PS, va aggraver cette situation et consacrer l’ultra libéralisme économique.

Actuellement, suite aux élections de 2009, le Parlement européen est majoritairement détenu et cogéré par la droite ( 271 députés dont ceux de l’UMP) et les socialistes sociaux- démocrates (190 députés dont ceux du PS).

Les Verts européens (dont Europe Ecologie les Verts, qui fait souvent alliance avec le PS au Parlement ) ont 58 députés.

La gauche radicale et antilibérale européenne (dont fait partie le Front de Gauche) compte 37 députés.

Les « non inscrits » rassemble 31 députés ( dont Marine et Jean-Marie Le Pen , et Bruno Gollnish).

Pour ces élections 2014, le Front de gauche présente des listes communes par région (PCF, Parti de Gauche, Gauche Unitaire, mouvement Ensemble), avec pour slogan « Rompre, fonder une autre Europe ».

Cette année, les résultats de ce scrutin auront aussi une influence directe sur le choix du président de la commission européenne : pour cette présidence, le candidat de la gauche radicale et antilibérale, soutenu par le Front de gauche, est ALEXIS TSIPRAS, leader du mouvement grec Syriza .

La droite présente JOSEPH DAUL (UMP); les socialistes et sociaux-démocrates, Martin SCHULZ, membre du parti social-démocrate allemand (SPD), et actuel président du Parlement européen.

A nous de faire campagne, si nous ne voulons pas voir se poursuivre une Europe libérale austéritaire, de droite ou socialiste, assister à l’augmentation du nombre d’électeurs abstentionnistes et de députés d’extrême droite, sur fond de chômage croissant.

Les orientations de l’Europe dépendent de l’étiquette politique des chefs d’Etat et gouvernements qui ont été élus dans chaque pays : ce sont eux qui composent le Conseil européen et dirigent l’Europe. Mais elles dépendent aussi des députés que les électeurs vont élire au Parlement européen.

Pour mieux comprendre pourquoi l’Europe est aujourd’hui celle de la finance et du libéralisme, ci-dessous un mémo sur l’Europe actuelle, ses institutions et ceux qui la dirigent…

L’UNION EUROPEENNE ACTUELLE (MEMO)

L’Union européenne (UE), regroupe 28 États (plus de 500 millions d'habitants). Plusieurs pays sont membres de l’UE mais n’ont pas rejoint la zone euro constituée en 1999. La Suisse et le Liechtenstein ne font pas partie de l’Union Européenne.

LES PAYS DE LA ZONE EURO (plus de 300 millions d’habitants) : Allemagne, France, Italie, Autriche, Belgique, Finlande, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas, Espagne, Portugal, Grèce (depuis 2001), Slovénie (depuis 2007),  Chypre et Malte  (depuis 2008),  Slovaquie (depuis 2009), Estonie (depuis 2011), Croatie (depuis juillet 2013)

LES PAYS HORS ZONE EURO  (qui ont gardé leur monnaie nationale) : Angleterre, Suède, Danemark, Norvège, Bulgarie, République tchèque, Lettonie, Lituanie, Hongrie, Pologne, Roumanie.

LES TROIS INSTITUTIONS : CONSEIL, COMMISSION, PARLEMENT

Le conseil et la commission sont les institutions décisionnaires qui font la politique de l’Europe. Ils ne sont pas élus démocratiquement par les peuples.

Seul le Parlement est élu démocratiquement au suffrage universel direct par tous les citoyens-électeurs des 28 pays, mais il a des prérogatives réduites.

1/ le Conseil européen dirige l’Europe. Il est composé des chefs d’État ou de gouvernement des 28 pays. Il fixe les politiques générales.

Il est présidé par le Belge Herman Van Rompuy (parti démocrate chrétien).

2/ la Commission européenne siège à Bruxelles. Elle est la « Gardienne des traités » et veille à leur application. Elle a le quasi monopole des lois et directives, en matière d’union douanière, commerce, concurrence, préservation

des ressources biologiques de la mer, politique agricole, marché intérieur, monnaie unique. Elle est composée de 28 commissaires proposés par le président de la Commission européenne et les Etats.

La commission europénne a droit de contrôle sur les budgets nationaux de chaque pays et sur leur conformité aux traités, sous peine de sanctions des Etats par la Cour européenne de justice.

Le président de la commission européenne est le Portugais Manuel Barroso, parti social-démocrate de centre droit (PSD).

3/ Le Parlement siège à Strasbourg. Il est composé des 751 députés (chiffre variable) en poste pour 5 ans. Il vote les lois et directives élaborées par la commission européenne mais il a des compétences réduites: certains domaines sont de la compétence exclusive de la Commission européenne.

Le Parlement est actuellement présidé par le socialiste allemand Martin Schulz, membre du parti social -démocrate (SPD).

NB : Les socialistes du SPD sont actuellement au pouvoir en Allemagne, dans le cadre d’une coalition gouvernementale avec le parti de droite d’Angela Merkel, Union Chrétienne Démocrate (CDU).

LES DERNIERS TRAITES EN VIGUEUR

1/ Le traité de Lisbonne de 2009. Il est dans la lignée du traité de Maastricht de 1992.

A l’initiative de Sarkozy, il reprend le traité de constitution européenne refusé par les Français lors du référendum de 2005 avec à 55% de voix « contre ».

Il a néanmoins été approuvé par l’UMP et le PS au Parlement français.

Il consacre les grands principes de l’économie de marché libérale, défendue par la droite, le patronat, les actionnaires et les banques : profit, compétitivité, concurrence, avec libre circulation des capitaux, des marchandises et de la main d’œuvre (directive Bolkenstein).

2/ Le traité budgétaire de décembre 2011. Il a été élaboré par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, et n’a pas été renégocié par François Hollande.

