Accueil

Les centrales nucléaires françaises

Par Jean Barra, le 22 January 2013

Les centrales nucléaires françaises

Ce document vise à rappeler brièvement quelles sont les centrales nucléaires françaises, leur état et leurs conditions de fonctionnement, voire les perspectives d’extension. Un point de vue à enrichir, car l’approche retenue ici pourra facilement se voir reprocher d’être incomplète, entre autres parce que le sujet est extrêmement vaste et il serait présomptueux de prétendre faire un tour complet du dossier en conservant une présentation accessible au plus grand nombre.

En outre, il n’appartient pas à un parti politique – et au PCF pas plus qu’aux autres – de déterminer l’état d’une installation industrielle (les dérives de l’affaire Lyssenko ne seraient pas très loin, ou tout du moins, la confusion entre parti politique et appareil d’Etat, dont l’ex-URSS a donné de fâcheux exemples), mais d’apprécier si les organismes qui en sont chargés, sont en mesure de le faire dans de bonnes conditions et correctement.

Or, il existe en France une Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) historiquement issue du ministère de l’Industrie et aujourd’hui autorité indépendante, qui dispose d’un appui technique, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) lui-même historiquement issu du Commissariat à l’Energie Atomique (CEA).......

spécial Viticulture - L’EUROPE DOIT MAINTENIR SES DROITS DE PLANTATION

le 21 December 2012

spécial Viticulture - L’EUROPE DOIT MAINTENIR SES DROITS DE PLANTATION

L’EUROPE DOIT MAINTENIR SES DROITS DE PLANTATION
En 2008, Mariann Fischer-Boel, alors Commissaire européenne à l’Agriculture,
avait proposé l’abandon des droits de plantation pour 2016. À l’époque, le
ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, l’avait accepté pour la France. Il s’agit,
dans la logique de la concurrence libre et non faussée, de libéraliser la plantation
de vignes, le marché faisant foi. Seuls les grands marchands de vins (Comité européen
des entreprises du vin-CEEV), sont favorable à un tel démantèlement, donc
l’objectif est de produire et commercialiser demain des boissons alcoolisées à
base de raisin, au prix mondial. Si cette proposition de 2008 venait à être
adoptée, ce produit deviendrait très vite la chasse gardée quelques groupes
multinationaux. C’est inacceptable !
Sous la pression des grands marchands de vins...

36e Congrès - La base commune et les statuts

le 21 December 2012

36e Congrès - La base commune et les statuts

La base commune de discussion adoptée le 15 décembre 2012 par les communistes pour leur 36e congrès ainsi que le projet de statuts.

Avec lignes numérotées.

Cinquième table ronde • Les transformations du PCF en question

Par Sophie Celton, Hervé Poly, Elsa Faucillon, le 19 December 2012

Cinquième table ronde • Les transformations du PCF en question

Construire un PCF toujours plus en phase avec la société comme avec son projet, ça veut dire quoi ? Table ronde avec des dirigeant-e-s communistes, Sophie Celton (Bouches-du-Rhône), Elsa Faucillon (Hauts-de-Seine) et Hervé Poly (Pas-de-Calais) autour des questions figurant dans la « cinquième fenêtre » de la base commune.

--

QUELS CHANGEMENTS SONT NÉCESSAIRES DANS NOTRE ORGANISATION ?

SOPHIE CELTON

Ce que je constate, c’est que nous disons beaucoup « proximité, proximité », mais dans la réalité de notre action, on a bien du mal à faire confiance à cette fameuse proximité. Nous avons, par exemple, beaucoup de difficultés à nous occuper des adhérents, à être véritablement en lien avec eux. Si je prends les quartiers populaires : je trouve que nous avons tendance à ne pas faire confiance aux habitants de ces quartiers, ce qui peut se traduire par « pas d’activité du tout » dans ces secteurs. Nous devons écouter ce que nous disent ces gens qui nous rejoignent, nous devons oser leur donner des responsabilités, petites ou grandes, dès l’adhésion. Car je constate que chaque nouvel adhérent décide de s’engager pour faire quelque chose, pour être utile. Cela nous oblige à mieux travailler l’accueil de ces nouveaux adhérents, à mieux les « accompagner » dans une prise de responsabilité. Partout dans nos sections, on doit veiller à ce qu’un camarade, au moins, soit chargé du contact avec tous les adhérents, afin d’élargir notre influence, de gagner en rayonnement.

HERVÉ POLY

D’abord je pense qu’il ne faut surtout pas faire de la question de la transformation du Parti une forme de course vers un pseudo modernisme qui cacherait dans les faits un recul idéologique. Je ne pense pas, par exemple, que la nouvelle carte du Parti où l’on supprime la faucille et le marteau, et ce sans aucun débat, soit une avancée transformatrice. Les symboles sont porteurs de sens et le nôtre traduit notre ancrage dans l’héritage historique du mouvement politique révolutionnaire. Vouloir le faire disparaître apparaît de manière tout à fait légitime comme une volonté, celle de rompre avec un courant d’idées qui est l’essence même de l’existence de notre organisation. Les transformations du Parti doivent pour moi être en prise avec le Parti et avoir pour préalable notre volonté d’un épanouissement démocratique des militants à la base. Or, la réforme des statuts va à l’encontre de cette exigence. On peut faire toutes les déclarations de bonnes intentions, mais dans les faits, ce qui est proposé au travers des nouveaux statuts s’avère être tout le contraire. La modification de la clef de répartition financière des quatre organisations structurantes de notre parti pose un grave problème. Passer de la règle financière des quatre quarts (cellule, section, fédération et direction nationale) à une nouvelle règle de trois (section, fédération et direction nationale) entérine la mort des cellules et assèche de fait de 17 % les finances de nos organisations de base. Il s’agit là d’une faute politique lourde qui s’assimile à la nouvelle bureaucratie du futur fonctionnement de notre parti. Nous ne sommes plus en l’espèce dans une transformation mais dans une liquidation de nos organisations de base. On croit bien faire mais c’est prendre le parfait contre-pied de ce que désire l’immense majorité des communistes. La cellule doit rester l’organisme « vivant » de notre parti.

ELSA FAUCILLON

Si notre objectif est de contribuer à l’intervention massive de femmes et d’hommes dans la bataille politique pour changer de cap, il est à mon sens prioritaire pour notre organisation de concevoir notre propre activité dans ce sens et d’en tirer un certain nombre d’enseignements sur nos pratiques. Du point de vue de notre vie interne, la transversalité doit prendre la place d’une verticalité encore trop prégnante. Cette idée semble faire accord, mais nous buttons sur sa mise en œuvre. Les structures qui régissent notre vie interne sont aujourd’hui, pour beaucoup d’entre elles, des lieux de validation de décisions. Les conseils départementaux ou les AG de section débordent de savoir-faire militant, je pense pourtant que leur forme actuelle ne permet pas d’en valoriser tout le potentiel. Considérer l’élaboration collective comme un gage d’égalité et d’efficacité, libérer l’initiative sans modèle prêt à l’emploi pour les militants communistes me semblent des principes fonda-mentaux pour penser nos structures et plus généralement pour avancer ensemble vers une démocratie réelle. Franchir un cap dans l’implication populaire nécessite également que la démocratie s’incarne mieux dans nos pratiques politiques. Je pense, par exemple, à des initiatives où le slogan « Prenez le pouvoir » se concrétise et fait vivre la politique comme utile, émancipatrice, accessible à toutes et tous. Il s’agit donc pour notre organisation d’inventer un nouveau rapport à la société, plus en dialogue et en coopération avec celles et ceux qui la font vivre.

 

COMMENT RENOUVELER NOTRE ACTIVITÉ AVEC LE MONDE DU TRAVAIL ?

SOPHIE CELTON

La situation des entreprises à changé. Nous avons à développer et à travailler de nouvelles formes d’organisation, des formes qui permettent une activité dans l’entreprise elle-même ou par branche d’entreprises. On peut faire ça en réseau par exemple, comme c’est le cas avec les salariés de la presse dans les Bouches-du-Rhône. Ne nous figeons pas sur la cellule, sur la forme cellule même si nous devons les maintenir quand c’est possible mais regardons comment on met en lien les salariés entre eux, afin de permettre l’échange et la construction d’initiatives qui peuvent être collaboratives.

HERVÉ POLY

Sur la question de l’entreprise, force est de constater que nous avons fortement reculé dans la vie des cellules à l’entreprise. La tâche est immense et reste une priorité difficile à mettre en œuvre. Pour autant, une présence régulière, un contact étroit avec les organisations syndicales peuvent permettre à terme de nous redéployer dans des lieux de travail éclatés où il est plus difficile d’être présents. Par ailleurs, une présence régulière aux portes des boîtes, un contact étroit avec le monde du travail peut nous permettre de rendre visibles et plus pertinentes encore les interventions de nos élus. Avec nos élus en charge des questions économiques, nous nous employons, filière par filière, à prendre des points d’appui pour faire des propositions offensives permettant le développement économique de notre région. C’est le cas sur la filière ferroviaire où d’ailleurs les militants communistes à la SNCF ont décidé de mutualiser leurs actions en créant un réseau militants cheminots dans le Nord-Pas-de-Calais. Être à l’offensive idéologiquement, par exemple sur les questions industrielles, peut nous permettre à terme d’aller mieux dans nos combats sur cette question du travail politique à l’entreprise.

ELSA FAUCILLON

Le capitalisme a produit ces trente dernières années une segmentation inédite entre le travail et la politique. Dans mon département, sur le site de La Défense où travaillent 170 000 salariés, les camarades de cette section d’entreprise parlent d’une zone de non-droits sociaux, syndicaux et bien sûr politiques ! Si la régularité de notre présence aux portes des entreprises est indispensable pour créer et maintenir des liens avec les salariés, je crois pourtant que nous ne pouvons pas simplement tenter de réactiver des modèles anciens d’action et d’intervention face à cet immense chantier. Les expériences menées par les fronts des luttes ont initié des rencontres d’acteurs et d’actrices de luttes, des convergences, un renforcement de rassemblements ou de dynamiques politiques. Cela représente des pistes intéressantes pour de nouveaux rapports, de coopération, de co-élaboration régulière, avec le mouvement social. Je pense également aux ateliers législatifs ou à des ateliers municipaux avec les salariés, notamment sur les questions d’emploi, de démocratie à l’entreprise, d’égalité hommes/femmes, de la place du travail dans notre société ou encore de la culture dans l’entreprise.

 

A Marseille, Pierre Laurent lance un appel à refonder la République

le 16 December 2012

A Marseille, Pierre Laurent lance un appel à refonder la République

« Refonder la République - reconquérir la liberté, reconstruire l'égalité des droits et refonder la fraternité », vous trouverez ci-dessous le discours prononcé par Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, à Marseille le 15 décembre 2012 à l'occasion de l'initiative du PCF sur la République.

 

 

Seul le prononcé fait foi

 

 

Mesdames et messieurs,

Chers amis, chers camarades,

Nous sommes réunis ici, dans cette belle et grande ville populaire de Marseille, pour lancer un appel.

Oui, ici en 2012, 220 ans après la proclamation de la République, nous le clamons haut et fort : la République, notre République, est à refonder.

Oui, la République, celle qui clame sur ses frontons « Liberté, Egalité, Fraternité », celle qui ne reconnaît que la souveraineté populaire, doit reprendre le combat.

Parce qu'elle est abîmée, défigurée, salie. Abîmée par l'indécence des inégalités et la violence des discriminations ; défigurée par l'arrogance des pouvoirs de l'argent, le poison des divisions et des concurrences à outrance ; salie par le racisme banalisé du Front national et d'une partie grandissante de l'UMP.

Les mots ne suffisent plus.

La République n'est pas un drapeau dans lequel il fait bon se blottir si c'est pour, aussitôt après, s'essuyer les pieds sur ses valeurs comme sur un paillasson.

