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Conseil national du 11 mai 2012 : Nos objectifs politiques pour les législatives

le 15 mai 2012

Conseil national du 11 mai 2012 : Nos objectifs politiques pour les législatives

Extraits du rapport d'Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, au Conseil national du PCF, vendredi 11 mai 2012 au siège du PCF.

Ci-joint le rapport dans son intégralité, ainsi que communisteS 479 avec les discussions.
 

Une nouvelle période politique

L'élection de François Hollande à la présidence de la République ouvre une nouvelle période politique et représente un espoir. A l'annonce du résultat, c'est un soulagement : la fin d'une tension qui était devenue insupportable, après cinq années dont il ne faudra jamais oublier – pour ne pas avoir à le revivre - combien elles furent, pour notre pays et notre peuple, pour l'image de la France dans le monde, une période des plus sombres.

Par sa brutalité, son mépris, par la dureté des coups portés au monde du travail, par des régressions sociales et démocratiques d'un niveau rarement atteint dans l'histoire de notre République, par un véritable acharnement à diviser, à blesser, à stigmatiser, par un climat de haine et de suspicion qui a si durement mis à mal nos belles valeurs républicaines, par un abaissement moral dont l'entre deux tour de l'élection présidentielle a donné une ultime et sidérante illustration, le Sarkozysme a défiguré notre pays. Sans la moindre condition, il fallait s'en débarrasser.

Nos objectifs politiques pour les élections législatives des 10 et 17 juin

En prolongeant et en amplifiant la dynamique du Front de gauche à l'élection présidentielle, nous engageons la bataille des législatives avec une belle ambition : une progression de notre influence, franchir une nouvelle étape dans la marche en avant du Front de gauche, avec la réélection de nos sortants et des conquêtes assurant un groupe parlementaire renforcé dont aura besoin toute la gauche.

Pour les législatives, nous proposons une campagne nationale du Front de gauche avec une coordination nationale de la campagne, du matériel national en compléments des outils de communication élaborés à l'échelle des circonscriptions.
De la composition de la future majorité de gauche à l'Assemblée nationale dépendra la qualité des lois qui y seront votées. Tout au long de sa campagne, François Hollande n'a cessé de répéter qu'il ne changera pas son programme. Mais le nouveau président est aujourd'hui face à un désir de vrai changement progressiste. Il devra en tenir compte d'une manière ou d'une autre.

Un groupe du Front de gauche largement renforcé, en lien avec les mobilisations populaires, les luttes, les assemblées citoyennes, sera un atout déterminant. Nous visons la réélection de tous les sortants communistes, apparentés, PG et FASE, et l'augmentation de ce nombre en plaçant le candidat Front de gauche en tête de la gauche dans plusieurs dizaines de circonscriptions. Dans certaines de ces circonscriptions où le danger de triangulaire menace la gauche, nous faisons la proposition de conduire le combat au nom de toute la gauche.

Concernant le danger FN aux prochaines législatives, nous sommes en discussion avec le PS et les Verts à propos d'une quarantaine de circonscriptions où le risque est réel d'une élimination de la gauche au premier tour. Nous serions souvent dans ces circonscriptions devant un choix tragique  entre le candidat de droite et celui de la droite extrême. Nous cherchons donc à aboutir à un accord au cours de ce week-end. Nous avons la responsabilité commune de ne pas priver l'électorat de gauche de la présence d'un candidat de l'une des formations de gauche. Au cours de l'élection présidentielle, nous nous sommes sentis bien seuls dans ce combat contre le FN. C'est pourquoi, en faisant respecter la place de chaque formation, nous sommes prêts bien évidemment à prendre toutes nos responsabilités. Nos valeurs et nos combats nous placent en première ligne de cet affrontement.

Concernant Jean-Luc Mélenchon, notre candidat commun à l'élection présidentielle, sa présence dans la bataille des législatives participera à la dynamique politique et collective. Plusieurs possibilités ont été examinées, en relation à nos fédérations. C'est le cas de Hénin-Beaumont où la gauche a rassemblé 60% des voix le 6 mai, une gauche qui a besoin de faire du neuf, mais où la présence de Marine Le Pen et de sa propagande, relayée un peu trop complaisamment encore, prétend s'approprier le vote ouvrier. Consultés par le secrétaire national du Parti, Pierre Laurent, les camarades de la circonscription et notre candidat Hervé Poly estiment que cette candidature permettrait de relever le défi pour la gauche dans le cadre d'une campagne où les questions sociales seront très présentes.
 

Nous sommes candidats à faire réussir la gauche

Nous sommes candidats à faire réussir la gauche, donc à dire ce que nous croyons juste et ce qui ne va pas, à le dire avec les citoyennes et les citoyens, car la gauche ne saurait gouverner sans le peuple. Prenez le pouvoir, c’est d’autant plus d’actualité que Sarkozy est parti.

Notre engagement lors de l'élection présidentielle a été clair et il a été entendu : nous ne participerons pas à un gouvernement qui n'aurait pas sur sa feuille de route une rupture avec les politiques d'austérité, une alternative de progrès aux logiques inscrites dans le nouveau traité budgétaire européen qui conduisent à l'échec. Le nouveau traité n'est pas seulement une impasse tragique pour l'Union européenne, il est aussi une camisole de force qui ne permettrait pas la mise en œuvre d'une véritable politique de gauche à l'échelle de notre pays.

Sitôt passé le deuxième tour des élections législatives, nous aurons tout de suite à évaluer la nouvelle situation politique et les nouveaux rapports de forces politiques, à évaluer aussi de l'évolution des choses autour du traité budgétaire européen, à décider de notre positionnement et de nos initiatives dans ce contexte ; nous aurons également à répondre à la question d’une éventuelle participation au nouveau gouvernement que François Hollande et le premier ministre composeront au lendemain des élections législatives.

Nous avons décidé, vous le savez, lors du dernier Conseil National, de consulter les communistes et d’organiser sur cette question une Conférence Nationale ; il est évident que cette consultation devra se tenir dans des délais très rapides, au tout début de la semaine qui suivra le deuxième tour.

Le processus pourrait donc être le suivant : le Conseil National se réunira dès le lundi 18 juin au matin, de 9h30 à 13heures : il discutera et adoptera en fin de matinée une courte résolution précisant notre orientation et les premières initiatives de notre parti dans la situation politique nouvelle : cette résolution comportera une proposition précise sur la question de la participation de notre parti au gouvernement.

Cette résolution adoptée sera envoyée aux fédérations dès 13heures : les fédérations organiseront sur leur territoire, le lundi 18 et le mardi 19 juin, des assemblées générales de communistes et des conseils départementaux pour en discuter.

La conférence Nationale se réunira le mercredi 20 juin 2012 de 10h à 16h 30, et pourrait être suivie d’un meeting militant.

Extraits du rapport au Conseil national du PCF d'Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF.

Résultats de la présidentielle : quelques élements de réflexion

le 10 mai 2012

Résultats de la présidentielle : quelques élements de réflexion

L'élection de 2007 nous laissait une droite en position d’hégémonie politique, un PS déstabilisé, un PCF donné pour mort, des écologistes et un FN agonisants. Le centre droite de Bayrou et l’extrême gauche de Besancenot étaient alors perçus comme les acteurs d’avenir d’une recomposition annoncée de l’échiquier politique français.

En cinq années d’une crise mondiale et européenne d’une violence sans précédent, ce paysage électoral et politique a été profondément bouleversé. Durant cette période, pas moins de quatre nouvelles forces politiques sont nées, avec l’ambition affichée de changer le rapport des citoyens à la politique : le Modem, le NPA, EELV et le Front de gauche.

Aujourd’hui, au lendemain de l’élection présidentielle de 2012, il est nécessaire de faire un point d’étape sur quelques éléments marquants de l’état du paysage politique et électoral, en focalisant sur la participation électorale, le rapport droite-gauche et le Front de gauche.

La participation électorale

Alors que les législatives de 2007, les municipales de 2008, les cantonales de 2008 et 2011, les européennes de 2009 et les régionales de 2010 ont été marquées par les pires taux de participation de la Ve République, le 1er tour de l’élection présidentielle de 2012, sans atteindre le record de 2007, affiche une participation supérieure à celle de 2002 et de 19951. Dans un département traditionnellement sinistré par l’abstention comme la Seine-St-Denis, le taux d’abstention était le 22 avril dernier, alors qu'il était à 17% en 2007, 35,5% en 2002 et 27,5 % en 1995.

Ce résultat est d’autant plus remarquable que les médias dominants avaient mené campagne en faveur de l’abstention. Ils ont, en effet, tout fait pour éloigner les citoyens des urnes : an- nonce d’une participation calamiteuse, organisation du débat autour de sujets éloignés des préoccupations majeures des Français. Ils ont asséné en boucle que, quel que soit le résultat, une seule politique était possible : l’austérité et la baisse des dépenses publiques.
Si nos concitoyens continuent à plébisciter le scrutin présidentiel alors que pour toutes les autres élections l’abstention ne cesse de croître, c’est probablement parce qu’ils pensent, à tort ou à raison, que seule cette élection leur permet de peser sur les choix politiques majeurs de leur pays.