Pour satisfaire les banques qui prêtent aux Etats, ce traité fait obligation aux Etats de mener une politique d’austérité budgétaire, en ayant un déficit public inférieur à 3 % du PIB (« règle d’or ») et une inflation maîtrisée (pour garantir la rentabilité du capital). D’où la réduction des déficits publics dans les pays de l’Union Européenne.

AUTRES INSTANCES DECISIVES :

L’EUROGROUPE ET LA BANQUE CENTRALE EUROPENNE

L’EUROGROUPE regroupe les ministres des Finances des États membres de la zone euro, pour élaborer et coordonner leur politique économique .

Le président de l’Eurogoupe a été jusqu’en 2013 (et ce n’est pas un hasard) Jean-Claude Juncker, premier ministre du Luxembourg (un des paradis fiscaux notoires ).

Son président actuel est le Neerlandais Jeroen Dijsselbloem, ministre des Finances des Pays Bas.

A retenir: avec Nicolas Sarkozy, Jean-Claude Juncker a apporté son soutien à Dominique Strauss-Kahn  pour sa désignation  au poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI). Jean-Claude Junker est aussi gouverneur du FMI ,de la BERD (Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement et de la Banque Mondiale.

LA BANQUE CENTRALE EUROPEENNE (BCE) La BCE émet l'euro et définit les orientations de politique monétaire dans la zone euro.

Son président est l’italien Mario Draghi.

Son prédécesseur était Jean-Claude Trichet, ex directeur de la Banque de France, mis en examen en 2002 dans le cadre de la faillite du Crédit Lyonnais !

A retenir : Mario Draghi, a été dirigeant pour l'Europe de la banque d’affaires américaine Goldman Sachs, responsable de la crise financière des subprimes en 2008, à l’origine du marasme économique actuel !

Autre célèbre consultant de la banque Goldman Sachs : Mario Monti, chef du gouvernement italien jusqu’en 2013, ex commissaire européen à la concurrence.

IMPORTANT : la Banque Centrale Européenne est indépendante des Etats conformément aux traités. Elle ne peut pas prêter directement aux Etats à taux zéro ou réduits, mais doit obligatoirement alimenter les fonds des banques privées, lesquelles interviennent sur les marchés financiers et prêtent ensuite aux Etats à des taux d’intérêts plus élevé (ce qui aggrave encore leurs déficits).

Un fonds européen de stabilité financière a pour but d’aider un Etat endetté dans l’impossibilité de se financer sur les marchés financiers.

Mais ce fonds ne prête à un Etat qu’après accord de l’Eurogroupe et sur programme négocié avec la Commission européenne, les experts de la Banque Centrale Européenne et du Fonds Monétaire International.

Les prêts accordés sont conditionnés à la mise en œuvre d’une politique d’austérité par l’Etat emprunteur .

D’où les plans d’austérité successifs en Grèce, Chypre, Espagne, Portugal, Italie et celui que Valls vient d’annoncer en France, avec coupes sombres dans la Sécurité Sociale, gel des salaires et retraites, réduction des moyens financiers pour les collectivités locale, réforme territoriale avec disparition de régions et départements. Soit 50 milliards d’économies publiques.

Dans le même temps, le grand patronat du Medef va recevoir de l’Etat 20 milliards de crédit d’impôt compétitivité et 30 milliards de dispense de cotisations pour les allocations familiales. Sans oublier les profits des actionnaires des grandes entreprises, planqués dans les paradis fiscaux, qui représentent une perte pour les caisses de l’Etat de 60 milliards par an…

La Palestine s'invite à Poitiers le 13 mai

le 02 May 2014

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CGT Tract appelant au rassemblement le 7 mai 2014

le 02 May 2014

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européennes : fiches députés sortant

le 29 April 2014

européennes : fiches députés sortant

Fiches d'aide sur la mandature européenne 2009//2014

Points de distribution muguet 2014

le 24 April 2014

Points de distribution muguet 2014

La section

le 23 April 2014

La section

Section PCF de Martigues

1 Boulevard Gerard PHILIPE

13500 Martigues

04 42 43 12 44

Web : http://www.martigues.pcf.fr
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Le secrétaire de section est : Jonathan Di RUOCCO

Webmaster : Nicolas MEMBRIBE

COMMERCY : FIERS DU TRAVAIL ACCOMPLI

le 19 April 2014

JOURNAL

L’AVENIR DE COMMERCY

 

Publication de la section de Commercy du PCF

aux commerciennes et aux commerciens

 

Par 1.147 voix contre 1.013, une liste de droite vient de battre la gauche aux élections municipales à Commercy.

Celui qui vient de conquérir la mairie annonçait à la mi-décembre sa candidature dans la presse et décrivait sa liste dans ces termes : « des chefs d'entreprise, des cadres, des professions libérales... »

Si les cartes étaient brouillées par le prétendu apolitisme de la tête de liste, les ténors de la droite et du patronat meusiens étaient bien à la manœuvre.

La droite et le patronat prennent leur revanche après 37 ans de gestion municipale par la gauche unie à Commercy.

En 2008, la gauche unie l'avait emporté par 1.566 voix contre 548.

Le 6 mai 2012, les Commerciens ont donné 1.620 voix à Hollande contre 1.114 à Sarkozy.

Vingt-deux mois plus tard, les sarkozystes et l’extrême-droite gagnent les élections municipales à Commercy !

Les communistes commerciens sont fiers du travail accompli pendant 37 ans au sein d'une municipalité combative dans la défense des services publics (gare, hôpital,...). Ils sont fiers du combat mené pour le maintien du 8ème RA. Ils rappellent que sa suppression a été décidée en 2008 sous Sarkozy. La mobilisation des commerciens avec le comité de défense du 8ème RA, proposé initialement par la CGT, puis élargi à la municipalité et aux commerçants, a permis d'obtenir des compensations : 14 Millions d’euros qui ont permis de créer des dizaines d’emplois et le développement du commerce local.