La République a toujours été un combat. La France a progressé et rayonné dans le monde chaque fois qu'elle s'est hissée au devant de ses valeurs fondatrices. Elle s'est déshonorée chaque fois qu'en son nom, ces valeurs ont été trahies.

La République n'est elle-même que quand elle fait vivre au quotidien, concrètement, ses principes de liberté, d'égalité et de fraternité.

Et aujourd'hui, en 2012, nous le disons, le combat doit reprendre, vite et fort, avant que la République ne s'abîme un peu plus encore.

Une nouvelle page doit s'écrire, que nous baptisons VIe République.

 

*

 

C'est aux volontaires marseillais, partis en juillet 1792 de la rue Thubaneau à Marseille pour marcher sur Paris, que fut distribué un tiré-à-part avec les paroles de l'hymne écrit par Rouget de l'Isle.

Cela faisait deux ans déjà que les révolutionnaires diffusaient la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » depuis que Robespierre en avait fait la proposition dans son Discours sur l'organisation des gardes nationales.

« Liberté, égalité, fraternité », la devise nationale mettrait encore du temps à s'imposer officiellement définitivement mais depuis lors, elle n'a jamais plus quitté l'imaginaire républicain de notre nation.

On n'a rien fait de plus révolutionnaire depuis.

Qu'un peuple, qu'une nation décrète l'abolition des privilèges, proclame que « tous les hommes naissent libres et égaux en droits », et en fasse sa loi suprême, on n'a rien fait de plus révolutionnaire depuis.

Ces trois mots, inscrits au fronton de nos mairies, de nos écoles, ces trois mots sont les piliers de la France, du pays qui nous unit, de chaque femme, de chaque homme, né ici, et de chaque femme, de chaque homme qui choisit notre pays pour y vivre, qui le choisit pour nation.

On n'a rien fait de plus révolutionnaire depuis.

Il n'est pas donc étonnant qu'il ait toujours fallu se battre pour que ces mots passent de nos frontons à la réalité. Les privilégiés, hier ceux de l'Ancien régime, aujourd'hui les nouveaux aristocrates de la finance, ne s'y sont jamais résolus. Ils n'ont jamais cessé, pour entraver ces principes, d'en limiter la portée, de diviser, d'opposer, de discriminer, de séparer, de hiérarchiser, de mettre en concurrence les individus entre eux.

Nous voulons une société d'individus librement associés, solidaires et égaux en droits. Eux défendent une société d'exploitation de l'homme par l'homme.

Jean Jaurès ne s'était pas trompé sur la portée historique de l'invention républicaine, lui qui qualifiait la République proclamée en 1792 de « sublime nouveauté du monde ».

« Que ce peuple, écrit le fondateur de l'Humanité, où il n'y avait pas d'esclaves, où il n'y avait pas de serfs et où, depuis le 10 août, tous les citoyens étaient égaux, s'élevât à la République, et qu'il devînt, vraiment, tout entier, dans tous ses éléments, un peuple de rois, voilà [...] la grande nouveauté et la grande audace ».

Aujourd'hui à nouveau, mes amis, mes camarades, il faut pousser les privilégiés vers la porte. Notre République souffre trop. L'heure de l'audace, celle de l'égalité, a de nouveau sonné.

Car à toutes celles et à tous ceux qui s'interrogent, et qui devant ce spectacle d'injustices qui n'en finit pas, se demandent : « Sommes nous impuissants ?

Je réponds avec conviction : « Non, nous ne sommes pas impuissants mais divisés ». Ce n'est pas du tout la même chose.

Et tant que nous sommes divisés, les privilégiés règnent. Ils nous isolent, ils nous opposent. Et la division des exploités, des dominés c'est leur force.

*

Comment s'y prennent-ils pour entretenir et développer ce climat de division ? Tout est fait pour que chaque être humain se sente plongé dans un climat permanent d'insécurité sociale, culturelle, existentielle.

Chacun de nous se sent menacé.

Désormais, un Français sur deux se déclare pauvre ou pense qu'il peut le devenir.

Il y a des milliards qui vont et viennent d'un bout de la planète à l'autre par de simples clics informatiques comme si le monde se réduisait à une gigantesque caisse enregistreuse. C'est nous, par notre travail, qui mettons cet argent en caisse, mais nous n'en tirons aucun bénéfice.

Des millions d'entre nous, de plus en plus nombreux, ont le sentiment de vivre en sursis.

Qui n'a ressenti au moins une fois qu'à tout moment, qu'au moindre coup dur, tout est compromis, qu'on peut tout perdre, que l'avenir est bouché, que la situation nous échappe. Certains en viennent à se dire qu'ils s'en tireraient bien mieux tout seuls en la « jouant perso » puisque, maintenant, dans la vie comme dans le commerce, on dirait qu'il faut éliminer les concurrents pour s'en tirer, car il n'y a pas de place pour tous.

Le matraquage sur l'austérité, sur la compétitivité, qui ignorent toutes ces fortunes capitalistes qui se gavent sur notre travail, est leur arme de division massive. Chacun est renvoyé à lui-même.

Eduquer ses enfants, se soigner, se loger, si vous n'en avez pas les moyens, c'est tant pis pour vous, c'est chacun pour soi. Chaque jour, chacun pense devoir, pour s'en sortir, affronter l'humanité entière et croit que personne ne sait qu'il existe, que personne ne se soucie de lui.

Divisés, nous sommes dominés. Dominés parce qu'empêchés de décider par nous-mêmes, dominés parce que soumis au chantage, réduits au silence le jour un plan « social » s'abat. Dominés parce qu'entravés en permanence de choisir sa vie, ses études, son lieu d'habitation, le sens de son travail. Dominés parce que sous-payés parce qu'on est une femme, un jeune, un immigré, et qu'en 2012, cela suffit encore pour nous traiter en salarié ou en citoyen de seconde zone.

Oui, tant que nous sommes divisés, ils règnent.

La violence de cette société est partout. Celles et ceux eux qui souffrent le plus, ont honte, se taisent, rasent les murs.

Quand on n'est pas encore tombé, on préfère prendre ses distances pour se protéger, dès que possible aller vivre ailleurs, un peu plus loin, pour échapper au malheur, quitter la grande ville et ses solitudes, quitter la banlieue et la stigmatisation. On en vient à avoir peur de ses semblables en croyant se protéger des difficultés qui nous frappent tous.

En vérité, la République est malade de la violence du fric, malade de la loi du plus fort, malade de la précarité généralisée et du chacun pour soi.

Tous les jours, on assigne les gens à leurs difficultés quotidiennes comme si la violence du monde leur tombait dessus sans que personne ne puisse lui faire face.

Mais c'est le système du fric, et ses valeurs de compétition et de concurrence qui opposent et tuent nos solidarités.

Au royaume du capitalisme, l'égoïsme des intérêts est roi.

Quand Mittal, le financier de l'acier, dispose à lui seul du pouvoir de vie ou de mort sur la sidérurgie nationale, à Fos, à Florange ou ailleurs, et qu'il continue sans vergogne d'empocher crédits d'impôts et aides publiques, qu'il impose sa loi au nouveau gouvernement, c'est que quelque chose ne tourne plus rond dans la République.

Quand les actionnaires et les marchés financiers nous font la leçon tous les jours sur les dépenses publiques, et qu'en réalité le taux de perception réel de l'impôt sur les sociétés est constaté à 28 % pour la moyenne des entreprises, mais à seulement à 13 % pour les grandes entreprises et à 8 % pour celles du CAC 40, la République n'est plus tout à fait la République.

Car en République, ce n'est pas à celui qui a le moins de contribuer le plus au pot commun, ce n'est pas au travail de payer pour le capital, c'est à l'économie et aux finances d'être au service de l'intérêt général.

Quand les dividendes s'envolent, et que les files des Resto du cœur s'allongent, quand la Commission européenne veut mettre fin à l'aide européenne versée aux associations de lutte contre la pauvreté et la précarité qui aident au quotidien des millions de Français et d'Européens et que notre gouvernement ne résiste pas, la République n'est plus tout à fait la République.

Car en République, ce n'est pas au précaire de se débrouiller tout seul, c'est à la société d'éradiquer la pauvreté en développant la solidarité et en garantissant le droit à l'emploi pour tous..

Quand les meurtres se multiplient en Corse et à Marseille, que les causes (le fric, la spéculation immobilière, les trafics mafieux) sont parfaitement identifiées, et que l'Etat ne trouve jamais aucun coupable, oui la République est malade et n'est plus tout à fait la République.

Car en République, ce n'est pas en privatisant les services publics, ce n'est pas en abdiquant devant la violence qu'on s'en débarrasse, mais c'est en faisant jouer son vrai rôle à l'État, garant des lois, garant des droits, qu'on fait reculer l'impunité.

Quand à la tête de l'UMP, on se déchire sur fond de fraudes électorales, que seules comptent les ambitions personnelles des belligérants alors qu'on prétend vouloir gouverner la France, la République n'est plus tout à fait la République.

Car en République, ce ne sont pas les calculs égoïstes et égocentriques qui font l'homme d'État, c'est le sens de l'intérêt de la France, c'est l'attention constante portée au débat et à la décision démocratique, c'est le respect des engagements pris qui font la femme ou l'homme de gouvernement.

Quand des millions de Français sont montrés du doigt en raison de leur religion, qu'un président pour rester au pouvoir se lance dans une compétition raciste et xénophobe, ou qu'un député pour prendre la tête de son parti attise la haine dans les cours d'école avec des provocations imbéciles et humiliantes, la République n'est plus tout à fait la République.

Quand on multiplie les contrôles de police « à la gueule du client », et que des centaines de jeunes Français sont harcelés, non pas parce que leurs comportements sont suspects ou leurs agissements criminels mais parce qu'ils sont considérés a priori, à cause de leur apparence, comme suspects, la République n'est plus tout à fait la République.

Voilà la société dont nous ne voulons plus. Les puissants attisent la méfiance et les peurs. Nous y perdons tous et eux seuls y gagnent.

Nous, notre force, c'est notre unité. Unité dans l'égalité des droits. Unité dans le refus de toutes les discriminations sociales, ethniques, religieuses, sexuelles ou territoriales. Nous concevons toutes nos diversités comme le patrimoine commun de toute l'humanité, de chacune et chacun d'entre nous. Nous combattons toutes les aliénations. Nous ne voulons pas nous enfermer dans des identités étriquées et figées. Nous sommes des humains uniques et complexes, d'influences et d'appartenances multiples. Nous voulons construire ensemble un nouveau monde de partage et d'humanité.

Face à toutes les divisions, nous avons donc la solution. Rien n'est plus urgent pour sortir ensemble de la crise que de reconquérir notre liberté, de reconstruire l'égalité des droits pour tous, de refonder la fraternité.

 

*

 

Oui, la République que nous voulons vivre pleinement aujourd'hui, c'est la République de l'égalité sociale.

« La liberté n'est qu'un vain fantôme quand une classe d'hommes peut affamer l'autre impunément », déclamait Jacques l'Enragé à la tribune de la Convention en juin 1793. Face aux féodalités financières, cela demeure d'actualité.

On nous dit : « l'égalité sociale, ce n'est pas possible ». Je réponds que ce n'est pas l'égalité sociale qui est impossible, c'est de laisser les inégalités et les injustices se creuser qui rend la vie en société impossible.

La République de l'égalité sociale dans notre France du XXIe siècle n'adviendra pas sans une nouvelle abolition des privilèges de l'argent.

Si nous voulons l'abolition des privilèges, si nous voulons l'interdiction des licenciements boursiers, la fin des mises en concurrence systématiques, l'éradication des emplois précaires, des temps partiels imposés, c'est pour construire un nouvel âge du partage, un nouvel âge social, celui de la sécurisation sociale et professionnelle de tous, celui de la sécurisation du droit à la santé, au logement, à l'éducation.