Le rapport gauche-droite

La gauche, en rassemblant au 1er tour 43,75 % des ex- primés – plus 7,31 % par rapport à 2007 – atteint son plus haut score depuis 1988, alors que la droite hors FN plafonne à 38,1 % – moins 15 % sur 2007 –, ce qui la remet à son niveau de 20022. Dès les législatives de 2007, d’élection en élection, à l’exception des européennes de 2009, la droite a connu une descente aux enfers continue. Dans le total gauche, le PS représente 65,44 % des voix de gauche contre 71 % en 2007. A l’inverse, le Front de gauche pèse pour 25,37 % du total gauche, alors qu’en 2007 le PCF ne représentait que 5,3 % des voix de gauche.

La dynamique acquise par la gauche au premier tour vient effectivement du Front de gauche, qui s'affirme comme le moteur de la gauche. C’est pourquoi il est raisonnable d’affirmer que la victoire de Hollande au 2e tour n’aurait pu être acquise sans la percée électorale du Front de gauche.

Le Front de gauche

Avec 11,1 % des exprimés – 11,3 % en métropole –, le Front de gauche est à un score intermédiaire entre celui du PCF en 1995 (8,64 %) et celui de 1981 (15,35 %). Si la géographie des zones de force de Front de gauche correspond globalement à la carte du vote communiste, on observe des percées spectaculaires dans le Sud-Ouest, en Alsace, à Paris où Jean-Luc Mélenchon dépasse le score de Georges Marchais en 1981. Selon les sondages, entre 17 % et 21 % des 18/24 ans, de 19 % à 21 % des ouvriers, de 12 % à 16 % des professions intermédiaires, de 12 % à 15 % des cadres, 21 % des habitants en HLM auraient voté Front de gauche. Par contre, seulement de 6 % à 9% des plus de 65 ans auraient mis un bulletin Jean- Luc Mélenchon dans l’urne. Le Front de gauche rassemble 39 % des électeurs des sympathisants de la CGT.

Comme l’a reconnu Le Figaro, au lendemain du 1er tour, « le Front de gauche s’affirme en force incontournable à gauche ». Ce constat clinique doit susciter de notre part de fortes ambitions aux législatives, tant en termes de scores que d’élus.

Lorsqu’on regarde commune par commune, canton par canton, on voit que la répartition des 3 984 822 électeurs du Front de gauche dépasse largement le périmètre de l'addition des électeurs à la gauche du PS de 2007 comme de 2002. En plaçant son programme L’humain d’abord sur le terrain des solutions et de la cohérence, en liant les institutions, le social, l’économique et l’écologie, le Front de gauche a su gagner de nouveaux électeurs de gauche, en particulier dans la jeunesse, en entrant en résonance avec les aspirations à produire, échanger et répartir autrement les richesses.

Le combat engagé par le Front de gauche contre le FN est fondamental. En effet, laisser contaminer la revendication sociale et le combat contre le libéralisme par la xénophobie et le racisme ne peut conduire qu’à oblitérer toute perspective de transformation sociale dans notre pays et en Europe. C’est tout le projet de la Fondation Terra Nova.

Certes, l’objectif de dépasser le FN n’a pas encore été atteint. Mais pour la première fois dans une présidentielle, la lutte contre le FN n’est plus seulement menée sur le terrain moral en s’enfermant dans le couple diabolisation-victimisation de l’électorat lepéniste : elle est enfin menée sur le terrain politique. Ainsi, la question devient alors de savoir si face à la crise la solution est de se faire une place dans la société au détriment d’autrui, de l’étranger, du plus pauvre que soi, ou si l’on change la société, ses rapports sociaux, ses institutions, en révolutionnant la République et en donnant véritablement le pouvoir aux citoyens.

Yann Le Pollotec

Article paru dans CommunisteS numéro 478

 

Pour aller plus loin : la carte des résultats à la présidentielle depuis 2002 sur l'humanité.fr

Cliquez sur la carte pour être redirigé sur le site de l'Humanité

 

Marie-George Buffet : "Rassembler pour que la gauche réussisse"

le 09 mai 2012

Marie-George Buffet :

Premières remarques sur le deuxième tour de la présidentielle, sur la nouvelle bataille des législatives, sur les ambitions pour le groupe Front de gauche à l’Assemblée nationale : entretien avec Marie-George Buffet, membre de l’Exécutif national du PCF, chargée des relations aux élu-e-s et aux institutions, députée de Seine-Saint-Denis.

TON SENTIMENT SUR LE SCRUTIN DU 6 MAI

MARIE-GEORGE BUFFET : D’abord un sentiment de bonheur partagé par une grande majorité de Français. Ce vote met fin à cinq années de régression sociale et démocratique, cinq années d’une image de la France abîmée. Du bonheur aussi de voir la mobilisation populaire pour l’élection de François Hollande. On le voit bien dans les quartiers les plus populaires, dans des départements comme la Seine-Saint-Denis : il y a eu une véritable mobilisation, à laquelle les électrices et électeurs du Front de gauche ont contribué largement et formidablement. Quand on regarde les endroits où le Front de gauche avait fait ses meilleurs scores au premier tour avec Jean-Luc Mélenchon, ce sont là aussi où on enregistre les meilleurs scores de François Hollande. La dynamique du Front de gauche a vraiment permis d‘arracher la victoire de François Hollande. Je note ensuite une droite présente, on le voit bien quand on regarde la carte de France, ces départements où la droite fait un score élevé, qui dé- note peut-être un report des voix du Front national sur la candidature Sarkozy. On le voit dans le Gard par exemple.

AVEC LES LÉGISLATIVES S’OUVRE UNE NOUVELLE BATAILLE ?

M.-G. B. : Dès dimanche soir sur les plateaux de télévision, la droite a donné à voir son mot d’ordre de campagne : il-ne-faut-pas-que-la-gauche-ait-tous-les-pouvoirs, il faut, dit-elle, des contre-pouvoirs. Bref, la droite ne baisse pas les bras, elle part dans cette campagne des législatives bien sûr en difficulté, mais avec l’envie de garder ses circonscriptions, de se battre. Il faut donc une mobilisation à gauche extrêmement forte. L’enjeu, c’est bien sûr une majorité de gauche à l’Assemblée nationale ; et au cœur de cet enjeu, il y a le nombre des députés du Front de gauche qui demain vont être élus, qui vont pouvoir, jour après jour, à l’Assemblée mais aussi dans les mobilisations populaires, sociales, porter le programme « L’humain d’abord », le transformer en autant de lois, autant d’amendements sur les lois gouvernementales pour que, très rapidement, les choses bougent dans le pays. Par exemple, dès juin-juillet, quelles sont les propositions que le groupe Front de gauche va défendre à l’Assemblée nationale, sur les questions des salaires, du blocage des loyers par exemple ? Quelles sont les premières propositions de loi que ces députés vont défendre avec l’appui populaire à l’Assemblée nationale ?

ON PEUT AVOIR DE GRANDES AMBITIONS POUR LE GROUPE, DISAIS-TU DANS TON INTERVENTION AU CN...

M.-G. B. : Oui, je crois qu’il ne faut pas se mettre « de plafond » dans la tête, pas de limites. Si on a réussi à avoir ce score remarquable avec Jean- Luc Mélenchon, c’est parce que nous avons donné envie, par notre ambi- tion, notre détermination, à la fois sur les contenus et sur la volonté, de faire vraiment bouger la gauche grâce au plus haut résultat possible de notre candidat à la présidentielle. Il faut avoir le même état d’esprit pour les législatives, c’est-à-dire qu’il faut viser dans les circonscriptions le meilleur score pour le Front de gauche mais aussi des gains en députés : réélire bien sûr les sortants et gagner de nouveaux sièges à la gauche avec l’élection de députés du Front de gauche. Je pense qu’il faut très vite se mettre complètement en campagne, partir à la rencontre de ces hommes et ces femmes qui ont voté Front de gauche au premier tour, Hollande au second ; leur montrer que la bataille n’est pas terminée : après avoir sorti Sarkozy et élu François Hollande, il faut maintenant se donner les outils humains, les potentiels pour que la gauche réussisse. Mon mot d’ordre de campagne ce sera : rassembler pour que la gauche réussisse.

Propos recueillis par Gérard Streiff pour CommunisteS

"Une victoire qui ouvre un nouvel espoir en France et en Europe" - Déclaration de Pierre Laurent le 6 mai 2012

Par Pierre Laurent, le 07 mai 2012

En élisant aujourd'hui 6 mai, François Hollande président de la République, le peuple de France s'est libéré d'un pouvoir qui l'a méprisé et agressé pendant 5 ans. Je veux dire la joie des communistes qui ont combattu sans relâche Nicolas Sarkozy et sa politique et qui ont œuvré de toutes leurs forces à cette victoire.