Combien de villes françaises de la taille de Commercy ont le courage d'aller frapper à la porte du premier ministre comme plusieurs dizaines de commerciens l'ont fait au printemps 2013 avec leurs élus de gauche ? Et ce n'est qu'un exemple.

Les communistes commerciens sont fiers du dynamisme des associations commerciennes qui a permis depuis la dernière rentrée scolaire d'offrir aux enfants des écoles primaires des activités « après l'école » à un coût modique et dans d'excellentes conditions d'organisation.

La mise en place en 2014 de la redevance incitative, mesure sarkozyste qui deviendra obligatoire en 2015, a certainement coûté des voix à la gauche commercienne. Dans ce débat, les communistes ont exprimé leur désaccord avec cette taxe.

Mais notre défaite d'aujourd'hui est due essentiellement au contexte national et à la volonté des classes populaires de sanctionner Hollande qui s'est fait élire en promettant une politique différente de celle de Sarkozy alors qu'il la poursuit en l'aggravant.

Un tel reniement de la part du président de la République ne peut que nourrir la désespérance et le rejet de la politique en général.

Les 1.620 commerciens qui ont voté Hollande en 2012 n'ont pas voté pour une multiplication des cadeaux au patronat. Ils n’ont pas voté pour l’avalanche de mauvais coups contre les classes populaires que nous connaissons actuellement. Ils ont de quoi être en colère.

Nombre d'électeurs de gauche se sont abstenus à Commercy le 23 mars. La droite en a profité pour se mobiliser et a fini par l'emporter.

Nous, communistes commerciens, ne baisserons pas les bras. Nous serons en première ligne pour empêcher le démantèlement de ce qui a été construit au service des commerciens depuis 37 ans.

Nous serons plus que jamais au cœur des mobilisations pour la défense des services publics et de l’emploi à Commercy, pour la défense du droit des commerciens à l'éducation, à la culture, au sport, à la santé.

Ces droits auront plus que jamais besoin d'être défendus pied à pied après la victoire de la droite qui a promis tout et son contraire et sera tentée de tailler à la hache dans les dépenses utiles à la population.

Au plan national, le PCF, avec le Front de Gauche, est déjà en première ligne de la lutte contre l'austérité, notre parti appelant à une marche nationale à Paris le 12 avril.

Pour mener ces combats au plan local et national, nous avons besoin d’être de plus en plus nombreux. Les femmes et les hommes de progrès ont toute leur place au parti communiste français.

Il nous faut être beaucoup plus nombreux pour construire une alternative politique à l’austérité, que ce soit au plan local ou au plan national.

Rejoignez-nous. Adhérez au Parti Communiste Français !

CN du 11 avril - Discussion

le 16 April 2014

Laurence Cohen – Val-de-Marne
Concernant les municipales, des digues sont tombées. Le combat a été violent, face à une droite décomplexée. On a assisté à un recul idéologique, culturel sans précédent, une montée de l’individualisme au détriment du collectif. Nous devons réfléchir à notre lien aux populations. Nous sommes restés trop enfermés dans une logique de cartels, soit avec le PS (dans une union de la gauche totalement dépassée aujourd'hui) soit avec le PG.
Pour ouvrir l'espoir à gauche, pour construire une alternative de transformation, il faut rassembler les citoyennes et les citoyens très largement. Comment parvenir à un rassemblement populaire majoritaire pour gagner ? On a essayé sans succès (je pense aux collectifs anti - libéraux).
Je propose donc qu'on prenne le temps d’y travailler sous forme d'ateliers dans les sections, les fédérations puis au CN pour aboutir à une conférence nationale. Nous ne pouvons faire l’économie de cette réflexion collective commune.
Attention à la tentation du repli sur soi.

Paul Barbazange – Hérault
La pauvreté terrible a pesé partout, du nord au sud de la France. La stratégie « mitterrandienne » d’instrumentalisation du vote FN fait partie du passé. Toutes les digues sont tombées. PS et PG, chacun à sa façon, ont tenté d’effacer toute analyse, toute présence communiste. Le Front républicain voulu par le PS et l’UMP a été la dernière étape. Il y a un élu communiste à Béziers, point d’appui avec son parti pour combattre. La construction du PCF sera décisive. Dans l’Hérault, vote hors partis (Ménard, Saurel à Montpellier). Vote FN contre la gauche. Pour les européennes, rendons lisible notre apport spécifique communiste contre l’Europe capitaliste. Notre section mènera campagne sur le mot d’ordre « faire péter l’Europe capitaliste ».

Françoise Fiter – Pyrénées-Orientales
A Perpignan, retirer la liste de gauche pour empêcher l'élection du FN s'est fondée sur le refus de banaliser le FN en l'assimilant à l'UMP, même s'il y a porosité entre eux. L'électorat de gauche, qui n'a pas entendu l'appel au rassemblement au 1er tour, s'est mobilisé au second avec d'autres contre le FN. Il faut analyser encore ces résultats, mais il existe un réel espace pour redonner de l'espoir aux habitants qui sont très en souffrance. La lutte contre le FN implique d'occuper cet espace et de beaucoup travailler sur le terrain.