Voilà ce qui à nos yeux devrait être le coeur des priorités gouvernementales, et non la course à la compétitivité.

*

La République que nous voulons vivre, c'est celle de la reconquête d'une véritable souveraineté populaire. À l'heure de la mondialisation, de l'Europe austéritaire, des actionnaires financiers, de la présidentialisation qui concentre et confisque les pouvoirs, tout doit être reconstruit.

Nous voulons le pouvoir partagé des citoyens, et non le présidentialisme qui concentre tous les pouvoirs ; nous voulons la démocratie sociale, les droits des travailleurs et l'appropriation sociale de nos métiers, de notre travail, des richesses créées ; nous voulons la mondialisation de la coopération, l'Europe de la solidarité et de la mise en commun, et non plus de la concurrence.

Le respect de la parole donnée devient une grande question politique – qu'il s'agisse de la renégociation du traité européen promise par le candidat du Parti socialiste, et abandonnée par le président élu ; qu'il s'agisse de l'annonce à l'Assemblée nationale d'un repreneur pour Florange et de sa nationalisation, abandonnée en moins de deux jours sans qu'aucune explication ne soit donnée aux salariés, ni au pays, ni à la représentation nationale.

La République que nous voulons vivre, c'est celle d'une citoyenneté pleine et entière.

C'est celle qui accorde le droit de vote des étrangers. On nous dit : « Les Français n'en veulent pas. » Je récuse cette affirmation.

De quoi parle-t-on ? Les étrangers votent aux élections locales en France quand ils sont issus de pays de l'Union européenne et cela ne choque aucun Français. Dans de très nombreux pays européens, étrangers communautaires et non-communautaires votent sans problème. Alors, quel est donc le problème ? Notre système institue une discrimination entre étrangers. Et ceux qui sont discriminés sont « les plus Français » de tous, si l'on peut dire, car ils sont issus de pays colonisés par la France, travaillant depuis des années pour notre pays, des parents d'enfants et de petits-enfants français.

Autrement dit, l'absence de droit de vote des étrangers non-communautaires organise une insupportable discrimination à l'égard de citoyens actifs et résidents de notre pays. Et cela n'est plus supportable. De quelle égalité parle-t-on quand des étrangers contribuant à produire les richesses de notre pays se voient refuser ce droit mais qu'un citoyen français comme Gérard Depardieu garde la jouissance de ses droits civiques alors qu'il déménage pour ne pas avoir à payer d'impôts en France ? La République, ce n'est pas cela. Alors oui, il faut adopter cette loi, maintenant.

La République que nous voulons vivre, c'est celle qui bannit le contrôle au faciès. Ces contrôles sont injustes et discriminatoires, et ne sont d'aucune efficacité dans la lutte contre l'insécurité ou la criminalité qui sont présentés comme leur raison d'être.

Rien ne rend acceptable de telles pratiques en République.

Voilà pourquoi le PCF mettra toutes ses forces dans la campagne pour le droit de vote des étrangers que viennent de lancer plus de 50 associations et organisations avant les élections municipales de 2014, et dans la campagne pour la mise en place de récépissés lors des contrôles d'identité.

La République que nous voulons vivre, c'est celle qui refuse le discours : « La France ne peut plus être unie, parce qu'elle est devenue trop multiculturelle ».

L'identité de chacun est une alchimie toujours en mouvement. L'autre est toujours en nous. Le métissage est en chacun de nous. Nous refusons l'assignation des identités figées. La culture est une construction partagée que nous voulons en toutes circonstances mettre au coeur de notre combat émancipateur. Montaigne le disait déjà dans cette France du XVIe siècle où l'Église catholique cherchait à exclure les protestants : « Un honnête homme est un homme mêlé. »

Quand on nous dit aujourd'hui : « L'islam en France, ce n'est pas notre histoire », nous récusons cette réécriture de notre histoire nationale, européenne, méditerranéenne qui est l'histoire d'un brassage ininterrompu.

Nous combattons l'islamophobie du FN et de l'UMP qui cache mal les mentalités coloniales et néo-coloniales revendiquées par ces droites revanchardes et nostalgiques.

Et c'est parce que la République dans laquelle nous voulons vivre, c'est plus que jamais la République laïque.

La laïcité, redisons-le, haut et fort, ce n'est pas l'uniforme d'une pensée quelle qu'elle soit. C'est au contraire la liberté de conscience pour tous, et donc la liberté de culte et de le pratiquer, c'est en même temps et indissociablement, le refus de la domination sur l'État et ses lois d'une religion quelle qu'elle soit.

Finissons-en avec l'instrumentalisation de la laïcité pour mieux en trahir l'esprit. Sachons au contraire faire vivre la laïcité dans la France telle qu'elle est réellement aujourd'hui.

La République dans laquelle nous voulons vivre, c'est au fond celle qui place par-dessus tout le respect de la dignité, de la dignité de chaque femme, de chaque homme, de chaque membre de notre société.

Aucun argument, aucune situation, aucune contrainte, aucune crise ne justifiera jamais à mes yeux l'acceptation que certains doivent se voir déclassés, niés dans leur dignité d'homme, comme les familles roms rencontrées ce matin dans le quartier de la Belle de Mai et les habitants de Maison-Blanche qui sont en butte aux marchands de sommeil depuis tant d'années.

La République s'élèvera et nous nous élèverons tous en cherchant à répondre toujours par le haut à cette ambition d'égalité et de dignité.

Alors, sommes nous impuissants ? Je le répète, nous sommes en réalité divisés.

En reconstruisant une société solidaire, nous serons plus forts tous ensemble.

Nous pouvons mettre fin aux divisions et, si nous y arrivons, il n'y aura ni maîtres, ni esclaves mais une société d'hommes et de femmes libres et égaux.

La République est notre bien commun, c'est pour la refonder que nous voulons refonder l'égalité, sans laquelle il ne peut y avoir ni liberté, ni fraternité.

Ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous différencie.

Il est temps de décréter à nouveau le salut commun.

Oui, le temps est venu de mettre l'égalité au pouvoir, le temps est venu de proclamer à nouveau la Conjuration des Égaux en marche.

 

Vive la Liberté, vive l'Égalité, vive la Fraternité ! Vive la République, vive la France !

Et vive le Parti communiste français !

Pourquoi nous refusons l'austérité ! Lettre ouverte des sénateurs CRC

le 29 November 2012

Pourquoi nous refusons l'austérité ! Lettre ouverte des sénateurs CRC

Lettre ouverte des sénatrices et sénateurs du groupe communiste républicain et citoyen (CRC) - Débat au Sénat : pourquoi nous refusons l'austérité !

-

Depuis plusieurs semaines, les sénatrices et sénateurs du groupe communiste républicain et citoyen ont travaillé sur des textes fondamentaux et structurants pour l’avenir de notre pays.

Parmi ces textes, le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), la règle d’or, le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) et le projet loi de Finances (PLF) pour 2013, sont sans doute les plus emblématiques.

Nos votes sur ces textes ne relèvent pas d’une posture circonstancielle. Ce sont des votes responsables qui prennent appui sur la volonté de changement qui s’est majoritairement exprimée dans notre pays en mai et juin derniers.

Ils portent les combats du Front de gauche contre la droite et l’extrême droite, mais sont aussi exigeants pour que cette volonté de changement se concrétise par des décisions et des actes forts du gouvernement, attendus par nos concitoyens pour répondre à leurs besoins.

En n’approuvant pas ces textes, notre groupe a provoqué leur rejet par le Sénat.

Faut-il le rappeler ? Il n’y a pas de majorité de gauche au Sénat sans les 20 membres du groupe CRC.

Dès les premiers jours de la session extraordinaire de juillet, notre groupe qui souhaite la réussite de la gauche, c’est-à-dire du changement, a manifesté sa disponibilité pour travailler à la préparation de textes législatifs.

Le gouvernement n’a pas vu ou plutôt, n’a pas voulu voir le rôle charnière de notre groupe.

 

Nos propositions n’ont été examinées, et encore moins prises en compte, ni en amont de la présentation des projets de loi, ni durant leur examen en commission, comme en séance publique.

Les textes étaient à prendre ou à laisser. Nous n’avons pu à aucun moment, véritablement discuter, ni de l’orientation ni de leur contenu.

Nous l’affirmons avec force: nous sommes acteurs du changement. Notre seule ambition est de répondre aux attentes et exigences de notre peuple.

Avec le Front de gauche, nous avons soutenu au second tour de l’élection présidentielle le candidat François Hollande. Nous avons ainsi permis la défaite de la droite à laquelle nous nous sommes opposés hier comme aujourd’hui, et comme nous le ferons demain.

Fort de ses 4 millions de voix, soit 11% des votes, le Front de gauche est une composante essentielle de la majorité politique actuelle.

Le Front de gauche, comme le Parti communiste en son sein, a fait le choix de ne pas participer au gouvernement qui a, d’entrée, annoncé des orientations trop éloignées d’une politique de progrès et de justice sociale.

L’absence de rupture avec les politiques libérales qui ont prévalu depuis tant d’années, a justifié l’abstention de nos camarades du groupe GDR à l’Assemblée nationale lors de la déclaration de politique générale du Premier Ministre le 3 juillet dernier, position que nous avons soutenue et fait nôtre au Sénat où ce débat se déroulait sans vote.

Notre désaccord avec un certain nombre d’orientations de la majorité gouvernementale, celle qui a voté la confiance au Premier Ministre, est connu et nos votes d’aujourd’hui ne peuvent constituer une surprise.

Avec le Front de gauche, nous avons rejeté le traité Sarkozy- Merkel qui devait être réorienté, comme le nouveau Président de la République s’y était engagé quand il était candidat, et qui fut finalement soumis à la ratification des parlementaires tel quel, sans qu’aucune virgule ne soit modifiée.

Ce recul face aux libéraux européens et les marchés est malheureusement un acte fondateur du quinquennat.

De cet acte découlent les insuffisances, les contre-sens, la fausse route actuelle.

Alors que le peuple a voté pour « un changement maintenant », ce sont les dogmes libéraux qui, au-delà de quelques mesures positives, perdurent. Ils ont pour nom : compétitivité, réduction des dépenses publiques et coût du travail.

L’annonce du pacte de compétitivité, avec la hausse d’une TVA, pourtant dénoncée hier, a confirmé et renforcé nos craintes d’un refus d’affronter le monde de la finance, qualifié d’ennemi sans visage par le candidat François Hollande.

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2013 n’a pas rompu avec la terrible logique de la maîtrise des dépenses de santé qui signifie toujours moins de soins pour une part croissante de la population et toujours plus d’inégalités face à la vieillesse.

Nous avons décidé, comme les député(e)s du groupe GDR à l’Assemblée nationale, de voter contre un texte sans ambition, ne se donnant pas les moyens de revenir sur les mesures les plus régressives des « années » Sarkozy. Nous avons maintenu ce vote quitte à provoquer le rejet par le Sénat. C’est une question de cohérence, c’est une question de respect.

Nous ne pouvons accepter - car c’est une mesure importante et symbolique - le renforcement de la taxation des retraites pour le financement de la protection sociale.

Le gouvernement connaissait notre hostilité de principe à cette mesure comme à l’absence de remise en cause des exonérations de cotisations sociales patronales.

Il n’a pas bougé d’un iota sur ces points. Plus généralement, un seul de nos 50 amendements a été accepté par la majorité gouvernementale et un autre a été repris par le Rapporteur général. Nous avons donc maintenu le vote contre.