Je veux féliciter François Hollande pour son élection. Les femmes et les hommes qui se sont rassemblés sur sa candidature pour infliger à Nicolas Sarkozy la défaite qu'il méritait ont ouvert un nouvel espoir en France, et en Europe.

Je veux remercier les millions d'électrices et d'électeurs du Front de gauche qui ont apporté une contribution décisive à ce résultat. Sans la campagne mobilisatrice menée par le Parti communiste français et ses partenaires du Front de gauche avec leur candidat commun, Jean-Luc Mélenchon, sans les propositions de notre programme, L'Humain d'abord, sans notre engagement déterminé entre les deux tours, la victoire n'aurait pas été possible. Elle ouvre un nouveau chapitre pour notre pays.

François Hollande est le premier président élu par les électrices et les électeurs de gauche depuis 24 ans.

Il était indispensable de mettre un terme à une présidence au service des privilégiés, prenant systématiquement pour cible le monde du travail, ses droits sociaux et démocratiques, les libertés démocratiques.

Il était indispensable que le co-auteur, avec Angela Merkel, d'un traité européen promettant l'austérité à perpétuité aux peuples et les plein-pouvoirs au capitalisme financier, soit désavoué par son propre peuple.

À tous les peuples d'Europe qui attendaient ce signe de la France, je dis : ensemble, il redevient possible de faire reculer la dictature financière qui nous menace tous ; ensemble, nous pouvons relancer le combat pour une Europe démocratique, une Europe de justice sociale, de développement solidaire et écologique.

Oui, ce 6 mai 2012, nous avons remporté une première bataille capitale. Un président de gauche siège à l'Élysée. La gauche doit sans tarder répondre aux urgences sociales qui n'attendront pas. Des mesures immédiates pour les salaires, pour la relance du pouvoir d'achat, pour la lutte contre le chômage et la renégociation d'un traité européen doivent être prises.

S'ouvre dans le même temps une nouvelle bataille, celle des élections législatives dont va maintenant dépendre la possibilité de maintenir grande ouverte la porte du changement.

Il faut maintenant élire à l'Assemblée nationale une majorité de gauche qui soit à la hauteur de la situation et compte pour cela en son sein les députés prêts à voter les lois sociales et démocratiques sans lesquelles le changement ne sera rien.

Il faut de très nombreux députés qui n'aient pas une seconde d'hésitation pour abroger les lois scélérates du quinquennat Sarkozy et des dix années de droite au pouvoir.

Il faut de très nombreux députés pour reprendre le pouvoir sur le secteur bancaire et financier, pour mettre en place un pôle public de la banque et du crédit.

Il faut de très nombreux députés favorables au relèvement significatif du SMIC et des salaires, décidés à engager le retour de la retraite à 60 ans à taux plein pour tous, à interdire les licenciements boursiers, à relancer l'emploi industriel et les services publics.

Il faut de très nombreux députés qui aient le courage de soumettre au vote des droits nouveaux pour les salariés du public comme du privé, pour les travailleurs indépendants à l'avenir précaire, pour les jeunes qui méritent mieux que l'apprentissage à vie, pour les femmes dont les salaires sont toujours largement en deçà de ceux de leurs collègues masculins.

Les menaces de la droite et de l'extrême droite pour empêcher ces changements ne sont pas mortes avec la défaite de Nicolas Sarkozy. Leurs candidats aux élections législatives doivent être partout battus, et il faut barrer la route à l'entrée du FN à l'Assemblée nationale. Partout où elle a eu cette possibilité en Europe, l'extrême droite a aggravé les reculs sociaux. Il n'en sera pas ainsi en France, le PCF et ses partenaires du Front de gauche s'y engagent.

Ce soir, j'appelle les candidates et candidats du Front de gauche aux élections législatives à repartir partout au combat pour rassembler autour de ces objectifs l'ensemble des électrices et des électeurs qui ont permis la victoire à l'élection présidentielle.
J'appelle l'ensemble de ces électrices et électeurs, pour garantir le changement, à mettre les candidats du Front de gauche en tête de la gauche dans le maximum de circonscriptions, le 10 juin, et à en élire ensuite le plus grand nombre, le 17 juin prochain.

Pierre Laurent
Secrétaire national du Parti communiste français

Rapport de Pierre Laurent au Conseil national du 25 avril 2012

Par Pierre Laurent, le 25 avril 2012

Rapport de Pierre Laurent au Conseil national du 25 avril 2012

Cher-e-s camarades,

 

Notre réunion se tient à un moment charnière pour notre pays, entre les deux tours d'une élection présidentielle dont l'issue sera capitale pour l'avenir de la France et de l'Europe.

 

Nous avons beaucoup de travail, beaucoup à discuter et peu de temps pour le faire, avant que chacun reparte en campagne.

 

Je ne me livrerai donc pas à une analyse détaillée des résultats de dimanche. Je veux en souligner des enseignements majeurs et tracer nos objectifs pour la période à venir, qui nous mène désormais jusqu'à la fin juin, au terme de la séquence électorale engagée. Le Conseil national du 11 mai devra préciser tous ces objectifs, à partir d'une analyse complète des deux tours de l'élection présidentielle.

 

Je veux d'abord, avant d'entrer dans le vif du sujet, adresser par votre intermédiaire, mes plus chaleureuses félicitations à tous les communistes. La dynamique militante a été l'un des points forts de la campagne et du succès final du Front de gauche. L'engagement des communistes dans cette dynamique a été remarquable. Je veux redire, à l'aune des résultats, que nous pouvons être fiers du choix des communistes d'avoir su engager la démarche du Front de gauche il y a trois ans ; d'avoir rendu possible la campagne commune présidentielle en désignant Jean Luc Mélenchon en juin dernier.

 

Dès la désignation du candidat, et quel qu'ait été leur vote dans la consultation, les communistes se sont engagés unitairement dans la campagne. Cet engagement est allé crescendo quantitativement et qualitativement. C'est à l'évidence une des raisons du succès enregistré. Je voulais donc les saluer d'emblée, car toutes et tous, nous le savons, se dépensent sans compter.

 

J'en viens, à grands traits, aux caractéristiques des résultats. Dans un scrutin finalement à haute participation, avec une abstention de 20,53 %, le désaveu de Nicolas Sarkozy est le trait majeur du vote du 22 avril. Nicolas Sarkozy perd 4% sur le premier tour de 2007, et 7,38 % sur le total additionné Sarkozy, Villiers et Nihous, aujourd'hui ralliés, soit près de trois millions de voix perdues. C'est ce rejet que Nicolas Sarkozy tente aujourd'hui de combler, en essayant une fois encore de déplacer le terrain du débat d'idées, loin de ses responsabilités dans la crise, sur les thèmes de l'ultra droite, voire de l'extrême droite.

 

Anticipant ce rejet, Sarkozy s'était donné deux objectifs pour se garantir de la réserve pour le second tour : arriver en tête du premier tour ; mettre en scène un quatuor de favoris, comprenant trois candidats de droite et d'extrême droite pour sauvegarder le réservoir nécessaire à sa victoire. Il a en grande partie échoué. Non seulement il n'est pas en tête, mais en très net recul, mais les totaux à droite le sont aussi. François Bayrou chute de moitié, mettant le total Sarkozy-Bayrou à 36,20 %, quand le total droite passait nettement en 2007 la barre des 50%.

 

Il lui reste aujourd'hui le réservoir FN qu'il essaye de rallier par tous les moyens. La campagne du deuxième tour est en train de prendre un tour dangereux et nauséabond, ouvrant des passerelles, pour tout de suite et l'avenir entre l'extrême droite et des secteurs importants de la droite. Pour justifier ces passerelles, la banalisation des idées du Front national est à nouveau relancée à grande échelle. La situation est inquiétante.

 

Une partie du recul de l'UMP est en effet récupérée par le Front national, puisqu'il gagne 7,86%. Cette récupération du vote de droite est confirmée par une étude IFOP, qui indique que Marine Le Pen a retrouvé 70% des électeurs de son père en 2007, et gagné 11% des électeurs de Sarkozy, 10% des électeurs de Bayrou, 7% des électeurs de Royal, et 6% des électeurs d'extrême gauche. Alimenté par un report massif des déçus du sarkozysme, le vote Le Pen n'en est pas moins de plus en plus idéologiquement charpenté.

 

C'est de plus en plus souvent un vote d'adhésion aux solutions proposées par le FN articulant la préférence nationale au rejet des immigrés. Les angoisses sociales, la critique de l'Europe sont très présentes, mais il ne s'agit pas seulement de protestation. La protestation se mue en adhésion à ces prétendues solutions. Le vote FN semble particulièrement fort et progresse dans les zones péri-urbaines et chez les « rurbains ». Des gens modestes, ouvriers, employés, jeunes non diplômés, venus chercher un logement moins cher, une vie moins dure, et qui se retrouvent isolés, loin des services publics, avec un sentiment d'abandon accru. Pas question donc de tirer un trait sur ces victimes de la crise, mais ayons conscience que c'est bien de reconquête idéologique qu'il s'agit en faisant reculer l'adhésion aux « solutions » simplistes, dangereuses, destructrices du FN face à la crise, et en convainquant d'issues à la crise radicalement différentes, construites sur la solidarité, l'égalité des droits et le progrès collectif.