Xavier Compain – Côtes-d'Armor
Recréer de l'espoir nous incombe. Puisse cette campagne européenne afficher nos ambitions, comme notre détermination à mener bataille dans la durée. Ainsi, tout en fixant à la Conférence Paris climat 2015 un rendez-vous des peuples, portons dès maintenant le fer sur tout ce qui vise à bien nourrir la planète dans un monde qui se réchauffe. Suscitons confrontation et co-élaboration des idées à gauche, Front de gauche, avec les écologistes, les progressistes... C'est dans cette démarche de rassemblement d'alternative sociale, économique, écologique au diktat des marchés que nous ouvrirons espoir aux générations futures.

Denis Durand – Paris
Je souhaite que le Conseil national se prononce contre la répartition des têtes de listes européennes. Ce serait ouvrir une crise du Front de gauche ? mais la crise est déjà là. Il faut un changement de stratégie pour rendre possible la poursuite du FG. Les discours gauchistes tenus depuis deux ans contribuent à le rendre incapable de se faire entendre des classes populaires qui s’abstiennent massivement alors qu’elles devraient être le cœur de son électorat. J.-L. Mélenchon y fait aujourd’hui figure de repoussoir. Il n’a pas les moyens de faire exploser le Front de gauche si nous menons, de notre côté, la bataille. Là où nous nous battons sur nos idées, nous gagnons, comme le montrent certaines prises de position importantes du texte électoral du FG pour les élections européennes, en ce qui concerne l’euro ou notre proposition d’un Fonds de développement social financé par la BCE. Ne nous dérobons pas à notre responsabilité envers le Front de gauche et envers les millions de travailleurs et de citoyens aujourd’hui dans le désarroi.

Martine Gayraud – Gard
Dans le Gard nous avons mieux résisté grâce à l'ancrage local de nos élus qui a pesé positivement. Nous avons subi la vague bleue comme ailleurs, le rejet de la politique menée par le gouvernement, l'offensive forte de l'UMP qui a pu fédérer le mécontentement, le désarroi de l'électorat de gauche. Constats : il a été difficile de fidéliser notre électorat, la question des quartiers populaires est posée au regard de nos résultats dans ces secteurs de nos villes. Pour recréer de la dynamique nous avons besoin de sortir du rapport de force dans le Front de gauche, besoin d'un débat approfondi pas seulement dans notre parti sur notre stratégie, ses rapports internes, car cette situation ne nous permet pas d'aborder la campagne des européennes dans les meilleures conditions.

Mehdi Mokrani – Val-de-Marne
Nous devons prendre la mesure de la situation politique. Ces municipales ont révélé (abstention, vote F.Haine, progression de la droite, faiblesse de la gauche), la rupture du sentiment d'appartenance à la République et à la Nation. Nous partons de loin, notamment sur les contenus, et il ne suffira pas de parler de la BCE dans les quartiers populaires pour transformer cette société. A propos de l'accord, qu'il soit bon ou mauvais, nous avons la responsabilité d'être enfin une véritable force motrice pour le Front de gauche. Cette campagne des européennes doit être l'occasion de le faire grandir et progresser pour s'émanciper des querelles de directions nationales.

Marine Roussillon – Paris
Accepter l’accord qu’on nous propose sur les européennes me paraît irresponsable.
Notre responsabilité, c'est d'abord de rassembler le PCF, à la veille d'une campagne électorale qui sera très courte. La proposition qui nous est faite ne le permet pas.
Notre responsabilité, c'est d'avancer dans la construction du rassemblement contre l'austérité dont nous avons besoin, en France et en Europe. La proposition ne le permet pas : elle donne à la stratégie de clivage portée par le PG un poids démesuré au regard des résultats des municipales. Elle ne laisse aucune place à l'élargissement du rassemblement. Elle ne permet pas non plus d'assurer l'avenir du Front de gauche. Elle ne règle aucun débat, ne permet pas la sortie de crise et affaiblit notre position. Après les européennes, il y aura les régionales, les présidentielles. Nous ne pouvons pas reporter indéfiniment les débats.
Notre responsabilité, c'est de renforcer notre groupe au Parlement européen. Une délégation française aussi déséquilibrée en faveur du PG met en danger le groupe GUE.

Francis Parny – Val-d'Oise
Le vote aux municipales sanctionne certes le gouvernement mais reflète aussi la crise politique, économique, sociale et culturelle de notre société. Le reflux du PS nous touche aussi car nous n'apparaissons pas distincts de lui. Notre autonomie n'est pas lisible. Il est temps de relancer le Front de gauche en réaffirmant qu'il est à la fois résistance et le lieu d'une construction majoritaire alternative à gauche. Il faut l'ouvrir largement à la société civile en n'ayant pas peur de partager les décisions avec elle.

Dominique Satge – Haute-Garonne
Municipales Toulouse, quelques éléments de réflexion sur la défaite : droite extrêmement mobilisée depuis la campagne contre le mariage pour tous face à un électorat de gauche démobilisé par la politique gouvernementale. Mais aussi et surtout: un vrai recul idéologique sur les solutions collectives aux questions sociales, notamment en termes de densification urbaine, de mixité sociale, de transports en commun. De plus, dans les quartiers populaires, rôle du clientélisme et du fait religieux. Européenne s: l'accord du FG est en profonde contradiction avec notre stratégie, notre conception d'un rassemblement large, il hypothèque gravement la mobilisation des communistes et l'audience du FG pendant la campagne.

Jean-François Téaldi – Alpes-Maritimes
Nous fixions des reconquêtes de villes, d'élus ! Le CN s'est trompé ; cela nous pose un problème politique, il faut en débattre. Echec immédiat mais seuls nos candidats ont porté les idées de transports gratuits, de régies de l'eau, de démocratie participative. Malgré nos partenaires, il faut continuer le FG pour les militants non encartés et les électeurs de l'alternative ; nombre d’entre eux veulent rejoindre le Parti. Le combat contre le FN doit devenir un axe prioritaire de notre combat, car ce vote est devenu un vote d'adhésion aux idées de haine, d'exclusion, de repli individualiste. Militants, élus, dans les mois qui viennent, doivent dénoncer leurs votes, décrypter leur programme sur les questions économiques et sociales, car parler de son passé n'intéresse plus personne.