Concernant le projet de loi de Finances dont le débat a commencé le 23 novembre, nous préconisons pour l’instant, tant sur les recettes que sur les dépenses, une abstention, car même si sur le plan des recettes un effort de rééquilibrage a été effectué, l’amendement « pigeons » a réduit la portée de cette avancée en retirant 750 millions de recettes sur la taxation des plus-values en

matière de cession d’entreprise. Par ailleurs, nous constatons que les dépenses sont toujours marquées par le dogme libéral de réduction coûte que coûte des dépenses publiques.

Pierre Laurent, Secrétaire national du Parti communiste français, André Chassaigne, président du groupe GDR à l’Assemblée nationale et Eliane Assassi, présidente de notre groupe au Sénat, ont été reçus par le Premier Ministre.

Une liste d’amendements adoptés l’an dernier par la majorité de gauche du Sénat lui a été remise. Ces amendements ne relèvent pas de la surenchère.

Ils marquent une inflexion significative vers plus de justice sociale et fiscale.

Jusqu’à ce jour, le gouvernement maintient l’affirmation du Premier Ministre sur l’absence de marge de manœuvre et le refus de nos propositions.

De toute évidence, le carcan européen, les premières conséquences du pacte budgétaire et de sa règle d’or se font sentir.

Le changement est-il encore à l’ordre du jour ? La question mérite d’être posée.

Notre abstention sur le budget entraînera sans doute le rejet du projet de budget par le Sénat.

Nous avons toujours dit que nous voterions les mesures qui vont dans le bon sens : ainsi, nous avons voté et voteront le projet de loi relatif au logement.

Nous avons voté en juillet le collectif budgétaire qui, alors, marquait un infléchissement net par rapport à la politique de Nicolas Sarkozy.

Nous avons pleinement participé à l’élaboration de la loi contre le harcèlement sexuel et l’avons bien entendu votée.

Nous nous engageons pleinement pour le vote dans les meilleurs délais du projet de loi instaurant le mariage pour tous.

Nous ne votons pas pour ce qui nous paraît contraire à nos engagements et aux chances de réussite de la gauche.

Outre les projets clefs de ratification du traité budgétaire européen, de l’instauration de la règle d’or, ou de loi de finances ou de financement de la sécurité sociale, nous n’avons pas voté le texte

relatif au statut des étrangers qui prolonge la stigmatisation d’hier.

Nous avons vivement rejeté un texte relatif à l’énergie qui engageait le démantèlement du service public, mettait en danger le principe d’égalité et aurait abouti à faire payer, à terme, plus cher l’énergie aux plus démunis.

Nous exigeons par contre dans l’urgence, l’adoption de mesures sociales dans ce domaine. Nous avons déposé une proposition de loi en ce sens qui peut être adoptée par toute la gauche dès demain.

En décembre, si rien ne bouge, nous nous opposerons au projet de loi de finances rectificative. En effet, il doit, pour l’essentiel, intégrer les dispositions du pacte de compétitivité, qui prennent à contre-pied la gauche, en allant à l’encontre des intérêts populaires.

On nous dit : « attention ! Vous vous alliez avec la droite. C’est une alliance contre nature, vous trahissez la gauche ».

C’est oublier bien vite que tant sur la ratification du traité, la loi organique portant règle d’or, le texte relatif aux étrangers (instaurant une garde à vue spécifique) que sur la reconduction des mesures sarkozistes relatives au terrorisme, seuls les renforts des voix de l’UMP et de l’UDI, ont permis au gouvernement de faire adopter ces textes par le Sénat.

Les sénatrices et sénateurs du groupe communiste républicain et citoyen ne sont pas figés dans une attitude de refus systématique et stérile. Nous avons des propositions, en particulier pour la justice sociale, pour une lutte déterminée contre le chômage avec la mesure emblématique d’interdiction des licenciements boursiers pour une nouvelle répartition des richesses dans notre pays. Nous agissons avec détermination pour que ces propositions soient entendues et prises en compte.

Nous ne sommes pas dans l’opposition, fût-elle de gauche, car nous revendiquons haut et fort notre appartenance à cette majorité politique qui le 6 mai a permis de chasser la droite du pouvoir.

Mais ne pas nous entendre est sans nul doute prendre le risque de renoncer à cette majorité du changement, et de décevoir cruellement les aspirations populaires.

Paris, le 28 novembre 2012

 

Membres du groupe CRC du Sénat :

Mme ASSASSI Eliane
Mme BEAUFILS Marie-France
M. BILLOUT Michel
M. BOCQUET Eric
Mme COHEN Laurence
Mme CUKIERMAN Cécile
Mme DAVID Annie
Mme DEMESSINE Michelle
Mme DIDIER Evelyne
M. FAVIER Christian
M. FISCHER Guy
M. FOUCAUD Thierry
Mme GONTHIER-MAURIN Brigitte M. LAURENT Pierre
M. LE CAM Gérard
M. LE SCOUARNEC Michel
Mme PASQUET Isabelle
Mme SCHURCH Mireille
M. VERGES Paul
M. WATRIN Dominique

 

Journal CommunisteS n°498 - 28 novembre 2012 - Conseil national du 21 nov. 2012

Par CommunisteS, le 28 November 2012

Journal CommunisteS n°498 - 28 novembre 2012 - Conseil national du 21 nov. 2012

Spécial Conseil National du 21 novembre 2012.

Rapport d'Olivier Dartigolles : Engager la contre-offensive face aux forces de l'argent et mettre le cap à gauche

La Discussion

Intervention de Fabienne Haloui sur la validation des textes alternatifs

Et enfin Statuts, un texte plus clair, des débats vifs.

 

 

Partages - Les textes et l'information aux adhérents en vue du 36e congrès

le 26 November 2012

Partages - Les textes et l'information aux adhérents en vue du 36e congrès

Partages - Comment être utile à la France, à l'Europe et au monde ? Document préparatoire envoyé à tous les adhérents en vue du 36e congrès du PCF.

Au sommaire :

  • L'appel de Pierre Laurent aux militants
  • Le mode d'emploi du congrès
  • Les textes soumis au vote des communistes pour le choix de la base commune
  • Le projet de statut

 

 

Engager la contre-offensive face aux forces de l'argent et mettre le cap à gauche - Rapport d'Olivier Dartigolles au CN du 21 nov. 2012

Par Olivier Dartigolles, le 22 November 2012

Engager la contre-offensive face aux forces de l'argent et mettre le cap à gauche - Rapport d'Olivier Dartigolles au CN du 21 nov. 2012

Conseil national du 21 novembre 2012 - Rapport présenté par Olivier Dartigolles.

Engager la contre-offensive face aux forces de l'argent et mettre le cap à gauche

Avant de vous présenter ce rapport, je salue en votre nom le nouveau secrétaire général du mouvement jeunes communistes, Nordine Idir, qui vient d'être élu en lui souhaitant bonne route dans sa nouvelle responsabilité et la mise en œuvre des initiatives décidées par le MJCF.

***

L'agression israélienne contre le peuple palestinien à Gaza suscite une profonde colère et beaucoup d'indignation. Les dirigeants israéliens mobilisent leur armée et bombardent de façon intensive une ville et des quartiers populaires, des civils, des enfants qui payent un si lourd tribut. Ce matin, un immeuble abritant des journalistes a été la cible de tirs. L'offensive semblable menée en 2009 par les forces israéliennes, avec les crimes de guerre qui l'ont accompagnée, montre aux dirigeants

israéliens que leurs guerres ne sont que des impasses meurtrières.
La crise d'aujourd'hui ne peut se résumer à la question : qui a tiré le premier. On échappe pas à la réalité politique : en Palestine, il y a un Etat qui bafoue le droit – Israël -et un droit à l'Etat -le droit des Palestiniens- qui, depuis des dizaines d'années, reste bafoué.
Cette humiliation permanente, cette injustice fondamentale créent les crises récurrentes et les violences.

Le doublement du budget national pour la colonisation et l'annonce de 1200 logements nouveaux dans les colonies de Jérusalem-Est sont des actes inacceptables. Ils résonnent comme des provocations pour les Palestiniens qui ne supportent plus l'occupation militaire, la destruction des maisons, la répression, le blocus inhumain de Gaza. C'est d'abord à cette politique qu'il faut mettre un terme. C'est une responsabilité politique majeure pour la France, qui doit prendre l'initiative, pour les pays de l'Union européenne et ceux du Conseil de Sécurité de l'ONU.

Il y a aussi l'urgence de la solidarité pour le peuple palestinien

Nous avons décidé d'organiser un meeting le 28 novembre prochain à la Bourse du Travail de Saint- Denis. Ce doit être un grand moment de mobilisation, d'expression de la solidarité. Un moment où l'on dira tous ensemble : la France doit reconnaître l'Etat de Palestine et soutenir les démarches palestiniennes à l'ONU.

Il nous faut décliner cette initiative dans toute la France, les villes, les quartiers, avec le Mouvement des Jeunes Communistes, avec toutes les forces politique et sociales qui le souhaitent, et sous toutes les formes possibles : rassemblements, meetings, débats, intervention auprès des préfectures... Il faut se faire entendre pour qu'à l'occasion du vote de l'Assemblée générale de l'ONU le 29 novembre, la France montre enfin l'exemple et appuie fermement la demande palestinienne d'un statut observateur pour la Palestine aux Nations Unies. Ce sera un premier pas positif vers l'Etat palestinien et vers une paix juste et durable.

***

Ce conseil national propose de faire un point d'étape sur la situation politique, six mois après l'élection de F. Hollande, et de décider des actions à engager. Le fil conducteur de ce rapport sera de savoir si, par rapport à la situation politique présente, il est possible de redresser la barre et de mettre le cap résolument à gauche.

Sans passer par le Parlement et sans consultation des syndicats, le pacte de compétitivité a été présenté dès le lendemain de la remise du rapport Gallois. Après des semaines marquées par une intense préparation des esprits « aux efforts » que ne manquerait pas de proposer le commissaire à l'investissement, saupoudrée dans la dernière ligne droite par un vrai faux suspens pour savoir si l'exécutif allait suivre le rapporteur dans ses préconisations, les principaux commentaires se sont concentrés sur une question : six mois après son investiture, François Hollande a-t-il opéré un virage, un tournant, dans son quinquennat à l'image du choix de la rigueur en 1983 ?

Patronat : 1 / Le changement : 0

Le président de la République a contesté cette analyse préférant parler « d'inflexion ». Ne nous laissons pas détourner par cette querelle sémantique qui, au final, masque une seule et unique idée : consolider et enraciner dans la têtes des gens que décidément, on ne peut plus rien faire pour changer de trajectoire, qu'il n'existe pas d'autre politique possible.

Que propose ce « pacte » à la France ? Très clairement un nouveau plan d'austérité qui vient s'ajouter à un budget 2013, toujours en cours de discussion, déjà présenté par le premier ministre comme un effort sans précédent pour réduire les déficits publics et atteindre, à marche forcée, les 3% du PIB dès 2013. Ce budget 2013, avec une prévision de croissance très optimiste, sera très certainement complété par de nouvelles mesures de rigueur. Sous la pression des forces de l'argent, hostiles au changement voulu par une majorité d'électrices et d'électeurs au printemps dernier, ce pacte avec les diables de la finance est à la fois une accélération et une aggravation de l'orientation prise par la politique gouvernementale au cours des six premiers mois.

Et pour des millions de personnes, qui ont cru au changement, il est apparu comme l'annonce d'un basculement, assumé par le président de la République dans un exercice pédagogique de plus de deux heures lors la première grande conférence de presse du quinquennat.

Dès la campagne des primaires au PS, le candidat Hollande avait fait du désendettement public un marqueur prioritaire de son programme. Sa victoire le 6 mai dernier, plus annoncée que célébrée, a mis fin à 10 ans de droite. C'était indispensable pour se débarrasser du sarkozysme et ouvrir une nouvelle période. Avec le Front de gauche, les communistes sont pleinement de cette majorité populaire qui a permis un rapport de force politique majoritaire pour battre une droite dont le projet était la destruction totale et définitive de notre modèle social. Mais si le peuple de gauche, de toutes les sensibilités de la gauche, a pu ressentir un soulagement bien légitime le soir du 6 mai, il n'y avait pas pour autant de folles espérances et des rêves plein les têtes. Nous savions bien qu'il n'y avait pas devant nous des « soleils d'or » et que « lundi ne serait pas dimanche ».