 

Le travail que nous avons entamé dans cette campagne est salutaire. Il doit se poursuivre dans la durée autour d'une argumentation toujours renforcée, de la crédibilisation de solutions alternatives de progrès et de la force de l'action collective et solidaire retrouvée.

 

Face à cette droite désavouée et à cette extrême droite revancharde, les cinq candidats de gauche, Hollande, Mélenchon, Joly, Poutou et Arthaud, totalisent 43,43 %, contre 36,44 % en 2007 pour sept candidats.

 

Mais la situation a radicalement changé. Avec 27,87 %, Ségolène Royal réalisait plus des trois quarts du résultat de la gauche à elle seule. Aujourd'hui François Hollande fait un très beau score socialiste avec 28,13 % et plus de 10 millions de voix. Dans la mobilisation de ce vote, le rejet de Sarkozy devance largement l'adhésion à son programme. Mais le fait majeur, le fait le plus nouveau et le plus prometteur est le score de notre candidat Jean-Luc Mélenchon, qui avec 11,11% et quasiment 4 millions de voix, assure la part décisive du progrès de la gauche et sa dynamique la plus significative.

 

Notre score, à deux chiffres, inédit depuis 30 ans, obtenu à l'issue d'une campagne exaltante, est un événement de l'élection.

 

Le Front de gauche progresse de manière continue à chaque élection, depuis sa création lors des élections européennes. Nous rassemblions 1,1 million de voix à ce scrutin de 2009. Nous en avons rassemblés près de 4 millions, soit quasiment trois fois plus, dans une élection a priori redoutable.

 

Ce résultat ne peut être comparé au seul résultat des candidats communistes aux précédentes élections présidentielles, car il est le résultat d'une dynamique plus large avec le Front de gauche. Il n'en reste pas moins que le poids de ces 4 millions de voix, rassemblées grâce à notre travail , à nos choix stratégiques, et à celui de nos partenaires du Front de gauche, nous redonne une place inédite en reconstituant un nouveau paysage à gauche.

 

Il faut donc avoir en tête, pour prendre la mesure de notre résultat, que nous avions réuni 691 000 voix en 2007, 955 000 en 2002 et 2,6 millions en 1995, quand nous avions réalisé un très beau score de 8,73 %.

 

Nous venons donc, grâce à nos choix stratégiques, de changer d'échelle.

 

C'est bien pour cela que notre résultat est depuis dimanche soir l'objet d'une bataille d'interprétations. Utilisant la déception, voire les larmes, de jeunes militants qui aspiraient à plus et à mieux, et qui ont reçu, choqués, l'annonce du score du FN, voilà que les commentateurs parlent d'un demi échec. Nous récusons totalement cela. Le score est une grande victoire, une première et grande victoire pour nous qui visons désormais plus haut.

 

C'est un résultat extrêmement prometteur. Plusieurs caractéristiques de ce résultat, qui méritent d'être détaillées dans chaque département, sont significatives. C'est un vote national homogène. Aucun des départements n'est en-dessous de 5%, les plus bas, les deux départements d'Alsace, sont à 7,3%. Seuls 26 départements sont en-dessous du score national de 11%, 10 départements sont au-dessus de 14%, le plus haut score est réalisé en Seine-Saint-Denis, avec 17%.

 

Le vote est élevé dans nos zones de force et nous fait décoller dans beaucoup d'autres, généralisant nos ambitions sur tout le territoire. C'est un vote fort dans les grandes villes, égal ou supérieur à la moyenne nationale, à Paris, Marseille, Lyon, Lille, Toulouse, Grenoble, Bordeaux qui redeviennent des terrains de conquête.

 

C'est un vote ancré dans le monde du travail et dans le monde syndical qui s'est cette fois massivement mobilisé à gauche. 39% des proches de la CGT déclarent voter Mélenchon et 44% Hollande. A la CFDT, c'est respectivement 12% et 56%. A Solidaires, 39% pour Mélenchon et 35% pour Hollande. A la FSU, 31% et 61%. A l'UNSA, 14% et 49%.

 

Au-delà de ces caractéristiques, je veux également retenir la dynamique de campagne qui a rendu possible un tel résultat. Nous avons remis en mouvement, remis en marche, réconcilié avec la politique des forces sociales et populaires, des jeunes, en nombre considérable.

 

Les meetings spectaculaires, de la Bastille à Marseille, en passant par Lille, Limoges, Nantes ou Toulouse, ont été la partie la plus visible. Je veux insister sur le reste et pointer quelques avancées significatives.

 

Un important travail de prises de contacts, de mises en réseaux notamment avec le Front des luttes a été reconstruit avec des milliers de syndicalistes, avec des militants associatifs. C'est décisif pour l'avenir.

 

La tenue de 1 840 assemblées citoyennes, chiffre probablement inférieur à la réalité, a été recensée sur la durée de la campagne. Elles ont commencé à se mettre en place en octobre 2011, sont montées en puissance en novembre-décembre, s'étendant progressivement à tout le pays. Le 4 pages édité par notre parti, très apprécié bien au-delà de nos rangs, a popularisé la démarche. La proximité a été un gage de réussite, et les communistes sont pour beaucoup dans ce travail de maillage et d'animation.

 

Espaces de débats et d'explication sur la crise, de popularisation, d'éducation populaire, d'enrichissement de notre programme, elles ont été le lieu de prises d'initiatives, d'actions publiques, souvent innovantes dans la forme. Lieux d'élargissement, elles nous obligent à modifier nos pratiques de réunions publiques, qui doivent se tourner vers l'aide à la participation collective, l'aide à la décision et à la prise d'initiatives.

 

A côté de ces assemblées citoyennes, des dizaines de réseaux thématiques ont travaillé débouchant sur des initiatives remarquées, comme le « Bataclan », du Front de la culture, le forum sport ou le forum protection sociale. Des appels ont réuni des centaines de chercheurs, d'intellectuels.

 

Au total, le Front de gauche a réellement commencé à devenir la force populaire que nous cherchons à mettre en mouvement depuis que nous avons initié cette démarche. Les communistes qui jouent un rôle important depuis le premier jour dans cette démarche y sont aujourd'hui massivement acquis et investis. Le développement du Front de gauche va être au cœur de nos efforts à venir. Des milliers de personnes apprécient d'ailleurs notre rôle, qui, comme l'ont souligné nombre d'observateurs, témoigne d'une « seconde jeunesse » du PCF.

 

Nous avons réalisé 6 000 adhésions nouvelles depuis la Fête de l'Humanité, 3 000 depuis le 1er janvier contre 1 200 l'an dernier, sur les trois premiers mois de l'année. 28% de ces adhérents ont moins de 30 ans, 47% moins de 40 ans, 54% sont en activité salariée.

 

Ce rythme peut se confirmer et s'amplifier dans les élections législatives et la période de nos fêtes fédérales à venir. L'année 2012 peut potentiellement atteindre le niveau des 8 000 adhésions réalisées en 2005.

 

Nous attaquons donc plein d'énergie les défis à venir.

 

Avant de les aborder, une dernière remarque sur la portée de ce que nous avons déjà réalisé. Nous l'avons dit : en pleine crise capitaliste et européenne, l'enjeu de l'élection présidentielle française n'est pas un simple changement de président de la République. Ce qui se joue, c'est le devenir des résistances populaires à l'offensive capitaliste pour faire payer au peuple cette crise historique du système capitaliste mondialisé ; c'est la possibilité d'ouvrir un autre chemin que l'enfoncement dans l'austérité et la destruction des garanties collectives et des services publics. Nous n'affrontons pas simplement Sarkozy, mais Sarkozy-Merkel, et à travers eux les forces de la réaction et des milieux financiers coalisées.

 

Nous sommes engagés dans un bras de fer dont l'alternative est simple : soit ils parviennent à imposer dans toute l'Europe une régression sociale et démocratique généralisée, soit nous ouvrons des brêches pour renverver la tendance et libérer les forces pour un nouveau type de développement, social, écologique et solidaire. La France est au premier rang de ce front.

 

Dans ces conditions d'affrontement extrême qui broie en ce moment les conquêtes sociales et démocratiques de peuples entiers en Europe, réussir à faire 11% sur le haut niveau de notre alternative ; créer les conditions de battren Sarkozy l'une des têtes de pont de l'offensive capitaliste actuelle ; laisser ouverte, en cas de victoire de François Hollande, la porte à un débat d'orientation sur le sens de l'alternative, voilà des exploits politiques qui méritent d'être mesurés.

 

Ils nous valent d'ailleurs l'attention et le soutien de très nombreux Européens, je peux en témoigner comme président du PGE.

 

En retour, nous nous devons à la solidarité avec les Grecs, je me suis rendu à Athènes, le 3 avril, avec les Espagnols, j'étais à Madrid le 21 avril, avec les Italiens et les Portugais, j'irai à Rome le 12 mai et très probablement le 22 mai à Lisbonne.

