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publié le 29/01/2019

Ce que le Brexit dit de l’Union européenne et de la campagne des européennes

Beaucoup d’incertitudes pèsent encore sur la manière dont le Brexit sera mis en œuvre. Rappelons que le choix de proposer un référendum sur le départ de l’UE revient à la droite britannique, qui s’est déchirée pour savoir si la meilleure manière d’exploiter les travailleurs était de rester dans l’UE ou de la quitter. Il s’est fait sur l’exploitation d’un discours xénophobe et nostalgique de la «grandeur» victorienne. Mais le Brexit dit aussi beaucoup sur l’UE elle-même et sur les thèmes que nous pouvons mettre dans le débat à l’occasion de la campagne des élections européennes.

1. Le fait que la 2e puissance économique de l’UE, qu’un peuple comme le peuple britannique ait fait le choix majoritaire de la quitter aurait dû créer un électrochoc chez les classes dirigeantes européennes. Il n’en a rien été. Bien au contraire, c’est business as usual. La Commission européenne continue dans le cadre du semestre européen à contrôler les budgets nationaux; les missions de la BCE n’ont absolument pas été interrogées; la dévotion aveugle pour le marché et la concurrence est toujours la clé de voûte de la construction libérale de l’UE… Cette politique emmène l’Europe au bord du gouffre, surtout dans la perspective d’une nouvelle crise financière.

2. Les classes populaires britanniques sont les premières victimes du Brexit, y compris celles qui l’ont soutenu. Le Brexit n’a pas arrêté les politiques d’austérité mises en œuvre par les conservateurs britanniques, le fait qu’ils aient diminué de 40% le financement des collectivités locales, qu’ils aient élargi l’assiette de l’impôt aux plus pauvres. Le Royaume-Uni est aujourd’hui un pays de travailleurs pauvres que la perte des fonds structurels européens va durement toucher.

3. Le fait qu’il soit si complexe de défaire les liens entre le Royaume-Uni et les pays de l’UE, même dans le cas d’un pays qui figure parmi les moins intégrés à l’UE, illustre le poids des interdépendances qui se sont bâties au fil des ans dans tous les domaines. On peut dès lors imaginer ce que cela représenterait dans le cas d’un pays comme la France.

« Il est urgent d’ouvrir des brèches dans la construction capitaliste de l’Union européenne »

4. Le gouvernement français s’est montré particulièrement inconséquent en ne prenant aucune mesure sérieuse pour protéger les emplois menacés par le Brexit, que ce soit dans le secteur de la pêche ou de l’industrie. Il a raté complètement la discussion sur les routes maritimes commerciales avec l’Irlande. Ce n’est que la semaine dernière que la commission des transports du Parlement européen a intégré les ports français de la Manche et de la mer du Nord dans le dispositif.

Tous ces éléments illustrent l’urgence d’une autre logique pour l’Europe. Si sortir de l’UE ne résout aucun des désastres que les politiques libérales ont infligés aux classes populaires, le Brexit montre aussi qu’il est urgent d’ouvrir des brèches dans la construction capitaliste de l’Union européenne, pour l’emploi et les salaires, pour les services publics, pour le respect de la souveraineté des peuples, pour une autre politique de développement respectueuse de l’environnement. Cela ne peut se faire qu’en mettant au cœur de nouvelles coopérations entre les peuples et les nations d’Europe la question du respect de la souveraineté populaire. L’idée que nous avançons d’Europe à géométrie choisie permet d’articuler la question du respect des choix des peuples et celle de nouvelles coopérations progressistes en Europe qui puissent contester l’hégémonie des classes dirigeantes au niveau national comme au niveau européen. C’est notre originalité dans la campagne des élections européennes.

Vincent Boulet
Secteur international-Europe,
responsable-adjoint aux questions européennes
article paru dans Communistes du 23 janvier 2019

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