On connait la suite : un traité budgétaire européen non renégocié, la loi organique, le budget 2013, la loi de programmation budgétaire 2012/2017. Dans son allocution en ouverture de la grande conférence sociale, le 9 juillet dernier, le président de la République avait proposé 3 grands défis : le « redressement des comptes publics », « faire face à la détérioration de notre compétitivité », combattre le « chômage et la précarité ». Les deux premiers se sont imposés dans l'agenda gouvernemental alors que le chômage enregistre des niveaux records et que 3 français sur 4 disent aujourd'hui leur crainte de ne plus y arriver.

Depuis le printemps dernier, l' offensive patronale, d'un très haut niveau, tant sur le terrain politique qu'idéologique, orchestrée, médiatisée et menée d'une manière totalement inédite tout juste après le retour d'une majorité de gauche, a plus que marqué des points. Elle a emporté une victoire qui trouve sa traduction dans ce choc de compétitivité. En décidant un cadeau de 20 milliards d'euros supplémentaires aux entreprises, sans aucune garantie réelle en terme d'emploi, d'investissements utiles, de recherche et d'innovation, financé par une nouvelle saignée de 10 milliards d'euros dans la dépense publique, qui s'ajoute aux 50 milliards déjà inscrits dans la loi de finances, soit une moyenne annuelle de 12 milliards en moins pour les missions de l'Etat, ses agences et les collectivités locales, et une hausse de la TVA, le gouvernement refuse de mettre le cap à gauche et s'aligne sur les exigences du patronat.

Le pouvoir d'achat et la question centrale du financement de la protection sociale sont attaqués. Les 7 milliards d'euros prélevés dans la poche des ménages avec l'augmentation de la TVA, qui seront complétés par un prélèvement de 3 millions dans le cadre d'une fiscalité écologique qui, là encore, risque d'être profondément injuste, sont une faute politique.

D'abord sur le terrain des engagements pris, des promesses, celles du candidat Hollande puis du Président et de son Premier ministre de ne pas toucher à la TVA sur la durée du quinquennat. Puis, politiquement, Sarkozy chassé par la grande porte du suffrage universel, revient par la fenêtre avec le traité budgétaire européen et une TVA sociale, certes maquillée, mais tout aussi injuste et inefficace alors que notre pays aurait tant besoin d'une relance sociale.

Pression, chantage et provocation

Arrêtons-nous un instant sur les conditions du renoncement élyséen et gouvernemental face à l'offensive patronale. Faire le récit de cette énorme pression exercée par les forces de l'argent n'est en rien une explication pour dédouaner le gouvernement PS/EELV de ses responsabilités, le faire passer pour une pauvre victime. Bien au contraire, le nouveau pouvoir a fait ses choix et rendu ses arbitrages sans s'appuyer sur la volonté de changement exprimée dans les urnes, sans faire appel à cette mobilisation pour s'opposer aux exigences de la droite.

Depuis le premier jour de sa présidence, François Hollande s’est trouvé sous la pression du Medef, de la droite, des porte-parole des marchés financiers. Toutes les décisions quelque peu marquées du sceau de la justice sociale ont été dénoncées par la droite et les milieux d’affaires comme des coups dévastateurs contre la « compétitivité des entreprises ». Toute dépense publique annoncée a été vilipendée au nom de « l’exigence de la réduction des déficits ». Toutes les mesures de restriction de dépenses publiques, de baisse du coût du travail, ont été saluées par Laurence Parisot comme positives mais insuffisantes à ses yeux. Fin octobre, après l'épisode des pigeons, l’AFEP, représentant les dirigeants des 98 plus grandes entreprises privées françaises, publiait un appel demandant à l’Etat «60 milliards d’euros d’économie au cours des prochaines années». Remarquons combien ces exigences patronales trouvent leur écho dans les décisions du gouvernement après la publication du rapport Gallois.

La pression ne vient pas que de l'hexagone. Les dirigeants libéraux européens ont, eux aussi, occupé le devant de la scène. Soufflant le chaud et le froid, la chancelière allemande, qui vient d'effectuer une tournée des capitales européennes à la manière dont une maison mère pourrait faire le tour ses succursales, a occupé une place de premier rang dans cette opération visant à peser sur les choix budgétaires d'un pays souverain. Quand elle ne se déplace pas, c'est le Premier ministre de la France qui vient à Berlin remettre sa copie ! Fait inédit, des économistes qui conseillent le gouvernement allemand ont été sollicités pour plancher sur des propositions de réformes pour la France. Les dirigeants allemands ne s'interdisent rien, même pas la menace et le chantage en précisant que « les marchés financiers pourraient attaquer notre pays si des efforts supplémentaires n'étaient pas réalisés », notamment sur le marché du travail, tout en souhaitant le succès des réformes engagées pour « améliorer la compétitivité du pays ». Moscovici a réagi : « On y travaille ». La semaine dernière, le magazine britannique « The Economist » présentait, à sa une, la France comme « le plus grand danger pour la monnaie unique européenne ». Quant à la Commission européenne, elle pourra vérifier que le pacte de compétitivité répond parfaitement – quelle coïncidence - aux « recommandations annuelles », taillées sur mesure pour chaque Etat, adressées par Barroso le 30 mai, sitôt après l'élection de F. Hollande. N'en jetez plus, la coupe est pleine.

Après tant de reculades, le nouveau pouvoir attendait-il en retour un geste du patronat, une sorte de donnant/donnant permettant un premier pas vers le compromis historique souhaité par F. Hollande ? La réponse du MEDEF ne s'est pas faite attendre avec la remise des préconisations patronales dans les négociations avec les syndicats sur la sécurisation du travail. Véritable provocation, le texte patronal ne propose ni plus ni moins qu'un mode d’emploi pour transformer le CDI en contrat précaire et licencier en toute liberté. Sans grande surprise, on y retrouve les vieilles lunes patronales : laisser le salarié seul face à l’employeur, s’en débarrasser en toute impunité et à moindre coût, écarter le juge, empêcher toute résistance des représentants du personnel. Bercy exprimait il y a quelques jours que le plan de compétitivité allait être apprécié par les agences de notation, Moody's vient de dégrader la note de la France. Plus on leur en donne, plus ils en veulent.

Au final, tout ceci montre combien nous avons a réfléchir et à travailler la question qui fait l'objet d'une « fenêtre » dans la proposition de base commune : « La gauche et le changement en question »...Quel sens recouvre aujourd’hui l’idée de gauche ? Comment se positionner face à l’impasse social-libérale en France et en Europe ? Comment redonner force à la gauche ? Ce sont des questions dont discutent les communistes, qui font débat au sein du Front de gauche et qu'il y a besoin d'approfondir.

Cela ne marchera pas

Lors de sa conférence de presse à l'Elysée, F. Hollande a dit comprendre « les inquiétudes et les doutes » des Français mais il n'y répond pas. Après six mois d'exercice du pouvoir, la confiance accordée au président et à son Premier ministre est l'une des plus faibles enregistrée sous la cinquième République. Le discrédit touchant le pouvoir est d'abord imputé à la crise et aux réponses qui lui sont apportées. Cet exécutif est jugé en mal de solutions efficaces et contraint par des promesses de campagne estimées trop faibles.

Par millions, les gens s'interrogent. Que peut-on raisonnablement espérer ? Les efforts qui nous sont demandés, les sacrifices consentis auront-ils comme résultat une amélioration concrète pour nos conditions de vie ? Va-ton voir le bout du tunnel ? Est-il possible de retrouver un peu d'espoir ? D'autres ont définitivement cessé de croire à quoi que ce soit. Les ravages de la crise, le sentiment de fatalité, sans parler de la perte de confiance de nos concitoyens en la politique, qui ne date pas d'aujourd'hui et qui se creuse, distille chaque jour son venin.

Une telle orientation est en échec partout en Europe. Elle conduit à la récession et au chômage de masse. Les mauvais chiffres s'accumulent chaque jour un peu plus. En pleine journée européenne de mobilisation contre l'austérité, mercredi 14 novembre, la Grèce et le Portugal ont publié les chiffres de leur produit intérieur brut au troisième trimestre 2012. Celui de la Grèce a chuté de 7,2% sur un an, quand celui du Portugal diminue de 3,4%.

Chaque semaine apporte son lot de déclarations venant d'acteurs de ce système qui, de l'intérieur, commencent à redouter l'issue du processus. C'est le cas du président de l’Institut de la finance internationale, organisation regroupant 400 des plus grandes banques du monde, déclarant qu’il était « temps de reconnaître que l’austérité seule condamnait non seulement la Grèce mais aussi l’ensemble de l’Europe à la probabilité d’une ère douloureuse (...) si la récession s’accélère, il s’agira d’une tragédie » prévient-il. Le chroniqueur François Lenglet a même sorti un graphique montrant que plus les dépenses publiques baissent, plus la dette augmente. Emporté par son élan, le chroniqueur parle de véritable « mâchoire ». En effet, en Grèce, début 2011, la dette publique s'élevait à 142% du PIB. Elle était de 158% fin 2011 et de 170% aujourd'hui !

C'est à partir de tout cela, des contradictions à l'œuvre, qu'il nous faut engager une contre-offensive, en ouvrant des brèches, en avançant des propositions pour une sortie de crise, en invitant à une dynamique de débat à gauche, à des initiatives pour construire et rassembler. Nous proposons de porter les exigences et la contre-offensive des forces populaires au niveau de celui des forces de l'argent qui bloquent le changement. Même si le plan compétitivité rend les choses plus difficiles pour notre peuple, l’affaire n’est pas pliée. Il n'y a aucune fatalité à un nouvel échec de la gauche et au retour d'une droite revancharde dans un climat de tension, de divisions et de régressions de la société à l'image des manifestations contre le mariage pour tous.

Bien se faire comprendre

A chaque fois que nous nous opposons à un projet de loi, nous avançons des contre-propositions, des solutions pour mettre le cap à gauche. A chaque fois, nous adoptons une attitude de responsabilité pour toute la gauche, on parle pour toutes celles et ceux qui ont voulu le changement. Nous ne sommes pas dans une posture comme voudrait le faire croire les médias.

André Chassaigne à l'Assemblée et Eliane Assassi au Sénat ont, avec nos parlementaires, expliqué en quoi nos votes n'étaient en rien une alliance avec la droite mais un ancrage pour obtenir le changement de gauche et le faire réussir. Jusqu'à ce jour, le Parti socialiste adopte un comportement d'une très grande étroitesse. Refusant tout débat, alors que ce débat existe dans à gauche et dans la société - c'est d'ailleurs cette diversité qui a fait gagner la gauche au printemps dernier-, le PS reste sur un message qui tourne en boucle depuis le début de la nouvelle mandature : il n'y a rien à discuter, rien. Plus, il entend donner des leçons sur ce que signifie être de gauche après avoir voté avec la droite le traité Merkozy.

Dans un travail de proximité, au plus près des populations de nos territoires, veillons à bien expliquer notre positionnement, à bien faire connaître le contenu de nos propositions, car le traitement médiatique des dernières semaines sur nos votes, notamment au Sénat, a pu faire naître de l'incompréhension chez des électrices et des électeurs de gauche qui, tout en regrettant le manque de combativité du gouvernement, veulent aussi que les choses puissent aller dans la bonne direction. Ils ne veulent pas la division, ils veulent la construction pour que les choses avancent dans la bonne direction. C'est ce que nous voulons aussi. C'est la même démarche qui nous amène à voter contre le projet de loi de financement de la sécurité sociale et à nous abstenir sur le projet de budget pour 2013. Revenons sur des questions où le vote de nos parlementaires a été repéré, commenté et interprété.