 

Je veux pour conclure ce point dire que notre combat pour renoncer au traité Sarkozy-Merkel doit prendre une place de premier plan, a fortiori si Sarkozy est battu. Nous pouvons adosser ce combat national au combat européen que nous sommes en train d'impulser.

 

Le PGE a réuni les 30 et 31 mars, pour la première fois à Bruxelles, 200 personnalités de la gauche politique européenne, syndicalistes et animateurs de réseaux sociaux européens. Nous sommes partie prenante d'un processus inédit qui vise à construire un grand sommet alternatif européen, d'ici fin 2012, début 2013. Par ailleurs, le PGE lancera officiellement en septembre en utilisant la nouvelle procédure d'initiative citoyenne européenne, la collecte d'un million de signatures en Europe, en bas d'une proposition visant à réorienter fondamentalement le rôle du crédit et de la BCE en créant une banque publique européenne qui dégagerait les finances publiques du chantage des marchés.

 

Nous aurons à en reparler très vite, et j'invite au passage à faire connaître l'Université d'été du PGE qui se tiendra du 18 au 22 juillet, à Volos en Grèce. Beaucoup de nos jeunes adhérents et de nos cadres peuvent être intéressés.

 

J'en viens aux semaines à venir. Et d'abord évidemment à la bataille du second tour. Notre appel est clair, c'est celui de tout le Front de gauche. Le 6 mai, Sarkozy doit être battu, battu à plates coutures. Plus la victoire sera large, plus les conditions de nos batailles futures seront meilleures. C'est donc sans hésitation aucune, comme je l'ai dit dimanche soir, que nous appelons à battre Sarkozy en votant François Hollande. Notre appel n'est pas un appel de circonstances, un appel faute de mieux. C'est, dans les conditions concrètes issues des résultats du premier tour un appel mû par une conviction profonde : la réélection « d'un » Nicolas Sarkozy dont le programme est pire que le bilan, flanqué d'une extrême droite à 18% serait un cauchemar pour le pays, ses travailleurs, ses forces démocratiques et sociales.

 

Notre appel est un appel clair à la mobilisation. Tracts, assemblées publiques, porte à porte, initiatives de rues, mails.... Tout doit être utilisé pour relayer cet appel. Le Front de gauche se lance dans cette mobilisation en faisant valoir sa parole, ses propositions. Nous n'en rabattons sur rien. Nous voulons battre la droite et l'extrême droite, parce que le pays en a absolument besoin.

 

Partout, dans les formes que chaque département décidera, la parole autonome du Front de gauche doit être entendue et respectée. Nos arguments ont été utiles à un haut niveau de mobilisation de la gauche au premier tour. Ils sont aujourd'hui indispensables à la mobilisation pour la victoire contre Sarkozy.

 

C'est le sens de l'appel que nous lançons avec toutes les forces du Front de gauche pour le 1er mai. Cinq syndicats appellent unitairement à un 1er mai de mobilisation sociale sur les choix en rupture avec l'austérité.

 

Après Marine Le Pen, et dans la plus pure tradition pétainiste, Nicolas Sarkozy vient de lancer une véritable provocation en appelant ses partisans à détourner et à récupérer cette journée pour en faire la fête du « vrai travail ».

 

La CGT, en renouvelant son appel à battre Sarkozy pour créer un contexte plus favorable aux revendications et aux luttes nécessaires au progrès social, a appelé hier, à relever le défi, en invitant à participer massivement aux manifestations syndicales, unitaires, le 1er mai.

 

Appelons partout à cette mobilisation massive. Organisons notre présence massive et visible aux côtés des syndicats, dans le respect de leur appel.

 

Avec la vente du muguet organisée massivement dans tout le pays par notre parti, cette journée doit être un moment exceptionnel de mobilisation.

 

C'est le sens aussi, du meeting du Front de gauche, que nous organisons symboliquement place Stalingrad, le 4 mai à Paris, pour faire entendre à la veille du second tour, notre voix et notre appel à battre Sarkozy et à prolonger cette victoire dans les urnes aux législatives.

 

J'en viens donc aux élections législatives des 10 et 17 juin. L'élection d'un président de la République ne sera rien sans l'élection d'une majorité de gauche décidée à défaire les lois Sarkozy et à en voter de nouvelles, construites pour répondre à l'intérêt des travailleurs. C'est à l'Assemblée que se votent les lois, pas à l'Élysée.

 

Et si les Français veulent que cette majorité garantisse le changement, ne renonce pas face à la finance, elle devra compter de nombreux, de très nombreux députés du Front de gauche. Après les scores que nous venons de réaliser le 22 avril, nous devons viser une grande bataille nationale qui amplifie le score obtenu à la présidentielle, renforce le poids de nos propositions, qui rehausse les ambitions de conquête partout et sans complexe.

 

Nos propositions, et donc nos députés, seront indispensables pour réussir le changement. Déjà, la haute finance s'organise, s'arcboute pour faire barrage au changement, les autorités européennes s'affolent, les marchés financiers se préparent au chantage. Avec le vote Front de gauche, avec nos candidats, nos députés, nous aurons plus de force pour vaincre ces résistances.

 

Salaires, retraites, interdiction des licenciements boursiers, sécurité d'emploi et de formation, promotion du renouveau industriel et planification écologique, refus du Traité Sarkozy-Merkel et refonte d'un nouveau traité, relance des services publics, rétablissement d'un haut niveau de protection sociale... Qui osera les changements nécessaires si les députés du Front de gauche ne sont pas assez nombreux ?

 

Dans une majorité de gauche à l'Assemblée, un ou deux députés socialistes de plus, cela ne changera pas grand chose, mais 10 ou 20 députés du Front de gauche, ça changera tout. J'ajoute qu'une des garanties apportées par les députés du Front de gauche, et non des moindres, c'est que nous travaillerons à l'élaboration des lois nouvelles avec et sous le contrôle des citoyens, des salariés, des agriculteurs, des premiers intéressés sur chaque dossier.

 

Avec les députés du Front de gauche, pas de loi en catimini, mais une élaboration démocratique partagée. Rien ne se fera dans le dos du peuple. Les députés du Front de gauche seront les garants de la transparence. C'est un engagement auquel nous veillerons comme à la prunelle de nos yeux.

 

Avec ce message, nous devons nous adresser très largement à toutes les électrices et à tous les électeurs de gauche, quel qu'ait été leur vote le 22 avril, pour leur dire : « Donnez de la force à vos attentes, donnez de la force à la gauche en la musclant avec le maximum de députés du Front de gauche ».

 

Ce message peut être entendu si nous le portons sans attendre, avec conviction. Nos candidates et candidats doivent dès ces jours-ci prendre la tête de la mobilisation pour battre Sarkozy et appeler à la prolonger dans les urnes le 10 juin.

 

Le Front national espère évidemment jouer les trouble-fêtes et Marine Le Pen caresse l'ambition d'une entrée du FN au Parlement. Les législatives doivent marquer un coup d'arrêt à ces néfastes ambitions. Tout doit être fait pour empêcher l'élection de député FN à l'Assemblée. Avec le Front de gauche, nous appelons toutes les forces de gauche et démocratiques à y travailler. Nous sommes pour notre part disponibles pour en créer les conditions.

 

Nous consacrerons une part à nouveau importante de nos travaux du 11 mai à cette bataille législative. Je n'insiste pas, mais je conclus en soulignant encore son importance. Elle commence avec le deuxième tour du 6 mai, sans perdre une minute.

 

Évidemment, dans ces batailles, 1er mai, 6 mai, 10 et 17 juin, tout doit viser le renforcement de la dynamique populaire que nous avons créée. Sans cette dynamique, pas de changement possible. Le Front de gauche a été le levier de cette dynamique. Il faut maintenant lui donner de nouvelles perspectives, de nouvelles ambitions.

 

Il y a ce qui fonctionne, même s'il convient de l'améliorer : le front, cette formule qui unit et sait respecter les partis et les partenaires de cette démarche ; le comité de liaison qui anime le travail national ; le conseil national de campagne, qui devra trouver une nouvelle appellation, mais qui constitue un lieu d'échange utile, associant de très nombreuses personnalités à notre réflexion collective ; les assemblées citoyennes ; le Front des luttes et les réseaux thématiques dont les prolongement doivent être imaginés.

 

Mais il y a aussi toutes les questions nouvelles : comment amplifier, structurer cette participation populaire ? Comment faire vivre mieux encore la parole collective du Front de gauche ? Quels objectifs se donner dans la période nouvelle qui suivra les législatives ? Comment construire demain les lois nouvelles avec la participation la plus large possible ?

 

Je vous fais une proposition : impulsons sans attendre et partout ces débats, sans tabou, avec esprit d'imagination, avec audace. Impulsons-les avec les communistes, avec les partenaires du Front de gauche, avec les citoyens qui nous ont rejoints. Impulsons et expérimentons. Nous ne trouverons sans doute pas la formule idéale du premier coup, mais ne ratons pas le rendez-vous de l'investissement citoyen dans le Front de gauche. Nous pourrons approfondir ce débat au CN le 11 mai, et après les législatives.