Laurence Zaderatzky – Pas de Calais
Désarroi aussi pour les communistes, nous pourrions être protégés par le local comme un bouclier électoral ; ça n'a pas été le cas. Nous ne mesurons pas suffisamment les dégâts dans les têtes faits par 40 ans de politique d'austérité capitaliste. La révolution numérique est aussi utilisée pour isoler les citoyens : « le temps de cerveau disponible » s'est encore amenuisé. Sentiment d'abandon pour les populations, pas seulement sentiment mais réalité et vécu quotidien : 60% des familles expulsées dans le Nord/Pas-de-Calais n'ont eu aucun accompagnement social. Cette violence quotidienne n'a pas trouvé de réponses dans nos candidatures. Nous avons besoin de plus d'outils de formation, de culture pour redonner du sens à nos actions et plus de lisibilité. Nous avons la responsabilité de porter et co-élaborer, avec les citoyens, un projet de transformation sociale « l'humain d'abord ».

Cédric Lattuada – Marne
Dans la Marne, la gauche comme partout a subi des revers. Mais notre parti a des élus dans plus de communes qu’en 2008. Nous avons gagné en crédibilité dans cette campagne, car nous étions porteurs d’une démarche de rassemblement, quels que soient les contours des alliances. De grandes difficultés avec le PG, qui met en danger une possible dynamique de rassemblement pour l’élection européenne. L’heure n’est pas au repli. Le Front de gauche ne doit plus être un cartel de partis, il ne doit pas s’enfermer dans une logique d’opposition stérile.

Mylène Vesentini – Aude
Dans l'Aude, hégémonie du PS, région, département, communes, députation. Il n'a pas entendu ni la colère justifiée des citoyens, ni le message droite, gauche c'est pareil, tant au niveau national que local. Les principales villes, Narbonne, Carcassonne, reviennent à droite. Notre stratégie de choix de liste, même dans le respect de nos statuts, n'a pas pleinement satisfait ni nos adhérents ni nos partenaires, ni suffisamment convaincu les électeurs. La crise de la politique est là malgré nos projets sur l'eau, les transports, la démocratie que nous allons continuer à porter ensemble à la population. Nous devons donc débattre dans le Parti et avec le Front de gauche : quelle démocratie ? la place de chacun, les projets.

Caroline Pottier – Vendée
La défaite de la gauche aux municipales peut s’expliquer par des pratiques qui éloignent de plus en plus la population de la politique : les modes de fonctionnement des partis, les arrangements d’appareils, les méthodes de gouvernance, les rapports entre « décideurs » et « usagers ».
Il y a tout un travail de reconstruction d’espoir à porter en remettant au cœur de nos pratiques de l’humanisme, de la chaleur.
En Vendée, tous les maires FdG sortants, ont été réélus. Sur les 5 communes de plus de 10 000 habitants, toutes conduites par un(e) communiste désigné(e)s démocratiquement par les colistiers, la moyenne du FdG approche les 9%.
Pour renforcer le FdG (et le PCF), nous devons revenir à son programme initial, non pas une machine électorale que certains instrumentalisent, mais un espace de recherche, de construction citoyenne, de mise en relation de la diversité de la gauche en misant sur le triptyque :
- résistance à la politique d’austérité du gouvernement ;
- bataille sans concessions contre la droite et le patronat ;
- construction de rassemblements sur la base de propositions précises.
Tout ceci en maniant sans doute plus et mieux, batailles politiques et idéologiques. Le PS assume sa rupture avec l’objectif de changer de société. Le moment est venu de l’expliquer clairement et d’opposer une perspective de reconstruction de la gauche sur les bases d’un projet de transformation sociale.

Nicolas Marchand – Val-de-Marne
Aux municipales, grave échec de la gauche, dans lequel nous sommes entraînés (mais aussi analyser nos fragilités) et réelle résistance du PCFliée à nos forces militantes, aux choix de rassemblement à l'opposé de la ligne d'isolement de Mélenchon. (Bérezina ? Pour le PG qui a perdu ses 2 mairies en Ile-de-France comme il a perdu à Paris).
Situation très grave ; le Front de gauche apparaît plus comme une extrême-gauche que comme porteur d'une alternative. Pour un rassemblement à la hauteur des transformations nécessaires, il faut une intervention politique solide avec les idées du PCF, notamment sur les moyens de financer les objectifs sociaux, face au défi du pacte de responsabilité sur le mode de production des richesses (et pas seulement leur répartition).
Notre place aux européennes n'est pas une question de boutique mais de contenu.
L'accord sur les candidatures est mauvais. Il donne au PG les moyens d'un leadership sur le contenu de la campagne, et les meilleures voire les seules possibilités de gagner des élus. Mais il va affaiblir la mobilisation militante indispensable à un bon résultat. Il ne faut pas céder au bluff de Mélenchon.
L'intérêt du Front de gauche justifie une renégociation.

Danielle Trannoy – Gironde
Avoir une analyse de l’abstention qui atteint des taux importants dans les quartiers populaires et le monde du travail. Notre ligne politique permettait-elle de faire le lien entre réalisations municipales et un projet global d’émancipation. Abandon du monde salarial, du travail, face aux casses de l’emploi. Plusieurs points sont hors contexte d’un débat sur l’UE, l’euro, l’austérité. Analyser les sursauts communistes à lier aux forces organisées. Le Parti communiste français, affaibli, est toujours un obstacle au remodelage de la France selon le Medef. L’avenir est lié à la lutte des communistes contre le capitalisme en reconstruisant l’outil communiste. C’est de notre responsabilité.