Le projet de loi sur le financement de la protection sociale comprend des choses positives, comme la prise en charge à 100% des IVG, mais nous ne pouvons pas accepter le maintien de la loi Bachelot, la poursuite des fermetures de services hospitaliers, de blocs opératoires, de maternités, de centres IVG. Comment prétendre lutter contre le renoncement au soin sans prendre la moindre mesure contre les franchises médicales, la fiscalisation des indemnités journalières, le jour de carence décidés par la droite. Comment expliquer que sur la question des recettes à mobiliser pour le financement de la protection sociale, la majorité de gauche au Sénat ne se soit pas rassemblée en 2012 sur des propositions portées ensemble il y a tout juste un an dans la riposte à Sarkozy et Fillon?

Sur le projet de loi de programmation des finances publiques, là encore, nous avons remis sur la table les propositions communes dont la mise en œuvre permettraient de dégager 30 milliards d'euros par le rétablissement complet de l'ISF, la progressivité de l'impôt sur le revenu ou encore la majoration de l'impôt sur les sociétés pétrolières.

Face au massacre industriel, nous demandons le dépôt et le vote dans les plus bref délais de la proposition de loi de suppression des licenciements boursiers, adoptée l'année dernière par les sénateurs PS, verts et le groupe communiste, républicain et citoyen. Il en va de même pour l'amnistie des syndicalistes et des militants associatifs, la limitation du travail du dimanche déjà adopté par le Sénat l'automne dernier, ou encore pour étendre l'interdiction des expulsions locatives. Voilà qui permettrait, sans tarder, de mettre le cap à gauche. Rappelons enfin, que cette nouvelle majorité de gauche avait adopté le droit de vote des résidents étrangers aux élections locales.

Dans le même temps, le ministre de l'Intérieur, personnage clé de ce début de quinquennat, souffle sur des braises dont on connait les dangers car elle sont là pour écarter la question sociale, pour diviser quand il faudrait au contraire rassembler. Le récépissé policier, n'en parlons plus. Une rupture dans la politique d'immigration menée par la droite ? N'y comptez pas. Une amélioration des conditions d'accueil et d'hébergement des Roms ? Pas davantage. Et quant à l'arrestation et l'extradition d'Aurore Martin pour sa participation à des réunions publiques d'un parti interdit en Espagne mais légal en France, c'est un gouvernement de gauche qui vient de commettre cet acte indigne de nos valeurs républicaines, ce que la droite n'avait pas osé faire. Manuel Valls ferait bien mieux de consacrer son énergie à ce que les lois de la République s'appliquent à la Corse. Le président de l’Assemblée de Corse, notre camarade Dominique Bucchini, l’a dit avec beaucoup de force : c’est l’appât du fric qui tue et gangrène la Corse en l’étouffant dans ces dérives affairistes et mafieuse avec en toile de fond la spéculation immobilière, la rapine de fonds publics, les trafics criminels liés aux jeux et à la drogue. Le 14 décembre, Pierre Laurent et Marie-George Buffet seront sur l'île pour rappeler à l'Etat ses devoirs et ses missions. Il faut à la fois l’action résolue contre la criminalité organisée et tout autant de détermination pour enrayer le chômage, la vie chère et la pauvreté. C’est essentiel pour ouvrir une perspective et produire le sursaut démocratique et citoyen attendu.

Bref, tout cela n'est pas bon. Tout cela prend une mauvaise pente et peut très mal se terminer. Une droite dite décomplexée, incarnée par Jean-François Copé, se tient en embuscade. Depuis l'entre- deux-tours de la présidentielle, cette droite dérive vers une radicalisation se présentant comme « populaire » alors qu'il s'agit d'un cocktail réactionnaire et populiste. Flanqué d'une Marine Le Pen qui profite à plein régime des effets d'une crise qui s'installe sans que les équipes gouvernementales successives n'y changent rien, et d'un centre allié à l'UMP avec l'UDI de Jean-Louis Borloo, le dispositif se recompose, certes dans la douleur, mais avec une sérieuse volonté de reconquête. On souhaite à la gauche un autre horizon que celui, comme cela fut le cas ce week-end, qui voit François Bayrou devenir le porte-parole de François Hollande, et qui voit le président de la République, hier devant le congrès des maires, dire très clairement à certains d'entre eux, vous pourrez de pas appliquer la loi sur le mariage pour tous, vous pourrez faire prévaloir une «liberté de conscience », vous avez le droit, en fait, d'assumer une discrimination homophobe car c'est bien de cela dont il s'agit. Christine Boutin s'est aussitôt félicitée des propos du chef de l'État. Quand la France, par la voix de son président de la République, recule face aux milieux les plus réactionnaires, en ne défendant pas la liberté, l'égalité et la fraternité, alors elle se manque à elle même.

Reconquérir les consciences dans la bataille des idées

Dès lors, le moment est venu de se mobiliser de nouveau à gauche comme y invitait Pierre Laurent dans un entretien récent au journal l'Humanité. Puisque la politique du gouvernement se fait sous pression patronale, nous proposons aux citoyens de gauche qui ont voulu le changement de réinvestir massivement le débat public et d'agir ensemble.

Il faut déjà s'expliquer sur le moment choisi pour engager résolument cette contre-offensive. Pour de très nombreuses personnes, nous sommes dans les tout premiers mois après le vote du printemps dernier. Oh, certes, il sont tout aussi nombreux à douter de la capacité, de la volonté y compris, du nouveau pouvoir à changer les choses. « Attendons encore un peu... » peuvent se dire celles et ceux qui n'ont pas encore basculé dans une résignation. Si nous voulons nous adresser au plus grand nombre, très largement, sans regarder qui a voté quoi à gauche au premier tour de la présidentielle, et y compris aux électrices et électeurs dont la colère a pu être dévoyée, sans oublier les abstentionnistes, il nous faut convaincre sur le fait que les choses se jouent aujourd'hui. Pas dans un an. 2013, comme on peut parfois l'entendre, n'est pas une année sur laquelle il faudrait mettre une croix, une année offerte à l'austérité en attendant les rendez-vous électoraux de 2014. Nous le refusons car on a besoin d'engager des batailles et de rassembler des forces dès 2013. Cela pèsera pour la suite.

Dans les échanges des dernières semaines, nous pouvons rencontrer des personnes qui doutent et s'interrogent, d'autres qui sont impatientes, qui attendent une amélioration. Il y a aussi celles et ceux qui sont totalement désarçonnés face à la tournure des évènements, d'autres encore qui expriment un ras le bol et de la colère. Ont-ils pleinement conscience de l'ampleur de ce qui se joue pour leur vie, pour l'avenir des nouvelles générations ? Et ont-il pleinement la perception de l'énorme dispositif idéologique et médiatique mobilisé pour leur faire, au final, accepter une chose : une seule politique est possible et il se trouve que c'est celle qui ne va pas permettre un changement ? Il y a beaucoup de travail devant nous et du terrain à regagner pour faire reculer la pensée dominante au service des puissants.

Mercredi dernier, dans les capitales européennes, les peuples s'étaient donnés rendez-vous pour exprimer leur opposition à l'austérité. Voilà le chemin à suivre : celui de la mobilisation populaire. La recherche de ripostes communes face aux forces de l'argent à l'échelle européenne vient, à Florence, de se doter d'un nouveau Forum social européen avec un « service public des économistes qui veulent servir l'économie et désarmer la finance ». Alors que le président du Conseil européen vient de présenter un budget en réduction de 75 milliards, notamment pour les politiques de cohésion et pour la PAC, en préparation du prochain sommet européen des 22 et 23 novembre, le bras de fer entre les peuples et les marchés va se durcir.

Engager la contre-offensive

En France, des salariés, les organisations syndicales ne baissent pas les bras. Des citoyens, des économistes, des pans entiers de notre société n'acceptent pas l'idée que la gauche va de nouveau se fracasser contre ce mur de la finance. C'est aussi vrai en Europe. C'est en pensant à ces forces disponible que nous proposons que notre conseil national décide d'une grande campagne nationale sur le thème « l'alternative à l'austérité, c'est possible ». Le Parti communiste a fait la proposition au aux organisations du Front de gauche que cette campagne devienne une grande campagne du Front de gauche , d'en faire notre feuille de route des six prochains mois, et d'y associer toutes celles et ceux qui veulent en être. Nous proposons une implication citoyenne très large : grand meeting national de lancement avec une série de réunions publiques en régions, organisation de votations citoyennes, de marches contre l'austérité, assemblées, ateliers législatifs, journées de mobilisation sur des questions précises permettant de faire la démonstration que des solutions existent. Nous allons proposer des mesures plus justes socialement et bien plus efficaces économiquement.

Il nous faudra très rapidement identifier les questions essentielles, celles qui doivent faire l'objet d'une campagne de haut niveau, dans la durée. Nous avons besoin de points d'entrée dans cette campagne qui deviennent des repères visibles pour les gens.

Nous devons faire très fort sur l'emploi et les salaires et le faire en articulant les deux car toute la stratégie de l'adversaire vise justement à les dissocier et à les opposer. Le chantage du groupe Renault (emploi contre baisse du salaire) n'est que la version la plus brutale de la «flexicurité ». Voilà la réalité du compromis historique proposé aux syndicats. Prenons appui sur cette actualité pour avancer nos propositions avec le souci de dégager de véritables solutions, de faire la démonstration qu'il est possible de faire autrement. C'est ce que vient de faire Pierre Laurent dans sa lettre à F. Hollande sur Florange et la sidérurgie.

L'emploi industriel est en effet un sujet brûlant. De ce point de vue, le constat fait par le rapport Gallois est alarmant. Notre pays, vieille puissance industrielle, est aujourd'hui relégué au 16 ème rang sur 19 – juste avant la Grèce, Chypre et Malte). Notre industrie manufacturière n'entre plus que pour 10,1% dans la valeur ajoutée totale contre 25,9% en Allemagne. La réalité est que notre industrie est affaiblie, l'appareil productif est touché. L'indépendance économique est largement entamée, sa base industrielle étant complètement anémiée. Le 24 novembre, à Lille, le secrétaire national du PCF dira l'ambition d'une grande politique industrielle pour la France. Une politique fondée d'abord sur la reconnaissance et la valorisation du travail des ouvriers, des techniciens, des ingénieurs, des cadres et chercheurs, sur l'obtention de droits nouveaux pour qu'ils participent aux décisions stratégiques des groupes industriels. Une politique fondée sur l'appui à l'investissement productif et qui vise à décourager la spéculation et la rente financière. Une politique de crédits s'appuyant sur un pôle public financier. Une politique qui se donne les moyens d'un développement industriel durable, pourquoi pas par une nationalisation démocratique de certains groupes industriels stratégiques.

Nous devons faire la démonstration qu'un des éléments essentiels de la relance sociale est constitué par un développement des services publics afin de répondre aux besoins accrus des populations. Or, il faut le dire, avec les diminutions de postes dans les fonctions publiques, c'est désormais l'os qui est attaqué : l'Etat sous les coups de la RGPP, les hôpitaux et les collectivités sous le coup des restrictions budgétaires ne sont plus à même d'assurer correctement leurs missions de service public. La dépense publique pour des missions d'intérêt général n'est pas une charge mais le principal pilier pour l'activité, les investissements utiles.