 

Et j'en viens pour cela à une dernière proposition. Après les législatives, il nous faudra tirer les leçons de toute cette séquence électorale. Nous aurons aussi à prendre en quelques jours des décisions politiques importantes, notamment sur la question du gouvernement, de notre attitude dans la nouvelle majorité. Les principes qui nous guident sont, je crois, maintenant très clairs. Nous aurons à prendre ces décisions en consultant les communistes, en tenant compte de ce que nous disent ceux qui s'engagent à nos côtés dans la démarche citoyenne du Front de gauche, ce que pensent et décident nos partenaires.

 

Quant au fond de la discussion, permettez-moi de citer et de compléter ce que j'écrivais dans l'adresse aux communistes que j'ai publiée au lendemain de la Bastille. A ceux qui s'interrogent, où s'arrête notre combat ? Je m'interrogeais : « Jusqu'où porter nos objectifs ? » Et je répondais : « Jusqu'à leur mise en œuvre effective ». La création continue de rapports de forces nécessaires est et restera notre feuille de route fondamentale. Je poursuivais le raisonnement : « Jusqu'au gouvernement ? » « Notre objectif est clair. Modifier suffisamment la situation (et j'ajoute aujourd'hui : le plus vite possible) pour rendre un vrai changement possible. Pas question d'aller gouverner si la rupture avec les politiques d'austérité n'est pas au rendez-vous. » Autrement dit, pas question si François Hollande continue de dire « mon projet présidentiel ou rien ». Je concluais : « Aurons-nous la force et le temps d'imposer de tels changements à gauche d'ici fin juin ? Nous aurons à apprécier ensemble ce que nous avons pu, ou pas, faire bouger et comment continuer. Nous aurons à en décider collectivement et souverainement ».

 

Je crois que nous devrions rester fidèles à cette ligne de conduite. La situation bouge. Elle est instable et contradictoire. Les possibilités sont là. Les dangers aussi. Notre ligne de conduite est claire, transparente, sans compromission. Nous avons aussi de grandes responsabilités. Personne ne sait où en sera le pays fin juin. Et les attendus de notre décision, le sens qu'ils donneront à notre décision, compteront dans le pays. C'est en responsabilité qu'il nous faudra agir.

 

Je vous propose donc que notre décision définitive, prise de manière éclairée et appuyée sur la réalité de la situation politique à l'issue de la séquence électorale soit prise lors d'un Conseil national élargi ou d'une Conférence nationale extraordinaire, qui se tiendrait dans la semaine suivant le second tour des législatives. Si nous retenons aujourd'hui ce principe, nous pourrions décider le 11 mai prochain du format et de la date précise de cette conférence, ainsi que des modalités de la consultation des communistes qui la précèdera.

 

Pierre Laurent : et maintenant, Sarkozy dehors !

Par Pierre Laurent, le 22 avril 2012

Pierre Laurent : et maintenant, Sarkozy dehors !

Déclaration de Pierre Laurent,
secrétaire national du Parti communiste français,
président du Conseil national de campagne du Front de gauche

Paris, le 22 avril 2012

 

 

Et maintenant, Sarkozy dehors !

 

 

 

Pour toutes celles et tous ceux qui aiment notre pays, qui, depuis cinq ans, ont durement souffert de la politique de Nicolas Sarkozy, souffert de la voir affaiblir, appauvrir, abîmer la France, les résultats (connus à cette heure) du premier tour de l'élection présidentielle résonnent comme un appel à tout mettre en œuvre pour battre le président sortant.

 

Comme on le redoutait, le score du Front national peut servir de réservoir au candidat Sarkozy. Le président sortant, en recul par rapport à 2007, peut être battu le 6 mai prochain.

 

Le second tour mettra aux prises, pour la droite, Nicolas Sarkozy, pour la gauche, François Hollande, le candidat socialiste que le suffrage universel a placé en tête. La droite doit maintenant subir une large défaite. C'est la nouvelle et prochaine étape indispensable de la révolution citoyenne que nous avons entamée.

 

À gauche, les près de 12 % et quelque 4 millions de voix crédités au candidat commun du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon représentent un score inédit et un événement de cette élection, comme l'a été notre campagne, une campagne dont se sont emparé des centaines de milliers de femmes et d'hommes, et de jeunes dans tout le pays. Le peuple combattant, la gauche du courage et de l'engagement sont de retour, et dans leur sillage, l'espoir de changer la vie, d'ouvrir un autre avenir à notre pays, la France, et du même coup à l'Europe.

 

Je veux saluer toutes les électrices et tous les électeurs qui ont porté leur choix sur le bulletin de Jean-Luc Mélenchon, et le programme du Front de gauche qu'il représentait.

 

Je veux remercier du fond du cœur toutes les militantes et tous les militants communistes et du Front de gauche, toutes celles et tous ceux, quelle que soit la forme de leur engagement, qui ont su donner corps à cette espérance et rendu possible ce résultat.

 

Au nom du Parti communiste français, j'appelle au plus large et au plus fort rassemblement possible de toute la gauche, de tout notre peuple, pour battre Nicolas Sarkozy, en votant pour le candidat socialiste François Hollande. La défaite du président sortant devra être ample, claire et nette, et nous y mettrons toutes nos forces.

 

Tout doit être fait pour empêcher la réélection du candidat de l'UMP et du Medef, qui n'a pas hésité sur bien des points à reprendre à son compte le programme du Front national. La droite et l'extrême droite ne passeront pas. La France ne mérite pas cinq années supplémentaires de ce cauchemar.

 

Combattre et mettre en échec les idées xénophobes et racistes de Marine Le Pen demeurent d'une brûlante actualité. Le Front de gauche est fier du travail qu'il a entamé, bien seul dans cette campagne, pour faire reculer les idées du FN. Nous allons l'amplifier dans les élections législatives à venir. Aucun député de ce parti ne doit être élu à l'Assemblée nationale.

Le PCF, le Front de gauche, vont continuer à rassembler autour des choix qu'ils ont portés dans cette campagne. Nos propositions pour mener une audacieuse politique de gauche sont disponibles ; elles sont de nature à sortir le pays de la crise en tournant le dos à l'austérité et en reprenant le pouvoir aux forces de l'argent.

 

C'est le cas de l'augmentation du SMIC et des salaires, du retour immédiat de la retraite à 60 ans à taux plein pour tous, de l'interdiction des licenciements boursiers. C'est le cas d'une réforme de la fiscalité, de la création d'un pôle public bancaire et financier. C'est le cas de l'exigence de soumettre à ratification du peuple français tout nouveau traité européen, renégocié ou non.

 

Le PCF, Le Front de gauche mobiliseront le pays dans les semaines à venir pour donner plus de poids encore à ces propositions, pour faire élire une majorité de gauche à l'Assemblée nationale, avec le maximum de députés du Front de gauche.

 

La France aura besoin de députés courageux pour abroger sans tergiverser les lois Sarkozy, pour en élaborer et en voter de nouvelles qui constituent de réelles conquêtes politiques, sociales et économiques en faveur des travailleurs. Les députés du Front de gauche seront porteurs à l'Assemblée du mouvement de mobilisation citoyenne qui a surgi au cours de cette campagne électorale.

 

Le 6 mai prochain, la victoire de la gauche est à portée de main. Elle sera complète à l'issue des élections législatives avec la confirmation de la place du Front de gauche dans la nouvelle vie politique française.

 

La campagne électorale et le résultat du Front de gauche et de son candidat commun, Jean-Luc Mélenchon, prouvent que le peuple de France et que les peuples européens ne sont pas condamnés à subir la loi des marchés capitalistes.

 

Un autre chemin est désormais ouvert.

 

J'appelle les millions de citoyens qui ont commencé à l'emprunter avec nous à poursuivre la route, à investir le Front de gauche, les assemblées citoyennes, les fronts de luttes, de propositions et d'action que nous avons créés. Faites-en votre affaire, pour réussir le changement auquel notre peuple aspire.

Discours de Pierre Laurent - Meeting porte de Versailles

Par Pierre Laurent, le 19 avril 2012

Discours de Pierre Laurent - Meeting porte de Versailles

Discours de Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste et Président du Conseil de campagne.

Près de 60 000 personnes étaient réunies dans le hall 1 du parc des expositions ce jeudi 19 avril 2012 porte de Versailles à Paris,  pour l'ultime meeting du Front de gauche avant le premier tour de l'élection présidentielle.

 

 

Seul le prononcé fait foi

Nous sommes à 72 heures du 1er tour de l'élection présidentielle. Nous allons vivre, mobilisés, l'espoir au cœur, ces heures décisives d'une campagne qui aura été de bout en bout exaltante.

Je veux dire, ce soir, à toutes celles et à tous ceux qui font la force de cette campagne, sa belle et magnifique énergie, je veux leur dire bravo. A tous du fond du cœur, je vous dis bravo.