Jean-Marc Durand – Drôme
Sur municipales, notre démarche de large rassemblement à gauche était la bonne mais elle est loin d'être toujours allée de soi. En cause, la pression du PG, la peur de casser le Front de gauche, la simplification de la construction du rapport de force à gauche.
Les résultats font apparaître un recul de la gauche dans les quartiers composés de couches salariées moyennes, voire modestes. Cela pointe pour la gauche et surtout notre parti, le besoin d'être attentif au message politique que nous portons auprès de ces populations et de nous recentrer sur les questions sociales et économiques au sens ou celles-ci sont indissociablement politiques car seules porteuses de réponses à leurs questionnement et à la dégradation de leurs conditions de vie.
Sur européennes, l’accord 3PG, 2 PCF n’est pas bon. Le contenu politique de l’accord fait par trop ressortir une logique de contre ramenant à sortie de l’euro alors qu’il faut une autre Europe, un autre euro face aux exigences sociales et au besoin d’expansion des services publics.

Gisèle Malaval – Aube
Notre discours politique doit être désormais clairement identifiable (le thème de la solidarité est seulement perçu comme moral) : le thème de la lutte des classes est plus que jamais d’actualité. Un travail d’information et de formation est nécessaire si l’on espère réveiller une conscience politique chez nos concitoyens dépolitisés ou apolitisés. Par ailleurs, nous demandons à Pierre Laurent d’exiger publiquement le respect du droit du citoyen à la pluralité de l’information : en dehors de l’Humanité et de France Culture, le Front de gauche et notamment le PCF ont été victimes d’une censure politique médiatique. Quant à la liste des européennes, nous n’acceptons pas le diktat du Parti de gauche.

Martine Perez – Aveyron
Sous-estimation du mécontentement, de sa traduction politique. Les citoyens répondent avant tout aux déceptions, aux souffrances. Divorce avec certaines pratiques très largement rejetées. Arrêt voire recul d'une dynamique autour du Front de gauche. Dictature médiatique. Attitude politicienne du PG. Nos propres responsabilités car ces municipales sont aussi pour nous un échec. Le contenu est souvent passé après les ambitions électorales. Les alliances à géométrie variable nous ont discrédités. Le Front de gauche avait redonné de l'espoir, aujourd'hui c'est la déception, de l'inquiétude. Urgence à entrer en campagne pour les européennes. Faire la démonstration d'un parti responsable, loin de calculs politiciens et comptables.

Pascal Girard – Drôme
Plusieurs raisons de l'abstention populaire et jeune émergent : une des salariés par le refus de cautionner des listes de gauche, une autre par les jeunes issus de famillee de l'immigration en restant insensibles à la nécessité de voter, ils ne possèdent pas la culture de ce droit pour s'exprimer, et une dernière avec le droit du vote des étrangers vivant sur le sol français. Un travail s'effectuera entre PCF, syndicats et ateliers de quartiers pour débattre de la bataille des idées et des orientations politiques, ainsi que des ateliers de quartiers populaires pour développer ce droit citoyen auprès des jeunes et leur donner une culture politique.

Valérie Goncalves – Val-d'Oise
Attention à ce que nos propositions structurées et crédibles du PCF en matière de politique énergétique ne disparaissent pas dans la campagne des européennes au profit de l'idéologie radicale de liquidation du nucléaire du PG de Mélenchon à travers son éco-socialisme. Ce serait se couper des salariés, ingénieurs, chercheurs et industriels. La France possède des atouts industriels indéniables dans la filière nucléaire. Troisième rang dans l'industrie derrière l'automobile et l'aéronautique. L'Humanité doit dénoncer le monopoly financier de ce secteur tout en donnant la possibilité au Parti de pouvoir s'exprimer.

Alain Hayot – Bouches-du-Rhône
Trois tendances marquent les municipales : 1) L'ampleur de l'abstention est un rejet de l'ensemble du champ politique et touche plus la gauche que la droite. Notre combat pour refonder la République par la révolution citoyenne devient central ainsi que la reconquête d'une hégémonie culturelle sur d'autres valeurs que l'air du temps. 2) La porosité galopante entre les électorats UMP et FN sur la base d'une vision ultra conservatrice de la société a permis à la vague bleue et bleu marine de conquérir ensemble des positions fortes. Là aussi la contre-offensive est impérative. 3) La force de la sanction à l'égard du PS ne nous épargne pas. Le FG n'est pas apparu comme une alternative au social-libéralisme. Le FG dans sa forme actuelle (cartel d'organisation), dans son image (force d'opposition et non de propositions) ne rassemble pas. Il faut l'ouvrir à la société, au mouvement social et culturel qu'il nous faut associer à un immense processus de politisation indispensable à toute reconquête.

Alain Janvier – Seine-et-Marne
Au travers des élections municipales, il y avait 3 enjeux : 1) Pour le citoyen lambda, trouver des réponses aux besoins individuels et sociaux - résultat contrasté. 2) Faire bouger le rapport de force vers plus de gauche - résultat échec. 3) Modifier le rapport de force au sein de la gauche vers le PCF. Résultat intéressant. Avons-nous, quelle que soit l'option retenue au 1er tour, clairement affirmé partout, avant le second tour, que notre objectif reste le rassemblement de toute la gauche sur une politique de gauche, y compris pour le second tour? Non. C'est une erreur. Ces élections pointent deux points forts : 1) Le combat politique dans les entreprises : il faut relever son niveau d'importance et prendre des décisions par son déploiement. 2) Le combat contre le FN : L'immigration joue le rôle d'exutoire. Mais, sur le plan social et institutionnel, il y a large similitude avec le PS et la droite. Il faut dénoncer la duplicité du FN et son programme antisocial.