Sur ce point, un mot sur les collectivités locales qui sont dans le cœur de cible des politiques d'austérité budgétaire alors qu'elles assument à elles seules plus de 70 % de l'investissement public. Elles ne pourraient plus tenir bien longtemps sans effectuer des coupes claires, cela est déjà le cas dans des communes, sur des projets qui, pourtant, sont une nécessité pour le développement de nos territoires, pour des politiques sociales de solidarité en direction des plus fragiles, pour les jeunes, pour le vivre ensemble, des politiques culturelles dont nous avons tant besoin, et plus fortement aujourd'hui en temps de crise, pour redonner du sens et de l'imaginaire alors que le budget culture de l'Etat n'avait pas connu une telle baisse depuis 30 ans.

C'est dans cet esprit que nous préparons les prochaines élections municipales de 2014. A quoi seront-elles utiles ? Dans l'esprit de la contre-offensive que nous proposons, elles seront un rendez- vous déterminant pour ouvrir des perspectives contre l'austérité. Avec la volonté de faire échec aux ambitions de la droite et de l'extrême droite, travaillons à des rassemblements les plus larges possible à gauche, en commençant, sans tarder, à construire des contenus progressistes élaborés avec les habitantes et les habitants de nos communes.

Cette grande campagne nationale pourra se décliner sur toutes les questions qui relèvent de l'urgence sociale. Je ne développe pas. Nous proposons enfin une très forte mobilisation pour le droit de vote des résidents étrangers aux élections locales. Ça suffit. Pour la troisième fois en trente ans, le Parti socialiste, après l'avoir inscrit dans son programme, renonce. Aujourd'hui face à la mobilisation des droites. Les propos du résident de la République lors de sa conférence de presse ont profondément heurté. Ils ont blessé et meurtri ces familles, ceux qui sont privés du droit de vote mais leurs enfants aussi qui ne supportent plus cette injustice.

L'objectif politique de cette grande campagne contre l'austérité pourrait se résumer à une idée : dans six mois, nos concitoyens qui se retrouvent dans des valeurs de gauche seront-il résignés, abattus, où au contraire dans un esprit de combativité contre l'austérité, mobilisés pour obtenir un changement de cap au nom de ceux qui ont fait le choix du changement.

La préparation du 36e Congrès

Un dernier mot sur la préparation de notre prochain Congrès.

Notre ambition pour ce congrès, et c'est ce que veut exprimer la base commune proposée par le Conseil national, est le résultat de tout ce que nous avons entrepris ces dernières années. Offensif, ce 36 eme congrès peut nous permettre de nous projeter vers l’avant en donnant mieux cohérence à nos combats d'aujourd'hui . Le parti pris de notre proposition de base commune est d’afficher notre projet, de le mettre en débat, et de mettre notre action en perspective. Elle pointe les contradictions auxquelles nous devons faire face, ce qui est en germe et sur quoi nous pouvons nous appuyer. Elle donne corps à « l’humain d’abord ». Elle nous invite à franchir une nouvelle étape du Front de gauche et à mieux préciser les chemins de la révolution citoyenne que nous voulons voir grandir partout. Des chantiers exaltants pour notre parti, un Parti communiste que nous voulons renforcer et déployer au plus près dans la société, avec le souci de donner une dimension européenne et internationale plus forte encore à notre combat, une dimension féministe aussi car, pour reprendre le titre de la contribution collective, on vous l'assure, «il ne tue pas».

A ce stade, beaucoup d'adhérentes et d'adhérents nous demandent un mode d’emploi pour les discussions, certains se demandent comment se déroulera concrètement le travail du congrès. Après nos échanges de ce matin sur les statuts, le 72 pages va être imprimé et expédié dès la semaine prochaine. Il contiendra le calendrier du congrès, un texte du secrétaire national, des contributions sur les cinq fenêtres, la base commune proposée par le Conseil national et trois textes alternatifs, un résumé de ces 4 textes, complétés par nos statuts et le bulletin de vote.

Les cinq fenêtres proposées permettent d’entrer plus facilement dans le débat. Elles invitent aux questionnement et à l’approfondissement. Les communistes ont commencé a s'en saisir comme d’un outil de leur réflexion collective. Elles contribuent à élargir le nombre de celles et ceux qui parti- cipent. Mais nous devons aussi être attentifs à ce que les fenêtres nous permettent bien d’entrer dans le propos du texte pour le discuter. La proposition du Conseil national est à la fois d'utiliser les « fe- nêtres » tout en entrant dans la lecture et la discussion du texte lui-même. Il faut donc que nos as- semblées, lorsqu’elles débattent à partir du questionnement des « fenêtres », puissent déboucher sur des contributions, et le cas échéant sur des propositions d’enrichissement ou d’aménagement du texte. Après le vote des communistes qui décidera du choix de la base commune, et au bout d’un processus de discussion, notre texte de Congrès décidera de l'orientation de notre Parti.

Je ne voudrais pas terminer ce rapport sans faire un rapprochement. Nous avons accueilli dans cette même salle, samedi 10 novembre, plusieurs centaines de nouveaux adhérents. En ce moment même, l'Espace Oscar Niemeyer est le lieu d'une programmation de très grande qualité consacrée au trentième anniversaire de la disparition de Louis Aragon. Notre parti, c'est tout cela. La belle énergie de la rencontre avec les nouveaux adhérents et tout ce que veulent dire « ces cartes blanches » autour de l'œuvre d'Aragon.

 

 

Le Parti communiste français achève sa mue : nous sommes passés en dynamique offensive. Notre ambition s'inscrit dans une visée d’avenir

Par Pierre Laurent, le 10 November 2012

Le Parti communiste français achève sa mue : nous sommes passés en dynamique offensive. Notre ambition s'inscrit dans une visée d’avenir

Discours de Pierre Laurent lors de la rencontre des nouveaux adhérents, le 10 novembre 2012 au siège du PCF.

 

"Cher-e-s ami-e-s, chers camarades,

 

J’ai lu dans la presse que nous voulions mettre en avant nos nouvelles adhérentes et nouveaux adhérents.

C’est vrai. Car vous êtes de plus en plus nombreux et, oui, nous en sommes fiers. Il existe une nouvelle génération de communistes. Vous êtes cette nouvelle génération de communistes.

 

Mais il y a une raison plus profonde à l'évènement qui nous rassemble aujourd'hui : la naissance et l'affirmation d'un communisme de nouvelle génération.

 

***

 

Oui, un communisme de nouvelle génération. Car le grand défi de notre temps, le grand enjeu d’avenir est celui du partage.

 

L’humanité affronte deux grandes dynamiques contradictoires.

 

La première est celle d'une révolution informationnelle qui bouleverse tout, la production, le travail, les rapports sociaux, les relations humaines, les représentations, les consciences. On la résume souvent à Internet. C’est une réduction simpliste.

 

La révolution informationnelle est ce mouvement dont la tendance majeure est la diffusion et la mise en commun des connaissances, des compétences, des idées, des créations. Elle met à l'ordre du jour de façon inédite l'ambition du partage, le partage de tout par toutes et tous.

 

Toutes nos frontières physiques et intellectuelles en sont bousculées, redéfinies, redessinées.

 

C’est une révolution de l’ordre économique, industriel et scientifique. C’est une révolution également de l’ordre des consciences.

 

Pour la première fois dans l’histoire de l'humanité, nous avons la possibilité de hisser notre niveau de coopération et d'échange à l’échelle de l'espèce tout entière. Mais le défi du siècle est celui de la maîtrise démocratique, consciente et commune de ce potentiel inédit. 

 

Nous vivons le temps où s’accélère la possibilité d’un partage à l'échelle de la planète. Ce possible peut aussi être confisqué pour le pire parce qu'une deuxième dynamique à l'oeuvre l'entrave systématiquement.

 

C'est la dynamique qui a dominé ces dernières décennies : la volonté farouche des forces du capital d’emprisonner la révolution informationnelle et tous les progrès de l'humanité dans la seule logique du profit immédiat, sa volonté farouche d'asservir son utilisation aux seules valeurs du marché et de la concurrence.

 

A mesure que les progrès humains ont accru la population mondiale et ses besoins sociaux, le capital, déjà entré en crise à l'aube de cette révolution dans le dernier quart du XXe siècle n'y a vu qu'« opportunités », que « marchés », que « conquêtes » et dominations nouvelles pour étendre son hégémonie et accroître ses profits.

 

Le temps était venu du partage, de la coopération et du service public. Le capital a choisi une nouvelle guerre économique mondialisée.

 

Le capital a choisi le culte de la rentabilité, de la profitabilité, le culte de l'urgence, le culte du chef, le culte de l'individualisme, de la compétition à mort et l'apologie du cynisme. Alors que le monde est pluriel, il le réduit à un uniforme, et les femmes et les hommes à des automates avec de faibles « temps de cerveau disponibles ».

 

Maintenant que son système de domination et d'exploitation est désormais entré dans une crise historique, il est bien incapable de faire face aux besoins inédits d'un développement humain durable.

 

Il fait même peser un risque mortel à l’espèce humaine, à sa niche écologique, aux générations futures.

 

La contradiction que nous affrontons est donc simplissime : le capital empêche l’avènement d’un nouvel ordre économique et civilisationnel basé sur le partage et la coopération qui frappent à notre porte.

 

Cette entrave du capital est potentiellement destructrice tandis que résoudre les grands défis énergétique, alimentaire ou scientifique par et pour un développement humain durable nécessite des ruptures avec l'ordre établi en appelant à tirer parti du meilleur de nous-mêmes.

 

Résoudre cette contradiction est le défi de notre génération et de celles qui suivront.

 

La question de notre époque est de lever le mouvement d'action qui permettra de libérer les potentiels et les forces d'émancipation qui grandissent dans nos sociétés et que le système emprisonne, bride et maintient sous domination. 

 

En vous engageant au Parti communiste français, vous avez décidé d'entrer dans ce mouvement de libération. Vous êtes entrés dans ce parti de l'action et de l'émancipation. Action, imagination et créativité, libération de tous par l'émancipation de chacun, mouvement pour le partage et pour le développement humain durable, voilà les axes cardinaux de notre combat.

 

Nous ne sommes pas des observateurs ou commentateurs critiques du capitalisme, nous sommes les combattants de son dépassement. Nous sommes de ces combattants du monde nouveau en devenir.

 

Le capitalisme libéral n'est évidemment pas la solution. Il prétend sans cesse se réinventer. Aujourd'hui, mondialisé, il consiste à donner toujours plus de pouvoir à des shootés de stock-options et de dividendes. Nous n'en voulons plus. Mais pour le remplacer, aucune des solutions passées ne nous apporte les réponses. Ni le communisme autoritaire qui annihile les forces créatrices, ni le compromis social-démocrate qui n'est rien d'autre qu'un pistolet à bouchons face une meute de loups.

 

Nous sommes fidèles à l'anticipation communiste qui, au cœur du développement du capitalisme, a compris et mis au jour, dès le départ, la nécessité de son dépassement.

 

Le XXe siècle nous a enseigné l'impasse dramatique du déni démocratique. Et surtout, nous avons conscience de la nouveauté radicale du monde qui est le nôtre et qui nous oblige à penser, dans l'action, les développements nouveaux indispensables de cette pensée. Nous voulons inventer, imaginer, rêver, oser, expérimenter. 

 

Nous vivons dans le monde où seul un effort de renaissance philosophique, intellectuelle, économique et politique sauvera l'humanité. Oui, un effort de renaissance. Et nous voulons être l’une des forces de la renaissance, d’un nouvel âge de la pensée et de l'action politique.

 

Aux sceptiques que j'entends déjà nous dire « ce n'est pas  possible », je veux répondre par avance.

 

Regardons l’Union européenne. Nous vivons actuellement une dérive autoritaire. Les fondamentaux de notre politique commune n’ont fait l’objet d’aucune décision démocratique, d’aucune délibération parlementaire, des gouvernements nationaux sont tombés par la volonté des marchés et des puissances de la finance, et d'institutions non élues comme la BCE. Cette Union européenne n'a pas d'avenir. L'Europe du partage et de la solidarité, si nécessaire, est à refonder.