Comme président du Conseil national de campagne et aussi au nom des communistes dont j'ai l'honneur d'être le secrétaire national, je veux dire, bravo à toi, Jean-Luc, bravo pour cette campagne qui, j'en ai la conviction, marque l'entrée de notre combat émancipateur dans une nouvelle séquence de l'histoire.

Oui, nous avons déjoué les scénarios préfabriqués, nous avons ranimé l'espoir qu'ils voulaient maintenir étouffés.

Dimanche, grâce à notre campagne, une campagne d'idées, de propositions, de convictions, une campagne de réflexion, d'argumentation, de raison et d'action, vous irez voter en femmes et en hommes libres.

Fini le temps où vous alliez aux urnes en laissant la moitié de vos idées aux portes du bureau de vote,

fini le temps des calculs tactiques sur injonction des sondages,

fini la peur d'être à gauche pour rassurer le centre – ce génial argument qui a fait perdre toutes les présidentielles à la gauche depuis 25 ans...

Oui, fini le vote téléguidé avec une main liée dans le dos !

Allez voter tels des citoyens libres et égaux en droits.

Allez voter pour vos idées !

Allez voter pour reprendre le pouvoir.

Allez voter, libres, en femmes et en hommes libres, dimanche pour Jean-Luc Mélenchon.

Avec le bulletin de vote du Front de gauche, vous serez libres de dire clairement et avec force, la tête haute, ce que vous pensez de ce monde absurde et injuste,

libres de dire à tous les profiteurs de la finance : « La récréation est terminée ! Fini de vous gaver en pillant notre travail, en polluant la planète ».

Avec ce bulletin de vote, en femmes et en hommes libres, vous allez congédier Nicolas Sarkozy et son club de patrons milliardaires. Du Fouquet's au Crillon, pour eux, la boucle est bouclée. Eh bien pour nous aussi : messieurs de la haute finance, votre temps est révolu. Partez ! Partez ! Partez et qu'on ne vous revoie plus piller les richesses du pays.

Oui, vous tous ici et toutes celles et tous ceux qui dans le pays sont avec nous ce soir rassemblés dans leur ville, dans leur quartier, dans les campagnes, vous serez libres, dimanche, de dire que la France c'est l'égalité, pas la discrimination ! Que la France c'est la liberté et la fraternité, pas la haine ! Que la France du mouvement ouvrier, c'est la solidarité, celle qui clame « Français, immigrés, même patron, même combat ! », la France qui dit l'ennemi, ce n'est pas l'immigré, c'est le banquier.

Vous l'avez remarqué. Marine Le Pen est revenue ces jours-ci en odeur de sainteté médiatique. Nous ne croyons pas aux miracles. Donc, nous avons compris. En vérité, les privilégiés, fidèles à leur triste tradition, préfèrent le FN au Front de gauche.

Alors, je vous le dis, relevez ce défi, ne vous laissez pas impressionner, restez libres, libres de votre vote.

Rassemblés le 6 mai, nous battrons Sarkozy. Et pour bien préparer cette victoire, pour libérer la démocratie de cette épée de Damoclès, dès dimanche, femmes et hommes de gauche, démocrates, placez le Front de gauche le plus haut possible, loin devant Le Pen et ses discours racistes.

***

Le 29 juin dernier, en lançant notre campagne place Stalingrad, je vous avais lancé un appel : « Ne vous laissez pas voler 2012, entrez en scène, prenez la parole, prenez le pouvoir ! »

Oui, prenez le pouvoir, nous l'avons voulu, vous l'avez fait.

Et aujourd'hui, grâce à vous, tout a changé.

Une à une, nous avons ouvert les portes à des propositions que les autres candidats voulaient ignorer. Des propositions que pourtant la grande majorité des Français met en tête de leurs priorités. C'est vous qui avez imposé l'ordre du jour de cette campagne !

Dès le début, nous avons refusé de mener le débat présidentiel sous la dictée des experts en austérité. « La règle d'or, vous la voulez tout de suite, en 2013, en 2015 ? Pour un an, pour deux ans, cinq ou 10 ans ? »

Nous avons refusé de plier d'entrée de jeu et mis en débat, argumentation à l'appui, la possibilité et la nécessité d'une autre politique.

Nous leur avons tenu tête, seuls, sur le SMIC à 1 700 euros, le salaire de 1 à 20, et le relèvement de tous les salaires. Et les salariés nous ont compris, eux qui souffrent tous les jours avec des paies de misère quand les actionnaires se gavent.

Aujourd'hui, nous avons brisé le tabou. Et voilà le candidat socialiste qui parle enfin d'un « coup de pouce » au SMIC.

Mais pour nous, ce n'est pas d'un petit coup de pouce dont les salariés ont besoin, mais d'un grand coup de poing sur la table des négociations salariales pour dire, avec le monde du travail : « Maintenant, messieurs les profiteurs, ça suffit ! On augmente les salaires et on taille dans les dividendes ! »

Nous avons rencontré les syndicats. Nous avons écouté les syndicalistes au meeting de la CGT sur les retraites, le 31 janvier. Et nous les avons entendus nous rappeler les revendications du grand mouvement que Sarkozy a méprisées.

Nous avons rouvert avec eux le débat sur un engagement clair : le retour de la retraite à 60 ans à taux plein pour tous ! Cette porte-là, nous ne la refermerons pas !

Nous avons alerté sur les traités d'austérité Sarkozy-Merkel.

Nous avons appelé tous les parlementaires de gauche à rejeter le MES qui était la première pièce de cette machine infernale. Demain, nous tiendrons ferme sur cette question centrale et la majorité de gauche ne pourra plus s'abstenir.

Pour nous, c'est clair. Jamais nous n'accepterons la ratification du Pacte budgétaire et fiscal !

Et nous n'avalerons pas plus la pilule de l'austérité, enrobée de bonnes intentions vides de sens sur la croissance.

Tout nouveau traité européen, renégocié ou pas ! doit être soumis au vote des Français. Là encore, si quelqu'un cherche à la refermer, nous maintiendrons la porte du changement grande ouverte. Et je le dis à mes amis européens, à tous ceux qui luttent en Grèce, au Portugal, en Espagne, en Italie, en Irlande, en Belgique, en Hongrie, en Allemagne et ailleurs, tenez bon ! Vous pouvez compter sur nous.

***

Alors, vous l'avez compris, notre campagne a poussé des portes, ouvert des brèches.

Eh bien aujourd'hui, je vous le dis, avec le vote Front de gauche, c'est le moment de pousser plus fort encore et d'ouvrir toutes grandes ces portes du changement.

Élisez la gauche, pas une gauche qui les laissera se refermer, ou qui vous les claquera au nez au moindre coup de semonce des marchés financiers.

Élisez la gauche qui poussera toutes ces portes avec vous quand les forces de la droite, de l'extrême droite, de la finance et du Médef s'arcbouteront pour les refermer.

Avec le vote du Front de gauche, donnez vous de la force !

C'est à vous de prendre le pouvoir, de dire, puisque c'est notre pouvoir de citoyen : « Voilà ce que la gauche doit faire ! »

Oui, je l'affirme, rien ne se fera sans vous ! Vous avez commencé à reprendre la main, eh bien maintenant, ne lâchez rien !

Poussez les portes du changement, ouvrez-les les plus grandes possibles en votant le 22 avril pour Jean-Luc Mélenchon,

Poussez les portes du changement, ouvrez-les les plus grandes possibles en manifestant le 1er mai aux côtés des syndicats,

Poussez les portes du changement, ouvrez-les les plus grandes possibles en infligeant le 6 mai prochain une raclée mémorable à Nicolas Sarkozy, à l'extrême droite et au Médef !

Poussez les portes du changement, ouvrez-les les plus grandes possibles en élisant les 10 et 17 juin prochains de nombreux, de très nombreux députés du Front de gauche à l'Assemblée nationale,

Poussez les portes du changement, ouvrez-les les plus grandes possibles en poursuivant avec nous la construction d'un Front de gauche toujours plus populaire !

Investissez les assemblées citoyennes dans tout le pays, faites-en votre affaire ! Inscrivez-vous dans les fronts de luttes, les fronts de la culture, de la santé, de l'éducation, de la recherche, des libertés, du sport et tant d'autres encore.

Oui, amis et camarades, poussez les portes du changement, ouvrez-les les plus grandes possibles pour que le 22 avril tout ne s'arrête pas mais que tout commence !

Vive le Front de gauche ! Vive ce nouveau Front populaire qui rendra le changement irréversible !

Vive la France !

merci

Tous ensemble ! 120 000 personnes envahissent les plages du Prado à Marseille

le 16 avril 2012

Tous ensemble ! 120 000 personnes envahissent les plages du Prado à Marseille

L'onde de choc de la Bastille se répand et s'amplifie ! Après une première réplique, Place du Capitole à Toulouse avec 70 000 personnes présentes.  C'est une marrée humaine de 120 000 personnes qui a déferlé sur les plages du Prado à Marseille pour participer au meeting du Front de gauche.
 