Céline Brulin – Seine-Maritime
D'accord avec l'objectif de « reconstruire la gauche » en construisant des propositions rassembleuses, atteignables, en prenant des initiatives. Mais nous sommes en difficulté pour l'atteindre. Nous ne voulons pas être des briseurs de rassemblement (FG), mais l'orientation et la conception du rassemblement portée au sein du FG sont des obstacles. Entre autre choses, les municipales ont montré que les kyrielles de logos, les unions visiblement factices, les fusions de dernière minute ne permettent pas le rassemblement. Les électeurs ne veulent plus des accords de sommet mais c'est ainsi que nous procédons pour les européennes en reportant le débat à plus tard. Il est urgent d'impulser une nouvelle conception du Front de gauche qui permette un véritable rassemblement citoyen.

Marie-Christine Baudouin – Cher
La politique gouvernementale a conduit, lors des élections municipales, à l’abstention massive et au vote FN.
Face la politique nationale les communistes ont choisi leur stratégie en fonction de leur histoire sur leur territoire.
A Bourges, nous avons décidé de construire une liste de large rassemblement sans le parti socialiste alors qu’à Vierzon, nous étions avec le PS et les autres forces de gauche. La campagne de proximité nous a permis de conserver toutes nos mairies, de gagner des élus, et d’avoir des têtes de liste « jeunes » qui ont fait de bons résultats.
Pour les élections européennes, il faut donner un message clair à la population et continuer à dire « Stop à l’austérité et au pouvoir de la finance ». Cette élection est peu mobilisatrice et ceux qui vont se déplacer risquent de transformer ce vote par un vote pour ou contre l’Europe et l’Euro, et nous connaissons le vote que cela va entraîner.
Laisser au Parti de gauche la tête de liste de la circonscription Grand Centre est en contradiction avec nos rapports de force, mais nous ne pouvons, à 6 semaines du scrutin prendre le risque d’une rupture avec nos partenaires. Par contre, après les élections européennes il faudra travailler à refonder le FdG, son contenu et son mode de fonctionnement.

Jean-Jacques Karman – Seine-Saint-Denis
Après le vote de 2008 pour le PS, nous avons pendant six ans dénoncé le PS et la droite. Nous avons cassé l’image du maire et créé les conditions du rassemblement en plaçant la contradiction principale sur la ville entre nous et le PS. Les électeurs ne parlaient pas du vote Front de gauche, mais de vote communiste. Une affiche du PS titrait « Non au retour des communistes ». La droite a été marginalisée à 15 % au 2e tour. C’est avec près de 900 voix d’avance que nous avons remis une majorité communiste absolue au conseil municipal. Le groupe communiste a permis aussi de garder l’intercommunalité Plaine communes (300 000 habitants). En 1994, le communiste Charles Tillon reprend Aubervilliers à Laval. Je ne dirais pas qu’aujourd’hui est comparable à 1944, mais quand même ça fait du bien ! Pour les européennes : NON à la refondation, OUI à la rupture.

Marie-Hélène Pouget-Chauvat – Creuse
1) Comment se fait-il que les positions du Parti de gauche aient trouvé une résonnance importante au sein du FG et sur certains de nos adhérents entraînant leur radicalisation ? 2) Avec les situations municipales très compliquées, les communistes sont désemparés « et ne comprennent pas » les stratégies employées. Que leur dire ? 3) La consultation devrait être les 17 et 18 avril, mais la liste centre n’est même pas faite. C’est mission impossible. Repousser la date ? 4) On consulte les communistes alors que le jeu des têtes de liste est faite, est-ce bien respectueux ?

Gilles Garnier – Seine-Saint-Denis
Aux municipales nous avons assisté à une explosion des méthodes clientélistes voire mafieuses. Il nous faut comme en Italie créer un réseau d’élu-e-s contre ces dérives liées à la paupérisation des populations sensibles aux solutions individuelles et pas aux solutions collectives. Concernant les européennes, nous avons mis un long temps avant de nous mettre d’accord et sur la plate-forme et sur les candidatures. Certains camarades du Front de gauche ont tout fait pour retarder l’accord. Il n’est pas idéal soit, mais nous ne pouvons laisser le peuple de gauche sans espoir. Il nous faudra pourtant débattre publiquement sur l’avenir du Front de gauche.

Marie-Jeanne Gobert – Calvados
La droite sort renforcée de ce scrutin. C'est un immense gâchis pour les projets qui étaient menés par les villes de gauche au service des territoires et des populations. Trams, logements sociaux, services publics, actions en faveur de la solidarité ont été balayés. Pour autant, à Caen, la droite a été élue alors que 66% des inscrits n'ont pas voté pour elle. Un espace à gauche existe pour le PCF à la condition de sortir d'un tête à tête avec les composantes du Front de gauche, d'évaluer notre stratégie de rassemblement et de s'attacher prioritairement à moderniser le Parti communiste français. Il faut sortir d’un sommet, élargir le rassemblement et s'inscrire dans une démarche de rencontre avec les citoyens pour faire de la politique, donner à connaître nos analyses, nos propositions.

Yannick Monnet – Allier
Dans l'Allier, l'accord ne semble pas diviser les communistes, au contraire, ils ont tendance à se rassembler contre. C'est le manque de débat sur cet accord qui risque de diviser surtout après une campagne menée par Parti de gauche comme « réglons nos comptes » ça démobilisera. Pour le vote sur cet accord, rien ne peut prédire l'impact qu'il aura sur l'élection européenne. Le vote du CN sur cet accord, c'est aller au moins pire avec une élection dans six semaines. Est-ce que cet accord validé et un parti qui risque de se diviser aidera nos sortants ? Surtout dans une campagne où il reste peu de temps et que ce sont les slogans diviseurs de Mélenchon qui s'entendront. A un an des régionales et des cantonales importantes pour mon département, l'Allier, je ne peux pas l'accepter. En accord avec ma direction départementale, je voterai contre cet accord et nous assumerons le clash s'il est rejeté.