 

Regardons le monde. C'est l'Amérique latine et centrale, la Chine, le monde arabe, l'Afrique. Le monde sous domination occidentale se meurt, l'Europe atlantique, adossée à l'OTAN et au dollar, c'est l'Europe qui retarde sur son temps. Nous ne voulons pas décliner avec ce monde vieillissant mais inventer les nouvelles frontières du partage. La France que nous aimons sait parler au monde. Et le monde aime la France qui parle le langage de la solidarité, notre langage.

 

Regardons le travail, dans lequel nous voulons créer, partager, coopérer, être utiles, échanger, respirer. Parce que travailler mieux, autrement, plus intelligemment, nous savons le faire. Et la révolution informationnelle nous le permet. Le débat actuel sur la compétitivité, qui est le nouveau consensus à la mode, nous rabâche   que la réduction des salaires et des droits sociaux est la seule voie de sortie de crise. Ils nous veulent à la tâche quand le monde qui frappe à la porte est celui du travail libéré.

 

Regardons la démocratie. Ils en ont plein la bouche mais ils la confisquent, ils la défigurent tous les jours. Ils votent des traités pour l'encadrer. Ils préfèrent le pouvoir concentré dans quelques cercles fermés, les consciences manipulées par des conglomérats mondiaux de l'information et des réseaux.

 

Mais le monde qui grandit, ce sont les réseaux citoyens acteurs du débat et de l'action politique. Le pouvoir renouvelé des citoyens à tous les niveaux est la clé de l'avenir. Notre nation, la France, peut comme elle le fit en concevant et adoptant une déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen il y a deux cent vingt trois ans, inventer, entreprendre les prémices de ce nouvel âge démocratique. Pour cela, il faut compter sur l'intelligence que recèlent le peuple et la société, il faut compter sur l'imagination et la force du partage.

 

Permettez-moi un clin d'œil historique. La découverte de l’ampoule électrique illustre assez bien le problème posé. Et le gouvernement, et la gauche plus largement, gagneraient à méditer cette petite histoire que je vous livre en trois phrases.

Longtemps, la recherche d’une meilleure production de lumière a consisté en la recherche du meilleur combustible et de la meilleure mèche possibles. Pendant des centaines d’années, les hommes se sont ainsi acharnés à créer la meilleure lampe à huile... Jusqu’au jour où l’un d’eux imagina de porter à incandescence un filament de tungstène. L’ampoule moderne était née.

 

L’ordre économique et politique est aux prises avec ce même problème. Le vieux monde cherche à sauver son empire par des solutions épuisées. Notre problème est de pousser en avant un nouvel âge économique, écologique, démocratique.

 

Les âges anciens sont ceux de la dynamique de concurrence. Efficace à bien des égards. Le capitalisme est une force de création destructrice. L’âge nouveau qui cherche son chemin est celui du partage comme source nouvelle d’efficacité sociale et économique.

 

Cela vaut mille fois pour la question démocratique. La République, elle aussi, doit entrer dans une nouvelle époque. Les pratiques politiques actuelles ne correspondent pas à la nécessaire démocratisation de la société. Le gouvernement gouverne avec les habits de la Ve République, point barre.

 

La démocratie est l’un des grands enjeux d’un nouveau siècle humaniste. Aujourd'hui, les institutions congèlent les forces citoyennes. Or, c’est dans leur mobilisation, dans des pratiques politiques nouvelles, que se trouvent les ferments d’une civilisation plus pacifique, moins violente, plus harmonieuse.

 

Quand, par exemple, plus de 309 milliards d'euros sont prélevés sur les richesses créées dans les entreprises pour payer les dividendes et les intérêts aux banques contre à peine 145 milliards versés aux cotisations de protection sociale, qui peut encore soutenir avec sérieux que le verrouillage de l’économie vient du travail, et pas des actionnaires et de la finance ?

 

Nous appelons à un nouvel âge de la démocratie économique permettant aux citoyens-travailleurs-usagers de décider de l’orientation des produits de l’activité économique.

 

De la même manière, quand aujourd’hui une chercheuse en cancérologie quitte la recherche publique, puis la recherche privée car les laboratoires sont devenus, selon elle, des lieux de concurrence entre chercheurs et de course aux financements, qu’en conclure ? Qu’en conclure sinon que la guerre pour la propriété des découvertes est devenue un obstacle à la découverte elle-même ?

 

Lorsque des professionnels du bâtiment affirment que les projets de rénovation thermique, alors que le bâtiment est le principal poste de gâchis énergétique, ne sont pas financés car, disent-ils, personne ne sait financer la réduction des coûts, c’est-à-dire personne ne sait financer la gratuité, comment agir si l’on reste engoncé dans le système actuel ?

 

Lorsque, années après années, on fabrique en masse du matériel informatique, ultra-polluant, irréparable, obsolète à très court terme, comment ne pas voir que la maîtrise des conditions de fabrication, de réparation et de recyclage n’est pas un problème sectoriel mais bien le problème de la société tout entière ?

 

Avec ces exemples, je veux souligner combien notre ambition communiste s'inscrit dans une visée d’avenir.

 

Si la démocratie a longtemps été vécue comme un frein à l’activité économique, elle est aujourd’hui le moteur qui permettra de reconnecter le système économique avec une ambition de civilisation.

 

Nous vivons dans la civilisation du marché. Nous vivons dans la civilisation du gâchis permanent.

 

Nous proposons un nouveau paradigme, une nouvelle base solide : le partage.

 

Il faut que l’esprit collaboratif le plus avancé de la sphère informationnelle envahisse la sphère publique et la sphère économique.

 

Les services publics, la grande production privée, la politique industrielle, la politique agricole, les politiques d’échanges doivent s’ouvrir à une maîtrise sociale étendue pour être plus efficaces, plus écologiques, plus civilisés.

 

La démocratie a longtemps été, du point de vue du mouvement ouvrier, un moyen de modifier les rapports de forces des hiérarchies sociales et économiques installées. Dans les luttes de classes d'aujourd'hui, le problème de l’avenir sera aussi de dépasser les structures hiérarchiques, d’en finir avec le temps des hiérarchies pour penser l’âge de la collaboration ouverte.

 

***

 

Amis journalistes,

 

Vous l'avez compris, nous avions envie de vous parler d'avenir. Nous vous avons invités, de manière un peu potache, à enterrer l’enterrement du Parti communiste français.

Je persiste et je signe.

 

Je m’adresse particulièrement à vous qui m'interrogez souvent sur la santé, la mort clinique ou l'état de survie de notre parti.

 

Oubliez tout ce que vous pensez savoir. Vos grilles de lectures sont périmées. Nous ne sommes pas un parti défensif, qui cherche à sauver son pré carré. Ne vous attendez pas à nous voir pleurnicher sur le passé. Notre seule préoccupation est l’avenir.

 

Le Parti communiste français achève sa mue : nous sommes passés en dynamique offensive. Notre problème n’est pas de tenir, de sauver ou de conserver, notre ambition est de bâtir, inventer, créer une nouvelle gauche, un communisme de nouvelle génération.

 

La social-démocratie est à court d'idées, essoufflée par le souffle toujours plus chaud du capital sur sa nuque...

 

Pas nous. Nous débordons d'idées, d'envie d'agir.

 

Nous n’avons pas peur de notre passé. Nous l’assumons. Nous assumons les grandeurs des combats menés par nos aînés. Nous analysons, sans détourner le regard car c'est indispensable pour comprendre et réinventer ce qui doit l'être, les graves erreurs commises. Nous les assumons car l’avenir s’écrit sur la lucidité et l’honnêteté.

 

Nous n’avons pas peur du passé, nous qui sortons de vingt années de travail critique sur nous-mêmes. Et qui, faisant le choix de poursuivre la route, conscients de l'immense travail de refondation qui nous attendait et qui est encore devant nous, avons mis le cap sur notre propre transformation.

 

Le passé est à présent à sa place et il est temps pour vous, chers amis journalistes, de prêter attention à ce que nous sommes réellement aujourd'hui et à ce que nous disons pour l’avenir.

 

Ce que je vous dis, je le dis aussi à l'adresse de toutes celles et de tous ceux qui, à gauche, enfourchent parfois les mêmes poncifs à notre égard.

 

Je leur dis, attention à ne pas retarder sur l'histoire. Le temps est venu d'une réinvention profonde des chemins de la transformation du monde. Ne vous endormez pas sur des certitudes dépassées. Travaillez avec nous à ce nouveau monde. 

 

Nous engageons donc, avec le 36e Congrès du PCF, d'un même mouvement, et le processus d’unification dans un communisme de nouvelle génération de la pensée écologique, économique et démocratique autour du principe d’une société du partage ; et le processus d'amplification du rassemblement engagé avec le Front de gauche, et qui vise désormais à rassembler toutes les forces sociales, citoyennes, communistes, socialistes, écologistes disponibles pour refonder les chemins de la transformation de notre société.

 

Notre passion du rassemblement, vous l'avez compris, demeure entière. Car l'intelligence est dans la société.

 

Nous voulons être utiles, toujours, à l'encourager, à la mettre en mouvement, à la rassembler, à la dynamiser.

 

Alors oui, chers invités, nous ne vous avons pas conviés à un numéro de claquettes bien rôdé où l’on fait applaudir les « djeun's »... Les premiers rangs des meetings politiques où ça applaudit sur commande vous ennuient ? Nous aussi.

 

Nous vous avons invités car, du dialogue avec les nouveaux adhérents communistes, est apparu un fait frappant : ils sont nés à la fois dans le monde de l’explosion des capacités de partage et dans le monde du chaos social et écologique. Cette nouvelle génération est née dans le monde d’une promesse contredite immédiatement par le rouleau-compresseur du marché.

 

Et c’est ainsi, dans cette contradiction, que chemine un communisme de nouvelle génération.

L'utopie communiste est de retour, elle est en marche – ce n'est pas de la nostalgie passéiste mais un tout autre mouvement : celui de l'envie d'agir, ensemble, pour bâtir, pour ouvrir le chemin de l'avenir. Une utopie forte de l'expérience que le rêve pour devenir réalité doit renforcer son humanité, et non la brider.

 

***

 

Je veux conclure en vous présentant notre nouvelle campagne d’adhésions.

 

C’est une campagne d’affirmation positive. Oui, je suis communiste et ça fait du bien. Ça fait du bien de partager. Ça fait du bien d’échapper à l’assignation d'être des vainqueurs, des agressifs, des égoïstes. Nous ne voulons pas être des gagneurs, nous voulons partager, nous ne voulons pas des profiteurs, nous voulons travailler, nous voulons le pouvoir... pour le rendre.

 

Oui, c’est une campagne d’affirmation positive. Nous combattons pour le droit à la tendresse, à l'amour, au secours, au travail libre, à l’éducation, à l’empathie...

 

On nous présente l’homme comme un loup... Cela contredit toute l’histoire de l’humanité... On ne retient que la guerre mais le principal n’est pas là : le principal est que le développement de l’humanité, c’est le développement de la capacité de millions d’êtres humains de travailler ensemble, de protéger les faibles, de secourir les plus âgés, d’éduquer leurs enfants.

 

Toute l’histoire de l’humanité est en réalité un développement des capacités empathiques de notre espèce, des capacités de coopérer. Alors, pourquoi s’arrêter à l’âge du capital ? Pourquoi s’arrêter à l’âge du capital, qui est un nouvel âge de bronze ?

 

Nous sommes le parti de l’âge du partage, l'âge à venir. Et oui, ça fait du bien de ne pas être une brute.

Je suis communiste, nous sommes communistes, et ça fait du bien.

 

Du bien à la France, à notre société, du bien dans ce monde brutal, du bien à l’avenir.

 

Merci."

 

Paris, le 10 novembre 2012.