Photo : Sylvain Lefeuvre

Les plages étaient bien au peuple ce samedi et le vent, à Marseille, soufflait fort l'espoir et ces mots :« Tous ensemble ». Ces mots qui nous disent si bien la France et le Monde que nous voulons et qui résonnent des luttes que nous avons menées, que nous menons aujourd'hui et que nous aurons encore à mener demain.

«Et le vent, quand il se lève, rien ne lui résiste. »

 

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Tous ensemble, nous sommes le nombre ! Nous sommes la force, ayons confiance. Nous sommes le peuple !

Discours de Clémentine Autain

Notre dynamique montre que les bases du changement existent dans notre pays, comme elles existeront à l'avenir à l'échelle de notre pays. (...)

Il n'y aura pas d'amélioration des conditions de vie du plus grand nombre sans changement radical de braquet, sans affrontement avec le pouvoir de l'argent.

N'ont-il pas remarqué que nous contribuons à accroître le socle des voix de la gauche, socle dont nous aurons besoin pour battre Sarkozy au deuxième tour.

Le vote utile nous casse les urnes ! Levons cette chape de plomb !

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Tous ensemble, nous sommes la chance de la gauche

Discours de Pierre Laurent

 

Dans cette élection, il ne s'agit pas seulement d'élire un nouveau président de la République, il s'agit de dire dans quelle direction va avancer la France. Soit elle continue de marcher, tête baissée, enchaînée à la finance, vers le chaos capitaliste, vers la guerre économique du tous contre tous.

Soit elle choisit la liberté, comme elle a su le faire dans les grandes heures de son histoire – et je pense ici au grand Raymond Aubrac qui vient de nous quitter – la liberté de dire « Non ».

Aujourd'hui, elle doit dire non à la dictature de la finance et elle ouvrira ainsi, à nouveau, le chemin d'une espérance sociale et démocratique.

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Tous ensemble, nous rejetterons les discours de haine et de division, nous combattrons l'idée morbide et paranoïaque du choc des civilisations

Discours de Jean-Luc Mélenchon

 

Ecoutez Marseille qui vous parle, elle vous dit la leçon qu'elle porte. (...) Marseille vous dit que notre chance, c'est le métissage.

Tandis que de ce rivage partait l'esprit de croisade et les massacres, nous sont venus, des Arabes et des Berbères : la science, les mathématiques, la médecine...

C'est pourquoi à cette heure, nous continuons à refuser absolument l'idée morbide et paranoïaque du choc des civilisations.

De la Méditerranée, il faut faire une zone commune de progrès humain.

Et de rappeler que le programme du Front de gauche est le seul programme dans cette élection présidentielle qui propose une extension des droits des travailleurs. Trois droits au moins...

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Et comme l'expliquait une mère à son fils de trois ans dans la foule (rapporté par l'Humanité) : « Tu vois, avant il y avait des rois, et puis il y a eu une révolution... »

L’insurrection citoyenne des français est commencée !

P.S. : Tous ensemble à Paris aussi pour le dernier meeting du Front de gauche, jeudi 19 avril à 19h00 porte de Versailles. Et le 22 avril dans les urnes.

 

Affaire Gecina : Le groupe Gecina a annoncé en janvier aux locataires la liquidation en bloc des logements de son patrimoine

Par Alain Lhostis, le 16 avril 2012

Affaire Gecina : Le groupe Gecina a annoncé en janvier aux locataires la liquidation en bloc des logements de son patrimoine

Le 10 avril dernier au Point Ephémère, Alain Lhostis et Marie-Thérèse Eychart élu(e)s communistes du 10e arrondissement, ont organisé une rencontre-débat avec les locataires du 166-172 quai de Jemmapes au sujet de la mise en vente à la découpe de leur immeuble.

Le 30 janvier 2012, ils avaient déjà déposé un voeu en Conseil d'arrondissement demandant que « s’ouvrent des négociations auprès de la société Gecina pour l’acquisition par un organisme public de logements sociaux. A défaut d’un accord, que la Ville de Paris préempte, y compris par lot, dans le cadre du droit de préemption renforcé, les immeubles concernés, en vue de leur rétrocession à l’un de ces organismes pour leur évolution vers des immeubles de logements sociaux diversifiés (PLS, PLUS, PLAI) ».

Ce voeu qui avait été adopté par les élus EELV (les socialistes s'étant abstenus) demandait également que "se réunisse le Comité de veille sur les ventes à la découpe, organisme consultatif auprès du maire de Paris."

Dans la continuité de cette démarche engagée contre le projets spéculatifs honteux de la société Gecina qui s’apprête à vendre plus de 2000 logements de son parc immobilier étalé dans différents arrondissements parisiens (10e,12e,13e,15e,16e,18e,19e, 20e) à des acquéreurs peu scrupuleux tels que la BNP ParisBas (dont les intentions de vendre à la découpe ne sont plus à démontrer, moyennant sur le plan formel et pour la majorité de personnes se trouvant dans l’incapacité de racheter le bien qu’ils occupent au mieux 6 ans de sursis)… un échange franc et fructueux a eu lieu entre les élus communistes du 10e arrondissement venus faire part de leurs propositions et des locataires décidés à se mobiliser.

Certaines des personnes présentes ont ainsi acté la création d’une association de locataires. Plus important encore il a été annoncé deux initiatives :

- une pétition demandant la préemption de l’immeuble concerné

- la participation à un rassemblement mardi 17 avril Place de la Bourse où se retrouveront les principales associations de locataires, au moment et à l’endroit où se tiendra l’Assemblée générale des actionnaires de la société Gecina.

Alain Lhostis et Marie-Thérèse Eychart, à la demande des locataires, ont annoncé leur participation.

La presse en parle : http://www.paristribune.info/Gecina-ou-la-mairie-les-locataires-ne-leur-...

+ http://v3.alainlhostis.net/?p=869

Un air de printemps citoyen

le 13 avril 2012

Un air de printemps citoyen

De l’engagement du monde du travail et des couches populaires dépendront l’issue de l’élection présidentielle des 22 avril et 6 mai et du scrutin législatif un mois plus tard.

Cet engagement ne se mesurera pas seule­ment en termes globaux de participation électorale – en règle générale plus élevée que dans les autres consultations. Toute la question est de savoir si les électeurs qui ont le plus d’aspiration à un changement de cap, le plus besoin d’une amélioration rapide et durable de leurs conditions de vie, auront confiance dans la portée d’un bulletin de vote. Trop longtemps, les taux élevés d’abstention dans les quartiers populaires et dans les régions industrielles en crise ont relativement gonflé le pourcentage de votes désespérés conduisant à l’impasse, et finalement à la perpétuation de politiques socialement injustes.

« Place au peuple », ce mot d’ordre que l’on peut lire sur les affiches de Jean-Luc Mélenchon, exprime cette obsession du Front de gauche à intégrer ou à réintégrer dans le débat politique toute une partie de l’opinion que d’autres voudraient condamner à l’impuissance. Que de thèses fumeuses avons-nous entendues en début de campagne sur ces ouvriers prétendument perdus dans le marigot du Front national, sur ces habitants des « zones sensibles », comme certains commentateurs osent désigner les quartiers populaires des banlieues, qui auraient définitivement abdiqué  de leurs droits de citoyens ? Hier, la fondation Terra Nova conseillait à un candidat socialiste d’abandonner les classes populaires et de se recentrer sur les « classes moyennes ». Aujourd’hui, l’instrumentalisation honteuse des crimes de Toulouse et de Montauban vise à discréditer la population issue de l’immigration, « des musulmans d’apparence » selon l’expression indigne d’un président de la République. La candidate du FN se livre à un appel au lynchage en désignant parmi les immigrés qui arrivent en France des Mohamed Merah en puissance.

La campagne du Front de gauche a déjà fait reculer un certain nombre de présupposés aussi imbéciles que méprisants. Mélenchon n’est plus traité de « populiste » par des éditorialistes en mal d’inspiration, et est reconnu dans l’opinion comme le candidat qui défend le mieux les ouvriers. Mais dans les quartiers populaires aussi un air de printemps citoyen fait tout doucement reculer un trop long hiver politique. Dans les assemblées citoyennes créées partout dans le pays, des jeunes et moins jeunes habitants des « cités » font l’apprentissage d’un militantisme nouveau. Cette reprise de confiance dans la politique n’aurait pas été possible sans le travail de fourmi des militants du Front de gauche pour inviter au débat sur leur programme qui place l’humain d’abord. Des électeurs n’auraient pas trouvé dans l’offre politique des autres candidatures l’envie de se bouger et même, pour certains d’entre eux, d’aller voter.

Le vote n’est pas qu’un acte individuel d’un électeur seul face à un système. Il se structure en prenant conscience qu’on appartient à une catégorie, à une classe, qu’ensemble on est plus forts. C’est ce processus de solidarisation qui se joue dans des quartiers où se concentrent les effets de la démolition sociale.