Dominique Négri – Isère

1- La ceinture rouge de Grenoble a tenu malgré les attaques sournoises du PS, l’anticommunisme. A Saint-Martin-d’Hères, la section du PCF, avec la JC, a su rassembler sur une ligne de classe. David Queiros est élu 5ème maire communiste. Dans le pays, ne minimisons pas la perte en influence et élus. L’effacement dans le FdG et la gauche fait son œuvre.

2- Rien sur les luttes à ce CN ? Quelle stratégie pour gagner le retrait du pacte de responsabilité, aggravé par Valls, de la réforme ferroviaire? Là est la perspective de rupture politique ! Pour la manif du 12/04, une affiche anonyme, sans sigle PCF : incroyable. Démasquons ce rôle du FN: détourner des luttes, la colère et le rejet de l’UE.

3- Il y a besoin d’une ligne de rejet claire du des métropoles, des grandes régions voulues par l’UE. Attention aux SPL, sociétés « publiques » locales, qui cassent les statuts. 

4- Accord FdG/européennes : NON! 3PG/2PCF : c’est le choix de la disparition du point de vue communiste ! Pas de raison de laisser la place éligible du Sud-Est à Mme Vergiat, de sensibilité socialiste, ex-secrétaire du groupe PS (91-97) à l’Assemblée.

Daniel Cirera – Seine-Saint-Denis
Engager dès à présent la réflexion sur les leçons des élections. Résultat des municipales, tensions et contradictions sur les listes et sur "l'accord" - pas satisfaisant - pour les européennes touchent - au-delà des problèmes de comportement - à la conception du rassemblement  et des conditions du changement. (Enfermement dans la gauche de la gauche sur une stratégie de division, ou dynamique de rassemblement à gauche). L'objectif du FdG était de passer devant le PS et de faire reculer le FN. Ni le FdG, ni le PCF ne bénéficient de la débâcle du PS. Il y a un problème d'offre politique. Le choix n'est pas FdG ou Union de la gauche (à l'ancienne). La question est  celle de l'autonomisation du PCF dans sa volonté et sa capacité d'initiatives capables de rassembler et d'entraîner toutes les forces à gauche, au plus près des réalités et des attentes populaires, pour des changements de politiques en France et en Europe.

Olivier Dartigolles – Pyrénées-Atlantiques
Concernant les élections européennes, les autres listes entrent, les unes après les autres, en campagne. Avec un taux d'abstention à la hausse, il y aura le 25 mai une prime à ceux qui mobiliseront leur électorat. Attention à ne pas sous-estimer la nouvelle situation politique, très évolutive, avec les annonces de Valls qui peuvent avoir un effet sur de l'opinion (équipe plus "professionnelle", écran de fumée avec la baisse des cotisations sociales),  la décision d'EELV de quitter le gouvernement, et une droite menaçante, une extrême-droite dont l'objectif est de basculer en tête.  
L'accord n'est pas satisfaisant mais il permet d'engager la campagne, d'aller chercher la réélection de nos députés sortants, de défendre une conception ouverte du Front de gauche avec la candidature de Marie-Christine Vergiat, de gagner l'élection d'une dirigeante du Parti, en seconde position dans la grande circonscription du Sud-Ouest.
N'attendons pas les lendemains de l'élection européenne pour tendre la main à toutes celles et  ceux qui, à gauche, veulent des discussions, des rencontres, du travail pour des convergences pour prendre une autre direction. L'alternative à l'austérité et à la trajectoire présentée par M. Valls dans son discours de politique générale est une urgence. Il nous faut aussi poser publiquement une question qui ne peut rester un débat interne au sein du Front de gauche. Le Front de gauche a su représenter un espoir. Comment, dans les conditions politiques actuelles, retrouver du souffle ? "Il faut passer à autre chose". Oui, la situation à gauche, les événements auquel nous sommes confrontés, nous demandent, tant pour le Parti communiste que pour le Front de gauche,  de la réactivité, des initiatives politiques, du travail de décryptage, d'élaboration en terme de projet et de conception de rassemblement.

Michel Ceruti – Lot-et-Garonne
Les communistes lot-et-garonnais félicitent Patrice Bessac, originaire du Lot-et-Garonne, nouveau maire de Montreuil. Sur les européennes, la réflexion en cours met en lumière la question du Front de gauche, les conceptions stratégiques opposées en son sein, la question de son dépassement pour intégrer l'ensemble des gens de gauche, socialistes, Verts, syndicalistes... au-delà de sa forme actuelle. L'appel des secrétaires départementaux est un appel à mettre à plat cette situation. Un appel, un message national du PCF à l'adresse du monde du travail. Je prends acte de l'engagement pris par le CN allant dans ce sens. Les communistes lot-et-garonnais félicitent également leurs homologues parisiens pour leur démarche qui a beaucoup aidé.

Fabien Guillaud-Bataille – Val-de-Marne
Attention, majorité de villes gérées par la droite en 94 et 93. Villejuif, poisson pilote de l'UMP et de l'idéologie libérale ? Abstention : fait majeur et travailler dessus est la solution. Les communistes sont marqués, blessés par le cycle ouvert depuis 2008. Il nous faut le prendre en compte dans le débat. Nous ne pouvons pas prendre la responsabilité de briser le FG aujourd'hui. Lançons vite des assises larges pour définir quel Front de gauche, mais surtout quelle gauche ?